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Amplifier

Insider

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Difficile de coller une étiquette à Amplifier. A la fois heavy et post rock, le trio établi à Manchester est annoncé comme le meilleur des combos british de ces cinq dernières années ! Connaissant l’objectivité des journalistes anglais quand il est question de redorer le blason de la ‘Grande Dame’ (NDR : elle n’est plus la référence absolue en matière de rock depuis des lustres, il faut le reconnaître), nous avons préféré écouter cet « Insider » deux fois plutôt qu’une avant de vous livrer nos commentaires.

Amplifier a fait mouche lors de ses apparitions durant l’été dernier au festival de Roskilde, ou encore au très metal Download Fest ainsi qu’à notre Pukkelpop national. Rien d’étonnant ! Les compos d’« Insider », après une deuxième écoute attentive, s’infiltrent dans votre mémoire pour ne plus en sortir. Entre douleur et jouissance, la musique d’Amplifier est lourde comme une chape de plomb, mais sait aussi se faire aérienne, vicieuse, incisive, voire psyché dans son développement et ses atmosphères. Les comparaisons avec Tool sont inévitables, tant le combo s’inscrit dans une démarche similaire, mais nous soulignerons également des liens incontestables avec l’immense mais méconnu combo british Oceansize. Menée de façon très énergique, la section rythmique laisse également une place prépondérante au groove, tandis que le guitariste-leader Sel Balamir use sans modération de pédales aux effets les plus variés, saturation en tête.

La production est particulièrement soignée. Lorsqu’on connaît les compétences des producteurs Steve Lyon (The Cure) et Chris Sheldon (Foo Fighters), on comprend mieux pourquoi cet opus a une pêche d’enfer. Amplifier séduira les fans de Black Sabbath comme ceux de Sonic Youth. Vivement recommandé !

 

 

Amplifier

Echo street

Écrit par

Fondé en 1999, Amplifier nous vient de Manchester. Avant d’enregistrer ce quatrième opus, le line up du groupe avait subi quelques changements. Tout d’abord, Neil Mahoney a cédé sa basse à Alexander Redhead. Ensuite, après le split d’Oceansize, Steve Durose a rejoint le line up, comme second guitariste.

La presse spécialisée était tombée sous le charme de « The octopus », le précédent elpee du band mancunien. Un œuvre conceptuelle ténébreuse, ambitieuse, découpée en 16 plages, s’étalant sur plus de 2 heures et enrichie d’un livret de 70 pages. Et qui avait exigé une bonne année de travail. « Echo steet » n’a nécessité que 2 mois de sessions. Une œuvre moins prog (NDR : quoique !), mais publiée sur le label Kscope, c’est-à-dire qui héberge notamment Anathema, Steven Wilson et Porcupine Tree.

Un Porcupine Tree qui semble paradoxalement avoir contaminé le psychotique « The wheel ». Une constante ? Le soin apporté aux harmonies vocales. L’épuré « Between today and yesterday » rappelle même la conjugaison des voix opérée entre Crosby, Stills & Nash, à une époque bien West Coast. Sans quoi, il faut reconnaître que les références aux nineties sont omniprésentes. Les douze minutes de ballade mélancolique consacrées à « Extra vehicular » lorgnent manifestement vers le « Black hole » de Soundgarden. Sommet du long playing, le titre maître baigne au sein d’un climat éthéré digne de The Verve circa « A storm in heaven », même si les vocaux nous transportent du côté sombre de la lune… Steve Durose (NDR : ou plutôt le défunt Oceansize) marque de son empreinte « Where the river goes » ; encore que le véritable mur de son érigé à mi-parcours éveille en notre fors intérieur le shoegazing de Ride. Hormis le titre final, « Mary Rose », un rock parcouru par une ligne de basse mélodieuse, dynamisé par des drums souples et éclaboussé de cordes de guitares cinglantes, ce disque privilégie les ballades. Y compris le morceau d’entrée, une compo qui baigne dans un climat insouciant, concédant des accents de gratte réminiscents de Prince, avant de se lancer dans un irrésistible crescendo. Un bien bel album, même s’il n’atteint pas l’intensité tentaculaire d’« Octopus »…

 

Amplifier

The Octopus

Écrit par

A l’instar de ses compatriotes de Marillion, le trio rock alternatif britannique Amplifier a choisi de se passer du soutien financier du ‘music business’. Aucun contrat ne le lie plus désormais à un label. Il a donc le contrôle total sur tout ce qui touche de près ou de loin à sa création. Sans personne pour leur imposer de limites, Sel Balamir (guitare et chant), Neil Mahony (basse) et Matt Brobin (batterie) ont disposé de toute la liberté nécessaire à la réalisation de « The Octopus », un double album conceptuel ambitieux qui est, sans doute possible, l’un des points culminants de leur carrière.

Né à Manchester dans le courant de l’année 1999, Amplifier a sorti un premier opus éponyme chez Music For Nations, en 2004. Son second, « Insider » a été publié en 2006 par le label allemand SPV. Pas vraiment lié à une scène particulaire, le groupe a tourné en compagnie de formations assez  différentes telles que les  Deftones, Opeth ou Porcupine Tree. Le nouvel elpee, dont la composition a été mise en chantier dès 2007, est désormais disponible à la vente sur son site officiel (http://www.amplifiertheband.com/merchandise.php )

Ceux et celles qui, interpellés par l’association des mots ‘rock’ et ‘Manchester’, espèrent trouver ici un palliatif à leur manque d’Oasis peuvent passer leur chemin. On n’aborde pas  le chef-d’œuvre d’Amplifier comme la ‘britpop’ insipide des frères Gallagher. « The Octopus »  est un pavé musical intense s’étendant sur plus de deux heures. Une pièce conceptuelle découpée en seize plages, dont le contenu appelle immanquablement à la réflexion. Amplifier jette ici une idée effrayante : ‘Et si quelque chose avait pris le contrôle’ ? Une chose  immonde, aussi proche de vous que votre propre peau et dont vous n’avez même pas conscience…

Ce n’est pas un hasard si les trois Britanniques ont mis plusieurs années pour écrire, enregistrer et produire ce nouvel essai. La musique y est variée, complexe, voire même schizophrénique par moment. Pourtant, elle se révèle parfois étonnamment accessible. « The Octopus » semble constituer le point de convergence de plusieurs styles. On découvre au fil des écoutes des bribes imbriquées de rock alternatif, de rock progressif, de hard rock et de heavy métal. Un peu comme si le groupe s’était imprégné de la musique de Muse, Porcupine Tree, Tool, Oceansize, Radiohead, Marillion (période Hogart), Black Sabbath et Led Zeppelin, avant de s’attaquer à ses propres compositions. 

L’intro « The Runner » installe l’ambiance paranoïaque de la plaque. Des bruits de pas rapides et un fond sonore oppressant tiennent en haleine. On attend une déflagration sonore. Cependant, le déluge de décibels n’arrive pas tout de suite. C’est la voix sublime de Sel Balamir, combinée à un piano grandiloquent, qui plante le décor sur un « Minion's Song » intimiste. La déflagration vient plus tard sur « Interglacial Spell ». Distorsion maximale et ligne de basse monstrueuse pour introduire un titre dont le tempo rappelle le « Kashmir » de Led Zeppelin. Sur « The Wave », le trio s’arrange pour sonner comme s’il était un quintet en construisant un mur de guitares heavy impénétrable. Vient ensuite l’étonnant « Octopus » et ses neuf minutes hypnotiques, atmosphériques, … magiques.

Il faudrait plusieurs pages pour décrire ici toutes les circonvolutions et toutes les tournures qu’empruntent les compositions. Métalliques, acoustiques, brutales, planantes, organiques, synthétiques. Chaque titre est une aventure et un pas vers la perfection. Amplifier est probablement l’une des meilleures choses qui soit arrivée à l’Angleterre depuis bien longtemps. Ne passez pas à côté de cette œuvre.

« The Octopus » est disponible au format double Cd ou triple LP (NDR : pour ceux et celles d’entre vous  qui adhèrent au retour du grand vinyle noir). Une édition limitée à cinq cent exemplaires de la version Cd contient, quant à elle, un livret de 70 pages détaillant, à la manière d’un roman, le concept caché derrière cet énigmatique « Octopus ». Chaque exemplaire de cette édition limitée sera dédicacé par les membres du groupe. Avis aux collectionneurs.