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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Ferri-Chrome

Under this cherry tree

Ferri-Chrome est constitué de musiciens actifs sur la scène nippone, depuis les années 90.

« Under this cherry tree » constitue son troisième elpee. Il paraît chez Testcard, un label indie japonais qui distribue essentiellement des artistes issus du pays au soleil levant responsables d’une forme de twee pop (NDR : la twee pop est un sous-genre du rock alternatif, plus particulièrement de l'indie pop, caractérisé par des mélodies légères et des paroles souvent naïves). Et justement, la musique de Ferri-Chrome mêle twee pop et shoegaze alors que les mélodies semblent hantées à la fois par Lush, Pale Saints et Ride.

Découpé en 11 plages, ce nouvel opus recèle des reprises de The Field Mice et Exlovers, ainsi que le single de 7 pouces « Another Space-Time », paru en 2023.

Issu de « Under this cherry tree», « Platinum » est en écoute

Podcast # 51 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

The Monochrome Set

Maisieworld

Écrit par

Après avoir publié le superbe « Spaces everywhere », en 2015, The Monochrome Set est donc de retour pour un 14ème elpee. Et suivant la bonne habitude du groupe, cet opus a de quoi décontenancer. En fait, les compos changent régulièrement de registre entre couplets et refrains, se référant régulièrement au music-hall, comme chez Divine Comedy. Même la voix de Bid est aussi versatile et nasillarde que celle de Neil Hannon. Parfois cyniques et souvent truffés de jeux de mots, les textes ont aussi des connotations à caractère sexuel. Ce n’est pas neuf dans l’œuvre du band britannique. Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, avant d’appréhender cet LP. Non, mais imaginez le topo : punk, vaudeville, boogie, flamenco, rock, pop, sonorités mécaniques (Un « Mrs Robot » qui navigue quelque part entre Talking Heads et XTC) et tutti quanti alimentent des morceaux susceptibles d’inviter cuivres, orgue vintage, rogné, voire piano électrique (Benmont Tench ? Ray Manzarek ?) ou encore banjo au sein d’une instrumentation organique plutôt classique, la guitare s’autorisant l’un ou l’autre petit solo élégant et parcimonieux. Si vous appréciez le typiquement british, cet LP est votre tasse de thé…

 

The Monochrome Set

Cosmonaut

Écrit par

Fondé en 1978, The Monochrome Set a sévi de 1978 à 1985, puis de 1990 à 1998 avant de se reformer en 2010. « Cosmonaut » constitue son quatrième elpee studio depuis sa réunion, et son 13ème à ce jour. Du line up, il ne reste plus que le chanteur/compositeur Bid (NDR : un véritable prince indien !) Qui se charge également de la guitare, aujourd’hui.

Londonien, The Monochronme Set était considéré comme une des formations les plus douées de sa génération. Mais si ses musiciens étaient particulièrement talentueux, ils pêchaient aussi et surtout par dilettantisme. Et le groupe a beau être devenu culte, il n’a jamais vendu des tas de disques. Pourtant, il a gravé quelques opus tout bonnement remarquables. 

Et ce dernier ne l’est certainement pas moins. Peut-être hors du temps. Première constatation, il y a davantage de claviers. Le plus souvent vintage. Pensez aux sonorités d’orgue dispensées chez The Attractions, l’ex-backing group d’Elvis Costello. Une exception qui confirme la règle, « Squirrel in a hat », une piste dont les synthés rappellent carrément Ultravox. On y retrouve bien sûr la voix de crooner nasillarde, laconique de Bid, dont le trémolo et les inflexions sont très susceptibles de rappeler Edwyn Collins. De chouettes mélodies aussi. Et puis des lyrics complètement décalés, lorsqu’ils n’évoquent pas d’étranges pratiques sexuelles. Faut dire que le sens de l’humour bien british de Bid est légendaire. Sophistiquée et excentrique, la musique de TMS doit autant au cabaret, au surf (NDR : ces accords de guitare !) qu’à la pop des sixties. Parfois, on se demande même si elle n’a pas influencé Neil Hannon, le leader de The Divine Comedy. Pourtant, sur cet opus, on décèle des traces de country et de Tex Mex. Et puis des chœurs féminins qui apportent une forme d’allégresse aux compos. Une excellente surprise !

 

The Monochrome Set

Volume, contrast, Brillance… Vol. 2 Unreleased & rare

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Au cours des eighties, des artistes comme Morrissey ou Edwyn Collins considérait déjà The Monochrome Set comme une influence majeure. Graham Coxon (Blur) et Neil Hannon (The Divine Comedy) le reconnaissent également. L’histoire de ce groupe –un peu intello quand même et drivé par Bid, un véritable Indien– fondé à Londres peut se découper en trois phases. La première entre 78 et 85, la deuxième entre 90 et 98, et suite à une réunion ponctuelle pour accorder un concert unique en 2008, depuis 2010, année à laquelle il s’est reformé. Oscillant entre new wave, post punk, surf, cabaret et pop sixties, sa musique a toujours été un peu atypique. Et souvent même très humoristique. Pourtant particulièrement mélodieuse, elle n’a jamais récolté de véritable succès. Faut dire aussi que les musicos étaient –ou sont encore– des dandys excentriques, dans l’esprit de la célèbre série télévisée ‘Chapeau Melon et Bottes de Cuir’, voire de Monty Python. Références aux images de la TV en noir et blanc, of course !

« Volume, contrast, Brillance… Vol. 2 Unreleased & rare », c’est la suite d’une première compile baptisée « Volume, Contrast, Brilliance : Sessions & Singles », parue en 1983. Elle réunit bien évidemment des démos, des inédits et des raretés, enregistrés entre 1978 et 1991. La pseudo prière bouddhiste « Wisteria » ainsi que « Jack » sont sans doute les plages les plus marquantes de l’opus. Cette dernière, très électrique, mais aux réminiscences britpop, semble  hantée par les Doors, nonobstant l’intervention très free jazz du saxophone. Le titre date de 1991, mais la version est tout bonnement époustouflante. Et le reste du long playing vaut vraiment son pesant de cacahuètes. 

 

Chrome

Feel it like a scientist

Écrit par

The Residents, Chrome, Tuxedo Moon et MX-80 Sound figuraient sur cette fameuse compilation baptisée « Subterranean Modern ». Parue chez Ralph Records en 1979, elle donnait un aperçu de la scène underground de San Francisco, alors en pleine ébullition. Une scène pas uniquement musicale, car elle incluait d’autres formes artistiques, comme le théâtre, la poésie, les comics, le multimédia, etc., qui sera même baptisée ‘art total’…

Chrome a été fondé en 1975 par Damon Edge. Après l’enregistrement de « Visitation », leur premier elpee, il est rejoint par Helios Creed qui remplace alors John Lambdin à la guitare. Ce sont ces deux personnages qui constituent les têtes pensantes du band. Leurs deux premiers opus « Alien Soundtracks » (1977) et « Half Machine Lip Moves » (1979) sont aujourd’hui considérés comme cultes. Des œuvres qui fusionnent le punk, le psychédélisme et le rock industriel. Damon émigre à Paris en 1983. Il monte un nouveau Chrome et enregistre quelques elpees. De retour aux States, il reprend contact avec Creed. Les deux ex-acolytes envisagent alors de reformer le Chrome initial. Mais Edge décède en 1995. Creed va cependant continuer l’aventure sous un nouveau line up. Le dernier opus du band, « Angel of the Clouds » datait quand même de 2012. Ce qui explique pourquoi, il s’est entouré, à nouveau, de nouveaux musicos.

Mais venons-en à ce « Feel it like a scientist ». L’elpee propose 16 titres en un peu plus d’une heure. Des plages sauvages, métalliques, synthétiques, sci fi, punk, garage, no wave, noisy, indus, atmosphériques, martiales ou gothiques. Ou si vous préférez torturées, hypnotiques, bruitistes, offensives, atmosphériques, chargées de feedback, mélodiques (le plus souvent), tempétueuses, synthétiques, lysergiques, bourdonnantes, ténébreuses ou futuristes. Selon. Les spectres de Marylin Mansun, Hawkwind, Iggy Pop & The Stooges, Kraftwerk, Captain Beefheart et Suicide sont susceptibles de vous traverser l’esprit. Mais le tout est très souvent hanté par la voix caverneuse de Creed. Impressionnant ! Un seul bémol, la longueur de l’opus.

 

Chromeo

Play That Funky Music

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‘Laisses-toi aller, ce soir on va danser !’ fredonne Dave One sur « Ce Soir On Danse ». Un titre on ne peut plus approprié pour le retour de Chromeo sur les planches belges. Depuis 7 ans déjà, le duo pop-electro le plus funky de la terre déverse d’irrésistibles beats 80s conciliant aussi bien le nostalgique de l’âge d’or du Funk que le plus intransigeant des mélomanes. L’été dernier, Dave One et P-Thug retournaient la Magic Tent du festival de Dour en deux coups de synthés. Ce soir, le duo réitérait sa prouesse lors de son escale au Botanique, dans le cadre d’un ‘Business Casual Tour’ chaud bouillant.

20h15. Arrivée dans la salle. Le public est amassé en rangs serrés devant le podium. Sur les planches, un dispositif de light-show en forme de petits carrés est disposé juste derrière les synthés aux jolies gambettes, telles qu’illustrées sur la pochette de « Fancy Footwork ». L’Orangerie affiche sold-out depuis quelques jours déjà, mais ne semble pas remplie au maximum de sa capacité. Tant mieux, on va pouvoir se trémousser tranquillement.

20h25. Les lumières s’éteignent brusquement et les baffles font péter l’intro du deuxième LP des Canadiens. Un lancement si surprenant qu’il en fait sursauter pas mal de monde dans la salle. Rapidement ressaisi, le public réserve un accueil triomphal au duo qui entame son set par le groovy « I’m Not Contagious », extrait du petit dernier, « Business Casual ». Derrière sa guitare et ses lunettes, Dave One s’adresse à l’assistance majoritairement en français. P-Thug, lui, se contente de lancer quelques petits sourires ; trop affairé derrière ses machines et le talk-box qui lui permet de pousser la chansonnette avec son partenaire. « Tenderoni », « Hot Mess » et « Outta Sight » décoincent les derniers réfractaires. Bien qu’il s’agisse du ‘Business Casual Tour’, Chromeo privilégie clairement les compos du disque précédent, « Fancy Footwork ». Ce sont d’ailleurs des morceaux tels que le titre-maître, « Bonafied Lovin’ », « 100% » ou « Opening Up » qui délient les cordes vocales du public. Le son dépasse certainement le maximum légal mais les deux hommes, naturellement relax, continuent à balancer leurs tubes à vitesse VV’ sans s’en soucier. « You’re So Gangsta », une des deux uniques incursions au sein de leur œuvre initiale, permet à certains membres du public de s’autoriser quelques uns des pas de danse les plus funkys et amusants de la soirée. « Night By Night » et le kitsch ‘Supertramp-esque’ « Momma’s Boy » clôture les festivités d’avant-rappel. Quelques minutes plus tard, le duo déboule pour achever son show par l’indispensable single de 2003 « Needy Girl », ovationné autant par les fans de la première heure que les petits nouveaux.

21h35. Chromeo clôture son escale belge sur l’inutile « Grow Up », placé en fin de setlist au détriment de morceaux relativement plus puissants tels que « Rage! », « Me & My Man » ou l’énorme « You Make It Rough ». Les deux hommes se retirent. Déjà la fin. Et comme une envie d’écouter du Hall & Oates et du Mel & Kim…

Organisation : Botanique

 

Chrome Hoof

Crush Depth

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Attention œuvre musicale dangereuse ! Difficile de décrire, en quelques lignes, le maelstrom sonore concocté par les dérangés de Chrome Hoof, une formation emmenée par les frères Milo et Leo Smee (NDR : ce dernier n’est autre que l’ex-bassiste du mythique groupe Doom anglais, Cathedral). Adeptes d’un mélange, atypique dirons-nous, opéré entre le métal, l’électro, le jazz, le disco et la pop, les Londoniens nous proposent leur troisième elpee, depuis 2005.

Argument non négligeable en faveur de « Crush Depth », si l’ambiance générale est expérimentale, elle néanmoins audible. Les nombreux instruments (dont une batterie, un saxo, des violons électriques et même un basson !) et la voix hystérique, sous acide, de Lola Olafisoye, conversent au sein d’un climat de ‘saine’ violence. Chrome Hoof a choisi de ne pas faire de choix et le scande dès l’introduction « What section am I in ? » Impossible, en effet, de définir rigoureusement leur expression sonore. Jazz ? Disco ? Electronica ? Heavy métal ? Difficile à dire. Le collectif est réellement inclassable. Jamais un instant, au cours de l’écoute de leur nouvelle production, il n’est possible de prévoir ce que nous réservera les 10 prochaines secondes d’un morceau.

Eprouvant mais rafraîchissant, « Crush Depth » évite tout formatage. Mais cette ouverture d’esprit est de plus accompagnée de bonnes chansons et c’est là le principal ! Les 7 minutes jazzy de « Sea Hornet », le disco futuriste de « Vapourise » ou l’énergie métal de « Third Sun Descedent » sont bien plus que de simples expérimentations mais de véritables réussites. Un ovni musical déstabilisant à découvrir d’urgence ! Imaginez Slayer reprenant le répertoire de Chantal Goya, le tout mixé par Ministry et vous aurez une vague idée de la musique proposée par Chrome Hoof…

 

Chromeo

DJ Kicks

Écrit par

Etre invité à produire un DJ Kicks est un gage de confiance qu’aucun artiste electro qui se respecte, n’aurait l’audace de décliner. Deux ans après avoir fait appel aux services de Hot Chip et Booka Shade, le label !K7 a eu l’excellente idée de se tourner vers Chromeo pour ressusciter sa collection. Le principe de celle-ci est simple : l’artiste invité compile et mixe une série de morceaux, récents ou poussiéreux. De préférence peu connus ou sous-estimé au moment de leur sortie. En y ajoutant un petit inédit de son cru, pour la forme. Et l’exercice sied à merveille aux Canadiens qui se sont manifestement fait plaisir en dépoussiérant les plus improbables de leurs vinyles.

En attendant la sortie de leur prochain recueil, prévu pour 2010, le duo s’amuse à engendrer des unions cocasses entre R’n’B, Disco et Pop des années ‘80, Funk ou encore Space Disco. Ainsi, Château Marmont, l’excellent Lifelike ou le duo lui-même côtoient Shazam, Val Young ou les inattendus Diane Tell et Pierre Perpall ! Comme pour la plupart des « DJ Kicks », le tracklisting interpelle à première vue, mais devient très rapidement addictif. Malgré quelques enchaînements douteux, Chromeo s’en sort haut la main, même lorsqu’il concède une reprise inopinée d’« I Can’t Tell You Why », un morceau extrait du répertoire des Eagles.

Ce nouveau DJ Kicks en bonne et due forme plaira essentiellement aux fans de la formation mais également à ceux qui s’étaient déjà trémoussés sur la compile du même nom, signée par The Glimmers. Et, pour ceux qui n’en ont jamais assez du son vintage de Chromeo, le duo prolonge le plaisir sur son site officiel en offrant en téléchargement gratuit son sympathique nouveau single, « Night By Night ». Fonkay ! http://www.chromeo.net

 

The Chrome Cranks

The murder of time (1993-1996)

Écrit par

Fondé à la fin des 80’s par le chanteur/guitariste Peter Aaron et le guitariste William Webbber, The Chrome Cranks a vu passer en son sein le bassiste Jerry Teel (Honeymoon Killers, mais pas la version belge), et surtout un ex-drummer de Sonic Youth et de Pussy Galore, Bob Bert. Il est d’ailleurs impliqué sur ce recueil pour 11 des 19 morceaux. Une compile qui réunit la quintessence de la discographie du groupe né à Cincinnati, mais également quelques morceaux immortalisés en ‘live’. Et fait, suite à la confection d’une autre compilation (« Diabolic boogie ») parue en 2007, éditée par le label Atavistic et réunissant des singles, des démos, des prises ‘live’ et des raretés, la formation a décidé de se réunir pour jouer quelques dates. C’était en 2008. Et on annonce même l’enregistrement d’un véritable opus.

Fruit d’un mélange fiévreux entre blues, punk, rockabilly et noise, la musique de The Chrome Cranks évolue à la croisée des chemins des Stooges, Cramps, Gun Club, Birthday Party et autres Scientists. Vocaux hurlés, incantatoires ou grognés, riffs de guitare surf, marécageux, chargés de feedback ou vibrants, tempo lancinant ou sauvage voire tribal et ligne de basse souterraine (NDR : parfois quelques accords de piano sonores) alimentent un climat ténébreux, menaçant et intense tout en forgeant un style bien trempé qui doit se traduire plus que probablement en concerts incendiaires. Pas encore prévu de date près de chez nous ?

 

Chrome Hoof

Pre-emtive False Capture

Écrit par

Chez les métalleux, on connaît très bien Leo Smee, puisqu’il est le bassiste de Cathedral, le  groupe Doom Métal anglais le plus célèbre après Black Sabbath. Par contre, son frère Milo jouit d’une moins grande notoriété. Drummer, il est davantage porté sur le Hip Hop, l’Acid House et le Disco que sur la lourdeur pachydermique de la musique de son frangin. C’est en 2000, probablement lors d’une fête de famille un peu trop arrosée, que les deux rejetons du père Smee décident d’associer leurs styles de prédilection (le doom et le disco) pour essayer de créer un mix sortant des sentiers battus. Oui, je sais, moi aussi, le résultat m’a un peu retourné l’estomac au départ. L’idée d’associer Black Sabbath et Boney M. peut donner la nausée aux plus endurcis. Pourtant, force est d’admettre, à l’écoute de « Pre-emptive False Capture », que la mixture n’est pas aussi nauséabonde qu’il y paraît. Le duo de départ s’est un peu étoffé durant les 7 premières années d’existence de Chrome Hoof et ce n’est pas moins de huit musiciens qui sont venus ajouter leur talent à l’incroyable aventure musicale des frères Smee. Brassez basse, batterie, trompette, saxophone, claviers, basson, violon, violoncelle, percussions, guitares, vocaux féminins et masculins variés, samples et une bonne dose de folie et vous obtiendrez cet album hautement indescriptible mais tout à fait recommandable.

Dès « Nordic Curse », le titre d’introduction, on sait que l’on ne va pas s’ennuyer. Des guitares lourdes et des chœurs barbares se fondent ensuite dans une ligne de basse disco et des claviers spatiaux. On ne sait plus s’il faut danser, headbanger ou rigoler. Le chant est principalement féminin, mais ne fait pas pour autant dans la dentelle. Sur « Circus 9000 » les vocaux déjantés et les cuivres barrés ‘ambiance musique de cirque’ font immanquablement penser au premier album de Mr Bungle. Le style outrageant de Mike Patton plane d’ailleurs beaucoup sur « Pre-emptive False Capture ». « Moss Covered Obelisk » s’ouvre par de la musique de chambre (NDR : un quatuor à cordes), vire au jazz rock truffé de cuivres dissonants, passe par la violence d’une guitare presque punk avant de revenir au jazz, le tout en à peine 4 minutes. Décoiffant ! Sur « Death is Certain » nous sommes carrément en présence de doom death metal. Chrome Hoof mélange ‘à sa sauce’ tous les styles musicaux et arrive pourtant à garder une étonnante homogénéité. Pour coller une image à leur musique, les Londoniens apparaissent sur la pochette dans un accoutrement mélangeant les styles du chanteur de Boney M à celui des « Cochons dans l’espace » du Muppet Show.

Chrome Hoof est un groupe unique. Une expérience à part. La preuve que la musique est universelle et qu’avec du talent, tous les brassages sont possibles. « Pre-emptive False Capture » est un disque à écouter l’esprit ouvert et dans la bonne humeur.

 

Chromeo

Fancy Footwork

Écrit par

Chromeo is back ! Trois ans après « She’s In Control », les Canadiens débarquent avec un « Fancy Footwork » jubilatoire à mort. Pour ce nouveau recueil, les deux hommes n’ont pas fait les choses à moitié et se sont entourés de Tiga à la production et de Phillipe Zdar (Cassius) au mixage, garantissant à l’ensemble un résultat impeccable. Encore plus fortement influencé par les 80’s que son prédécesseur, ce second essai jouit d’une délicieuse dose de rythmes funky hautement addictive. Toujours à la limite du kitsch mais sans jamais l’atteindre, l’incomparable duo judéo-arabe délivre 11 merveilles de second degré qui risquent autant de faire rêver les nostalgiques de l’ère Hall & Oates (Aaah, cette moustache !) que de les agacer. Avant de les faire rêver à nouveau ! Ni Capulet ni Montague, Chromeo est par ailleurs la meilleure preuve qu’Arabes et Juifs savent faire autre chose que se taper sur la gueule, contrairement à ce que certains peuvent penser. Une bien belle leçon.

Chromeo

She´s In Control

Tiga, roi du dance-floor elektroklash, lunettes de soleil fluo, marcel vintage, écusson Motörhead. Ses deux poulains : Pee Thug et Dave 1, look homo, moustache à la Moroder, fans de Prince et Shalamar, obsédés du vocoder, poil à gratter dans le slip, le hip hop c’est leur pote. Leur musique un peu ringue, ils l’assument : même Jacques Lu Cont a donné son avis, lors d’une soirée mousse, « c’est bien, ça sonne comme du Van Halen joué par Yazoo », on acquiesce, avant de se rincer les narines et de remettre de l’Axe odeur musc. Il fait chaud, alors on enlève notre T-shirt : dessous se profile un tatoo, c’est une ancre de marin, avec des roses tout autour. Sonnez les trompettes, la cavalerie rapplique : bim bam boum, le dance-floor gigote, « Destination : Overdrive ». « You’re So Gangsta », nous susurre une bimbo, les seins qui pointent. Notre futal fait des bosses. « Trevor Jackson, tu kiffes ? ». « A mort, ouais… ». Les mecs se la jouent postmodernes, rodéo sous la boule à facettes. Le Québec ? C’est impecc’. Reprends donc de la poudre, ça dégage les sinus. Tu l’as vu, mon anus ? « Ah oui, comme ça ! », c’est bon c’est canon. Guili guili, poil au zizi.

Wanda Chrome

More…

Ils ont tous les trois une tête de pharaon tatouée sur leur bras gauche, font du rock'n'roll qui tâche et parlent de cul, d'alcool, de bagnoles, de Dieu et de pèse. Parmi eux, il y a une femme, comme dans Nashville Pussy. C'est Wanda, et elle tient le manche. Ses deux potes portent des vestes en cuir, et aiment qu'on les prenne en photo avec une guitare (ce si beau prolongement érectile) ou en train de boire. Ils aiment les Stooges et Radio Birdman, qu'ils reprennent dans les règles de l'art (à la " 1, 2, 3, 4 " - c'est d'ailleurs le titre d'une chanson). Ils viennent sans doute de Detroit, d'où le " Chrome " de " Wanda Chrome ", et le titre (furieux) " Detroit God ". Ils se disent rebelles, et le rock est leur bible (" Down & Dirty Rock & Roll "). Ils aiment les soli pleins de cambouis, le blues aussi. Leur musique du diable fume comme un moteur de Buick en surrégime. C'est con comme la lune mais c'est parfait comme coup de trique. Ca n'a pas d'importance mais en même temps c'est vital. C'est du vrai rock'n'roll, et c'est pour ça qu'on l'aime. ‘Young and wild, the rebel kind/Won't lose our dreams won't lose our minds/Ain't gonna give up on rock & roll/Never gonna give up our teen-age soul’. Voilà qui est bien dit.