New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

logo_musiczine

Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (14 Items)

Belle & Sebastian

Un groupe profondément attachant...

Depuis leur passage remarqué au Botanique, il y a environ quatre ans, les charmants Ecossais de Belle and Sebastian n'étaient plus jamais revenus fouler les scènes de notre plat pays. Selon Stuart Murdoch, le chanteur à la voix d'ange mais aux idées noires, ce concert-là n'était pas à retenir dans les annales du rock… " Nous essayerons de mieux jouer cette fois-ci ", lance-t-il goguenard aux fans venus nombreux en cette fin de journée printanière pour déguster ses chères ritournelles folk-pop. Mais quoi qu'il dise, on ne le croit pas : ce concert, il y a quatre ans, était fiévreux et onctueux, et l'on croise les doigts pour qu'encore une fois, lui et ses amis nous emmènent dans leur petit monde chéri, où les délicats Simon and Garfunkel (pour les mélodies) jouent à la marelle avec Stephen Jones (pour l'ironie) et Leonard Cohen (pour la poésie). Venus spécialement pour promouvoir leur nouvel album (bientôt dans les bacs) et la BO de " Storytelling " (qu'ils ont composée), les douze (ou treize ?) membres du groupe ont tout l'air d'un groupuscule néo-hippie, les chemises à fleur en moins : en parfaite symbiose pendant tout le concert, ils n'auront de cesse d'échanger leurs instruments, comme on se passe un joint. L'atmosphère est d'ailleurs des plus bucoliques, et les mélodies chantées à bout de voix par Stuart et sa jolie copine semblent parfaites pour les veillées autour du feu… Mais attention : derrière ses complaintes baba susurrées d'une voix presque enfantine et ces minois charmants se cachent des petits malins qui jouent avec nos nerfs, plus proches de songwriters comme Randy Newman que de la Kelly Family. Car en se penchant sur les paroles de leurs chansons soi-disant guillerettes, l'auditeur attentif trouvera des thèmes souvent pessimistes, voire glauques. Belle and Sebastian n'est donc pas un groupe pour midinettes, mais plutôt le moyen idéal de refouler ses pulsions négatives dans une musique apparemment inoffensive : en d'autres termes, celui qui dit encore une fois que c'est de la musique de tapette a mon poing dans sa figure.

A part ça, le concert privilégia dans sa première partie de nouvelles compositions, dont une très flamenco. Puis les tubes s'enchaînèrent, de " Dog On Wheels " à " Sleep The Clock Around " en passant par " The Fox In The Snow ". En une heure et demie, Belle and Sebastian a prouvé, encore une fois, qu'il était un grand groupe, peut-être pas assez aventurier (c'est finalement toujours à peu près la même recette) mais profondément attachant.

 

Bastian Baker

Plus observateur qu’engagé…

Écrit par

C’est lors de sa tournée accomplie en Belgique que votre serviteur a pu rencontrer Bastian Baker. D’un naturel enjoué et fort sympathique, le bellâtre s’est livré à une interview sans langue de bois dans l’enceinte de la salle montoise ‘L’Alhambra’ avant de monter sur les planches.

De nombreux artistes imaginent que le monde de la musique est facile et accessible et qu’il est possible de gagner facilement sa vie en grattant simplement trois cordes. Pour ta part, tu as rencontré Patrick Delarive à un moment crucial. Le facteur chance est important finalement.  Quel est le conseil que tu donnerais à un jeune qui souhaite se lancer dans la musique et en faire son métier?

J’ai effectivement eu la chance de faire des rencontres très intéressantes dans ma vie. Au sein de l’inconscient collectif, la notion d’accessibilité à la musique est très légère. Comme tu le soulignes, beaucoup de mes amis sont persuadés qu’il suffit de gratter trois cordes pour gagner sa vie. C’est une hérésie, bien sûr! Seules les personnes actives dans ce métier ont véritablement conscience des difficultés qui y sont liées. Je n’aurais pas un conseil à donner, mais trois en réalité ! Tout d’abord, je pousse les artistes à écrire leurs propres chansons. Cette démarche permet de se différencier et d’innover. Les reprises sont malheureusement devenues la panacée chez de très nombreux bands. Certaines sont cependant très bonnes, mais d’autres aussi, très mauvaises… Ensuite, il est impératif de se faire connaître un maximum en jouant le plus possible et ce quel que soit l’endroit proposé. Ce qui peut déboucher sur des contacts. C’est toujours bon à prendre ! En ce qui me concerne, j’ai joué dans des bars, à l’occasion de fêtes et de mariages aussi. Lorsque j’ai été découvert, j’étais simplement venu fêter l’anniversaire d’une amie. Au petit matin, pris dans l’euphorie festive, j’ai pris ma gratte et j’ai été repéré. Cette histoire est le point de départ de ma carrière de chanteur aussi simple que cela puisse paraître. Enfin, il faut aussi être persuadé et se persuader de faire de la musique pour les bonnes raisons. Aujourd’hui, on glorifie les stars trop rapidement. Certains livres proposent même des recettes toutes faites pour devenir une vedette… C’est de la foutaise ! Le public a une vision parfois tronquée de la vie d’artiste. Je ne loge pas dans un cinq étoiles et je ne vole pas en première classe tous les jours ! Il ne s’agit pas d’un job ‘9h-17h’. C’est une passion qui nécessite beaucoup de travail en amont ! Les tournées et les engagements à tenir impactent inévitablement la vie privée ! C’est une existence de bohème et de vagabond qui exige des sacrifices. J’ai choisi ce job tout jeune, simplement parce que j’aime ça. Cette raison doit rester prioritaire !

Tu as déclaré un jour ne pas être matérialiste. Pourtant vendre des milliers de disques et gagner des thunes, tout le monde en rêve dans le showbiz, non?

J’ai effectivement la chance de gagner ma vie grâce à la musique. Pour un artiste, il est clair que vendre des disques est intéressant. Mais, je ne suis pas matérialiste. Pour te donner un exemple, je ne me souviens pas avoir pénétré dans un magasin pour y acheter des vêtements ou des objets luxueux.

Tu as été coach pour ‘The Voice’. On a souvent l’impression que la carrière des candidats de ce genre d’émissions s’arrête avant même de commencer. Quel est ton point de vue à ce sujet ?

J’ai adoré participer à cette aventure. Elle repose avant tout sur le coaching. Je déteste ces émissions de ‘musique scandale’ où le principe même de fonctionnement consiste à juger et casser les candidats uniquement dans le but de faire de l’audimat. ‘The Voice’ a une mission : accompagner le jeune talent. On décide ensemble du morceau, de la structure, de la tonalité, de ce qui va passer en télé et au son. Ce n’est pas un karaoké ! C’est une précision importante ! Les talents sont entourés de douze musiciens. Il y a une réalisation et ils doivent assurer le show durant deux minutes. Le côté spontané est aussi important. Afin de les y aider, je les ai emmenés faire une ‘jam’. Dans ce métier, il y a deux choses importantes. La musique, certes, mais aussi l’entertainement. Je pense qu’une telle émission peut être véritablement fédératrice pour ceux qui sont déjà dans le métier ou ont des projets en cours, des démos ou encore des Eps. Ce qui peut déboucher sur des contacts avec des maisons de disques, voire attirer des bookers.

Tu rencontres beaucoup de succès dans la musique et à la télé. Les dates belges sont pratiquement toutes sold out. Tu tournes aussi au sein de nombreux pays. Tu as assuré pas mal de premières parties, dont le supporting act pour Elton John, Bryan Adams, Johnny Hallyday, et j’en passe… Comment gères-tu ce rapport à la célébrité ?

J’ai énormément de veine d’exercer ce métier. Je suis un privilégié ! J’ai la chance de jouer un peu partout, que ce soit dans un grand stade ou une salle de taille plus modeste. A vrai dire, je n’aime pas beaucoup cette étiquette de ‘célébrité’ derrière laquelle se cache souvent une connotation négative. Je travaille comme un fou pour obtenir cette reconnaissance ! J’ai sans doute gardé ce côté compétiteur qui m’est resté lorsque j’ai quitté le milieu sportif. Je ne crache évidemment pas non plus dans la soupe aujourd’hui ! Les fans me suivent, viennent me voir et achètent mes disques. Ce métier m’apporte des accès privilégiés. Il m’autorise à faire des rencontres qu’il m’aurait été impossible d’imaginer auparavant. Je dirais que c’est le côté positif de cette carrière.

Je pose souvent cette question aux chanteurs francophones qui chantent dans la langue de Shakespeare. Les textes en français, c’est pour quand ?

L’anglais vient tout simplement de mon éducation musicale. Mon père est suisse alémanique et ma mère francophone romande. J’ai grandi dans cette double culture. La musique que nous écoutions à la maison était principalement folk et rock : Bob Dylan, Queen, Led Zeppelin, Eagles, Simon et Garfunkel, Cohen, etc. Je me suis inspiré de ces grands noms. J’apprécie également les belles mélodies. J’estime que la langue de Molière est la plus belle au monde à parler. Celles et ceux qui ont choisi de la chanter sont souvent des conteurs d’histoires, à l’instar d’un Renaud pour qui je voue une admiration sans bornes. Je chanterai moi aussi peut-être un jour en français, mais je n’en ai pas encore ressenti l’envie, ni le besoin. L’anglais donne cette liberté de pouvoir me permettre de dire absolument tout dans la plus grande transparence.

On sent chez toi une réelle énergie sur scène, difficile à capter en studio. Je sais que cet aspect des choses est important pour toi. C’est la raison pour laquelle tu aimes privilégier les conditions live. Est-ce que ce choix va s’imposer de facto lors des prochains enregistrements ?

Le premier album s’est construit de manière un peu étrange. J’avais en tête les riff de guitare et la voix. J’avais également une vague idée de tempo et des arrangements. Le fait d’avoir bossé en compagnie de bons musiciens a été un fameux atout. Il en découle un premier disque plutôt spontané. Pour le second, nous avons choisi l’enregistrement dans des conditions ‘live’. Tous les musiciens étaient réunis dans la même pièce. Ce qui donne un rendu particulier. Le feeling est plus naturel, moins métronomique.

Le titre de l'opus, "Too Old To Die Young", signifie trop vieux pour mourir jeune. Une phrase vue sur le mur d'un club en Allemagne. A ton avis, celui qui a écrit ces mots était un type complètement bourré, un illuminé ou un philosophe en herbe ?

Les trois vont de triplet. Cette phrase m’a littéralement interpellé. Je ne sais qui l’a écrite. Elle est contradictoire à souhait. Presque illogique… Je pense qu’il faut considérer l’histoire dans son ensemble. Celle qu’il y a autour de nous, celle qu’il y a eu avant nous et celle qui aura lieu après nous. Le monde devrait être plus relax. Je suis miné par les news que je lis tous les jours dans la presse. Je suis sans doute utopiste, mais pourquoi les gens ne peuvent vivre ensemble tout simplement ? « Too old to die young » résume bien cette forme de pensée unique. De même, toute la symbolique autour de dates fixes telles que la Noël et le Nouvel An, par exemple, m’insupporte. Je ne la comprends pas vraiment ! Sans doute parce qu’elle éveille en mon for intérieur des événements pénibles. Lorsque quelqu’un prend une bonne résolution le 1er janvier, j’ai envie de lui dire que si nous sommes le 8 août, il n’est pas obligé d’attendre le passage à l’an neuf pour réagir. Il s’agit pour moi d’une forme de désacralisation de l’âge dans sa forme matérielle en quelque sorte… Ma chanson « Dirty Thirty » parle de ces gens qui se marient à 25 ans et qui ont soudainement une prise de conscience à trente… En ce qui me concerne, j’essaie d’écarter cet aspect nocif !

Le premier elpee était essentiellement centré sur ta vie et tes problèmes d'ado. Pour le deuxième, tu es devenu spectateur de la vie. Les thèmes abordés sont très variés et différents. "Kids Off The Street", par exemple, parle des enfants des rues. Te considères-tu par moment comme un chanteur engagé ?

J’ai un côté relax qui me permet de vivre ma vie tranquillement. J’observe tout ce qui se passe autour de moi. Les chansons permettent de faire passer un message. Mais, je ne me considère pas comme un chanteur engagé ! Tout simplement parce que ce n’est pas mon rôle ! Ton analyse est bonne. J’ai effectivement écrit l’album lorsque j’avais 17-18 ans. J’y abordais les problèmes d’adolescents. Les jeunes se sont identifiés aux textes assez naturellement. Je me suis tout à coup senti moins seul. J’ai vécu ce processus comme une véritable thérapie ! Le second est moins dans ce registre. J’ai essentiellement écrit par rapport à ce que j’ai vu ou entendu. Je me suis un peu distancé ! Cette chanson en particulier est la plus complexe dans sa structure et sa composition, mais c’est celle que j’ai écrite le plus rapidement. Elle était réglée en cinq minutes à peine !

Se produire à Mons, capitale culturelle de l’Europe, dans une salle sold out, ça t’interpelle ?

J’y suis venu, il y a environ un an et demi, à l’occasion de l’exposition consacrée à Andy Warhol. J’avais beaucoup aimé ! Sinon, je me suis promené tantôt dans les rues de la ville. Le soleil était de la partie, les terrasses étaient bondées. On s’y sent bien ! La salle dans laquelle on se trouve est plutôt sympa. C’est typiquement le genre d’endroit où j’aime jouer. Je suis très excité d’assurer le show ce soir.

Finalement, de tous les peuples de la Gaulle, les Belges sont les meilleurs. Tu confirmes ?

Je confirme ! Je ne pense pas que ce soit une légende ! J’ai pu tourner en Amérique du Sud, et plus particulièrement au Brésil. Les gens sont très chaleureux, enthousiastes et festifs. Ils viennent pour prendre du plaisir, sans jamais juger. En Europe, l’équivalent, voire mieux, c’est la Belgique. Je le pense vraiment. C’est sans langue de bois. A chaque fois que je mets les pieds dans ce pays, je m’éclate comme un fou ! Encore hier soir, nous avons prolongé le concert en jouant pratiquement deux heures. Nous étions contents d’être là. L’interaction avec le public était réelle. Le peuple belge fait preuve de beaucoup d’authenticité ! Je trouve qu’il y a beaucoup de similitude entre la Suisse et la Belgique à ce niveau d’ailleurs !

Tes concerts attirent le plus souvent un jeune public féminin. Aimerais-tu élargir ton auditoire ?

C’est davantage une question de perception à mon sens ! En tout cas, perso, cette situation ne me dérange pas ! Tout ce qui m’importe au final, c’est que les spectateurs sortent d’ici, le sourire aux lèvres en ayant passé un bon moment. En Belgique ou en France, le public est assez féminin. Les premiers rangs sont constitués de jeunes, c’est vrai ! En même temps, c’est le créneau de pas mal d’artistes pop, rock ou folk. A contrario, en Allemagne, j’ai commencé en assurant des premières parties pour Everlast, l’ancien leader de House of Pain. Il s’agit d’un projet solo guitare/voix accompagné d’un pianiste. Son univers est plutôt folk. Mon premier public, là-bas, est constitué de gros mecs, tatouages sur les bras, coiffés de queues de cheval et vestes de bikers sur le dos. Tu n’assistes pas à un concert pour la gueule d’un mec. Si tu aimes sa musique, tu viens ! Tout simplement ! J’adore par exemple James Blunt, non pas parce qu’il est beau, mais parce son univers me touche. Les commentaires de la foule, à la sortie des concerts, sont aussi très révélateurs. Si on arrive encore à convaincre en se produisant en live, tant mieux finalement.

Le disque traverse une crise sans précédent. Est-ce que tu serais prêt à enregistrer uniquement en numérique ?

L’industrie du disque traverse effectivement une crise sans précédent. La musique a connu différents supports : le vinyle, les quarante-cinq tours, les trente-trois tours, le CD, etc. Aujourd’hui, pour beaucoup, il est normal que la musique soit gratuite. Deux possibilités s’offrent alors à l’artiste. Soit, il l’accepte. Soit, il essaie d’innover. Il y a un an et demi, j’ai soumis une application pour IPhone. Elle permet d’obtenir mon catalogue musical moyennant un abonnement de 8 francs (suisses) par année. Nous avons été les premiers à le faire. Mais, je pense que c’est encore trop tôt pour que ce système puisse fonctionner de manière optimale. Mais, dans le futur, pourquoi pas ? Les plates-formes comme Spotify ou Deezer offrent un service fantastique, mais la rémunération des auteurs n’est pas encore au point. J’ai un pote dont la chanson a été écoutée 300 000 fois en Irlande et il a reçu en tout et pour tout 45 francs suisses. C’est dramatique lorsque l’on pense aux coûts de production d’un album ! Il y a quelques années, on pouvait imaginer que ce déclin allait permettre de revaloriser le ‘live’ et d’en tirer parti notamment en terme de cachets. Aujourd’hui, il y a tellement de concerts et de festivals que cette vision des choses est quelque peu dénaturée. En Suisse, par exemple, il y a plus de 300 festivals durant l’été. Il devient difficile de s’y frayer un chemin. Nous réfléchissons beaucoup à cette problématique. J’ai enregistré quelques titres et je dois bien t’avouer que je ne sais sous quelle forme, je vais les sortir. C’est très excitant aussi.

Avec quel(s) artiste(s) rêverais-tu de bosser sur de futurs projets ?

Je fonctionne énormément au relationnel. Lorsque j’ai participé à l’émission ‘The Voice’, BJ Scott et moi avions beaucoup d’affinités musicales. Elle va d’ailleurs collaborer à l’enregistrement du prochain album. Un sentiment que je n’ai pas ressenti auprès de Marc Pinilla et Natacha Saint-Pierre. Sinon, j’aime beaucoup Robert Francis. C’est un guitariste et chanteur américain. Ses chansons sont magnifiques et ses textes hallucinants ! Il est un exemple à mes yeux ! J’ai déjà eu l’occasion de le rencontrer, notamment en Suisse. Si un jour, la question d’une collaboration devait se poser, je signerais à deux mains.

Que connais-tu de la scène musicale belge ?

J’aime bien Selah Sue. C’est une très bonne musicienne ! Sans faire dans l’originalité, je citerai Stromae. Girls In Hawaï aussi ! Je les ai vus en live au Montreux Jazz Festival. C’était excellent. Arno a une carrière impressionnante, mais j’aime un peu moins. dEUS, je les connais un peu. J’avais rencontré Noa Moon sur un plateau télé ; elle est très gentille. Sans oublier Puggy ; nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises sur le même plateau également !

Adoptes-tu un rituel précis quand tu débarques en Belgique ? Tu ne te prends pas une ‘guinze’ ou ne t’empiffres pas d’une bonne mitraillette ?

J’adore la nourriture locale ! Les bières aussi ! Les fans nous en offrent d’ailleurs souvent ! C’est très sympa ! Le chocolat suisse par contre est meilleur (rires) !

As-tu profité de cette escale montoise pour caresser la tête du singe en passant sur la place de Mons, afin d’attirer le bonheur?

Je n’ai pas caressé la tête du singe sur la Grand Place, mais j’ai goûté ses couilles (rires) !

Bastian, c’est quoi la suite artistique ?

On termine cette tournée belge pour laquelle on se réjouit beaucoup. Je repars ensuite en Suisse et en France durant une semaine. Je vais y enregistrer des cuivres pour l’album. J’ai envie d’amener un peu plus de couleurs. Ensuite, on tourne au Canada pour sept dates. Enfin, je participe à un festival à Singapour. Après, je rentre au pays pour me préparer à la saison des festivals. On continuera de bosser sur le prochain disque aussi. Mais parallèlement, j’ai encore d’autres projets…

(Photo : David Olkarny)

Belle & Sebastian

The third eye centre

Écrit par

Le dernier opus de Belle and Sebastian, « Write About Love » remonte à 2010. Il serait donc temps que le groupe se décide à publier un nouvel opus studio. Pour tenter de nous faire patienter, il vient de sortir une compile qui couvre la période oscillant entre 1997 et 2002. Soit la moins intéressante de leur carrière. D’autant plus que la plupart des plages sont des chutes de studio, et la moitié d’entre elles ne sont même pas chantées par Stuart Murdoch. Néanmoins, sur les 19 pistes, on relève quand même quelques morceaux intéressants, dont un remix du « I’m a cuckoo » par The Avalanches, subtilement parcouru de percus et de chœurs afro, et un autre particulièrement dansant de « Your cover’s blown », opéré par Miaoux Miaoux. Un véritable inédit ! Enfin, après l’allègre et contagieux « Suicide girl », le caribéen « Love on the March » et une perle de folk/pop soyeuse intitulée « (I believe in) travellin’ light », on peut tirer le rideau. Pas que les compos sont de mauvaise facture, mais elles font un peu pâle figure par rapport à l’œuvre de Belle and Sebastian.

On épinglera quand même le magnifique digipack qui habille le disque. Une des rares raisons qui pourrait pousser les aficionados à se le procurer…

 

SebastiAn

Presidential Suite

Écrit par

‘Il est quand même bizarre ce type !’ me glisse à l’oreille une amie venue également se trémousser sur les beats putassiers de SebastiAn, qui se produisait pour la première fois en Live. Et je lui ai répondu : ‘Non, pas bizarre. Juste Français’. Parce que du drapeau français on en a bouffé durant la petite heure qu’a duré le set du Parisien. Et côté ambiance, « Total », son premier LP, n’a fait trembler l’Orangerie que par intermittence.

Bilan mitigé pour le premier passage ‘live’ de l’enfant terrible d’Ed Banger. Après un hommage sympathique à DJ Mehdi qui nous a quittés il y a quelques semaines, dans des circonstances ridiculement tristes et évitables, SebastiAn, de son vrai nom Sebastian Akchoté, se place derrière ses manettes. Devant lui, une console surélevée et recouverte d’une toile sombre. Pour qu’on ne puisse pas observer ses doigts alterner du bouton ‘play’ à ‘plage suivante’ ? Parce que le set de SebastiAn consiste en un enchaînement pas bien original des extraits de son album, entrecoupés par deux ou trois plus vieux morceaux.

Derrière lui, un écran illustre les beats grossiers du bonhomme d’images souvent subversives. Des « Primary Tour », « Votez SebastiAn », « SebastiAn Président », sur fond de drapeau bleu-blanc-rouge, ponctuent le show visuel à intervalles très, voire trop, réguliers. Le DJ ne s’exprime pas, il laisse l’écran le faire à sa place. L’air pincé, il se contente de lever le doigt pour intimer à l’assistance d’hurler à sa gloire. A mi-parcours, deux drapeaux sont lâchés du plafond pour atterrir de part et autre de la scène. Deux bannières sur lesquels sont imprimés un énorme V (pour victoire, évidemment) frappé des contours de l’hexagone, lui-même recouvert du S de SebastiAn. Tiens, un drapeau belge apparaît à l’écran… Histoire que le jeune homme se souvienne de l’endroit où il se trouve ?

Et, délires mégalos mis à part, qu’en est-il de la musique, me demanderez-vous ? Et bien, pas grand-chose à signaler. Monsieur le Président a beaucoup plus soigné sa mise en scène que son set. Un mardi à 21h, il faut, déjà au départ, que l’artiste soit surmotivé s’il veut faire danser les foules. Mais tapi derrière sa console-mystère, SebastiAn ne communique pas grand-chose à ses fans, loin d’être venus en masse. L’Orangerie n’est en effet remplie qu’aux deux-tiers de sa capacité, voire moins.

Après un départ teinté par des grincements, que l’ingé son va rapidement corriger, le DJ ne trouve son rythme de croisière qu’une bonne vingtaine de minutes plus tard. Du côté du public, on gigote ici et là, mais toujours en retenue, malgré les vibrations tonitruantes provoquées par les basses. C’est qu’on ne danse pas de la même manière un mardi à 21h, comparé à un samedi à 2h du mat’ ! Et là réside tout le problème. Le spectacle politico-mégalo de SebastiAn serait passé comme une lettre à la poste en weekend, aux petites heures de la nuit. Ce soir, il n’y a donc pas eu de réel climax, hormis les tubes « Ross Ross Ross », « Embody » ou « Arabest » qui sont parvenus à secouer légèrement l’assistance. Et on passera sur la boucherie que l’artiste a opéré sur son « C.T.F.O. », ‘dé-M.I.A.sé’ au possible et ‘dubstepisé’ pour la plus grande joie des 14 à 18 ans. C’est décidé, la prochaine fois que j’irais voir SebastiAn, j’me bourre la gueule.

Organisation : Botanique

  

Belle & Sebastian

Write About Love

Écrit par

Stuart Murdoch et sa bande ont mis quatre ans pour pondre « Write About Love », le successeur de « The Life Pursuit ». Entre-temps, Murdoch et une bonne partie de ses camarades ont gravé le premier LP du projet parallèle God Help The Girl, en 2009. Un disque qui aurait tout aussi bien pu être publié sous le sobriquet originel. Concrètement, il n’aura donc pas fallu attendre bien longtemps pour connaître la suite des aventures de Belle & Sebastian. « Write About Love » poursuit la phase ensoleillée et allègre de la discographie de la formation, entamée sur « Dear Catastrophe Waitress », en 2003. Mais pas avec autant de brio. Murdoch se casse ici les dents à plusieurs reprises, ses onze nouvelles comptines pop ayant un peu de mal à captiver. Le disque sonne beaucoup plus comme une série de faces B qui auraient été réunies pour le plaisir des plus inconditionnels de la formation.

La plume de Murdoch demeure l’atout principal du travail de Belle & Sebastian, mais ne délivre cette fois qu’une ridicule poignée de titres convaincants (« I Want The World To Stop », « Write About Love », « I’m Not Living In The Real World », « Sunday’s Pretty Icons »). L’intervention de Norah Jones au micro de « Little Lou, Ugly Jack, Prophet John » y est même anecdotique. « Write About Love » est d’un ennui surprenant, tant on imaginait l’esprit de Murdoch foisonnant de bonnes idées. Comme quoi, ça peut pas marcher à tous les coups…

 

Belle & Sebastian

The life pursuit

Écrit par

Orphelin de Suart David et d’Isobel Campbell (NDR: c’est à dire le co-fondateur et la chanteuse du groupe) depuis 2002, Belle and Sebastian était quand même parvenu à sortir la tête de l’eau en commettant le très honnête « Dear catastrophe waitress ». En 2002. Depuis, les aficionados ont dû se contenter d’un opus enregistré en public (« If You're Feeling Sinister: Live at the Barbican », 2005), de quatre singles ("Step Into My Office, Baby", 2003; "I'm a Cuckoo", 2004; Books, 2004 et "Funny Little Frog", 2006) ainsi que d’une compile de singles et Eps parus sur le label Jeepster (« Late Night Tales: Belle and Sebastian », 2005). Bref, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Autant dire que le nouveau long format était très attendu. Bénéficiant de la production du réalisateur Huffer (Beck, Supergrass, Mariane Faithfull), « The life pursuit » nous offre toute une série d’excellentes compositions, avant de s’essouffler aux deux tiers du parcours. Délicatement bossa nova, « Act of the apostle I » est raffiné par de superbes harmonies vocales sixties. Légèrement countryfiant et délicieusement suranné, « Another sunny day » est traversé de guitares byrdisiennes. Le refrain est accrocheur. La combinaison du chant féminin et masculin judicieuse. Et la nostalgie omniprésente, malgré le tempo allègre. Imprimé sur un tempo rappelant vaguement Gary Glitter, « White collar boy » concède une mélodie pop réminiscente des Shins. « The blues are still blue » et le boogie « Sukie in the graveyard » évoluent manifestement dans un registre glam bolanesque. Discrètement cuivrée par une trompette, « Dress up in you » est une belle ballade satinée d’harmonies vocales à la Chumbawamba. R&B contagieux, « We are the sleepyheads » conjugue choeurs et claviers, dans un style immortalisé par Booker T & The MG’s. C’est à partir de cet instant que l’œuvre perd de sa superbe. La formation écossaise s’essaie alors au cabaret, au disco ou à l’électro. Sans vraiment convaincre. Reste quand même « For the price of a cup of tea », sorte de postcard teinté de soul et de r&b comme l’imaginait si bien Orange Juice. Et puis le très sixties « Funny little frog », dont le refrain semble pompé au « Death on two legs » de Queen et éventuellement le final de six minutes, « Mornington crescent », ballade qui met bien en exergue la voix posée, douce et sensible de Stuart Murdoch. Dommage que la fin ait ainsi été bâclée, sans quoi « The life pursuit » aurait pu revendiquer une place parmi les albums de l’année…

 

 

Belle & Sebastian

Books

Belle and Sebastian brille par sa constance : à chacun de ses albums c’est (presque) le bonheur… Et c’est pareil pour les maxis. Cette fois c’est « Wrapped Up In Books », tiré de « Dear Catastrophe Waitress » : une ritournelle pop comme on les aime, produite pourtant par l’infâme Trevor Horn. L’inédit ? « Your Cover’s Blown », qui comme d’habitude vaut son pesant de faces B (deux versions existent, longue ou courte). Belle and Sebastian, on aime : ce n’est plus un secret. Vivement qu’ils nous sortent une compile de tous ces chouettes morceaux relégués en seconde division, car ils valent mieux que ça.

Bastian

It´s All Downhill From Here

Bas Bron, le type derrière Bastian, doit aimer les gadgets Moulinex : on dirait qu'il a composé son album avec des machines achetées en solde chez Vanden Borre. Son électro-funk de supermarché tourne en rond comme un vieux mixer de grand-mère : paraît pourtant qu'il y a deux ans, son premier album (" Ready ") posait les bases de l'élektroklash. Mouais : mieux vaut se méfier des communiqués de presse… Parce que ce truc-ci, avec ses synthés lo-fi et ses guitares à la Van Halen, ça ressemble plus à du Benjamin Diamond de bazar qu'aux tubes glam-trash de Miss Kittin. " Peut mieux faire " pourrait être la devise nationale en Hollande : après Brainpower en rap, Krezip (et Anouk !) en rock et Arling & Cameron en électro, il est bien normal qu'on fasse un peu la moue et qu'on retourne à nos moutons. Parce qu'à part le foot et la beu, les Pays-Bas sont loin d'avoir le monopole du bon goût côté musique. " Boeeeeereeeen! ! ! "

Belle & Sebastian

Dear Catastrophe Waitress

Ouf ! La catastrophe est évitée : c'est qu'après l'indigent " Storytelling ", on avait peur pour Belle and Sebastian. Peur que Stuart Murdoch et ses amis d'Ecosse aient perdu, dans cet exercice de style (la BO), leur innocence et leur candeur si attachantes. Peur qu'après le départ d'Isobel Campbell, l'ambiance s'électrifie et les mélodies en pâtissent. Peur que toute cette troupe de vieux ados franchissent trop vite le seuil de l'âge adulte et y laissent leurs plumes d'éternels " freshmen ". Bref, peur que la magie s'éteigne. Ouf ! On a eu chaud. Parce qu'il faut bien dire que ce cinquième (sixième, avec la BO) album des Belle and Sebastian est une totale réussite, un rêve (de gosse) qu'on n'osait plus trop imaginer. Belle and Sebastian reste bien ce groupe un peu midinette qu'on chérit avec tendresse, qui ose toujours revendiquer ses penchants pour une pop un peu désuète, limite variet', sans jamais pour autant s'engluer dans de la guimauve de ménagères, tendance FM. Stuart Murdoch est l'un des (trop) rares songwriters actuels qui n'a pas peur d'en rajouter une couche, au risque de dégoûter toujours davantage ses détracteurs les plus féroces. Les autres s'en délecteront jusqu'à la crise de foie, certains qu'écouter cette pop savante remplacera toujours n'importe quelle cure de jouvence… Cerise sur le gâteau : la voix de plus en plus juste de Murdoch, qui ne chevrote plus à la moindre émotion, et la production, lustrée et clinquante, de Trevor Horn. De lui aussi, on avait peur : qu'il transforme nos fidèles compagnons de la chanson en copies carbone de Tatu ou de Frankie Goes To Hollywood. L'horreur. Heureusement, Stuart n'a pas lâché ses rênes d'équilibriste pop, même si on sent clairement l'influence de Trevor Horn sur un titre comme " Stay Loose ", très… Human League. Pour le reste, c'est du Belle and Sebastian grand cru, plein de cuivres, de violons, de chœurs et même de boogie-woogie (" Roy Walker "). Une véritable renaissance, et un grand disque de plus.

 

Belle & Sebastian

Storytelling

L'exercice périlleux de la BO de film semble un passage obligé pour bon nombre de groupes pop-rock soucieux de montrer leur savoir-faire ou de remonter la pente. Malheureusement, beaucoup s'y sont cassé les dents, y laissant souvent leur inspiration se noyer entre deux extraits de dialogues. C'est le cas de Belle and Sebastian : à trop vouloir copier-coller leurs ritournelles impressionnistes sur les images de Todd Solondz, Stuart Murdoch et sa bande de joyeux drilles ont oublié leur génie mélodique à la maison. Résultat : un pseudo-album en demi-teinte, limite ennuyeux. Où sont passés les airs d'antan et d'où sort cet instrumental, qu'on croirait chipé aux " Jeux Interdits " de Narciso Yepes ? A part ce " Wandering Alone " très Calexico et ce " Scooby Driver " wilsonien, rappelant les loopings pop de " Rollercoaster Ride ", " Storytelling " est une histoire à dormir debout.

Belle & Sebastian

Fold your hands child, you walk like a peasant

Écrit par

Ce n'est pas demain la veille que Belle and Sebastian se retrouvera à l'affiche d'un festival hardcore. Non, trop gentil, il n'a pas sa place dans un tel événement. Ni pour participer à un festival, d'ailleurs. Tout au plus dans une salle ronde bruxelloise. Non, il faut écouter Belle and Sebastian assis confortablement (donc il ne faut pas aller les voir en concert). Prêt à s'assoupir en se laissant bercer par de doux rêves où peuvent nous emmener ces 11 comptines. Pourquoi Belle and Sebastian ferait-il une musique différente de celle qu'il nous propose depuis maintenant 4 albums ? Je vous le demande. Non, le groupe a sa patte, reconnaissable entre toutes ; et ce n'est pas ce nouvel opus qui changera les choses. Le style musical au sein duquel il évolue le confine dans un monde enfantin, candide, loin des tracas de la vie. Leurs âmes vivent dans la montagne, accompagnées d'un gros chien blanc et courent au travers de hautes herbes bien vertes. Tout au plus ils ont appris que John Lennon était mort et ont écouté l'intégrale de l'ex-Beatles. Ainsi qu'Elton John pour le piano (pas pour les costumes, quoique…). Mais le groupe a besoin de se recycler. La tentation du plagiat et une volonté de ne pas se répéter sont grandes. L'ennui c'est qu'il semblerait que ces motivations aient été les seules. Résultat des courses, en tentant de s'éloigner de ces précédentes compositions, la formation de Glasgow s'en rapproche dangereusement. Le prochain épisode nous dira de quel bois se chauffe réellement, Belle and Sebastian…

 

Belle & Sebastian

Ne pas avoir d’image est devenu notre image

Écrit par

On les dit fragiles et délicats, tout sauf sévèrement burnés. Les Belle & Sebastian vous plaisent peut-être si vous aimez les Smiths, Ennio Morricone, Burt Bacharch ou Pulp ; et puis si vous ne crachez pas sur les accents country ou folk. Le groupe de Glasgow en est à son 4ème album (« Fold your hand child, you walk like a peasant ») qui confirme que la mode est aux titres longs. A l’interview, on nous avait promis le chanteur autiste ; on a dû se contenter de Richard Colburn, un batteur sympathique.

Votre chanteur Stuart Murdoch n’accorde pratiquement aucune interview. Il est timide ou paresseux?

Il a tenté à nouveau l’expérience, il y a quelques semaines, mais sans succès… Je crois que parler de lui, ça l’emmerde.

Il est plutôt introverti que joyeux drille, non?

Introverti, je comprends qu’on le dise et l’écrive ; mais ce n’est pas comme ainsi que je le vois. Il joue même au foot, ce n’est pas ma définition de quelqu’un qui vit reclus.

Vous avez pourtant plutôt joué sur cette image-là, non?

Pas volontairement, en tout cas. Disons qu’on ne voulait pas mettre notre image en avant. Mais finalement, ne pas avoir d’image est devenu notre image ! On s’est fait rattraper par notre choix en quelque sorte. Ce qui me permet de penser que dans ce genre de combat, on ne peut pas toujours gagner.

Etre batteur d'un groupe qui répugne à utiliser les rythmes, c'est plutôt reposant ou plutôt difficile?

Je ne suis pas d’accord avec votre question. Pour moi le rythme est une composante importante de nos chansons, même si, c’est vrai, les mélodies et les atmosphères sont plus souvent nos priorités… Certaines chansons du dernier disque sont même dansables. Je pense à « Beyond the sunrise » ou « Wrong girl ».

OK, c'est votre 4e album. Est-il plutôt meilleur ou pire que les précédents?

A vous de trancher. Les deux précédents étaient bien, mais ce n’était pas exactement ce qu’on voulait faire. Cette fois, comme pour notre premier disque « Tigermilk », nous sommes contents à 100%.

Vous avez donc ressorti « Tigermilk », votre premier elpee. Plutôt parce que vous le vouliez ou parce que tout le monde vous disait de le faire?

On en avait pressé mille. Quatre cents sont partis à famille et aux proches. Conclusion : seulement 600 personnes avaient cet album. Notre but étant quand même de toucher un maximum de monde, on l’a ressorti. « Tigermilk » est notre disque le plus frais, parce que nous avons eu l’occasion de l’enregistrer très rapidement.

Le titre de votre nouveau disque est interminable. Plutôt parce que la mode est aux titres longs ou parce que vous vouliez montrer que vous avez beaucoup de choses à dire?

En fait, la citation provient d’un graffiti qu’on avait vu il y a dix ans à l’unif sur une porte des douches. C’était très mystérieux à nos yeux… Depuis on a appris qu’il s’agit d’une citation de ‘Devils’, une pièce de John Whitting ; ce qu’on ignorait. C’est seulement après la sortie de l’album que quelqu’un nous a montré l’extrait.

Le départ du bassiste Stuart David (NDR : il a choisi de se consacrer totalement à son projet Looper), c'était plutôt une époque qui se terminait ou un bon bol d'air?

Disons que ce départ était prévisible. On connaît Stuart depuis des années. Il y avait déjà vécu une éclipse (prévue) de deux ans. Elle a finalement duré quatre ans. Il ne voulait pas vraiment trancher entre Looper et Belle & Sebastian. Il voulait continuer de front tant qu’il s’en sentait capable ; mais nous, on ne pouvait pas non plus attendre éternellement qu’il soit libre… Cela dit, il joue encore sur la moitié du dernier album

Murdoch, c'est plutôt le nom d'un magnat de la presse ou d'un songwriter?

Heu, les deux, je crois.

(Article paru dans le n° 85 de juillet/août 2000 du magazine Mofo)

Belle & Sebastian

If you were feeling sinister

Deuxième opus pour ce septuor écossais, glasgowégien très exactement, dont le patronyme trahit un sens très aigu de l’esthétisme, tout en exhalant un parfum étrange, presque euphorisant de romantisme adolescent. Pourtant, si Belle and Sebastian conjugue l’insouciance des Pastels, la sensibilité acoustique de Nick Drake, l’intimisme chaleureux de Pale Fountains, la qualité des arrangements du mythique Go-Betweens et la fibre poétique d’un Donovan, il atteint la richesse instrumentale d’un Felt et la poésie des Smiths. Ce qui lui permet de ne pas se contenter de se lover dans la tendresse moelleuse, souvent responsable de chansons aseptisées. D’autant plus que les mélodies, contagieuses, astucieuses, sont servies par des lyrics aussi mordants et décapants que ceux de Jarvis Cocker (Pulp)…

 

Belle & Sebastian

The boy with the arab strap

Si vous aimez les Pastels et que vous regrettez toujours la disparition de Felt et surtout des Smiths, Belle & Sebastian devrait vous combler de bonheur. Un ensemble écossais, constitué de huit musiciens, dont l’imagination perverse et romantique, est sculptée dans une forme de folk esthétique et délicat. " The boy with the arab strap " constitue le troisième album de la formation. Un disque dont la résonance poétique doit beaucoup à son chanteur/compositeur, Stuart Murdoch. Encore que sur cet opus, le maître ait accepté de céder la plume à Isabel Campbell et Stuart David, sur quatre fragments. Ce qui ne change, cependant, pas grand chose au style proposé par le groupe, sur ce disque. L’instrumentation basiquement folk est toujours judicieusement enrichie d’une panoplie d’instruments, dont un violoncelle, une trompette, un hammond et une boîte à rythmes. " Post postcard " pour les puristes, ce disque est considéré, outre-Manche, comme un des meilleurs albums de l’année 1998…