Qui connaît Big Gilson ? Pas grand monde sur le Vieux Continent, il faut l'admettre. Normal, me rétorquerez-vous, puisque ce musicien est brésilien, où la scène du blues est, paraît-il, florissante. Big Allanbik Gilson and Co comptent déjà 4 albums à leur actif, au pays de la samba. Unique Brésilien à bord, il s'est ici entouré de musiciens texans, le Blues Dynamite, une formation réputée pour son excellente section rythmique, composée de Bobby Chitwood et Tyrone Starks.
L'album débute par la plage titulaire. Introduite par une slide bien charpentée, la voix paresseuse de Gilson n'est pas inoubliable et l'orgue d'Alan Ghreen épaule les cordes. "Halleluia, halleluia" est, sans surprise, une plage largement inspirée par le gospel. La slide est menée avec expertise, sur "Hey doc", un blues rock. Elle est le tremplin idéal pour l'invité, Kenny Neal, qui tout heureux d'être là, nous sort un excellent solo de son manche."Ghreen's boogie" est un boogie qui déménage, mais en même temps dévoile les limites de la voix de Gilson, dont le timbre est à la limite du fausset. Slow blues délicatement, finement ciselé, "Tropical feelin' blues" transporte, il est vrai, une certaine douceur tropicale. Hash Brown y joue de l'harmonica. La voix traînarde sied parfaitement à "Helena", une ballade caressante, sucrée par une slide et fruitée par un clavier. La voix me fait même penser à celle de Phil May des Pretty Things (croyez-moi!). Côté instrumental, signalons les solides échanges de cordes de Big réalisés à l'aide d'une de ces guitares rouges de Bugs Henderson. Sur "Big G. Billy", "Jammin' in Big D", et le très réussi "Happy Hooker", on assiste entre des échanges opérées entre le pianiste Ghreen et la slide colorée, réminiscente de Danny Gatton voire de Chris Duarte. En finale, Big Gilson nous gratifie d'une reprise acoustique de l'ouverture, "Cab driver blues" ; mais à cette occasion, c'est le compagnon de label, Holland K. Smith, qui partage les cordes…