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David Kilgour

End times Undone

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Issu de Dunendin, en Nouvelle-Zélande, David Kilgour a participé à l’éclosion du label Flying Nun, à l’instar de The Chills. David et son frère Hamish ont monté The Clean, en 1978, mais la notoriété du groupe s’est forgée au cours des 90’s. C’est à cette époque que des formations comme Pavement ou Yo La Tengo ont déclaré reconnaître ce combo comme une de leurs influences majeures. Alors, imaginez un peu les groupes qui se réfèrent aujourd’hui à la bande à Stephen Malkmus ou à Ira Kaplan…

David a aussi, parallèlement, embrassé une carrière en solitaire ; et puis entrepris une multitude de collaborations et projets. Les sessions d’enregistrement de son dernier album se sont déroulées entre 2012 et 2014, en compagnie d’un backing group qu’il a rebaptisé The Heavy Eights, mais qui le suit depuis 1990. 

La pochette de l’album est la reproduction d’une peinture de David Kilgour, inspirée par le corail. Un tableau aux tonalités pastel, surtout dans les teintes orangées. Des couleurs qui collent parfaitement à la musique qui oscille entre noisy, lo fi et psychédélisme tout en baignant au sein d’un climat brumeux, sonique, mélancolique, hypnotique même… Parfois on pense à Galaxie 500 (« Dropper »), à House Of Love, Chapterhouse, Ride, Jesus & Mary Chain, Syd Barrett et même aux Chills (la finale « Some things you don’t get back »). Si les mélodies sont ‘byrdsiennes’, les harmonies vocales –quoique limpides– se fondent naturellement et discrètement dans l’expression sonore. A l’instar des Byrds, les guitares sont subtilement et suavement discordantes ; mais cette électricité est tellement lumineuse, vivifiante et envoûtante, qu’il est difficile d’y résister. En outre, le tracklisting est parfaitement équilibré, oscillant entre compos atmosphériques (« Light headed ») et plus incisives, voire décapantes. A l’instar de la plage qui ouvre l’opus, « Like rain », dont l’intro adresse un clin d’œil aux Doors alors qu’une des grattes gémit comme sur le « Heroes » de Bowie. On a même droit à un morceau minimaliste, limité aux claviers, à la basse et aux drums (« I don’t wanna live alone »), à un autre carrément ténébreux (« Crow ») et à aussi à une piste d’americana cosmique (« Coming on »). Il est probable que cet « End times Undone » passe au-dessus de la tête du mélomane lambda, mais si vous appréciez les artistes mentionnés dans cette chronique, vous ne pouvez passer à côté de ce ‘must’ !

 

David Kilgour

Sugar Mouth

Deuxième album solo pour l'ex-guitariste de Clean, trio néo-zélandais considéré comme le principal responsable de l'explosion underground sur son archipel du Pacifique Sud. Une scène que répercute le tout aussi illustre label Flying Nun, à travers le monde, depuis quinze bonnes années. Tout comme chez Clean, David privilégie les mélodies pop aux accents instinctifs, comme chez Go Betweens, Triffids ou le Velvet Underground. Mais se coupe de l'univers obsessionnel ‘krautrock’ de Neu ou de Can. Les chansons post-adolescentes, mélancoliques, cousues de riffs de guitare acoustiquement effilés ou électriquement ébréchés, parsemées d'accords de piano vibrant, grondent avec violence, douceur ou magnétisme dans un gémissement vocal glacé. David y projette des images de ses îles antipodales, où le vent de sable balaie le passage montagneux et où les vagues sauvages s'écrasent avec une régularité redoutable sur les rochers déchiquetés...