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Boss Hog

Whiteout

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Bien qu'issu de New-York, Boss Hog a connu deux histoires totalement différentes. La première s'est achevée en 1992, suite au décès de Charlie Ondras. Le line up de cette formation impliquait alors également un autre musicien d'Unsane, Pete Shore ; et puis Kurt Wolf de Fœtus et Jerry Teal des Honeymoon Killers. Ce sont finalement Jonathan Spencer (leader du Jon Spencer Blues Explosion) et sa compagne Christian Martinez qui ont repris le patronyme à leur compte, flanqué de trois nouveaux musiciens. En l'occurrence l'ex bassiste du Swans Jen Jurgensen, le claviériste Mark Boyce et la drummeuse Hollis Queen.

" Whiteout " constitue le deuxième album du quintette, en cinq années. Un disque qui a bénéficié du concours de Tore Johansson (Cardigans), à la production. Pas étonnant, dès lors, que l'emballage soit plus pop. Garage pop, même. A cause de l'omniprésence des claviers fluides, psychédéliques. Encore qu'on y retrouve des traces de funk et même de hip hop. Ce qui n'empêche pas Jon Spencer laisser une même empreinte ‘urban blues’, de ses riffs de guitare marécageux, sordides, agressifs. Et puis d'alimenter, de gémissements caverneux, ‘luxintériorisés’, son dialogue avec le timbre glamoureux, trouble, sensuel de Christina ; auquel participe, de temps à autre, celui puis puissant, mais tellement clair et efficace de Hollis. Bref, un chouette opus que je vous recommande chaudement, nonobstant son profil moins rebelle…

 

Boss Hog

Boss Hog

Jonathan Spencer et Christina Martinez sévissaient autrefois chez la formation new-yorkaise Pussy Galore. Ce qui doit vous donner une petite idée du style pratiqué par Boss Hog depuis 1989. Enfin presque. Puisqu’avant de fixer leur choix sur Mrs Hollis Queens aux drums et sur l'ex-Swans, Jens Jurgensen à la basse, le duo de base a vu défiler une kyrielle de musiciens. Bref revenons à ce quartette qui pour enregistrer cet opus éponyme a bénéficié du concours de Steve Fisk (Nirvana, Afghan Whigs, Wedding Present) à la production. Boss Hog y cabriole à travers une série vertigineuse de styles différents. Punk, country, metal, blues, funk. Mais aux contrastes viscéralement austères (Sonic Youth), à l'intensité grinçante (Big Black) et au climat sordide, marécageux, malsain (Beefheart). Faut dire que la présence de Christina n'y est pas étrangère. Après avoir pavané une image ‘sexploitée’ au sein de Pussy Galore, elle manifeste aujourd'hui une attitude plus glam, sophistiquée, bien que subversive et ambiguë, libérant à travers ses lyrics outrage et anomie. Un album fort intéressant ponctué de trois petites perles. Le venimeux "White Sand" avec ses chuchotements à la Polly Harvey. Le post no-wave (Swans?) "Walk in", à cause des inflexions vocales de Christina qui épousent celle de Jarboe. Et enfin le spectral "Texas" lacéré d'accès de violon et de violoncelle à la manière de la bande sonore du "Psychose" d'Hitchcock!