Le futur de The Lost Wave

Basé à Anvers, The Lost Wave réunit des musiciens belges, néerlandais et espagnols. Cette identité transfrontalière irrigue une musique ouverte, sincère et fédératrice. Le 28 août 2026, la formation publie Becoming, un premier EP de cinq titres retenus parmi…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Buttnaked

The big splash

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Cette formation wallonne est née sur les cendres de Booze 'n blues et de Soul Food. En 1998. S’appuyant sur une section rythmique particulièrement solide, constituée de Miguel Pumares à la basse et de Georges Triantafylou à la batterie, le line up implique deux lead singers : Marc Bodart et Patrick Louis. Son premier enregistrement date de 2000. Une démo cinq titres. Et son premier album de 2001 : "Cool cool women". Produit, par Luke Alexander (Last Call, ex Electric Kings), il avait bénéficié du concours de Big Dave.
 
Sur ce nouvel opus, il faut reconnaître que le blues a de moins en moins la voix au chapitre. Bien que très personnelle et très rafraîchissante, leur musique puise davantage dans la soul, le funk, le jazz et la pop. Si les vocalistes entretiennent l’aspect vaporeux et sophistiqué des compostions, l’expression sonore a pris une forme plus dense, plus solide et parfois même franchement électrique. A l’instar de "Cool conversation", la plage d’ouverture. Un fragment complètement déjanté, balisé par une puissance rythmique implacable. Les voix épousent un profil plus agressif. Torturées, saturées d’effets, les guitares libèrent une intensité phénoménale. "Dog days" adopte un profil funk. La production opérée par les frères Ian (ex-El Fish) et Bart Ieven (Générals Jacks) met en exergue tous les éléments rythmiques. Mieux encore, elle les réunit à la perfection, dans un style qui me fait penser à la quintessence de Steely Dan. En fin de parcours, cette compo se couvre d’accents orientaux à caractère psychédélique. Des cordes de guitare acoustiques ouvrent la plage titulaire. Hispaniques, andalouses même, elles alimentent un fragment instrumental bien rythmé, fruit d’un mélange de folklore et de jazz rock bien saignant. Une rengaine country ébauche "You", une ballade presque pop, au cours de laquelle les harmonies ‘beatlenesques’ se conjuguent à l'unisson. "Hit me" creuse enfin jusqu’aux racines du blues. Du blues, mais aussi du rock. Particulièrement riche, cette plage se caractérise par des parties vocales proches de Robben Ford et les interventions des guitares inspirées par Albert King. Si "Mr Gonzales" conserve un format bluesy, le contagieux et amusant "No chicks" recèle une grande richesse et même une certaine complexité. Les cordes bien métalliques y sont manipulées à la manière d'une pedal steel. Lente, classique, alimentée par les lignes de guitares bien senties et combien mélodieuses, "Little prayer" est une superbe ballade R&B. "Sunlight" constitue la composition la plus immédiate de l'album. Fort bien chantée, cette autre ballade à la ligne mélodique particulièrement efficace, flirte de nouveau avec l’univers de Steely Dan ; même si le son de la guitare se fait tour à tour reverb, acéré ou encore atmosphérique, dans un registre qui évoque mon bon vieux favori, Peter Green. Parfait! Et lorsque les deux mêmes six cordes reviennent ensemble, c’est vraiment trop! Mêlant acoustique, électrique et percussions, "Train" rejoint les rythmes exotiques des Caraïbes. La batterie amorce un boogie bien huileux : "Beggin' and pleadin". Un clin d'œil adressé aux maîtres du Canned Heat. Mais attention, l'interprétation n'a rien de primaire ; elle demeure au sein d’un décor toujours aussi luxuriant où chaque élément trouve sa place. Ce qui n’empêche pas les deux guitaristes de prendre leur pied ! En finale, "Transsylvanian devil" démontre une dernière fois les ressources des musiciens et la qualité de la production. Un track qui puise dans la culture ethnique issue d’Europe orientale, tout en intégrant les cordes inspirées de Marc et de Patrick. Les Buttnaked viennent de commettre leur meilleur opus à ce jour ; mais il serait injuste de coller une étiquette blues sur cette fusion contemporaine qui ne souffre d’aucun complexe…

Buttnaked

Cool cool woman

Écrit par

Cette formation namuroise nous avait livré une démo prometteuse l'année dernière. Ce début officiel est réellement accrocheur. Buttnaked nous présente deux guitaristes solistes qui se partagent tout au long de l'album soli et vocaux. Marc Bodart et Patrick Louis s'acquittent parfaitement de cette mission. Marc a la voix frêle fine, très musicale, qui se manifeste tout en sensibilité. Patrick possède une voix plus soul et chaude. Composée du bassiste Miguel Pumares et du batteur Georges Triantafylou, la section rythmique est solide. Elle porte avec pugnacité les deux solistes. Oeuvre de Luke Alexander, la production est impeccable. Pour celles ou ceux qui l'ignorerait, Luke est également le guitariste de Last Call et un ancien Electric King!

Marc chante les deux premières plages. Une entrée en matière fort bien ciselée. "Cool cool woman" libère un maximum de punch. Les guitares semblent légères mais font mouche. Elles s'échangent différentes salves tout au long des 4 minutes. Marc embraie par un "Far from home" au tempo moyen. La guitare est trafiquée, laissant échapper un son torturé. L'effet incombe, sans doute, à Luke Alexander qui avait déjà employé cette formule sur le dernier album de Last Call. Patrick vient chanter "Going to my baby's house", sur un rythme de mambo tissé par Triantafylou. Ex Electric King, Big Dave souffle de bien jolies phrases sur son harmonica. Ce rythme des îles se retrouve sur "Travelling shoes", prétexte à de superbes lignes de guitare. Sur un rythme de chemin de fer, les deux chanteurs s'échangent les vocalises sur "Somebody tell that woman" de Willie Dixon. "Night life" est une composition plus aventureuse, aux accents jazzy prononcés par le piano de Vincent Bruyninckx. La guitare sur le fil du rasoir se fait l'écho d'un certain Santana. Quand Marc Bodart commence à chanter "Right from wrong" quasi a capella, on peut mesurer la justesse de son chant. La guitare s'évade en nous rappelant le fantôme d'un Peter Green d'une époque déjà si lointaine. Excellent! Buttnaked consacre sa 2ème reprise au très célèbre "Got love if you want it" de Slim Harpo. Une occasion idéale pour retrouver les phrases enflammées de Big Daven, face à la puissance rythmique. Big reste très inspiré pour ponctuer le lent "Three cats" et introduire une de ses meilleures interventions aux cordes, qui libèrent ici un son nettement plus sale et gras!! Patrick attaque d'une voix bien mâle une nouvelle version de "Going to my baby's house". Une adaptation très funky qui démontre la réelle envergure de la section rythmique. L'apparition de Mr Spring Blues, Pierre Dejeneffe, est une bonne surprise. Inventif sur son harmonica, cet élève doué de Big Walter Horton consacre une finale très roots. Bravo à Buttnaked, car cet album est une réussite sans faille. Suffit de prendre le temps de l'écouter!