Baby Dee et l’enfant de l’amour

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Beans (Australia)

Le souvenir de Beans…

Le groupe de garage-psych issu de Geelong/Melbourne, Beans (mené par Matt Blach, batteur des Murlocs), vient de partager « Remember », le troisième et dernier single extrait de son nouvel album « Less Louder », dont la sortie est prévue pour 11 septembre chez Fuzz Club.

Alliant des influences de pop psychédélique, de surf et de doo-wop, le prochain elpee se caractérise par des mélodies légères et profondément entraînantes ainsi que par des sonorités jangle brumeuses, mettant en avant une production plus douce, davantage axée sur le piano et plus acoustique. Faisant suite aux récents singles « Resister » et « My Room », le nouveau titre « Remember » est un autre morceau envoûtant, kaléidoscopique et accrocheur.

Écrit et enregistré à peu près à la même période que son prédécesseur, « Boots N Cats » (2024), « Less Louder » en est le pendant plus doux et décontracté. Alors que le premier des deux long playings sur lesquels Blach s’est attelé dans son studio de garage DIY pendant la pandémie était un ensemble de grooves garage-psych rythmiques imprimés par la batterie, « Less Louder » est un opus enivrant, axé sur les harmonies, qui s’inscrit résolument dans la catégorie ‘Sunday Afternoon’, comme le déclare Blach.

Alors que sur le premier des deux albums, Blach jouait lui-même tous les instruments, la formation complète des Beans est de retour ici : Blach s’occupe de la composition et d’une grande partie du chant, de la guitare et de la batterie, tandis qu’il est accompagné par ses camarades Jack Kong à la guitare, Mitch Rice aux claviers, Vincent Clementson à la basse et Lachie McKiernan à la batterie.

‘Nous avons opté pour un style beaucoup plus folk et décontracté sur « Lockdown Sessions 2’, se souvient Blach : ‘Même si « Less Louder » a été enregistré à peu près à la même période que « Boots N Cats », il est beaucoup plus décontracté en comparaison. Nous sommes ravis de partager des directions différentes et une nouvelle intimité, pour ainsi dire. L’ambiance de ces morceaux a changé, avec des sonorités plus douces. Au niveau des paroles, les chansons s’inspirent de l’époque à laquelle elles ont été écrites. Certaines parlent d’amour, d’autres de solitude, d’autres encore de souvenirs, de sommeil ou de se cacher.’

À propos du nouveau single, Blach explique : ‘« Remember » est une chanson qui évoque les souvenirs, l’enfance et le passage à l’âge adulte. En racontant des histoires du passé et en discutant avec des aînés, d’hier et d’aujourd’hui, de leurs moments les plus chers, je trouve incroyable à quel point la vie d’un enfant est différente de celle que j’ai connue quan

Le nouveau single, « Remember », est en écoute là

Beans (Australia)

Beans baisse le son

Écrit par

Le groupe australien Beans sortira son quatrième elpee, « Less louder », ce 11 septembre. Et cette annonce devrait retenir l’attention des amateurs de psych-pop aventureuse. En attendant, i a partagé le single Resister. Mené par Matt Blach, également batteur de The Murlocs, le quintette de Geelong/Melbourne confirme ici une facette plus apaisée de son univers, sans rien perdre de sa personnalité. Écrit et enregistré à la même période que Boots N Cats, ce nouveau disque en apparaît comme le contrechamp naturel : moins frontal, plus cotonneux, plus mélodique aussi, laissant une place plus importante aux harmonies, au piano et aux textures feutrées. Là où Beans excellait déjà dans les grooves garage-psych nerveux, Less Louder semble choisir la lumière douce de la fin d’après-midi, entre pop psychédélique, surf et inflexions doo-wop. Premier aperçu de cette nouvelle direction, Resister se distingue par une écriture sensible autour des sentiments naissants, de ce moment fragile où l’on hésite entre élan et retenue. Cette tension émotionnelle se retrouve aussi dans le clip, réalisé par Willem Kingma et Kel Blackmore, qui accompagne le morceau en prenant une distance volontairement comique et en soulignant, sans lourdeur, la part d’absurdité que l’amour peut parfois révéler. Resté plusieurs années dans les cartons avant de trouver sa forme définitive, l’opus bénéficie d’un mix de Jesse Williams et d’un mastering signé John Lee. En ouvrant ce nouveau chapitre, Beans ne cherche pas à faire plus fort, mais plus juste : un disque qui promet d’installer durablement son atmosphère brumeuse et ses mélodies accrocheuses dans le paysage psych actuel.

Comme ‘Boots N Cats’, ‘Less Louder’ a été écrit durant cette période surréaliste de limbes prolongés et auto-enregistré chez Blach en 2021 : ‘Cela m’a permis de garder la tête hors de l’eau et de me sentir productif en continuant à écrire / enregistrer et à accomplir quelque chose ; avoir cette opportunité, ce temps et cet espace a vraiment mis ma créativité en mouvement’. Cependant, là où le premier des deux voyait Blach jouer lui-même tous les instruments, le line-up complet de Beans est de retour ici : Blach à l’écriture et pour une grande partie des voix / guitare / batterie, accompagné de Jack Kong à la guitare, Mitch Rice aux claviers, Vincent Clementson à la basse et Lachie McKiernan à la batterie.

Le clip de ‘Resister’ est à découvrir là.

 

 

Austra

La Déesse de la Lumière plongée dans le 'dark'…

Dans la mythologie lettone, Austra est le nom de la Déesse de la Lumière. Originaire de la rive orientale de la mer Baltique, Katie Stelmanis, la chanteuse qui dirige la formation canadienne, mélange à la perfection cette lumière nordique et l'obscurité, le côté sombre des émotions et des atmosphères. Après avoir récolté un véritable triomphe au Vk*, en juin 2012, et accordé une prestation intimiste à Gand, au cours du même mois, mais un an plus tard, Austra revient ce soir dans une salle, comble, celle de l'Orangerie du Botanique, pour défendre son nouvel opus, "Olympia".

La scène est plongée dans une lumière bleutée. Des parasols blancs sont disposés à différents endroits du podium : éclairés de l'intérieur, ils constitueront l'élément de light show le plus notable, à côté de l'image de montagnes reproduisant celle de la pochette d'"Olympia », projetée à l'arrière-plan.

Sur les accords de "What We Done?", les musiciens entament donc le set. Ils sont tous habillés de blanc, sauf Maya Postepski, vêtue d’une blouse dorée. A côté de Katie Stelmanis, on reconnaît le bassiste et membre permanent Dorian Wolf ainsi que le claviériste Ryan Wonsiak. Grande surprise, les jumelles Sari et Romy Lightman qui assurent, en général, le rôle de danseuses et chanteuses 'backing vocals', sont absentes. Stelmanis avait prévenu qu'elles ne participeraient pas à toute la tournée, vu leur implication au sein de leur projet indie-folk Tasseomancy. Malheureusement, cette défection va se faire cruellement sentir tout au long de la prestation. Leur look très particulier de gitanes en costumes folk alternatifs et surtout leur présence scénique constituait, en effet, un atout incontestable lors du spectacle octroyé au Vk*. Un nouveau musicien figure par contre au sein du line up : un tromboniste ; sans doute Ewan Kay, qui a participé aux sessions d’enregistrement d’"Olympia".

La setlist est consacrée, à parts égales, aux deux long playings du combo. "Painful Like" et "Forgive Me", deux singles issus d'"Olympia", apportent une jolie impulsion de départ et Stelmanis est resplendissante dans sa robe blanche en satin. Elle glisse spontanément du micro, placé à l'avant de la scène, à son clavier Nord Stage, en virevoltant comme une petite fille. Elle l'a souligné dans une interview, les concerts de ce nouveau périple incluent beaucoup plus de parties interprétées en live, la programmation en Ableton leur permettant de modifier avec une plus grande flexibilité les séquences et les interventions des différents musiciens.

D'une façon générale, le son est bien équilibré et la batterie est assez discrète dans le mix, laissant une large place à la voix de Stalmanis. Celles des soeurs Lightman sont prises en charge par Maya Postepski, soutenue circonstanciellement par les backing tracks. Après "The Choke", un autre extrait du premier elpee déclenche les premières réactions d'enthousiasme au sein du public : "The Villain". Encouragée, Stelmanis vient s'agenouiller au-devant de l’estrade. Très concentrée sur son chant, elle accompagne chaque phrasé par des gestes des bras et des mains ; une technique qu'elle doit à sa formation. Rappelons que dans son jeune âge, elle a suivi des cours de piano classique et appartenait au Chœur d'Enfants de l'Opéra canadien. Malheureusement, au fur et à mesure que le concert évolue, on constate des problèmes de justesse, surtout sur "Lose It". Mais je me suis laissé dire qu'elle était malade, ce qui excuse tout à fait ces petites imperfections. De plus, elle a précisé en interview que sa voix est aujourd'hui légèrement plus grave qu'auparavant : elle devrait peut-être chanter "Lose It" un ou deux tons plus bas?

La belle ballade "Home", très bien accueillie par le public, ouvre le volet central, plus calme, de la prestation. Pour ceux qui ne la connaissent pas, la musique d'Austra est d'une intensité rare, croisement entre le lyrisme noir et mélancolique de Stelmanis et les rythmes tour à tour electro-dance, trance ou expérimentaux. Pour la voix, on pense à Kate Bush, Björk et Natasha Khan de Bat For Lashes, mais aussi aux chanteuses 'dark' comme Zola Jesus, elle aussi américaine originaire d'Europe de l'Est, Chelsea Wolfe ou Florence Welsh. Les arrangements évoquent tour à tour à New Order, Glasser, Anne Clark, Radiohead ou The Knife.

Les deux dernières compositions du set permettent au groupe de faire remonter la pression: "Lose It" déclenche des cris dans le public, surtout au moment où Stelmanis effectue la vocalise lyrique qui a rendu ce titre reconnaissable entre mille. Enfin retentissent les premiers sons électro de "The Beat And The Pulse" et par déduction, on imagine que la fin de parcours sera chaude... En effet, les fans sont en extase, les mains en l'air, pendant ce hit électro –en version longue– qui a cartonné sur les dance floors alternatifs du monde entier. Regardez la vidéo de ce moment unique ici 

Lors du rappel, Austra ne nous réservera pas "Annie (Oh Muse, You)" comme indiqué sur la setlist, mais bien l'excellent "Spellwork", suivi du lancinant "Hurt Me Now".

En quittant l'Orangerie, un sentiment mitigé nous envahit. Car la prestation a été, dans l'ensemble, moins puissante, moins irrésistible que celle accordée au Vk*, notamment à cause de l'absence des soeurs Lightman et surtout, de la nature, moins electro, de beaucoup de nouveaux morceaux. Austra n'en reste pas moins une formation exceptionnelle, offrant une musique d'une beauté désarmante, en tous points magique.

(Voir notre section photos ici)

La première partie était assurée par Crime, un duo berlinois composé de Mika Risiko (Sissters) et Sarah Adorable (Scream Club). Leur synth-pop expérimentale s’appuie sur leur Ep "Epiphany". Sur les planches, la carrure transgenre de Risiko impressionne. Sa voix, sorte de croisement entre Alison Moyet et Brian Molko, est étrange. Adorable est plus discrète. Tant aux claviers qu’au chant. Mais révèle, lorsqu’elle en a l’occasion, un joli timbre. Une prestation décalée, résolument originale, qui a autant intéressé les uns que franchement déçu les autres… (Et pour les photos, c'est là)

Organisation: Botanique

 

Austra

Reines de Lumière...

Austra, c’est le nom de la Déesse de la Lumière, dans la mythologie lettone. L'adjectif ‘lumineuse’ convient donc parfaitement à Katie Stelmanis, la chanteuse canadienne originaire de la rive orientale de la mer Baltique, à la tête d’Austra. Révélée par le hit alternatif "The Beat And The Pulse" et par un premier album époustouflant intitulé "Feel It Break", Stalmanis se produisait le 11 juin dernier, pour la première fois en Belgique, au sein de sa formation d'électro-pop 'dark'. Le concert était quasi 'sold out'. Le public qui avait rejoint la salle du Vk* à Bruxelles était assez diversifié, même si une majorité de jeunes femmes était visiblement influencée par le look très tendance de Katie (NDR : la frange dans les cheveux !)

C'est un groupe au grand complet qui prend possession de la scène, impliquant pas moins de 6 musiciens. Le premier morceau, "Young And Gay", qui est explicite sur l'orientation sexuelle avouée de Stelmanis, permet de constater en toute logique une prédominance de musiciennes. Et pour cause, y militent Maya Postepski (batterie), ex-Galaxy (NDR : le combo précédent de Stalmanis), et les très jolies jumelles Sari et Romy Lightman, par ailleurs impliquées au sein d’un projet d'indie-folk, baptisé Tasseomancy. Le line up est complété par le bassiste/claviériste Dorian Wolf (auparavant chez Spiral Beach) et le claviériste Ryan Wonsiak (Ze and the Boyfriends).

Après un "Hate Crime" tout en retenue, "Lose It", le deuxième single de l'album, permet au groupe de faire monter la pression. Vêtue d'une longue robe blanche en satin, Stalmanis est tout simplement resplendissante. Très concentrée sur son chant, elle accompagne chaque phrasé par des gestes des bras et des mains ; une technique qu'elle doit certainement à sa formation. Rappelons que dans son jeune âge, elle a suivi des cours de piano classique et appartenait au Chœur d'Enfants de l'Opéra canadien. Emportée par la musique, elle virevolte sur l’estrade comme une petite fille aux cheveux d'or. A ses côtés, Sari et Romy Lightman, affichant un look très particulier de gitanes en costumes folk alternatifs, ont une très forte présence scénique, chantant et dansant sans discontinuer.

La musique est d'une intensité rare, croisement entre le lyrisme noir et mélancolique de Stelmanis et les rythmes tour à tour electro-danse, trance ou expérimentaux. Pour la voix, on pense à Kate Bush ("Darken Her Horse" véhicule des accents empruntés à "Running Up That Hill"), Björk et Bat For Lashes ; mais aussi à la vague de chanteuses 'dark' qui déferle actuellement, que ce soit Zola Jesus, elle aussi américaine originaire d'Europe de l'Est, Chelsea Wolfe ou Florence And The Machine. La musique lorgne quant à elle clairement vers New Order, Glasser, Anne Clark, Radiohead ou The Knife.

Le volet central du concert, plus calme et plus expérimental, s'articule autour des titres "The Choke", "The Villain" et "The Future". On remarque les très belles polyphonies vocales des trois chanteuses et surtout l'incroyable efficacité et le charme impérial de Maya Postepski. L’aisance déconcertante de la percussionniste lui permet de dispenser des parties de batterie dotées d'un swing très fin.

Le point culminant du concert est atteint par "Identity", un véritable bijou de new-wave, imprimé sur un rythme hypnotique, baignant dans des nappes synthétiques et balayé par ces voix haut perchées, lancinantes et irrésistibles. "The Beat And The Pulse" va littéralement nous ‘achever’ : nous sommes en extase, les mains en l'air, pendant ce hit électro –en version longue– qui cartonne depuis plusieurs mois déjà sur les dance floors.

En rappel, Austra nous gratifie d'un morceau inédit, de très bonne facture, et clôture par un excellent "Spellwork", le troisième simple de "Feel The Break". On sort de la salle étourdis par la beauté éblouissante d'une prestation qui aura été en tous points magique... Un voyage féerique plein de profondeur et de lumière... D'ores et déjà un des meilleurs concerts de l'année....

Regardez ici la vidéo de "The Beat And The Pulse" au Vk*: 

Auparavant, Chevalier Avant Garde, également venu du Canada, avait ouvert la soirée en jouant une pop ‘minimal wave’ mélodiquement soignée (surtout dans le très beau "Over The Fountain", tiré de l'album "Heterotopias") mais manquant, dans l’ensemble, de relief.

(Organisation Vk*)

 

The Deadly Nightshades (Australia)

The deadly nightshades

S'il n'y avait ce zeste de mellotron égaré sur l'un ou l'autre morceau, cet album serait un parfait ‘unplugged’. Et ce ne sont pas les quelques interventions de violoncelle ou de trompette qui changeront quoi que ce soit à l'impression générale. Trio australien, Deadly Nighshades se partage équitablement guitares acoustiques, percussions et harmonies vocales. Mais c'est Lisa Hill qui assure toutes les compositions et se réserve le chant principal. Normal lorsqu'on dispose d'une aussi belle voix que celle de Kate Bush. Un disque qui s'ouvre par une remarquable composition, "Totally female". Sauvagement raffinée, férocement subtile, elle aurait pu tout aussi bien appartenir au répertoire d'Ed Kuepper. La suite, tout en exhalant la fraîcheur et la grâce poétique des Walkabouts, s'abandonne un peu trop facilement dans une sorte de soft pop moelleuse, circa Peter Paul and Mary. Dommage!

 

The Killjoys (Australia)

A Million Suns

Les Killjoys nous viennent d'Australie. De Melbourne très exactement. Un quintet qui s'inspire à la fois de la pop sylvestre d'Everything But The Girl et de la post new wave mélancolique, évanescente des Sundays. Ce qui implique inévitablement la présence d'une chanteuse au vocal éthéré, clair, cristallin. Encore que parfois Anna Burley effleure les inflexions de Juliana Hatfield. Et puis des cordes de guitare semi-acoustiques, vibrantes, légèrement jazzyfiantes. Sans oublier les arrangements symphoniques, procurés pour la circonstance par une section à cordes. Deux violonistes et un violoncelliste pour être très précis. La petite touche d'originalité procédant des éclaboussures épisodiques d'une trompette, d'une mandoline ou d'un vibraphone. Un album agréable mais loin d'être indispensable. Sauf peut-être sur le fragment "Should know better", chanson dont la texture mélodique rappelle les meilleurs moments d'Abba...