Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

logo_musiczine

Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (11 Items)

Kid Ramos / Bob Corritore

Phoenix Blues Sessions

Écrit par

Agé de 64 balais, Bob Corritore est un des plus brillants harmonicistes contemporains. Il a partagé la scène avec de très nombreux bluesmen notoires, et tout particulièrement sur les planches de son club, ‘The Rhythm Room’, à Phoenix, en Arizona. Ce bluesman à la vie intense est également devenu un animateur radio réputé, à travers ‘Those lowdown blues’, une émission qu’il présente sur KJZZ FM. En outre, sa discographie est conséquente. Sa réputation, il l’a forgée au fil du temps et de ses expériences…

Guitariste californien, Kid Ramos a milité chez le James Harman Band et surtout sévi, pendant dix longues années, au sein des Fabulous Thunderbirds. Il a entamé sa carrière solo, en parallèle. A ce jour, il a gravé cinq elpees sous son propre nom, dont le dernier, "Old school", remonte à 2018.

Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Phoenix, entre la fin des années 90 et le début du millénaire. Cet opus était paru comme ‘benefit album’, en 2012, pour financer les frais médicaux de Kid qui luttait alors contre un cancer. Toutes les compos ont été masterisées. En outre, le long playing a été enrichi de plusieurs titres inédits. Comme ni Kid ni Bob ne sont chanteurs, ils ont fait appel à de nombreux amis, parmi lesquels figure le pianiste Henry Gray, décédé récemment à l’âge de 95 ans.

Superbe, "Aw shucks baby" ouvre la plaque. Nappy Brown se consacre au chant. Bob est intenable à l’harmonica. Derrière son piano, Henry Gray interprète l'inédit "Come on in". Kid Ramos est alors au sommet de son art. Gray est toujours au poste pour attaquer "I held my baby last night », un excellent downhome blues signé Elmore James. Et encore le remuant "Talkin bout you", une plage issue de sa plume. Blues lent classieux, "24 hours" a été composé par Eddie Boyd, en 1953. Un certain Dr Fish se réserve le micro, alors que Mr Corritore souffle dans l'instrument chromatique. L’émotion est à son comble lorsque Chief Schabuttie Gilliame (NDR : affichant 95 balais, il est né en Egypte) chante d’une voix ravagée, "No more doggin'". "Mother-in-law blues" est une piste indolente jadis popularisée par Junior Parker. Batteur de session, Chico Chism, se charge des parties vocales alors que Ramos dispense une sortie chargée de feeling sur les cordes. Le Kid se distingue encore à la slide tout au long de "Possum in my tree", un morceau que chante autoritairement Big Pete Pearson. Pas la moindre faiblesse sur ce long playing qui recèle, en outre, de remarquables titres de blues classique…

(The Reverend) Shawn Amos

Blue sky

Écrit par

Agé de 52 ans, Shawn Amos est issu de New York City. Il est chanteur, compositeur et producteur. En 1997, il bossait pour le label Rhino. Parallèlement, il grave alors, un album solo. Intitulé "Harlem", il paraît en 2001. Son second elpee personnel, "In between", sort l’année suivante. Il décide alors de se consacrer à la production (Dirty Dozen Brass Band, Solomon Burke). En 2005, il publie "Thank you Shir-lee May", un opus qui rend hommage à sa maman, qui s’était suicidée deux années plus tôt. En 2014, opte pour le patronyme The Reverend Shawn Amos et enregistre à une cadence infernale.

Pour concocter "Blue sky", il a reçu le concours de son backing group, The Brotherhood ; en l’occurrence le drummer Bobby Blader, le bassiste Christopher Thomas et le guitariste Doctor Roberts. La prise de son s’est déroulée à Wimberley (NDR : c’est au Texas) au sein des studios Blue Rock, en compagnie de nombreux amis, invités pour la circonstance.

Un solide tempo entraîne la pedal steel pour lancer "Stranger than today", alors que la voix sereine et les interventions tout en douceur de l’harmo entretiennent le contraste. Chargés de reverb, des riffs propulsent "Troubled man", une piste imprimée sur un mid tempo. Shawn et la Texane Ruthie Forster (NDR : une chanteuse de blues et de folk notoire) chantent en duo ce morceau qui baigne au sein d’un climat menaçant. Excellent ! Ballade acoustique, "Her letter" met en exergue la contrebasse de Christopher. Puissant, offensif, "Counting the days" constitue le point d’orgue de l’elpee. Un blues rock qui s’appuie sur un riff redoutable. Epaulée par un chœur féminin, la voix est bien distincte ; et pourtant, les solistes, que ce soit le gratteur ou l’harmoniste, tirent leur épingle du jeu. "Hold back" trempe dans le pur rock'n'roll. Bien que d’excellente facture, il se révèle un peu trop court. Bien enlevé, "The job is never done" est soutenu par l'ensemble vocal féminin Sisterhood. La voix d’Amos brille également dans l’univers du rythme très lent. A l’instar des dépouillés "The pity and the pain" et "Albion blues". Kenya Hathaway (NDR : c’est la fille de l’illustre chanteur de soul, Donny Hathaway) lui donne la réplique, face au piano de Matt Hubbard. Le Révérend réserve, en fin de parcours, un envol à l’harmo au jump blues sémillant, "27 dollars". Cet LP s’achève par "Keep the faith, have some fun". L’ambiance participative du brass band nous entraîne alors à la Nouvelle Orléans…

Kid Ramos

Old school

Écrit par

Agé de 59 ans, David ‘Kid’ Ramos est un guitariste qui possède un fameux CV. On ne compte plus le nombre de musiciens talentueux en compagnie desquels il a joué. Ce qui lui a permis de se forger une solide réputation. Ses débuts remontent à 1980. Il y partage alors un duo auprès de l'harmoniciste californien James Harman, une aventure qui va durer huit longues années. Il sévit ensuite, mais brièvement, au sein du big band, Roomful of Blues. De 1993 à 2002, il milite chez le notoire Fabulous Thunderbirds de Kim Wilson. Il entame alors une carrière solo tout en continuant à participer au projet de Mannish Boys, le groupe maison du label Delta Groove. En août 2012, on lui diagnostique un cancer. Après ses traitements, il est considéré comme en rémission complète, dès 2014. Avant de publier ce nouvel opus personnel, il en avait déjà gravé quatre, sur les écuries Black Top et Evidence. Et son dernier, "Greasy kid stuff", remonte à 2001. 17 ans plus tard, il nous propose donc son cinquième, "Old school", enregistré au sein du studio de Big Jon Atkinson, situé non loin de San Francisco. Pour la circonstance, il a reçu le concours d’excellents musiciens, dont Bob Welsh aux claviers, Kedar Roy à la basse et Marty Dodson à la batterie.

Kid est avant tout guitariste, c'est donc sans surprise que l'on retrouve plusieurs plages instrumentales. Et tout d’abord "Kid's Jump", une plage qui rend hommage à BB King, dans un style jump si prisé par Ramos. Puis "Mashed potatoes and chili", un morceau qui lorgne davantage vers Freddie King. Et enfin, "Wes side", un blues lent teinté de jazz, abordé dans l’esprit de Wes Montgomery! Ramos a invité Johnny Tucker (NDR : établi aujourd’hui à Los Angeles, ce vieux bluesman de couleur noire à joué, dans le passé, en compagnie de Philip Walker) et Lowell Fulsom, deux vieilles gloires du L.A. blues pour chanter quatre titres, dont deux excellents blues lents. En l’occurrence le très dépouillé "You never call my name", interprété en duo voix/guitare, et "I can't wait baby", un titre au cours duquel la gratte est saturée de feeling. Agé de 17 printemps, son jeune fiston, Johnny Ramos, opère ses débuts en se consacrant au micro tout au long du "All your love" de Magic Sam, et "Anna", une gentille ballade qui aurait pu garnir un juke-box, au cours des années 50. Kid Ramos se réserve les vocaux sur deux pistes qui baignent dans une forme de pop latino ; mais on ne peut pas dire que sa voix sorte de l’ordinaire. Big Jon Atkinson a prêté son studio, mais il chante également une des compos issues de sa plume, le blues bien senti "Weight on my shoulders". Rôle qu’assume également Kim Wilson (NDR : c’est l'ancien boss de Kid, chez les Fabulous Thunderbirds) à travers une reprise classieuse du "High Society" de T-Bone Walker…

 

(The Reverend) Shawn Amos

Loves you

Écrit par

Issu de New York, Shawn Ellie Amos est compositeur et producteur. Mais il se consacre surtout au chant. Comme sa mère qui avait été artiste de cabaret, sous le pseudonyme de Shirl-ee May. Elle a cependant mis fin à ses jours en 2003. L'année précédente, Shawn avait gravé son premier elpee, "In between". Et en 2005, il a publié "Thank you Shirl-Lee May", en hommage à sa maman. Il a été réédité en 2014 avec un Ep 6 titres, "The Reverend Shawn Amos tells it".

Il y a belle lurette qu’il s’est établi à Los Angeles. Il a bossé pour l’écurie Rhino, participant notamment à la confection d’un recueil consacré à Quincy Jones. Avant de passer sur le label Shout! Factory, où il a ainsi apporté sa participation à certains long playings de Solomon Burke. Les sessions d’enregistrement de "Loves you" se sont déroulées à Shreveport, en Louisiane. Un LP découpé en douze plages, dont dix sont issues de sa plume. 

L’opus démarre en force par "Days of depression", un blues dépouillé aux accents primaires d’une tribal song. Les percus sont sommaires. Les voix des Blind Boys of Alabama sont magiques. "Brand new man" change radicalement de style. Un funk/rock énergique caractérisé par des changements de tempo. Différents musicos entrent en lice. Chris ‘Doctor’ Roberts d’abord ; et sa guitare est débordante. Des cuivres également. Soit les saxophones de Miss Mindi Abair (elle milite aussi bien dans le jazz que la pop) et la trompette de Lewis Smith. Bien balancé, "Boogie" est imprimé sur un mid tempo. Talonnée par le piano d'Anthony Marinelli et bien soutenue par celle de Missy Andersen (NDR : de couleur noire, cette excellente vocaliste est originaire de Detroit, mais réside à San Diego), la voix d’Amos est autoritaire, alors que le Reverend se met à souffler de bonheur dans son harmonica. Tout comme sur l’excellent r&b, "Brothers keeper". Ou l’accrocheur "Will you be mine". Et encore "Hollywood Blues". Autre r&b, "You're gonna miss me (when I get home)" est à la fois funkysant, dansant et entraînant, un morceau illuminé par la qualité des différents instrumentistes. Amorcé par les cordes de Roberts, "Juliet Bound" campe un blues pur et dur. Et le Reverend s’y enfonce encore plus profondément sur "The outlaw". La gratte est bien sentie. Puissante, la voix force le passage. Une seule véritable reprise, le "Bright lights, big city" de Jimmy Reed, un classique qu’il interprète en compagnie de la jolie Mindi Abair et que balise les ivoires de Marinelli. "Put together" est un autre r&b funkysant alimenté par l’orgue B3, les cuivres, les percussions de Brady Blade et la guitare déjantée de Roberts. Et de bonne facture, cet opus s’achève par le flemmard et intimiste "The lost boy I'm losing you", un r&b tapissé par l’orgue Hammond, qui met en exergue de bien jolies voix.

 

Amos Lee

Supply And Demand

Écrit par

« Supply And Demand ». Un titre peut-être trop révélateur. Après un chaleureux premier essai éponyme (sorti en 2005), Amos Lee revient avec ce qui ressemble de près à un album de commande. On imagine facilement son entretien avec les grands pontes de chez Capitol : 'Bon, Amos, tu dois te dépêcher de nous sortir un petit disque.' Lui : 'Ouais mais hé, je sors à peine de la promo du précédent…'. Eux : 'On s’en fout. Ce n’est pas ça qui arrête Robbie Williams, non ? Allez hop, au travail !' Du coup, Amos se hâte, compose quelques titres afin de répondre au plus vite à cette demande. Au final, le travail est bâclé. Pas le choix. Juste histoire d’avoir au moins une invitée sur son nouvel album, il dégote Lizz Wright (qui traînait certainement dans les bureaux le jour de l'entretien). Evidemment, ce n'est pas Norah Jones, mais c’est déjà ça. 'En plus', se dit-il, 'mes nouvelles compos ressemblent aux précédentes, donc si je dois la réinviter celle-là, je suis mal barré côté critiques.' Et, en deux temps trois mouvements, « Supply And Demand » et son folk jazzy teinté de soul se retrouvent dans les bacs. Les fans se précipitent sur les bornes d’écoute. L’effet est immédiat : 'Heu… Excusez-moi, monsieur du magasin, je crois qu’il y a une erreur. C’est le premier album que vous avez glissé dans le lecteur.' Le monsieur du magasin : 'Non, non, c’est vous qui faites erreur.' Désarçonné, le client dépose les écouteurs et continue sa balade dans le magasin avant de revenir à la charge, incrédule : 'Etes-vous certain ?' Et oui, mon gars. Y’a vraiment pas d’erreur...

Amos

I Can’t Stop My Feet

Écrit par

De l’abus de cocaïne et de ses ravages dans la musique populaire, volume 1. On commencera par le cas d’Amos, grand benêt frisé originaire de Téhéran et installé à Munich. Le moins qu’on puisse dire, c’est que sa bio n’a pas peur d’abuser des superlatifs. Un exemple ? ‘Forget about Michael Jackson ; Amos is new, Amos is the embodiment of mass hysteria, Amos is the first true Imperator of Pop !’ Pour la version complète, on vous renverra à son site internet, qui vaut largement le détour. La musique proposée sur ce 3 titres, comme on pouvait s’en douter, n’est pas à la hauteur et semble être un hommage constant à ce que les années 80 ont produit de plus détestable. Le titre maître semble sortir tout droit d’un épisode de Miami Vice, l’ami Amos s’amusant à singer les tics vocaux de Michael Jackson. Ca ne pisse pas loin non plus sur « Imperator Of Pop ». Un son de basse laid à pleurer, des cuivres en plastique et Amos prétendant que ‘If Michael Jackson is the King of Pop, I’m the Imperator !’ Seul « Rock » tient plus ou moins la route. Un titre électro-funk qui, nonobstant sa belle mélodie, plagie honteusement Cameo. Michael Jackson peut dormir tranquille sur ce qui lui reste d’oreilles, le King Of Pop, c’est toujours lui.

Kid Ramos

Greasy kid stuff

Écrit par

Kid Ramos est incontestablement chouchouté par son label, car il est ici encore une fois entouré par du beau monde! Evidence a donc décidé de miser sur le kid de LA. Surtout après le succès récolté par ses 2 autres albums "Kid Ramos", en 99 et "West Coast Party", l'année suivante. Une chose est sûre, il est respecté par ses pairs. Pas moins de sept harmonicistes figurent sur la liste des invités. Et tout le who's who des souffleurs de la West Coast signe présent.

Le quatuor de base est constitué de Kid à la guitare et parfois au chant, de Tom Mann au piano, et d'une super section rythmique réunissant Jeff Turmes à la basse et Richard Innes à la batterie ; c'est à dire des anciens membres du James Harman Band et du Hollywood Fats Band.

L'album s'ouvre par la plage titulaire. Un instrumental qui démontre tout le savoir-faire du kid dans le jump style. "Chicken hearted woman" est un blues lent. Ouvert par les cordes reproduisant le cri de nos gallinacés favoris, James Harman chante cette plage avec toute la maîtrise que nous lui connaissons. James chante aussi "Low down woman" au cœur d'une ambiance très country blues et "Gratitude is reaches", dans le style Chicago Southside, pendant que la slide de Ramos sonne comme la jumelle de celle d'Elmore James. L'entrée en lice d'un de mes harmonicistes favoris de toujours, Charlie Musselwhite, est bouleversante. Il a composé ce "Charlie's old Highway 51 blues" qu'il chante de cette voix immédiatement saisissable. Charlie est une légende vivante du blues. Un artiste attachant et authentique ; et les interventions de Ramos ne font qu'accentuer l'effet. Charlie revient chanter avec autorité le blues très dépouillé "Rich man 's woman". Paul deLay a certainement été l'une des meilleures découvertes des années 90. Il possède un style tellement personnel. Une voix cassée, puissante, qui transpire le vécu! Il est présent sur deux titres qu'il a écrits : "Say what you mean, baby", cuivré par Jeff Turmes, et "Ain't gonna holler". L'harmoniciste le plus proche de Kid est sans doute Mr Richard Duran, alias Lynwood Slim. Ils sont tellement complices que lorsqu'ils jouent ensemble, tout semble couler de source. Ils donnent ici une parfaite leçon de west coast jump lors de la reprise du "I don't care who knows" de Willie Dixon. Ensemble, ils apportent un traitement rockabilly au classique de Bobby "Blue" Bland, "Hold me tenderly". L'énergie reste présente. Le rythme s'intensifie avec l'entrée en lice du joyau de Sacramento, Rick Estrin (de Little Charlie and the Nightcats). Sa voix nasillarde et son harmo offensif s'acquittent parfaitement de "It's hot in here". Estrin aime aussi le blues pur. Il est merveilleux quand il pense au génial Little Walter. A l'instar de "Marion's mood", un fragment de derrière les fagots. Le virtuose Rod Piazza change de registre pour se consacrer à l'instrumental "Devil's foot". Il prend indéniablement une direction jazz et swing. Kid se met même à sonner comme Charlie Christian. La machine à vapeur s'emballe pour aborder "Mean ol' lonesome train". Une composition écrite par Lightnin' Slim et superbement rendue à la vie grâce au vieux Johnny Dyer. La Ramos party s'emballe pour la finale. Un tonique "Harmonica hangover" qui adresse un double clin d'œil à Charlie Musselwhite et à Rick Estrin. Un superbe album !

 

Tori Amos

Strange little girls

Écrit par

Tori Amos est un sacré bout de femme. On la connaissait pour ses prises de position résolument féministes. Mais de là à interpréter à sa manière, et sur un même album, 12 compositions écrites par des mecs au sujet de femmes, il y a un pas que je ne m'imaginais pas la voir franchir. Elle parvient ainsi à adapter la musique, mais aussi le sens des chansons. Même Eminem figure sur la liste (NDR : noire ?). Et ces nouvelles versions, prennent une toute autre dimension, souvent difficilement reconnaissable, presque malsaine. Le traitement sonore radical vise ainsi également " New age " du Velvet Underground, " Strange little girl " des Stranglers, " Enjoy the silence " de Depeche Mode, " I'm not in love " de 10cc, " Rattlesnakes " de Lloyd Cole, " Time " de Tom Waits, " Heart of gold " de Neil Young ", " I don't like mondays " des Boomtown Rats ", " Happiness is a warm gun " des Beatles et "Real men" de Joe Jackson. Le tout est emballé dans une superbe pochette où Tori pose dans treize tenues et coiffures différentes (NDR : sans oublier le maquillage) sur autant de photos signées Neil Gaiman. Et pour ceux qui aiment les collections, sachez que cette pochette est sortie sous quatre versions différentes…

 

Kid Ramos

West Coast house party

Écrit par

Kid nous invite à une fameuse party. A n'en pas douter, l'homme a de nombreux amis et pas des moindres, croyez-moi! C'est bien une "West Coast pary", toute en swing et en jump à laquelle nous sommes conviés. Une musique qui a changé le jour où un certain Aaron ‘T-Bone’ Walker a quitté son Texas natal pour L.A et relié sa guitare à l'électricité. T-Bone a ensuite été rejoint par des grands du blues comme Pee Wee Crayton, Percy Mayfield et Johnny Watson. Kid a joué durant 8 années dans le James Harman Band. Il y a tout appris, de Hollywood Fats, un temps son coéquipier ; mais également de Junior Watson, alors membre des Mighty Flyers.

Beaucoup de potes se sont joints à la fête pour entourer le Kid. Des guitaristes et des chanteurs. En l'occurrence, Fred Kaplan au piano, Larry Taylor à la basse et Stephen Hodges aux drums ; sans oublier un trio de cuivres en or constitué de Jeff Turmes, de Steve Marsh et de Jonny Viau.

L'album débute et se termine par deux versions de "Strollin' with bone". Deux adaptations instrumentales qui rendent hommage à qui vous savez. Avec trois guitares. Celles de Kid, de Duke Robillard et de Clarence "Gatemouth" Brown. Quel feu d'artifice! Sur "Lizabeth" et "Silly dilly woman", il est rejoint par Rusty Zinn, qui chante et gratte. Les échanges sont de grande classe. Pour le reste, cet album présente une grande unité. Le jump R&B est d'un tel niveau, qu'il est malaisé de faire ressortir le moindre titre. On retrouve encore, parmi les invités, Rick Holmstrom, Little Charlie Baty et Junior Watson. Aux guitares. Et puis au chant, James Harman, Janiva Magness, Lynwood Slim, Kim Wilson, James Intveld et Big Sandy Williams. Un bouquet de rêve! Duquel j'épinglerai "Real gone lover" (de Smiley Lewis), avec Kim Wilson, impérial à l'harmonica lorsqu'il ne chante pas dans son micro Astatic. Kim reprend aussi un autre titre de Lewis, "Where were you?". James Harman chante son "One Mo' peep". Il est aussi amusant d'entendre Big Sandy (des Flyright Boys) se divertir du western swing pour chanter (fort bien) le blues sur le détonant "Guitar player" ; et surtout "Wipe your tears". Et la party se fait plus T-Bone que jamais lorsque Duke Robillard et Gatemouth viennent épauler le Kid sur "Welcome blues". Ce solide voyage dans le temps, qui remonte à pratiquement un demi-siècle, n'est pas banal, et est même tout à fait excitant!

 

Kid Ramos

Kid Ramos

Écrit par

Kid Ramos s'est taillé au fil des ans une bien solide réputation. Il affiche toujours un look bad boy, tatoué et un rien teigneux ; mais le musicien présente déjà un fameux pedigree. Notamment à cause de ses participations au James Harman Band, aux Fabulous Thunderbirds et ses évasions d'artiste libre, souvent en compagnie de son pote harmoniciste Lynwood Slim. Ce qui lui a valu, au passage, de tisser de solides amitiés dont il profite largement ici. Kid n'est pas vraiment un chanteur, il a donc eu recours à des renforts de premier choix. Et notamment ses ex-patrons, Kim Wilson, James Harman, Lynwood Slim déjà cité, mais aussi Cesar Rosas de Los Lobos, Willie Chambers (souvenez-vous des Chamber Brothers) et la suave Janiva Magness.

Et l'album me direz-vous? Impeccable! Il s’ouvre par le "Dead love" de Little Milton, soutenu par Kim Wilson au chant, et enchaîne avec "No more alcohol", très fifties. Rob Rio se réserve les ivoires et Lynwood Slim le chant. Willie Chambers a gardé la voix brûlante qu'il avait quand il chantait "Time has come today" dans les 60s. Pour "Leave me alone", un R&B écrit par Ray Agee, l'effet est remarquable. Cesar Rosas mène de sa voix de chicano le célèbre "300 pounds of joy", alors que Gene Taylor a pris la place au piano. Un album sans faille, sur lequel les cuivres sont omniprésents, épinglant au passage, un certain Jeff Turmes au sax baryton. Mais avant tout c'est un album de Kid Ramos. La guitare est donc en effervescence sur toutes les plages. Ramos est un gars qui a tout compris et assimilé le meilleur de ses maîtres. A l’instar de "Cold chicken and beer", un instrumental hanté par le fantôme d'Albert Collins. Ou encore le "Fiddle De Dee" de Pee Wee Crayton, balayé par la slide ! Un album remarquable qui nous permet de retrouver ensemble la majorité des musiciens qui formaient le James Harman Band des 80s.

 

Tori Amos

Boys for Pele

Chanteuse/compositrice/pianiste, Tori Amos lutte pour la condition de la femme contemporaine. Forte, indépendante et libérée. Affichant ses propres idées sur la sexualité. Sur la religion. Une attitude anti-fondamentaliste qui n'est pas vue d'un très bon œil de l'autre côté de l'Atlantique. Pourtant cette Américaine, issue de Caroline du Sud, vient de connaître une grosse déception amoureuse. Et son troisième album est un témoignage douloureux de cette séparation. Dix-huit compositions autobiographiques reflétant les sentiments de l'absence, du vide, du manque, à travers un langage riche, austère, vénéneux, érotique, mystérieux, ironique. Des lyrics caustiquement dédiés à ‘ses hommes’, qu'elle épanche de sa voix volatile, versatile, confessionnelle, capable d'enjamber tantôt les octaves, tantôt de souffler les émotions les plus pures, au creux de votre oreille. Une voix dont le timbre semble s'être glissé entre celui de Patti Smith et de Kate Bush. Pour tout accompagnement Tori se contente d'un clavecin ou d'un piano. Accords délicats essaimés à la manière de Carole King. Un album minimaliste, très épisodiquement souligné d'orchestrations ou d'arrangements, d'un zeste de percussions et d'un soupçon de guitare...