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Die Krupps

Un concert dans un bunker !

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Cette soirée est une double opportunité. Celle de revoir Die Krupps, l’un des plus grands groupes allemands qui a manifestement influencé Rammstein. Fer de lance du metal-indus-EBM, il fête ses 45 ans d’existence. Et d’autre part, celle de découvrir la superbe salle du MuzikBunker, à Aix-la-Chapelle, situé à une cinquantaine de kilomètres de Liège, et 150 de Bruxelles.

Comme son nom l’indique, le MuzikBunker est un authentique bunker de la deuxième guerre mondiale qui a été restauré. En 1987, la ville décide de transformer cet ancien abri anti-aérien en salle de répétitions (NDR : les combos locaux les utilisent encore), puis en 1994 en salles de spectacle. Une bonne centaine de concerts et événements y sont alors organisés chaque année. Un décor qui cadre finalement bien avec la formation programmée ce soir. Il faut d’abord longer un long couloir sous-terrain, éclairé de lumières bleu électrique et fluos, avant de pénétrer dans la salle où une bonne centaine de spectateurs sont amassés. Sur le côté gauche du local, un long bar permet de se rafraîchir avant la tornade musicale.

Le batteur Paul Keller et le claviériste Ralf Dörper (NDR : membre originel du band et compositeur hors pair, il a notamment lancé Propaganda, au cours des 80’s), débarquent en catimini. Du haut de ses (presque) deux mètres, l’imposant guitariste australien, Dylan Smith arrive à son tour. Il a intégré le line up, il y a un peu plus d’un an, après s’être brouillé avec Andrew Eldritch et quitté les Sisters of Mercy. Et enfin, Jurgen Engler, chaussé de lunettes fumées, qu’il ne quittera jamais, lors du concert, les rejoint.

« Nazis auf speed » et son refrain répétitif ‘Rammt sie !’ ouvre le bal. Le dansant « Schmutzfabrik », issu de l’elpee incontournable « Machinists of joy », embraie. Un morceau qui permet déjà au leader de venir frapper sur ses colonnes de tubes métalliques, comme s’il assurait une percussion martiale. Une singularité qui permet au band de se distinguer de ses pairs, au sein du mouvement EBM voire metal-indus, outre ses multiples influences qui enrichissent ses nombreux long playings.

De bonne humeur. Dylan balance ses riffs avec enthousiasme. « On collision course » préfigure un nouvel Ep. Quant à « The dawning of doom », il nous rappelle combien Die Krupps a pu marquer Rammstein de son empreinte.

La suite du set ne connait pas vraiment de temps morts : « Cross fire », « Fatherland », « To the hilt » constituent autant d’uppercuts assenés à la chaîne. « Robosapien » et son intro ‘wo-ho-ho’ scandée par le public nous emmène jusqu’au rappel.

Un encore d’une seule compo, « Machineries of joy », au cours duquel la communion entre l’auditoire et la formation atteint son point d’orgue, celui-ci scandant en chœur, le slogan ‘Arbeidt ! Lohn !’ du refrain final. Avant de prendre congé du public, le band prend encore le temps de le saluer et de poser pour quelques photos…

(Organisation : Muzikbunker)

Die Krupps

Une machinerie toujours bien huilée…

Écrit par

L’organisation Bodybeats est habituée, depuis bien longtemps, à proposer des concerts de musique EBM, wave, gothique et industrielle. Son BIM festival est de nouveau prévu début décembre, mais ce soir, il a programmé une double affiche, partagée entre Front Line Assembly et Die Krupps, en la salle De Casino à St Niklaas. Ces deux formations ont tourné ensemble, et tout particulièrement en Allemagne, en Hongrie et dans les pays nordiques, lors d’un périple baptisé ‘The Machinists reunited tour 2022’.

Et c’est Front Line Assembly qui ouvre les hostilités. En 35 années d’existence, la formation a enregistré pas moins de 17 albums studios. Dont le dernier, « Mechanical soul », paru en janvier 2021, a bénéficié du concours de quelques guests notoires, dont Jean-Luc De Meyer (Front 242) et Dino Cazares (Fear Factory). L’histoire de Fear Factory est d’ailleurs fort liée au band canadien, puisque l’un des membres fondateurs, Rhys Fulber, est passé du deuxième groupe au premier (NDR : vous suivez toujours ?)

Sur le podium, les lumières sont tamisées. Et lorsque le leader et ses deux guitaristes débarquent, on a l’impression d’être plongé dans une ambiance digne d’un film d’horreur des 80’s. Entre Oomph ! et Tool, âmes sensibles s’abstenir ! Rauque et ténébreuse, la voix de Bill Leeb évoque celle de Peter Spilles (Project Pitchfork). Les sonorités du clavier et les frappes de drums font froid dans le dos. Les compos oscillent, sans surprise, entre EBM et indus. Parfois on pense aussi à Skinny Puppy, qui possède également des affinités avec FLA. Et pour cause Leeb en était le membre fondateur. Mais l’expression sonore recèle, en filigrane, des nuances de métal et de techno-transe.

Le band est bien rôdé (NDR : il a également accompli une tournée aux States en mai et début juin 2022), mais on le sent usé par le poids des années. Et la reprise de « Rock me Amadeus », un vieux tube kitsch des eighties composé au départ par l’Autrichien Falco, en est le plus parfait exemple. Il faudra attendre le rappel, et le morceau final, « Millenium » (titre éponyme d’un elpee sorti en 1997) pour susciter un peu d’enthousiasme au sein de l’auditoire qui, jusqu’alors, se contentait d’écouter et d’applaudir poliment. Un set agréable, mais sans surprise…

Car pas de doute, une grande partie du public s’est déplacée pour assister au show de Die Krupps, dont les dates sont plutôt rares en Belgique (NDR : il faut remonter au W-festival en 2018 pour retrouver la trace de son passage). Dès que les Teutons grimpent sur l’estrade, l’ambiance monte d’un cran. Bien que varié, le public semble chaud-boulette. A l’instar de Killing Joke, Die Krupps est parvenu à traverser quatre décennies, malgré des périodes d’interruption, avec succès et en se réinventant, sans se couper de ses racines. En passant d’un EBM plutôt âpre, caractérisé par des percussions mécaniques, début des 80’s, vers les pulsions davantage métalliques, à l’aube des 90’s. Le combo s’est finalement reformé en 2005, mais il faudra attendre 2013 pour voir paraître un nouvel opus intitulé « The machinist of Joy ». Bien plus allègre et surtout dansant que ses précédents long palyings, il relance véritablement le groupe.

Dès que Die Krupps monte sur les planches, on remarque immédiatement l’absence du guitariste Marcel Zürcher (NDR : selon les échos recueillis, il serait atteint de la Covid). Mais la deuxième gratte assure alors que Jürgen Engler, le leader, bondit d’un côté à l’autre de la scène, tape sur ses tubes métalliques, malgré ses 61 balais. En outre, il n’hésite pas à venir serrer les mains de ses fans aux premiers rangs.

« Schmutzfabrik », « Crossfire », « Nazis auf speed » … les singles s’enchaînent comme autant de solides claques, que pourrait nous asséner le chanteur. Faut dire que sa carrure est aussi impressionnante que celle de Till Lindermann (NDR : ne pas oublier que Rammsteinn s’est largement inspiré du groupe de Düsseldorf pour enregistrer ses premiers albums). Le public scande en chœur (y compris après le concert) les ‘oh oh oh’ sur « Robosapien » et lors du refrain de « Wahre Arbeit - Wahrer Lohn ».

En rappel, « To the hilt » (NDR : si vous n’avez jamais regardé le clip qui est consacré à ce morceau, c’est le moment ou jamais, et il est disponible ici) et « Fatherland » clôturent un set bien riche.

Pourtant, Die Krupps aurait pu encore jouer les prolongations en nous réservant des classiques comme « Risikofaktor », « The dawning of doom » ou encore « Metal machine music ». Dommage, mais ils sont passés à la trappe. Néanmoins, il serait injuste de ne pas évoquer le climat de bonne humeur au sein duquel le concert s’est déroulé. Mais également la proximité des membres du groupe avec ses fans. Les musicos prennent d’ailleurs le temps de discuter, signer quelques autographes ou prendre des selfies en leur compagnie, avant de remonter dans leur tour bus.

(Organisation : Body beats)

 

Die Krupps

Odyssey of the mind

Purs produits de l'école post industrielle de Düsseldorf, Die Krupps et DAF sont considérés, aujourd'hui, comme la genèse de l'electro body music. Non content d'avoir inspiré SPK et Test Dept, ils ont ouvert la voie du succès à Nitzer Ebb et surtout à Front 242. Près de quinze ans plus tard le mythe est toujours en activité. Enfin son guide spirituel, Jürgen Engler. Puisque Ralph Dorper (Propaganda) a cédé le relais à Chris Litz. Jürgen se prend toujours aussi au sérieux et ses lyrics n'ont strictement rien perdu de leur potentiel caustique. Sa musique s'est cependant raffinée, sophistiquée au contact des nouvelles technologies de studio. Le mélange gothique, féroce de rythmes synthétiques et de métal en fusion prend ainsi une coloration plus intuitive, plus cérébrale. Produit par Tony Platt (AC/DC, Motörhead, Cult), "Odyssey of the mind" nous entraîne dans un monde peuplé de "Bladerunners" et de "Terminators", une odyssée cauchemardesque où l'homme vit en perpétuelle peur de la machine...

 

Die Krupps

The Final Remixes - The Final Option II – The Final option remixed

Il plane un certain mystère sur l'origine de cette formation. Teutone? Yankee? Peut-être un peu des deux. En tout cas, Die Krupps se prend très au sérieux. C'est sans doute le principal reproche que nous pouvons lui adresser. Car si la techno, le punk, le trash, le gothique, le rap, le métal et le post industriel entrent dans la préparation de base de son expression, les fragments de "The Final Option" parviennent à faire une synthèse entre la musique hybride de Front 242, l'electro hardcore d' Einstürzende Neubauten et le cyberpunk de Cassandra Complex. Comme son nom l'indique, "The Final remixes" épingle des versions retravaillées de compositions antérieures. Issues des deux premiers albums. Remodelés, pour la circonstance, par KMFDM, Philip Boa, Luc Van Acker, Jim Martin (Faith No More), Clawfinger, Paradise Lost et consorts. Quinze en tout. Mais finalement (!), aucune d'entre elles n'atteint la valeur des compositions originales...