Le petit monde d’Abstract Concrete

Abstract Concrete publie « Small World », son premier titre inédit depuis son disque éponyme de 2023. Le single s’accompagne d’un clip disponible là Cette parution intervient après deux tournées européennes menées dans onze pays. Le collectif londonien s’est…

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Damon Albarn

Everyday Robots

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La présence de Damon Albarn sur une galette est toujours signe de grande joie pour les mélomanes avertis.

Au sein de notre rédaction, Albarn revêt le surnom de Midas. Celui qui, à son contact, transforme tout en or.

Responsable de multiples projets aussi variés qu’excellents, l’Anglais est la voix, le compositeur, l’arrangeur de tellement d’excellents projets, qu’à l’annonce d’un album solo, l’excitation devient de plus en plus palpable.

Comment nier l’évidence d’une qualité incroyable dans le chef de l’artiste, quand on jette un œil sur son parcours.

Blur, Gorillaz, The Good, The Good, The Bad and The Queen, mais également des collaborations impressionnantes auprès de Dr Dree, Flea, Tony Allen, Bobby Womack, et j’en passe.

D’un naturel affable mais engagé dans les causes humanitaires, Damon Albarn se sert de tout ce qui l’entoure pour composer et introduire des messages aussi subtils que légers, en gardant ce cachet de ‘good boy’ qui renforce son aura ‘so british’ dans sa discographie.

Inutile dans cette chronique de continuer à vanter ses mérites, ses qualités, sa soif de partage et d’altruisme et revenons à ce moment festif provoqué par la sortie d’« Everyday Robots ».

Cependant, se contenter de critiquer l’album sans revenir un tant soit peu sur le parcours de l’auteur était impossible. Tant les influences qu’il trimballe de projet en projet sont simplement stupéfiantes.

La question se posait avant la parution de l’album. Comment Albarn allait-il se débrouiller pour mener seul son projet ? Se cacherait-il derrière des compositions complexes et travaillées afin de ne dévoiler qu’une partie de son univers personnel ?

Pas du tout !

A la première écoute, on se rend immédiatement compte qu’il n’y aura ni strass, ni beats à succès, éléments qu’on peut reconnaître dans le chef du Briton. En lieu et place, on distingue une profondeur et une volonté de creuser essentiellement dans l’émotion et la délicatesse.

Plutôt que d’être ébloui par des lumières aveuglantes, on s’enfonce dans un univers à peine éclairé. Quelques rythmes discrets, des notes de piano savamment posées et des textes tantôt surprenants, tantôt touchants, permettent à la relation qui s’opère tout le long de l’album, entre l’artiste et le mélomane, de se consolider.

Cette relation nous apparaît comme un privilège. Comme si nous nous retrouvions dans la chambre d’hôtel de l’Anglais ; et que tout naturellement nous devisions ensemble de sa vie, ses angoisses, ses démons, ses questions.

Albarn n’est pas un chanteur hors pair et n’a jamais prétendu l’être. Sa voix faible et son timbre somme toute banal, sont pourtant reconnaissables entre mille.

Sur « Everydy Robots », Albarn crée l’écrin parfait à son chant. Délicat, parfois désaxé, mais toujours excessivement juste et envoûtant.

Sans fioriture, sans excès, sans dérapage, on se sent comme absorbé par les 12 pistes de l’opus. Invité privilégié d’un moment intemporel, l’écoute s’opère de manière naturelle si l’on en prend la peine.

Car la qualité de l’album en fait son défaut. Il est pratiquement impossible de comprendre ou de l’apprécier à sa juste valeur si l’on ne fait pas le vide autour de soi.

Il faut s’asseoir, accepter de prendre cette pause et pénétrer entièrement l’œuvre pour se laisser toucher et sublimer.

Cet elpee n’est donc pas conseillé à tout public, en tout cas pas destiné à celui qui espère retrouver les lignes exubérantes des autres projets de l’auteur. On pourrait donc y reconnaître une certaine forme d’élitisme ou tout du moins une implication plus poussée dans le chef de l’auditeur lambda.

Mais dès que l’on pose son âme à côté de la sienne, Albarn, au lieu d’en profiter pour vous marteler et vous convaincre, devient seulement poète à la voix empreinte de sensibilité.

« Everyday Robots » est un album exceptionnel, complet, puissant ; et ce qui en fait son véritable charme, c’est l’humilité qui en émane.

« Everyday Robots » ne vous flanque pas la méchante claque à laquelle vous vous attendiez ;  c’est la caresse enivrante d’une subtilité diaphane.

 

Damon & Naomi

False beats and true hearts

Écrit par

Damon Krukowski et Naomi Yang constituait la section rythmique de Dean Wareham au sein de Galaxie 500. En 1991, Dean décide de fonder Luna. Le tandem décide alors de poursuive l’aventure ensemble, choisissant pour patronyme, leurs prénoms. Depuis, le duo est devenu responsable d’une musique pastorale, paisible, délicate, intimiste et mélancolique, fruit de la rencontre entre folk, dream-pop, psyché et indie rock, que l’on a qualifié de softcore, la conjugaison des harmonies vocales échangées entre le couple accentuant cette atmosphère éthérée et introspective.

Si “False beats and true hearts” constitue leur huitième opus, c’est également le quatrième auquel collabore le guitariste du groupe japonais Ghost, Michio Kurihara. Un elpee au cours duquel participent également d’autres invités, parmi lesquels figurent le leader de Ghost, Masaki Batoh, le trompettiste Greg Kelley et le multi-instrumentiste Bhob Rainey.

Sur cet elpee, Naomi Yang ne se contente pas des parties de basse, mais également des interventions au piano. Chaque instrument vient apporter sa petite touche à un ensemble empreint de grâce et d’esthétisme. Un bien bel album qui nécessite cependant des conditions bien spécifiques pour être apprécié à sa juste valeur ; à cause de l’indolence du tempo, que les rock’ rollers risquent fort de taxer de soporifique…

 

Damon & Naomi

The earth is blue

Écrit par
Il y a déjà 13 ans que Galaxie 500 a splitté. Et que Damon et Naomi ont décidé de poursuivre l’aventure en duo. « The earth is blue » constitue leur sixième album. Un disque pour lequel ils ont notamment reçu le concours du guitariste de Ghost, Michio Kurihara (NDR : il leur renvoie en quelque sorte l’ascenseur…) Et sa contribution aux six cordes électriques conjuguée à celles, mais acoustiques, de Damon est un véritable régal pour les oreilles. Le trompettiste Greg Kelley ainsi que le saxophoniste Bhob Rainey ont également apporté leur pierre à l’édifice. Deux musiciens qui injectent une sensibilité plus jazzyfiante aux compos. Parfois aussi prog. Dans l’esprit de « Lizard » et de « Islands ». A l’instar du ténébreux « Malibran » ainsi que du titre maître qui achève l’opus. Un titre absolument superbe, austère, luxuriant, envoûtant, de près de sept minutes, transpercé par la guitare douloureuse, gémissante de Michio. Le reste de l’opus baigne au sein d’une brume atmosphérique, semi psychédélique, un peu comme un Cowboy Junkies en moins country. Et sans la voix narcotique de Margo Timmins, remplacée par le(s) timbre(s) diaphane(s) de Damon et/ou Naomi. Le disque recèle ainsi une reprise ralentie mais très belle et mélancolique du « While my guitar gently weeps » de George Harrison. Une mélancolie qui envahit la plupart des plages de l’opus, que tapisse épisodiquement un clavier fluide (« House of glass », « Araça Azul ») ou un piano sonore (« Sometimes »). Un bien bel album !

Damon & Naomi

Song to the siren : Live in San Sebastian

Écrit par

A cours de l'an 2000, Naomi Yang et Damon Krukowski avaient collaboré avec la formation japonaise de psyché folk, Ghost. Une collaboration qui avait débouché sur la confection d'un album intitulé tout simplement " Damon and Naomi with Ghost ". A l'issue des sessions d'enregistrement, le duo est parti en tournée, emmenant pour la circonstance le guitariste du groupe nippon, Michio Kurihara. Un périple qui a transité par San Sebastian, en Espagne ; ville plébiscitée par le trio pour immortaliser cet événement. Les onze fragments de cette plaque sont issus de leurs trois premiers elpees. Une œuvre qui baigne au sein d'une solution sonore atmosphérique, mélancolique, alternant climats visionnaires, contemplatifs, lysergiques, cotonneux, fruit d'un mélange chatoyant entre cordes de guitares acoustique et électrique (NDR : torturées par de multiples effets de pédales), mélange purifié par les superbes et délicates harmonies vocales échangées entre les deux ex Galaxie 500. Des harmonies qui atteignent même parfois la magie d'un duo célèbre : Simon & Garfunkel. Un seul bémol, le ton parfois qui se plait dans la nonchalance. Une carence heureusement gommée dès que l'intensité électrique se fait plus présente. N'empêche, cet opus est largement au-dessus de la moyenne !

 

Damon & Naomi

Playback singers

Damon Krukowski et Naomi Yang constituaient, autrefois, les deux tiers du Galaxie 500. A l’issue du split de ce groupe, Dean Wareham s’en est allé fonder Luna, tandis que le couple décidait de poursuivre l’aventure en duo. Qui en est ainsi à son troisième album. Damon s’est cependant reconverti à la guitare acoustique, sans pour autant négliger les drums, alors que Naomi cumule aujourd’hui basse, six cordes électriques et un curieux instrument responsable de sonorités aussi spectrales que bourdonnantes. Enfin, ils chantent tous les deux. Surtout Damon. Toutes les compositions de ce " Playback singers " baignent au sein d’un climat indolent, mélancolique, climat qui au fil de l’écoute, vous flanque carrément le bourdon. Pas que les compositions soient mal ficelées, mais plutôt linéaire, à notre goût. Avec un peu de relief et surtout une bonne dose d’intensité électrique, cet opus décrochait, la timbale. Ce n’est malheureusement pas le cas…