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Chris James & Patrick Rynn

Trouble don't last

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Etablis à San Diego, au sud de la Californie, Chris James et Patrick Rynn constituent un duo bien soudé. Pourtant leur style musical nous entraîne au cœur de la Cité du blues, Chicago. Chris chante et se consacre à la guitare, Patrick à la basse. Leur collaboration remonte déjà à 1990, lors de leur première visite au sein de la Windy City. Leur coopération a déjà débouché sur la confection de trois elpees, "Strop and think about this" en 2008, "Gonna boogie anyway" en 2010 et "Barrelhouse stomp" (NDR : pour lequel le tandem avait bénéficié du concours de 3 pianistes) en 2013. Ils sont tous parus chez Earwig, mais les deux premiers sont épuisés. Changement de crèmerie pour "Trouble don't last", puisqu’il est publié sur le label très dynamique, Vizztone. Lors des sessions, la paire s’est entourée de musiciens remarquables ; et tout particulièrement le batteur June Core ainsi que les harmonicistes Rob Stone et l'Indien Aki Kumar.

L’opus démarre en force par le rythmé "Shameless", un morceau pour lequel le duo est renforcé par la présence de leur ami Rob Stone, à l'harmonica. Signé par le citoyen de Detroit, Calvin Frazier, "Lily Mae" évolue sur un tempo lent. Le spectre de Muddy Waters plane tout au long de ce titre qui baigne au sein d’une ambiance réminiscente du quartier Southside de Chicago. Les interventions d'Aki Kumar à l'harmonica sont saturées d'émotion. "Lonesome whistle blues" est une plage popularisée au début des 60s par Freddie King. La nouvelle version évolue à un niveau particulièrement élevé. Les deux souffleurs s’échangent des soli exceptionnels, alors que Chris James démontre tout son talent sur les cordes. "Going down to the ocean" nous emmène dans le Chicago Westside. Tout en rythmique, l'envol exécuté par Chris est brillant. Faut dire que la section constituée de Patrick Rynn et June Core est irréprochable. Country/blues, "Trouble don't last" adopte le tempo du chemin de fer. Le "Don't drive me away" de Robert Curtis Smith est contaminé par le blues du Mississippi. Rob et Aki tirent à nouveau leur épingle du jeu à l’harmo sur l’instrumental "Steady goin'on", une plage au rythme vivace assuré par Chris James. Et finalement, ne tenant plus en place, ce dernier se lâche sur ses cordes. Sa voix se détache sur "A good idea at the time", un blues lent, indolent qu’il interprète face à un accompagnement minimaliste, dont celui de Rob Stone, empreint d’une grande sensibilité. Aki Kumar se déchaîne sur "Hard to keep a dollar", un solide Chicago shuffle qui démontre une nouvelle fois l’étendue de son talent. De toute bonne facture, cet opus s’achève par l’enlevé "Roll, tumble and slip", une compo issue de la plume de feu Sunnyland Slim, pianiste notoire issu de Chicago. Une nouvelle occasion pour autoriser un beau duel entre les deux souffleurs, destiné à nous transporter vers les sommets… 

 

Chris James & Patrick Rynn

Gonna boogie anyway

Écrit par

Chris James et Patrick Rynn sont issus de San Diego, dans l'extrême sud de la Californie. Chris est chanteur et guitariste. Patrick, bassiste. Ils avaient déjà publié ensemble "Stop and think about it", en 2008. Ce qui leur a valu un Blues Music award! Ils jouent ensemble depuis vingt ans et sont établis à Chicago. Ils militent également chez les C-Notes, le backing band du chanteur/harmoniciste local, Rob Stone.

L’elpee s’ouvre par "Money don't like me", un Chicago shuffle très Westside. Chris nous balance le riff cher à Magic Sam. Sa voix est vraiment excellente. Le tempo est imprimé par le drummer notoire Sam Lay (NDR : il sourit derrière ses fûts). David Maxwell, pote de toujours, aligne ses notes sautillantes sur les 88 touches d'ivoire, pendant que Jonny Viau s'époumone sur son sax ténor. Une adaptation en version instrumentale est également proposée sur cet elpee. James a toujours vénéré le bluesman rocker, Bo Diddley. Il reprend ici deux titres assez peu connus du mythe disparu en 2008. Tout d’abord "Dearest darling". Le célèbre beat est soutenu par les maraccas de Rob Stone et le piano de Maxwell! "You can't trust nobody", ensuite. Inspiré par Lil' Son Jackson, le légendaire bluesman noir texan, ce downhome blues chargé d’émotion est interprété en trio par Chris, Patrick et David Maxwell. "Life couldn't be sweeter" nous replonge dans le Chicago blues des années 50, une plage qui figurait au répertoire d'Elmore James. Chris est passé à la slide, les deux saxophones sont à l'arrière-plan tandis que le vieux pianiste Henry Gray (85 ans), ancien musicien de Howlin' Wolf, se libère. Henry est toujours au poste pour l'instrumental "H.M Stomp". Il est épaulé par l’illustre harmoniciste Bob Corritone. James et Rynn se réservent deux plages en duo. Soit "Headed out west", narrant l’histoire des deux amis quittant la cité des vents pour l'Ouest, par cette célèbre nationale, la route 66. Ainsi que le "Black spider blues" de Robert Lockwood Jr. Deux plages qui reflètent leur sensibilité à fleur de peau. Le "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed est une cover bien ficelée, abordée dans l'esprit de ce célèbre bluesman. Un hommage rendu à Reed et son guitariste Eddie Taylor. Rob Stone souffle dans les aigus de son harmonica. Le bon vieux boogie n’a pas été négligé. Et il alimente un des sommets de cet opus : "Gonna boogie anyway", une plage qui adopte le style jump, bien balisé par le piano de Henry Gray ainsi que les saxophones de Viau et d'Allen Ortiz. Du 5 étoiles ! "The tables have turned" a la fièvre et frissonne. Maxwell et Stone s’y impliquent sans la moindre réserve. Le "Little girl" de Bo Diddley clôt l’elpee sur un rythme endiablé. La participation de Corritone est précieuse. Un album de grande classe !