Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

logo_musiczine

Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (2 Items)

Robert Gordon and Chris Spedding

It's now or never

Écrit par

Elvis Presley est un véritable phénomène. Et on a pu de nouveau le constater lors de la manifestation organisée pour célébrer le trentième anniversaire de sa disparition. Pour rappel il est décédé chez lui, à Graceland, le 16 août 1977. Deux musiciens britanniques notoires ont voulu marquer d’une pierre blanche cet événement en enregistrant 15 chansons du répertoire du King : des classiques mais aussi des titres forts peu connus du grand public! Nos deux amis se sont donc réunis dans un studio de Nashville, pour la première fois depuis 13 ans.

L’opus s’ouvre par "A mess of blues", la flip side de "It's now or never". Gordon possède une superbe voix. Il est à l'aise dans tous les registres, à l’instar d’un certain Presley. Soutenu par les merveilleux chœurs des Jordanaires, il chante puissamment "I beg of you". Le son est superbe. Mais là où on prend une claque, c'est quand le grand Gordon se met à chanter le rock'n'roll ; et en particulier sur "I'm left, you're right, sh's gone" (un single de 1655), au cours duquel Spedding se révèle éclatant en soutien. Il peut aussi emprunter un timbre de baryton pour chanter le gospel au milieu des chœurs. Comme sur "Peace in the valley", une plage investie par le piano et l'orgue. Il y en a pour tous les goûts. Elvis le rocker lorsqu’il adapte "Don't be cruel" et "My baby left me", deux plages interprétées parfaitement dans l'esprit d'Elvis et des Jordanaires, au cœur des fifties. Elvis le sage, quasi crooner, lors d’un autre gospel : le tendre "Love me". Et puis enfin Elvis le bluesman, lorsqu’il chante sans ambigüité "Trying to get to you". Un très bon moment. Tout comme la version de "It feels so right". Mais la plage que je préfère est incontestablement "Lawdy Miss Clawdy". Evoluant sur un tempo très décontracté, très blues, Gordon se démène face à son quartet animé par le sombre Chris. Manifestement, il n’y a pas de déchet sur cet opus. On peut même affirmer qu’il s’agit d’un hommage de très bon goût au King. Spedding met de temps en temps le nez à la fenêtre, tout en demeurant mesuré et respectueux. A l’instar de "Too much". N'oublions pas le titre maître de cet opus. Beaucoup d'encre avait coulé lorsqu’Elvis avait chanté "O Sole mio". Mais sa voix était susceptible de s'adapter facilement à tous les genres. Ces musiciens n'ont rien inventé mais ils ont osé. Sans pour autant occulter le mythe Elvis Presley, ils ont opéré un exercice de style fidèle dans la reproduction. Et ils n'ont pas à rougir de ce témoignage de reconnaissance adressé au plus fabuleux des rockers du siècle dernier.

 

Chris Spedding

One step ahead of the blues

Écrit par
Christopher John Spedding est né en 1944. A Sheffield, en Angleterre. Au cours de sa jeunesse, il joue du violon. Mais il tombe sous le charme du rock'n'roll et acquiert une guitare électrique. En 1959. L’année suivante, il émigre à Londres. Et fait en quelque sorte ses armes, en se produisant régulièrement, dans des groupes obscurs. En 68, il joue en compagnie du vibraphoniste Frank Ricotti avec lequel il enregistre un long playing. Il sévit également chez les Battered Ornaments du poète Pete Brown. Et participe à la confection de l’elpee "A meal you can shake hands with in the dark", en 69. La même année, il collabore à l’enregistrement de l'album de Jack Bruce, "Songs for a taylor". En 1970, il rejoint la formation de jazz rock, Nucleus. Puis commet enfin son premier album solo, "Backwood progression". En 71, Chris et Peter Green apportent leur contribution à la confection de l’elpee de Memphis Slim, "Blue Memphis Suite". En 72, il participe aux sessions d’enregistrement des opus de Chris Youlden (ex-chanteur de Savoy Brown) et de Dick Heckstall-Smith. Il milite ensuite chez les Sharks, combo monté par l'ancien bassiste de Free, Andy Fraser. Son premier single, "Motorbikin", paraît en juillet 75. Puis un album éponyme. En 1976. Une plaque dont sera tiré le hit single "Guitar Jamboree", un savant brassage de guitaristes qui portent pour noms Albert King, Chuck Berry, Hendrix, Clapton, Page et Beck. Chris tâte ensuite au mouvement punk. Il produit même les Sex Pistols, fin 76. Il enregistre "Pogo dancing" en compagnie des Vibrators ; un 45 tours qui récolte un certain succès. En mars 1979, la critique ne tarit pas d’éloges son album "Guitar Graffiti". Chris devient alors un musicien de session très sollicité : Robert Gordon, Dick Rivers, Nick Mason, Nina Hagen, John Cale, Roger Daltrey, Johnny Halliday, Elliott Murphy, Willy DeVille, Mylène Farmer et bien d’autres le réclament En 86, il enregistre "Enemy within", une plaque qui paraît chez New Rose. Et enfin, en 2002, pour la toute première fois de sa longue carrière, Spedding ose un opus aux accents très blues.
 
L'atmosphère baigne dans les swamps louisianais pour ouvrir le "Cajun moon" de JJ Cale. Même la guitare semble imprégnée de ce climat humide. Une compo qui évolue dans un registre très JJ. La voix également. Le ton nonchalant est naturellement laidback. La production de Philippe Rault lui rend justice. Chris double au clavier. Constituée de Reggie McBride à la basse et Tal Bergman aux drums, la section rythmique joue parfaitement son rôle. Nonobstant le solo découpé sur le fil du rasoir, la sonorité paresseuse envahit également "I wouldn't treat a dog" (NDR : une compo popularisée par Bobby Blue Bland). Le ton demeure laidback pour le "No expectations" des Stones (NDR : époque "Beggars Banquet" !) et le "Remember" de Jimi Hendrix. Chanté par Lee Dorsey, "Riverboat" a été composé par Allen Toussaint. La version de Spedding navigue dans le même climat voodoo qui parfume les bayous. De nombreux effets de reverb alimentent les cordes. Chris remet le cap sur la Nouvelle Orléans en abordant le "Go to the Mardi Gras" de Professor Longhair. Une version particulièrement réussie qu’impriment des instruments aux rythmes saccadés. Après avoir reproduit note pour note le célèbre "Albatross" de Peter Green, il attaque le titre maître. Un rock blues très mélodique, contagieux même, souligné par une ligne de guitare conquérante. Slow blues rock très ‘british’, "Mother Earth" est issu de la plume de Memphis Slim. Il est ici traité de manière très électrique par Mr Spedding. Blues rock doux et convivial, "Dollar on my pain" aurait pu être chanté par Tony Joe White. Faut dire que la sonorité de la guitare est tellement agréable à l’oreille. Une sensibilité bayou, lugubre hante le "Young man blues" de Mose Allison. A cause du toucher de slide à la fois sensuel et tourmenté. Enfin le "Lonely avenue" de Doc Pomus, (NDR : cette plage figurait au répertoire de Ray Charles) achève cet opus, ma foi, très agréable ; même si je viens de le découvrir trois années après sa sortie. Un nouvel elpee de Spedding est prévu pour ce mois de juillet. Baptisé "Click Clack", il devrait paraître sur le label allemand SPV. Cet été, il tournera en compagnie de Roxy Music ; et en septembre de Robert Gordon.