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Camille Anssel

Camille Anssel prend feu sans se consumer !

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Après sa reconnaissance au Tremplin Music'al 2022, un premier EP sorti en juin 2024, orienté chanson française, Camille Anssel opère un virage assumé avec L’ÉTINCELLE, son nouvel EP indé-pop.

Porté par des sonorités plus modernes et une énergie renouvelée, L’ÉTINCELLE conserve l’ADN poétique de Camille Anssel : une voix sensible, des textes ciselés, et cette mélancolie lumineuse qui fait sa singularité.

Trap, incandescente, avec une tension brute et des mots à vif.

Librement inspiré du roman Ces orages-là de Sandrine Collette

Un extrait ici.

Camille

Ouï

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Ce cinquième long playing de Camille, on aurait préféré ne jamais l’avoir ouï. Sa voix chevrotante, plus fragile que la flamme d’une bougie en pleine tempête, est profondément agaçante. Même pas possible de la sauver en prétextant que c’est momentané ; non, non, c’est bel et bien perpétuel. Ses montées dans les aigus n’ont rien de séduisant, ils donneraient plutôt mal à la tête, comme si on vous bombardait d’ultrasons. Les textes sont d’une niaiserie peu commune, d’un inintérêt extraordinaire. La chanteuse parisienne a même sûrement quelques problèmes grammaticaux parce qu’on cherche où se cachent les phrases complètes. Elle a dû perdre un pari avec des copines. ‘On a mis des mots dans un chapeau, tu choisis et tu dois faire des chansons avec ça’. Impossible autrement. Ce qui débouche sur : piscine, twix, fontaine de lait, lasso… Passionnant ! Même la musicalité gave au bout de trois morceaux, entre autres parce qu’elle est répétitive. Rarement eu l’occasion d’écouter quelque chose d’aussi déplaisant, d’aussi peu intéressant, d’aussi mauvais. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir cherché du positif, j’ai fouillé mais… Elle dit ne pas mâcher ses mots, on aurait franchement préféré qu’elle les ravale. Cet album fait tellement mal qu’il aurait plutôt dû s’intituler « Ouille ».


 

Camille

Ilo Veyou

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Quatrième opus pour Camille dont l’entame risque de heurter plus d’un mélomane. « Aujourd’hui », qui est le plus beau jour de sa vie (?), fait sans aucun doute référence à sa maternité toute récente. Ok, on peut bien imaginer le plaisir de devenir maman, mais pas de quoi en faire tout un plat (fade en plus) non plus. Passée cette ‘épreuve’, on entre dans le vif du sujet. Soutenue par son quatuor à cordes, un piano et une guitare, Camille revient à de meilleurs sentiments. « L’étourderie » et « Allez allez allez » en sont certainement les plus belles illustrations. Terminées les complaintes en angliche ? Que nenni ! Camille s’était un peu fourvoyée sur son album précédent. Mais, dès la quatrième plage, « Music Hole », interprété quasi-intégralement dans la langue de Shakespeare, elle tente à nouveau une percée en osant « Wet boy », qui démontre que la chanson française peut tout aussi efficacement se décliner dans un autre idiome. Suffit d’avoir le talent pour. Et visiblement, Camille n’en manque pas, notamment après avoir retrouvé « Le fil » de ses idées, c’est-à-dire le meilleur opus publié à ce jour, celui qui trace la ligne directrice de son œuvre…

« She was » et surtout « Mars is no fun » devraient convaincre les plus sceptiques. Oui, la chanson française a de l’avenir outre-Manche ! C’est sur la piste suivante, « Le berger », que Camille étale au mieux ses performances vocales. Une voix pleine de créativité et de douceur qui n’a besoin de rien ou quasi comme support pour dire des mots tellement justes.

« Bubble lady » et « Ilo Veyou » laissent déborder une imagination un peu folle, débridée, une liberté d’expression qui ne demandait qu’à sortir des tripes de cette jeune Parisienne. Car c’est vraiment d’art qu’il faut parler. Camille se lâche. Rien ne lui fait peur. Même la petite comptine « Message » ou le génial « La France » dont le texte à la mords-moi le nœud et sa déglingue d’après-guerre super ringarde fait mouche. Elle n’a peur de rien la belle !

On fera l’impasse sur un « My man is … » sans intérêt et « Pleasure », deux plages qui manquent tous deux de cette petite touche de délicatesse et de musicalité. Visiblement, elles ne servent qu’à boucler l’album !

« Le banquet » plage phare (la meilleure ?), illumine une vengeance baroque. C’est à titre personnel, la meilleure de ce quatrième ouvrage et de loin. On est face à un résumé parfait des qualités de la jeune maman : poésie, créativité, sensualité, musicalité. « Tout dit » en quinzième position (deux de trop ?) clôture ce nouvel elpee qui réconciliera Camille et son public qui l’avait un peu, et à juste titre, boudée lors de sa ‘sortie’ précédente.

Même si l’ensemble semble manquer un peu de cohérence vu l’empilage des styles, quelques titres valent largement le détour. Créativité, finesse et humour sont ici au rendez-vous.

Maintenant qu’elle a renoué avec « Le fil », prions pour qu’elle ne le perde plus…

 

Camille

Live au Trianon

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Enregistré le 18 octobre 2005 au Trianon de Paris, ce live surgit dans la discographie de Camille après (seulement) deux albums : « Le Sac des Filles » (2002) et « Le Fil » (2005), disque acclamé par le public, encensé par la critique. Sur scène, Camille pousse sa démence artistique au premier rang. Les mots se bousculent, les onomatopées dansent dans sa bouche, les refrains valsent avec les couplets. Folle. Devant son assistance, Camille semble habitée d’une folie furieuse, d’un déséquilibre stable, insaisissable. Pourtant, ce « Live au Trianon » tend à trahir une certaine réalité. Sur scène, Camille aime à bavarder, parloter et vider son sac (de fille). Or, cet album ne retient que l’image d’une chanteuse flirtant en compagnie du délire : une acrobate trottant sur « Le Fil » de la déraison. En concert, Camille est sympathique, suffisamment terre-à-terre pour ne pas déstabiliser son auditoire. Camille, c’est la voix de l’inconscience consciente. Mais ne boudons pas notre plaisir. Le « Live au Trianon » possède d’indéniables atouts. Un son excellent, un timbre ‘Camillien’ dénudé de toute sophistication et des chansons déjantées pour planer en français. Le tour d’horizon proposé par Camille passe par ses deux précédents albums. « Pour Que l’Amour Me Quitte », un « Vous » ahurissant, un enchantant « Quand Je Marche », « Mon Petit Vieux » ou « Les Ex ». Sans oublier ses incontournables « Janine » : ‘Pourquoi tu m’appelles coup franc alors que j’m’apelle corner ? Pourquoi tu m’appelles ovule alors que j’m’appellle ovaire ?’. Toutes ces questions farfelues définissent aujourd’hui la ficelle distordue tissée par Camille. Un univers forcené, reconnu à sa juste valeur par le prisme de « Ta Douleur », pétillant tube populaire. Reste à voir si Camille pourra encore étonner et rebondir sur ses acquis. Histoire de ne pas perdre « Le Fil »…