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Un spectacle titanesque !

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Ce vendredi 13 février, Avatar présente son Metal Circus sous les projecteurs de l’Ancienne Belgique. Fondé en 2001 à Göteborg, le quintette suédois, maquillé et volontiers théâtral, s’impose depuis comme une formation explosive dont l’identité visuelle et sonore déroute et fascine. Le combo enchaîne chorégraphies millimétrées, effets spéciaux et guitares déchaînées, tandis que Johannes Eckerström se transforme en une créature cinématographique évoquant tour à tour le Joker ou The Crow. S’appuyant sur des opus tels que « Feathers & Flesh » (2016), « Avatar Country » (2018) ou le plus récent « Dance Devil Dance » (2023), le band continue d’explorer un univers foisonnant sans jamais perdre son énergie brute. Sur les planches, Avatar offre une expérience totale, oscillant entre riffs survoltés et extravagance spectaculaire.

Si la tête d’affiche véhicule incarne parfaitement l’image de personnages excentriques, les premières parties repoussent tout autant les frontières du raisonnable. Pour ouvrir la grande messe métallique, Avatar convie dans son sillage les Norvégiennes de Witch Club Satan et les redoutables Néo‑Zélandais d’Alien Weaponry.

Witch Club Satan, trio norvégien fondé en 2022 à Oslo, est une formation entièrement féminine – Nikoline Spjelkavik (guitare et chant), Victoria Røising (basse et chant) et Johanna Holt Kleive (batterie et chant) – dont l’esthétique puise dans le théâtre (également), le féminisme et la sorcellerie. Pour leur première date en Belgique, les trois musiciennes se présentent sur les planches à 18 h 45 précises. Drapées dans leurs robes crochetées, coiffées de cornes, elles surgissent d’un imaginaire rituel plus que d’un banal car de tournée.

Dès que « Hysteria » résonne, le cérémonial démarre sans préambule : les incantations grondent, les hurlements de « Mother Sea » s’élèvent tels des cris perdus dans une forêt infernale. Ce n’est pourtant qu’un prélude à la déferlante qui suit. Les cuivres éclatent, les robes tombent, et le trio, sous « I Was Made By Fire », « Black Metal Is Krig » et la conclusion « Solace Sisters », transperce littéralement nos tympans d’un trident sonore incandescent. Le combo livre une prestation hypnotique, féroce et totalement habitée (page ‘Artistes’ ici photos ). 

La deuxième formation à fouler le podium impressionne immédiatement : Alien Weaponry, trio néo‑zélandais de heavy metal originaire d’Auckland et établi à Waipu, implique le batteur Henry de Jong, le guitariste Lewis de Jong et, depuis 2020, le bassiste Tūranga Morgan‑Edmonds. Tous trois puisent dans leurs racines maories une part essentielle de leur identité musicale, écrivant et interprétant plusieurs titres dans leur idiome.

Le spectacle démarre lorsque Henry de Jong se dresse face à ses fûts, et déclenche un haka fulgurant. Ses deux comparses surgissent ensuite sur le podium et s’en emparent totalement. La puissance du haka, sa tension et son intensité bouleversent l’auditoire. Sous « Rū Ana Te Whenua », extrait de leur remarquable opus « Te Rā », la salle se soulève. Leur métal devient un cri, une incarnation farouche d’espoir et de résistance.

Lewis de Jong impressionne, ses dreadlocks descendant jusqu’aux talons ; le trio joue à corps ouvert, incarnant sa culture avec une sincérité désarmante. Leur présence sur les planches s’avère magistrale. « Te Riri o Tāwhirimātea » embraie : guitare vibrante, rythmique tribale, tension remarquable. Puis « Mau Moko » déploie un groove nourri de thrash metal robuste et inspiré.

Le combo, qui marie ses racines culturelles à des couleurs guerrières et à de massifs riffs nu metal, évoque par moments la démarche de la formation mongole, The Hu. La fosse s’agite : ça pogote sec, les circles s’organisent presque joyeusement. Votre serviteur reste littéralement scotché : ce trio incendiaire réussit à embraser les planches de l’AB et remplit parfaitement son rôle de première partie. Aucun doute : Alien Weaponry, a l’étoffe pour conquérir les stades (page ‘Artistes’  photos ici). 

Setlist : « Rū Ana Te Whenua », « Te Riri o Tāwhirimātea », « Mau Moko », « Taniwha », « Kai Tangata ».

La salle de l’AB est comble lorsque l’heure d’Avatar approche, et l’électricité qui circule dans la fosse ne laisse aucun doute : les Suédois sont attendus comme des héros médiévaux émergeant d’une légende. La dimension théâtrale qu’ils injectent dans chacun de leurs shows fascine déjà avant le premier riff. Leur entrée, digne d’une pièce grandiose, renforce cette impression.

Le décor baigne sous un halo bleu. Dans les haut‑parleurs, un vieux gramophone crépite, puis sa mélodie chancelle avant de se muer peu à peu en une tempête rugissante. On se retrouve projeté au cœur d’un fjord déchaîné, en pleine mer, dans un chaos sonore d’une intensité picturale. Au fond, une estrade imposante accueille une double batterie chargée à bloc. Soudain, l’estrade s’écarte en son centre : une ouverture se crée pour permettre au quintette de surgir depuis les coulisses.

Johannes Eckerström avance en premier, silhouette sombre enveloppée d’une cape à capuche. Il balance une lanterne, dont les oscillations rythment ses pas, suivi de ses deux guitaristes, du batteur et du bassiste. L’atmosphère est posée. Leur rituel d’ouverture explose sous « Captain Goat », et la fosse répond par un hurlement unanime.

Le set s’emballe aussitôt : « Silence In The Age Of Apes » déferle. Johannes abandonne sa cape pour révéler un frac en cuir à queue‑de‑pie, puis « The Eagle Has Landed » transforme l’AB en un véritable carnaval métallique. À peine ce diptyque retentissant s’achève‑t‑il que le frontman interroge la foule : veut‑on accélérer le tempo ? Question presque insolente pour une fosse chauffée à blanc. Une clameur surgit, verdict sans appel.

Le combo enchaîne par « In The Airwaves », qui propulse tout le monde dans un tourbillon dont il s’avère difficile de se remettre. La suite est déjà en marche. Johannes revêt alors son manteau de cirque et, sous le voile macabre de « Bloody Angel », l’auditoire reprend pleinement les rênes.

Puis survient « Death and Glitz », riff glam massif et volontairement graisseux, déclenchant un pogo aux allures de fête foraine sous amphétamines. Depuis le début du concert, divers robots circulent déjà entre les musiciens en charriant d’étranges accessoires. Mais pendant « Death and Glitz », l’absurde atteint un sommet : un homme doté d’une cymbale fixée sur la tête surgit à l’arrière d’un robot. Le drummer frappe une seule fois la cymbale, et comme si l’on enclenchait un mécanisme, la formation relance son assaut sonore en alignant « Blood » puis « The Dirt I’m Buried In ».

Le quintette disparaît ensuite un court instant. Lorsqu’il revient, les cinq membres se rangent en ligne face au public pour entonner « Colossus », avant de reprendre leur configuration habituelle pour « Torn Apart ». Mais Avatar ne se contente jamais d’une simple transition. L’estrade du batteur s’ouvre de nouveau : un piano glisse majestueusement vers l’avant‑scène. Johannes s’installe derrière les ivoires, entame une conversation chaleureuse, évoque son amour pour Bruxelles et confie avoir dégusté des choux de Bruxelles plus tôt dans la journée. Puis il dédie quelques mots aux deux formations qui ont ouvert la soirée.

Il attaque « Howling At The Waves » en solitaire, la mélodie délicate se gonflant ensuite des interventions successives du band. La salle retient son souffle durant ce moment suspendu, rare éclair de douceur dans ce tourbillon théâtral.

Le combo quitte encore les planches. Un trône royal apparaît, massif, presque irréel. Lorsqu’Avatar réapparaît, il procède à un couronnement spectaculaire : Jonas Jarlsby, transformé en monarque mythique, gouverne « Legend of the King » depuis son siège monumental. Ses traits de guitare, à la fois mélodiques et viscéraux, fendent l’air comme des éclairs.

La parenthèse solennelle s’efface ensuite pour céder la place au sprint final. « Let It Burn » déploie un refrain incendiaire et un chaos carnavalesque. Le dernier souffle se joue sous « Hail The Apocalypse », déflagration ultime qui embrase l’AB une dernière fois. Trempé de sueur, Eckerström pousse un rugissement final, quasi animal, qui clôt ce spectacle titanesque.

Le rappel parachève l’épopée : « Tonight We Must Be Warriors », « Smells Like a Freakshow » puis « Hail the Apocalypse » transpercent une dernière fois les enceintes, avant que « We’ll Meet Again » (reprise de Vera Lynn) ne referme cette nuit hors norme.

Avatar a livré, ce soir, une performance démesurée, théâtrale, furieuse et bourrée d’éclats visuels. Une odyssée métallique qui laisse des étoiles dans les yeux et un grondement dans la poitrine.

Setlist : « Captain Goat », « Silence In The Age Of Apes », « The Eagle Has Landed », « In The Airwaves », « Bloody Angel », « Death And Glitz », « Blood », « The Dirt I'm Buried In », « Colossus », « Torn Apart », « Howling At The Waves », « Glory To Our King », « Legend Of The King », « Let It Burn », « Tonight We Must Be Warriors ». 

Rappel : « Don’t Go In The Forest », « Smells Like A Freakshow », « Hail the Apocalypse », « We'll Meet Alain » (Vera Lynn cover)

Photos Avatar ici

(Organisation : Live Nation)

 

 

Avatar

Un spectacle total !

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Très souvent, lors d’un concert de metal, l’AB accueille trois groupes. A l’origine, cette soirée était prévue le 14 février 2022, mais à la suite de la COVID, elle a été reportée. Elle se déroule donc ce mercredi 29 mars. Au programme : le combo suisse Kassogtha, américain Veil Of Maya et en tête d’affiche, suédois, Avatar. Son dernier elpee, « Dance Devil Dance » est paru en février dernier. C’est à nouveau sold out depuis belle lurette…

Fondé en 2013 Deus ex Machina a changé son patronyme en Kassoghta à partir de 2018. Le line up du combo genevois implique la chanteuse Stephany Hugnin, le batteur Dylan Watson, le bassiste Valerian Burki ainsi que les guitaristes Mortimer Baud et Martin Burger. Le groupe pratique un death metal progressif.

Une toile est tendue, derrière le batteur, perché sur une estrade, sur laquelle est mentionnée le nom de la formation. Outre le préposé aux fûts, les autres musicos sont en ligne, vu le peu d’espace réservé au matos des deux bands suivants. Le quintet est venu défendre « rEvolve », un LP gravé l’an dernier. Sur les planches, les musiciens se démènent. Le light show inonde la fosse.

Le set s’ouvre par « Eclipse » un extrait du dernier opus. Les guitares sont graisseuses et huileuses. Les percus sont lourdes et la voix de la chanteuse arrache quelque peu les tympans. Débordant d’énergie, elle alterne chant clair, scream et growl. Mais franchement, les compos passent mieux la rampe lorsqu’elle adopte un vocal limpide et mélodieux. Tous les morceaux semblent issus du même moule, hormis « Venon » qui démarre sur un tempo lancinant, avant que Stephany ne se mette hurler. Comme dirait le consultant Philippe Albert : peut mieux faire…

Setlist : « Eclipse », « Drown », « Venom », « Before I Vanish », « Complacency »

Formation chicagoan, Veil of Maya est née il y a presque 20 ans. Du line up originel, il ne reste plus que le guitariste Marc Okubo et le batteur Sam Applebaum. Bassiste, Danny Hauser a débarqué en 2010, et Lukas Magyar, le vocaliste, en 2014. Son patronyme se réfère au peuple maya et tout particulièrement à son concept d’illusion de la philosophie indienne.

Ne connaissant pas très bien la musique de ce combo américain, votre serviteur avait pris la peine d’écouter quelques morceaux sur le net. Basique mais efficace, elle avait de quoi intriguer et susciter l’envie d’assister au show.  

Mais au bout de 4 titres, il décroche. Le metalcore du quatuor vire rapidement au djent. Ce qui devient difficilement supportable pour ses pauvres oreilles. La voix Magyar est clairement baveuse. Timide, il prend, au fil du set, de l’assurance et commence à arpenter les planches de long en large. Le sixcordiste s’avance parfois jusque l’avant du podium. Danny s’y risque un peu plus souvent. Mais, en général, chacun sort rarement de son espace. Et il n’y a quasiment aucune interactivité physique entre les membres de la formation. Bref, une prestation correcte, sans plus, qui a néanmoins déclenché des applaudissements nourris au sein du public.

Setlist : « Viscera », « Doublespeak », « Leeloo », « Overthrow », « Lisbeth », « Punisher », « Godhead », « Synthwave Vegan », « Outsider », « Outrun », « Mikasa »

Le décor de scène est impressionnant : deux murs de baffles, d’amplis et de spots entourent le drummer, John Alfredsson, planté sur une estrade, à 2 mètres de hauteur. Jonas ‘Kungen’ Jarlsby et Tim Öhrström se chargent des guitares, Henrik Sandelin se réserve la basse et Johannes Eckerström se consacre au micro, mais également au chant au trombone, au saxophone et au piano.

L’entrée en matière d’Avatar est très théâtrale. John entame le set seul à la batterie et imprime un tempo d’automate en costume de cirque traditionnel. Puis, dès l’arrivée des autres membres, c’est le délire dans la salle. Chaque membre du band déboule par des portes différentes disposées sur scène.

Impressionnant, le maquillage de Johannes pourrait être décrit comme un hybride entre The Joke, The Crow, Kiss et Alice Cooper. Il porte de hautes guêtres vermillon sur un pantacourt de cuir noir et comme veste (qu’il changera plusieurs fois au cours du show), un frac de smoking en queue de pie toujours de la même peau, et de teinte rouge et noire. Il se sert d’une canne de tambour major et est coiffé d’un chapeau mou de couleur noire. Et manifestement il est en pleine forme… Il faut avouer que la scénographie a de la gueule. Les longues chevelures tournent souvent sur les planches. Les costumes des autres musicos sont assortis à celui du leader. A trois reprises on aura droit à des feux d’artifice propulsés par 6 machines pyrotechniques. Heureusement, tout est sous contrôle, et le service incendie ne devra pas intervenir. Il y a des pétards, de la fumée, des confettis et même… du cirque ! Pendant « Puppet Show », Johannes vient se faufiler à l’étage de la première mezzanine de gauche, pour y faire le spectacle. Faire un chien en ballon à un concert de metal ? Et pourquoi pas ? En tout cas, le gamin qui a reçu le ballon était aux anges.

L’audacieux « Dance Devil Dance » ouvre les hostilités. Si le son est massif, on entend bien chaque instrument et la voix de Johannes est aigüe.

Il sort ensuite son fameux trombone (il a dû attendre qu’on lui apporte l’embouchure qu’il avait oubliée) pour le solo de « Puppet Show », assurément l’un des meilleurs moments de la soirée. Pour deux titres, on installe un mini kit de batterie afin que John puisse également venir au-devant de la scène. Une très bonne idée pour mettre en exergue cet excellent batteur.

Mention spéciale à « Chimp Mosh Pit » et « Do You Feel In Control » qui passent très bien l’épreuve du live. En outre, quand on sait qu’à la suite de la pandémie, il n’y a pas eu de véritable tournée pour défendre « Hunter Gatherer », il est assez frustrant de n’avoir que deux titres à se mettre dans les portugaises (« Scream Until You Wake » et « Colossus »). Et même si l’attitude appartient au show, Johannes bavarde énormément et remercie constamment la foule. Il est en interactivité totale et conquis, les spectateurs arborent souvent de larges sourires.

Interchangeables, la paire de gratteurs se répartissent les soli et les riffs avec une rare complémentarité tout en affichant une technique irréprochable. Peu de formations comptent dans leurs rangs un tel duo. Seul face à ses ivoires pendant le morceau « Tower », Johannes nous réserve un moment d’émerveillement. « Black Waltz » est précédé d’une chorégraphie réalisée à l’aide de ballons de baudruche accrochés au chapeau de Johannes, qu’il va éclater au fil de la compo. « A Statue Of The King » clôt le concert. Moment choisi par le drummer et un roadie pour se lancer dans une danse sur une intro rave/techno/electronic, alors que deux grandes toiles descendent sur laquelle un des deux sixcordistes est représenté en roi viking. Et ce dernier finit par débouler sur le podium, dans cet accoutrement.  

A l’issue du rappel, les baffles crachent le « We'll Meet Again » de Vera Lynn, une jolie manière de nous dire : ‘à la prochaine !’

Sur scène comme dans le public, tout le monde semble lessivé mais heureux lorsque les lumières se rallument. Une chose est sûre, la performance d’Avatar a fait l’unanimité. Malgré 120 minutes de prestation, on en aurait bien repris un petit peu, mais à défaut, il n'y a plus qu'à attendre sa prochaine visite dans le plat-pays.

Setlist : « Dance Devil Dance », « The Eagle Has Landed », « Valley Of Disease », « Chimp Mosh Pit », « Scream Until You Wake », « Bloody Angel », « For the Swarm », « Puppet Show » (Johannes et le trombone), « When the Snow Lies Red », « Do You Feel In Control », « Black Waltz », « Tower », « Colossus », « Let It Burn », « A Statue Of The King ».

Rappel : « The Dirt I'm Buried In », « Smells Like A Freakshow », « Hail The Apocalypse », « We'll Meet Again » (Vera Lynn song).

(Organisation : Live Nation)