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Bob Margolin

Bob Margolin

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Ce guitariste légendaire a milité, de 1973 à 1980, au sein du backing group de l'authentique roi du blues de Chicago, Muddy Waters. Surnommé ‘Steady Rollin'’, il compte aujourd’hui 69 balais au compteur. Il a embrassé une carrière individuelle, début des années 80. Cependant, son premier opus personnel, "The old school", n’est paru qu’en 1989. Il en a ensuite publié une bonne douzaine sur différents labels notoires : Alligator, Bling Pig, Telarc ou Vizztone. Sur ce dernier LP, Bob a fait très fort, puisque outre son travail de production, d’enregistrement, et de mixing, il chante et joue de tous les instruments. Un véritable homme-orchestre ! Le long playing recèle six compos personnelles et neuf reprises de bluesmen mythiques.

L’elpee s’ouvre par "One more day". L’accompagnement est dépouillé, la voix bien en place, la guitare claire et flemmarde. Il chante alors Dylan ou plus précisément "I shall be released", la chanson qu'il avait écrite pour son groupe, The Band, un titre qui a décroché un énorme succès, en 1968. La slide est déterminante, tout au long de "Mercy", un Chicago Southside blues au cours duquel la voix s’intègre parfaitement à l’ensemble. Et un superbe hommage à Muddy Waters ! Elle se révèle hypnotique sur "Best I can do", un blues plutôt rythmé, à la structure très simple et au chant répétitif. Place ensuite à ces covers qui fleurent bonne la grande époque du blues : "Blues before sunrise" et "How long", deux pistes signées Leroy Carr, le "Dallas" de Johnny Winter, sculpté par un bottleneck acoustique, et surtout "Peace of mind", un shuffle écrit par l'harmoniciste Snooky Pryor. Bien entendu il témoigne toujours un profond respect à son maître, Muddy Waters, en attaquant l’enlevé "She's so pretty" ainsi que "Look what you done". Il rend ensuite justice à deux autres ex-musicos du Waters Band ; et tout d’abord Jimmy Rogers, à travers "Goin' away baby", puis James Cotton, en adaptant son "One more mile". "My road" est une jolie ballade roots issue de la plume de Bob, une plage dont la mélodie rappelle le "Hey Jude" des Beatles, malgré une dernière sortie, tout en douceur, sur sa slide…

 

Bob Margolin

My road

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Originaire du Massachusetts, Bob Margolin est âgé de 66 balais. Ce guitariste s’est surtout illustré en militant au sein du Muddy Waters Band, entre 1973 et 1980. En 1978, un DJ de Boston lui attribue le sobriquet de Steady Rollin'. C’est l’époque à laquelle il monte son propre blues band en compagnie duquel il tourne inlassablement. Il grave alors deux albums sur le label du guitariste Tom Principato, Powerhouse. En 1993, il signe au sein de l’écurie chicagoan notoire, Alligator. Il y publie trois elpees. Il transite ensuite successivement par Telarc et Blind Pig, avant d’atterrir, en 2012, chez le distributeur Vizztone. Il y enregistre "Not alone", en compagnie de la chanteuse/pianiste Ann Rabson, puis "Blues around the world", soutenu par le Mike Sponza Band. Après avoir passé près de 50 années sur les routes, Margolin voulait concocter une œuvre vraiment personnelle. "My road" en est une parfaite illustration. Un disque découpé en douze plages, dont huit ont été écrites ou co-écrites en compagnie de Steady Rollin' et quatre reprises. Lors des sessions, Bob n’a invité qu’un nombre limité de musiciens. Il se réserve la gratte et les vocaux et bénéficie du concours du drummer/chanteur Chuck Cotton ainsi que de l’harmoniciste/gratteur Tad Walter. Et la production est signée Michael Freeman.

Dès l’ouverture, "My whole life", le ton est donné. Un blues primaire, volontairement dépouillé, dominé par la voix de Margolin, alors que la six cordes s’infiltre entre un harmonica particulièrement torride et la batterie. Une voix qui s’impose à nouveau tout au long de "More and more", pendant que les interventions fragiles et tourmentées de sa gratte communiquent un bel éventail d’émotions. Les percus de Chuck impriment le tempo d’"I shall prevail". Un dialogue s'établit entre le chant et les cordes, au coeur d’un climat qui baigne dans le Delta. Bob chante en solo le blues tendre "Goodnight". "Understanding heart" nous plonge au sein d’une atmosphère sombre, étrange, dérangeante. Le bottleneck inocule un feeling métallique aux cordes. Et l’harmo de Tad accentue cette impression ténébreuse. "Low life blues" est imprimé sur un tempo plus enlevé. Un Chicago blues classique écrit par le regretté Sean Costello. Lumineux, l’harmonica est hanté par le grand Little Walter. Tad Walters se réserve une superbe intervention avant que Margolin le relaie d’une sortie nerveuse aux cordes. Bob et Chuck chantent à capella la cover du "Bye bye baby" de Nappy Brown. Très différentes, les inflexions sont quasi doo-wop, et sont exclusivement soutenues par des claquements de doigts et une musique à bouche. Un exercice de style vocal qu’on retrouve sur l’indolent "Ask me no questions", un Mississippi Blues rudimentaire, mais chargé de passion. Une passion qui contamine le tout aussi primaire "Young and old blues", malgré son assise rythmique plus énergique. Walters joue sa partie de basse sur sa guitare. Steady Rollin' profite du contexte pour produire son meilleur solo. "Feelin' right tonight" opère un retour au Chicago blues traditionnel ; un titre issu de la plume du vocaliste de rockabilly, Tex Rubinowitz. La sortie à l’harmo est particulièrement inspirée alors que les cordes flairent l’odeur de la poudre. "Devil's daughter" (Trad : la fille du diable) est une fort belle composition. Les tonalités de gratte dispensées par Bob sont soignées et empreintes d’une grande sensibilité. En finale, "Heaven Mississippi" nous ramène au cœur du delta, là tout avait débuté, non loin de Clarksdale et de Rollin' Fork. Margolin y adresse de multiples clins d'œil aux légendaires Robert Johnson et Muddy Waters, partenaires d'une époque désormais lointaine. Un excellent album pour Bob Margolin!