Quelque part entre le rock et la musique noire on trouve le territoire peu fréquenté du funk blanc. Une île déserte longtemps dirigée par les inénarrables Red Hot Chili Peppers ou les frenchies d'FFF. Consolidated, dont le succès est plus relatif, a toujours été un émule de ces derniers. Avec cependant davantage de nuances ; surtout au niveau des ambiances électroniques qui tapissent leur ouvrage d'une noirceur, devenue au fil du temps leur marque de fabrique. Difficile, en effet, de s'arrêter à une émotion unique. De demeurer de marbre à l'écoute de leurs morceaux perpétuellement tiraillés de l'intérieur entre vocaux poppy déformés, directs, et un arrière fond peuplé d'ombres boueuses. Des ombres assez flippantes il est vrai, réveillées par un mur du son strident, imparable, dissonant.
On navigue à cheval entre rupture de ton sauvage et refrain imparable poppy ; entre pédale wah wah fuzzée, couvrant des marécages peu engageants, et une new jack sucrée (" Falling Through You "). Difficile de rester à l'aise. Ils jouent avec nos méninges en s'évertuant à décalquer les influences nineties, du meanstream à l'indé. Comme sur " Impermanence ", avec ses faux airs de Smashing Pumpkins période Siamese Dreams, " Behold the power of cheese ", pérégrination nocturne en terre électro-jungle, " Sex Works ", balade technoïde a faire rougir Marilyn Manson, ou, tenez vous bien, " Chemo ", avec ses faux airs de Lenny Kravitz ( ! ! !).
Ils ont de l'humour, c'est une certitude. Un humour qu'ils utilisent à bon escient, afin d'ajouter un zeste d'auto ironie parfois limite ; mais évitent de tomber dans la satisfaction affichée par certains groupes, dont je ne citerai pas les noms, afin de ne pas leur faire une publicité gratuite. Pas la peine ! Dorénavant, mieux vaut voter Consolidated, authentique objet lugubre à placer quelque part entre le dernier Faith No More et Infectious Grooves.