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EZ3kiel

Lorsque la musique, l’image et la lumière entrent en fusion…

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Un spectacle d’EZ3kiel est censé nous en mettre plein les oreilles et la vue. Sa tournée passait par le Rockhal, au Luxembourg, et l’Aéronef de Lille. Votre serviteur a choisi la métropole nordiste, et il ne va pas le regretter. L’accueil est chaleureux. La salle est superbe. Pour la circonstance elle a été adaptée en configuration Box, comme à l'AB. Les rideaux son tirés et isolent l’auditoire du premier étage et du balcon. Le concert est sold out. L'ouverture des portes est programmée à 20h00 précises. Le supporting act entamera son set 35 minutes plus tard et l’achèvera à 21h05. EZ3kiel monte sur les planches à 21h30 et va nous livrer un show de 90 minutes.

Dorian And The Dawn Riders assure donc la première partie. Il vient de signer sur le label bordelais Animal Factory. Vu le matos sur l’estrade, quelle surprise de voir débouler un gaillard barbu, coiffé d’un chapeau de cow-boy et affublé de dreadlocks. Le Bordelais serait-il un adepte du reggae ? Pas du tout. Il est armé d’une gratte et se sert de machines pour créer des beats efficaces, imprimer des percus tribales et dispenser des sonorités en tous genres. Et puis il chante, quand même. Vocodée, sa voix est tour à tour singulière et lumineuse ou glaciale et ténébreuse. Trippante, sa musique baigne dans une pop alternative. Psychédélique et atmosphérique, surtout. Et le climat varie en fonction de tous ces paramètres. Des images sont projetées derrière l’artiste. Par exemple celle d’un grand-duc, dont l’envol est majestueux. Et l’ombre chinoise de Dorian, judicieusement reflétée sur cet écran est allégorique. Elle convie votre âme à se recueillir tout en suivant l’artiste dans son monde particulier. Qui me fait parfois penser à celui de Sigur Rós. Dorian n’est pas parvenu à chauffer la salle, il a tout simplement épaté la galerie, tout en nous préparant religieusement à la suite des événements. En attendant, il a été chaleureusement acclamé. Et c’est tout à fait mérité.  

Mais avant de passer au set d’EZ3kiel, une présentation du groupe s’impose. A l’origine, il avait choisi le patronyme EZEKIEL, en référence au film « Pulp Fiction » de Quentin Tarantino. Après avoir publié l’album « Handle With Care », il crée son site internet ; cependant le nom de domaine ezekiel.com est déjà réservé, alors il décide de le transformer en EZ3kiel. Matthieu Fays et Yann Nguema en sont les fondateurs. Drummer, le premier a quitté le navire en mai 2012, après plus de vingt ans de navigation. Joan Guillon se charge aujourd’hui des claviers, machines, guitares et autres samplings. Au départ, Yann Nguema se consacrait à la basse et de tout ce qui touche à l’image. En 2012, il a abandonné la quatre cordes pour se concentrer uniquement sur cette dimension visuelle ainsi que la programmation.

Après avoir participé à l'enregistrement de l'album « Naphtaline » comme invité, Stéphane Babiaud a rejoint officiellement le line up en 2007, lors des sessions de « Battlefield. Multi-instrumentiste, il joue de la batterie, du vibraphone, du glockenspiel, de la basse et même des claviers. C’est également le chef d’orchestre du Naphtaline Orchestra, projet alternatif du groupe. Sylvain Joubert récupère ensuite cette basse délaissée par Yann Nguema, à partir de l’elpee l'album « LUX ». Il avait auparavant participé à la tournée Extended. « LUX », c’est bien sûr le dernier long playing d’EZ3kiel. Ce soir il est donc venu le défendre sur les planches.   

Difficile de coller une étiquette sur la musique pratiquée par ce combo. Elle oscille constamment entre électro, dub, rock et classique. Et puis à chaque album, elle est différente, le band prenant le soin de proposer un projet novateur voire même en avance sur son époque…

En 2009, le groupe lance le Naphtaline Orchestra à Grenoble. Il s'agit de déclinaisons de morceaux, notamment de l'album « Naphtaline », exécutées en compagnie d’un orchestre symphonique. L'expérience est renouvelée en 2011, à Tours, pour trois nouvelles dates. En février 2012, le concept EZ3kiel Naphtaline Orchestra se produit au théâtre Sébastopol de Lille. Un événement retransmis en direct sur plusieurs sites internet. 7 000 internautes vont le suivre. Suite à ces expérimentations, EZ3kiel monte un autre projet, l’EZ3kiel Extended, en septembre 2012. Qui va accorder toute une série de concerts associant image et musique. Lors de ce périple, le combo implique Sylvain Joubert à la basse, Cyril Soufflet au piano, Gérald Bouvet à la guitare, Erick Pigeard au séraphin et aux percussions, Thomas Quinart au thérémine, au saxophone baryton et à la scie musicale, Bertrand Margelidon à la trompette et au bugle, Simon Dupire au trombone, Pierre Malle et Ombeline Collin aux violons, Anthony Chéneau au violon alto et Benjamin Garnier au violoncelle. C'est le cd et le dvd consacrés à cette aventure qui m’ont permis de découvrir EZ3kiel.

L’ouverture des tentures laisse apparaître 48 projecteurs équipés sur deux faces. Ecrans de projection d'un côté, lumières de l'autre, les deux dispositifs fusionnent dans des impressionnants mouvements rotatifs, générant en temps réel des explosions de couleurs, calibrées pour interagir avec la musique. Un dispositif scénique et technologique inédit qui place EZ3kiel parmi les pionniers d'un genre qui n'a pas de nom. Il faut rappeler que Yann Nguema contrôle les lasers, lumières, robots et des visuels au sein d’un même support de projection. Et lorsque le drummer se lance dans ses frasques, c’est pour participer à une course interactive avec ces lumières. Les trois musicos s'amusent sur scène et le public en prend plein les yeux et les oreilles.

L'album « Lux » sera intégralement interprété et prendra réellement vie sur scène. On ressent par la musique, les émotions des artistes qui sont à la fois torturées et vous entraînent dans un voyage intemporel. Ou carrément dans la troisième ou quatrième dimension. Le concept/concert qui se déroule devant nous pourrait même servir de bande originale du troisième millénaire pour une rencontre visuelle du troisième type. La musique, l'image et la lumière fusionnent, nous prouvant le savoir-faire du quatuor. Tel est le secret du nouveau support de la musique d'EZ3kiel.

Les guitares sont acérées et à la limite incendiaires sur « Born in Valhalla ». « L'Oeil Du Cyclone » est une ballade atmosphérique. « Lux », la plage éponyme vous entraîne sur le dancefloor d'une autre galaxie. Enfin, sur celui de la fosse également où règne un fameux remue-ménage. En fermant les yeux, « Dead in Valhalla » pourrait vous transporter du côté de la voie lactée. Mais il est préférable de les garder grands ouverts, afin d’apprécier le déluge de lumières et de lasers. « Anonymous » est un titre déconcertant. Caractérisé par la douceur de l’instrumentation, « Never Over » concède quelques minutes paisibles. La version ‘live’ de « Via Continum » (NDR : tirée de l’opus « Handle With Care ») est plus nerveuse que sur disque. L’expédition est plus aquatique, nous emportant dans les profondeurs de la grande bleue en compagnie du Capitaine Nemo, à bord de son Nautilius. La mélodie de « Zero » est particulièrement contagieuse. Et le set de s’achever par le jubilatoire « Versus », une compo à la fois tribale et éthérée. Pendant 1h30, les yeux des spectateurs ont pétillé de bonheur. Pas étonnant qu'EZ3kiel ait été applaudi pendant plus de sept minutes.

Et on aura même droit à un rappel d’enfer. Deux titres. « Antiloop ». Et puis surtout « Wagma », un morceau complexe, digne de la face la plus atmosphérique de Pink Floyd. Autrefois alchimistes du son et de l’image, EZ3kiel a aujourd’hui acquis une maîtrise totale de son art. Et ce concert exceptionnel en est la plus belle illustration.

 (Organisation : Base Productions + Aéronef)

EZ3kiel

Battlefield

Écrit par

EZ3kiel est une formation qui nous vient d’outre-Quiévrain. De Tours, très exactement. Et « Battlefield » constitue son second opus. A l’origine, le line up réunissait 5 musiciens. Réduit à un trio, en 1998, le line up est passé à un quatuor depuis l’enregistrement de cet elpee. Si la plupart des médias leur reconnaissent des vertus trip hop épicées de dub et de jungle, ce dernier essai affiche davantage de références indus. Peu de vocaux sur les 11 compos de cette œuvre. Sur « Firedamp », quand même, titre de grindcore chaotique, ils sont déchirés par des cris stridents, sauvages et implacables. Des invités comblent épisodiquement cette lacune. A l’instar de « Spit on the ashes », plage au cours de laquelle, deux musiciens de Narrow Terence apportent leur concours. Et le contraste entre le timbre féminin limpide et masculin éraillé, lugubre, est assez saisissant. Sur « Alignment », également, un morceau de rap ambient, relevé par la présence du Mc de Blue Rum.

Dub, post rock, indus et ambient se partagent l’essentiel du reste de l’album. Deux exceptions qui confirment la règle, la finale tempétueuse « Wagma », qui lorgne même vers le hard rock ; et le cinématique, ‘enniomorriconesque’, « The Wedding », malgré ses cuivres majestueux. Des cuivres qu’on retrouve parsemés ça et là et notamment, sur l’adaptation insolite d’un extrait du Roméo et Juliette de Sergei Prokofiev, « La Danse des Chevaliers ». Intitulée « The Montagues and The Capulets », cette adaptation a bénéficié de la collaboration des musiciens de DAUU. Enfin, meilleur titre de l’elpee, « Break or die » épouse un profil parfaitement indus. Il est même agité de percus tribales, dans l’esprit de Nine Inch Nails. S’il faut avouer que je ne suis pas un grand consommateur de ce style musical, l’ensemble tient la route. On épinglera encore l’identité graphique du combo français, un artwork réalisé par Yann Nguema, leur bassiste…