Fondé en 1999, Amplifier nous vient de Manchester. Avant d’enregistrer ce quatrième opus, le line up du groupe avait subi quelques changements. Tout d’abord, Neil Mahoney a cédé sa basse à Alexander Redhead. Ensuite, après le split d’Oceansize, Steve Durose a rejoint le line up, comme second guitariste.
La presse spécialisée était tombée sous le charme de « The octopus », le précédent elpee du band mancunien. Un œuvre conceptuelle ténébreuse, ambitieuse, découpée en 16 plages, s’étalant sur plus de 2 heures et enrichie d’un livret de 70 pages. Et qui avait exigé une bonne année de travail. « Echo steet » n’a nécessité que 2 mois de sessions. Une œuvre moins prog (NDR : quoique !), mais publiée sur le label Kscope, c’est-à-dire qui héberge notamment Anathema, Steven Wilson et Porcupine Tree.
Un Porcupine Tree qui semble paradoxalement avoir contaminé le psychotique « The wheel ». Une constante ? Le soin apporté aux harmonies vocales. L’épuré « Between today and yesterday » rappelle même la conjugaison des voix opérée entre Crosby, Stills & Nash, à une époque bien West Coast. Sans quoi, il faut reconnaître que les références aux nineties sont omniprésentes. Les douze minutes de ballade mélancolique consacrées à « Extra vehicular » lorgnent manifestement vers le « Black hole » de Soundgarden. Sommet du long playing, le titre maître baigne au sein d’un climat éthéré digne de The Verve circa « A storm in heaven », même si les vocaux nous transportent du côté sombre de la lune… Steve Durose (NDR : ou plutôt le défunt Oceansize) marque de son empreinte « Where the river goes » ; encore que le véritable mur de son érigé à mi-parcours éveille en notre fors intérieur le shoegazing de Ride. Hormis le titre final, « Mary Rose », un rock parcouru par une ligne de basse mélodieuse, dynamisé par des drums souples et éclaboussé de cordes de guitares cinglantes, ce disque privilégie les ballades. Y compris le morceau d’entrée, une compo qui baigne dans un climat insouciant, concédant des accents de gratte réminiscents de Prince, avant de se lancer dans un irrésistible crescendo. Un bien bel album, même s’il n’atteint pas l’intensité tentaculaire d’« Octopus »…

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