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It's now or never

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Elvis Presley est un véritable phénomène. Et on a pu de nouveau le constater lors de la manifestation organisée pour célébrer le trentième anniversaire de sa disparition. Pour rappel il est décédé chez lui, à Graceland, le 16 août 1977. Deux musiciens britanniques notoires ont voulu marquer d’une pierre blanche cet événement en enregistrant 15 chansons du répertoire du King : des classiques mais aussi des titres forts peu connus du grand public! Nos deux amis se sont donc réunis dans un studio de Nashville, pour la première fois depuis 13 ans.

L’opus s’ouvre par "A mess of blues", la flip side de "It's now or never". Gordon possède une superbe voix. Il est à l'aise dans tous les registres, à l’instar d’un certain Presley. Soutenu par les merveilleux chœurs des Jordanaires, il chante puissamment "I beg of you". Le son est superbe. Mais là où on prend une claque, c'est quand le grand Gordon se met à chanter le rock'n'roll ; et en particulier sur "I'm left, you're right, sh's gone" (un single de 1655), au cours duquel Spedding se révèle éclatant en soutien. Il peut aussi emprunter un timbre de baryton pour chanter le gospel au milieu des chœurs. Comme sur "Peace in the valley", une plage investie par le piano et l'orgue. Il y en a pour tous les goûts. Elvis le rocker lorsqu’il adapte "Don't be cruel" et "My baby left me", deux plages interprétées parfaitement dans l'esprit d'Elvis et des Jordanaires, au cœur des fifties. Elvis le sage, quasi crooner, lors d’un autre gospel : le tendre "Love me". Et puis enfin Elvis le bluesman, lorsqu’il chante sans ambigüité "Trying to get to you". Un très bon moment. Tout comme la version de "It feels so right". Mais la plage que je préfère est incontestablement "Lawdy Miss Clawdy". Evoluant sur un tempo très décontracté, très blues, Gordon se démène face à son quartet animé par le sombre Chris. Manifestement, il n’y a pas de déchet sur cet opus. On peut même affirmer qu’il s’agit d’un hommage de très bon goût au King. Spedding met de temps en temps le nez à la fenêtre, tout en demeurant mesuré et respectueux. A l’instar de "Too much". N'oublions pas le titre maître de cet opus. Beaucoup d'encre avait coulé lorsqu’Elvis avait chanté "O Sole mio". Mais sa voix était susceptible de s'adapter facilement à tous les genres. Ces musiciens n'ont rien inventé mais ils ont osé. Sans pour autant occulter le mythe Elvis Presley, ils ont opéré un exercice de style fidèle dans la reproduction. Et ils n'ont pas à rougir de ce témoignage de reconnaissance adressé au plus fabuleux des rockers du siècle dernier.

 

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