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Dirty Sound Magnet

Un concert qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

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Ce soir, il n’y a pas plus de 30 personnes pour accueillir Dirty Sound Magnet au Zik-Zak d’Ittre. C’est triste, vu le potentiel du groupe suisse. Et la Covid n’est plus une excuse, puisque la Belgique affiche un code jaune. Spectateur de marque, quand même, Jacques de Pierpont, alias Pompon.

Responsable d’un cocktail groovy entre blues, garage, rock, psychédélisme et prog, dynamisé une irrésistible rythmique funk, Dirty Sound Magnet est issu de Fribourg. Il a publié son quatrième long playing, « DSM III », en mars dernier, une discographie entrecoupée de deux mini-elpees et d’un opus ‘live’. Certains médias n’ont pas hésité à comparer sa musique à celle des Suédois Graveyard ou des Américains Radio Moscow. Et d’autres à Tame Impala ainsi que King Gizzard and the Lizard Wizard. Pourtant, le groupe déclare puiser son inspiration dans les sixties et les seventies. L’expérience sonique proposée est unique. Le band la qualifie, non sans une pointe d’humour, de ‘retour mystique vers le futur’. Les morceaux véhiculent, en outre, des textes sarcastiques, qui dépeignent les problèmes tumultueux que la société traverse aujourd’hui.

Le supporting act est assuré par Mezzo Pazzo, une formation louviéroise drivée par le chanteur/guitariste Angelo Ognito. Pierre (guitare), Sam (batterie) et Max (basse) ont rejoint le nouveau projet d’Angel afin de vivre des expériences live destinées à être reproduites en studio. Il pratique un rock hybride dont les influences sont multiples, tout en y ajoutant sa touche personnelle. Riffs entêtants et harmonies sont la clef de ce mélange explosif. Angel a joué en compagnie de Romano Nervoso, Incognito ainsi que Jane Doe and The Black Bourgeoises. Mezzo Pazzo a sorti son premier LP (NDR : un éponyme !) en février 2020. Un disque qui faisait suite à un Ep, paru en 2018.  

Angel, barbe en collier bien taillée, chapeau vissé sur la tête et armé de sa gratte se plante derrière son micro. Il a la niaque, car il n’a plus foulé les planches d’une salle de concert depuis deux ans, à cause de la pandémie. Et ses trois acolytes semblent aussi déterminés.

« Dead clock » ouvre le bal. Les grattes sont agressives, huileuses, graisseuses même. L’expression sonore navigue sur une forme de stoner-rock-garage souvent rencontrée au cours des seventies. Mais on y décèle également des traces de glam, probablement héritées de Slade, Bowie, Sweet et New-York Dolls. Les percus sont insidieuses. Accrocheur, « Creepy Morning » se distingue par une jolie mélodie et un vocal harmonieux, même si parfois il est capable de monter très haut dans les aigus. Hit potentiel, « Like A Dandy Without A Penny » se révèle particulièrement radiophonique. Normalement, Giacomo, le leader de Romano Nervoso, devait venir poser sa voix sur « Left Me For Dead ». Comme sur l’album. Mais malheureusement, il brillait par son absence. Et pourtant, son esprit hante « Chemical Instinct ». A moins que ce soit celui d’Elvis (NDR : pas Pompilio, hein !). Quel punch ! Quelle énergie !

Setlist : « Dead Clock », « Creepy Morning », « Like A Dandy Without A Penny », « Feat Of Clay », « Beyond Scope », « Mad Luv », « Left Me For Dead », « Chemical Instinct », « The Last Before The Last »

Place ensuite à Dirty Sound Magnet. Le set s’ouvre par les trois plages issues du dernier opus, « DSM III » (NDR : il y en aura six au cours du show). Tout d’abord « Sunday drama », morceau au cours duquel on écoute religieusement la longue intro dispensée par la guitare de Stavros Dzodzos. Puis « Meet The Shaman », une compo qui nous replonge au sein du psychédélisme des années 60 et 70. « Heavy Hours » aurait pu naître d’une rencontre entre Jimi Hendrix et Frank Zappa. Enrobé d’harmonies vocales, « Mr Robert » prône un retour au calme.

Doué d’une excellente technique, le drumming est particulièrement efficace. Malgré la faible assistance, la température grimpe rapidement dans la salle et Maxime Cosandey laisse tomber le marcel après quelques chansons. Le power trio affiche de nombreux concerts au compteur. Les musicos se connaissent parfaitement. Et cette cohésion se voit et surtout s’entend. En outre, les impros confirment ces excellentes dispositions. Il est vrai, quand même, que les musiciens sont d’habiles jammeurs. Et ils vont le démontrer au cours de la soirée. Rauque, la voix de Stavros apporte une coloration particulière aux compos. Et puis engagés, ses textes sont parfois abordés avec un second degré.

Le groove est accentué par les interventions de basse de Marco Mottolini. Et puis, le band n’hésite pas à opérer des incursions dans le funk. Ainsi, même si l’expression sonore se veut fondamentalement contemporaine, elle exhale un certain parfum de nostalgie, en puisant l’essentiel de ses références depuis les 60’s jusqu’aux 90’s. Bref, un concert à la fois intense et énergique, mais surtout de qualité, qui aurait mérité la présence d’un public bien plus conséquent…

Setlist : « Sunday Drama », « Meet The Shaman », « Body In Mind », « Toxic Monkeys », « Mr. Robert », « Heavy Hours », « Jam session », « Social Media Boy », « Sophisticated Dark Ages », « The Poet and His Prophet ».

(Organisation : le Zik Zak et Rock Nation)

Dirty Sound Magnet

DSM III

Écrit par

Dirty Sound Magnet est un trio suisse, issu de Fribourg très exactement. Le line up réunit le chanteur/guitariste Stavros Dzodzos, le bassiste Marco Mottolini et le drummer Maxime Cosandey. Son sixième elpee, intitulé sobrement « DSM-III », paraît ce 18 mars 2022. Il a été enregistré, en prise ‘live’ à l’aide de micros et d’une table de mixage vintage, par Marco Mottolini, mixé par Stéphane Chapelle et masterisé par Paul Gold, du studio Salt Mastering, à New York. Vu les conditions de la mise en forme, le son est très naturel et organique.

La formation helvète pratique une forme de psyché-blues-rock parfois teinté de stoner et porté par une irrésistible rythmique funk. Certains médias n’ont pas hésité à comparer sa musique à celle des Suédois Graveyard ou des Américains Radio Moscow. Tame Impala a    ainsi que, King Gizzard and the Lizard Wizard figurent probablement et également, parmi ses références majeures. Pourtant, le groupe déclare puiser son inspiration dans les sixties et les seventies.

L’expérience sonique proposée est unique. Le band la qualifie, non sans une pointe d’humour, de ‘retour mystique vers le futur’. Les morceaux véhiculent, en outre, des textes sarcastiques, qui dépeignent les problèmes tumultueux que la société traverse aujourd’hui.

Morceau rock qui ouvre le long playing, « Body In My mind » balance sec, côté guitare et rythmique. Surannée, la voix semble venir d’une session des seventies.

Troisième single issu de cet LP, « Meet The Shaman » véhicule des accents dark-indie-psych, une piste imprimée sur un rythme tribal implacable qui souligne les surprenantes harmonies orientales. Une atmosphère intense et enveloppante que le groupe a voulu recréer comme lors de ses concerts, lorsqu’il entre en totale communion avec le public.

La guitare lancinante conduit les cymbales vers un univers feutré tout au long de « Mr Robert », la plage la plus paisible de l’elpee.  

« Pandora’s Dream » lorgne manifestement vers les Red Hot. A cause de cette basse très présente qui claque sec, et puis de ces longs solos de guitare. Caractérisé par son groove irrésistible, le titre maitre est sans doute la plage la plus vintage et quelque part aussi spirituelle. Mais dans l’esprit des Doors, même si on y décèle l’une ou l’autre référence au Led Zeppelin pour la maîtrise technique et au Floyd, circa « The Nile song » pour la violence. 

Plus métallique, « Heavy Hours » nous entraîne au Sud des States, depuis la Louisiane (le bayou ?), jusqu’au Texas…  

« Sunday Drama » a fait l’objet d’un clip (à découvrir ) réalisé par Arturo Baston (Bass-Tone). La vidéo relate l’histoire de l’univers de sa création à sa destruction. Une magnifique ballade instrumentale aux délicats arpèges acoustiques et aux riffs cosmiques. La guitare est reine dans ce morceau qui procure un moment de rêverie absolue, hors du temps…

Dirty Sound Magnet se produira le 1er avril (NDR : et ce n’est pas un poisson !), au Zik-Zak, d’Ittre.

Dirty Sound Magnet

Transgenic

Écrit par

A l’origine, Dirty Sound Magnet était un quatuor au sein duquel militait le chanteur Didier Coenegacht. Après son départ, le band a déniché un remplaçant qui finalement n’a pas fait long feu. Bref, après une trentaine de dates de concerts, le trio fribourgeois s’est trouvé devant une impasse : jouer de la musique instrumentale ou choisir un de ses membres pour se consacrer au micro. Finalement, c’est le guitariste Stavros Dzodzosz qui s’y est collé et le bassiste ainsi que le drummer ont décidé d’assurer les chœurs. Et le résultat est plutôt convaincant. Pour preuve, le second long playing de la formation. Si la voix de Stavros est plus âpre qu’éthérée, les harmonies vocales évoquent régulièrement Mercy Rev voire Flaming Lips. Musicalement, hormis la première partie de « Organic sacrifice », un fragment sculpté dans le funk, le reste de l’opus puise allègrement dans la prog. Depuis Genesis à Marillion en passant par le Yes. Sur certains morceaux la guitare est d’ailleurs hantée par Peter Banks, alors que la basse l’est plutôt par Chris Squire. La majorité des plages sont enlevées, complexes, un peu comme si on organisait une hypothétique rencontre entre Mew, Motorpscyho et Can. Parce que le tempo peut aussi adopter un profil krautrock. Comme sur l’hypnotique et orientaliste « Social media girl », une compo enrichie d’un bouzouki. Autre instrument exotique, un balafon s’invite tout au long de « Social mediaboy », une piste soulignée de chœurs ferroviaires. Curieux, le titre maître se résume à un interlude d’une trentaine de secondes, alors que l’opus concède quand même deux tracks plus lents. Tout d’abord « Hashtag love », moment choisi par le gratteur pour nous accorder un solo à la Jimmy Page. Puis l’instrumental « The death of beauty », un final tramé dans les cordes en arpèges et colorée de chœurs célestes.

Enfin, on épinglera les lyrics de cet LP qui traitent du drame et de la solitude de l’homme contemporain dans un monde où les moyens de communication n’ont jamais été aussi développés, alors que les humains communiquent de moins en moins entre eux. Ce qui explique son titre.

Dirty Sound Magnet

The bloop (Ep)

Écrit par

Dirty Sound Magnet nous vient de Fribourg (NDR : sis quelque part entre Lausanne et Berne), en Suisse. "The Blood" constitue son tout premier cd. Un Ep ou alors un mini album, car il ne contient que 6 morceaux pour 23 minutes.

Ces Helvètes pratiquent un rock dit ‘classique’ teinté de références orientales. Caractérisé par la présence d’un barzouki et d’un sitar, « Sunday Drama » y trempe manifestement. Et à l’écoute de « Chocolate Woman » et « 21st Century Witch » on pense inévitablement à Led Zeppelin, voire à Robert Plant.

Bref, rien de neuf à l’horizon. Un disque sympathique mais qui manque de piment. Neutre, si vous préférez. Suisse quoi…

 

Dirty Sound Magnet

What lies behind

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Dirty Sound Magnet nous vient de Fribourg, en Suisse. Le guitariste Stavros Dzodzosz est le leader et fondateur. Il est épaulé par le drummer Maxime Cosandey et le bassiste Marco Mottolini. Et le band a enfin déniché son vocaliste. Il s’agit de Didier Coenegracht, un grand admirateur de Robert Plant. Leur musique s’inspire d’ailleurs de celle du début des années 70, lorsque le blues boom a viré en rock et même en hard rock, engendrant un mythe et une référence ultime dans le style, Led Zeppelin.

Dès les premières notes de "Blind memory", on entre dans ce blues/rock puissant réminiscent des seventies. La voix lorgne vers Robert Plant voire Peter French. Peter a milité chez Atomic Rooster, Cactus et plus tôt Leaf Hound, comme vocaliste. Ce groupe a publié un long playing particulièrement recherché. Intitulé "Growers of mushroom", il baigne dans un univers sonore fort proche du dirigeable.

Un bottleneck acoustique et une slide bien amplifiée introduisent "Heavy hours". La voix de Didier est excellente. Fruit d’un savant dosage entre acoustique et électricité, la construction sonore est impeccable. Les changements de tempo modulent l'amplitude du chant. "Mike's awakening" est toujours marqué par le hard rock originel, malgré une empreinte stoner rock plus contemporaine. Lente, particulièrement atmosphérique, "Mr Robert est une plage tourmentée par l’esprit du légendaire Robert Johnson. Quant au chant, il est hanté par l’autre Bob, Plant… Des accords torrentueux amorcent "What lies behind". Les voix des musicos rejoignent celle de Didier. La section rythmique fédère l’ensemble. "Dead end street" recherche constamment l’équilibre entre instrumentation et vocaux, acoustique et amplification. Le son est hard, mais ne sombre jamais dans le métal. Les accords de gratte fluctuent, épousant au passage la voix aérienne. Sur "Hotel Goomba", Stavroz démontre qu'il a fort bien assimilé le jeu de Jimmy Page. Il crée constamment de petites combinaisons techniques et mélodiques qui flattent les oreilles. Des cordes acoustiques ou délicatement amplifiées bercent le tendre "Our animal". Didier peut vocaliser, avant que les glissements d'une slide ne conduisent à l’explosion. Une plage qui évoque, une nouvelle fois, Leaf Hound. La dernière piste est la plus longue. Photographie de leur bonne vieille cité de Fribourg, "Free castle town" est une plage mélodieuse, empreinte de douceur, à la construction lente, soucieuse d’un parfait dosage entre les différents instruments. On suivra attentivement la suite des aventures de cette formation helvète, et notamment leur évolution qu’on espère efficace dans la personnalisation des références…