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Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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The Tallest Man On Earth

Dark Bird Is Home

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L’univers particulier de The Tallest Man on Earth est très souvent un terreau fertile pour la confection de disques magnifiques. Mais dans un même style. Et depuis ses débuts, Kristian Matsson semble s’y conformer. Alors, question existentielle, allait-il tenter de se renouveler en publiant « Dark Bird Is Home », son –déjà– 4ème essai ? Changer de direction est souvent un pari risqué, quand ce n’est pas carrément casse-gueule… Et susciter l’ennui est parfois préférable que carrément décevoir…

Bref, le Suédois n’est pas encore prêt pour la révolution. Ce clone vocal de Bob Dylan a quand même le bon goût de varier subtilement ses compos et même d’étoffer l’instrumentation ; à l’instar des quasi pop « Timothy » et « Sagres », d’un « Darkness of the Dream » enrichi de cordes ou du plus léger « Darkness of the Dream ». Entre ces petites récréations, l’autoproclamé ‘Plus Grand Homme du Monde’ propose des morceaux folk classiques et intemporels, comme d’habitude. Orfèvre en mélodies pastorales, ce véritable chantre parvient une nouvelle fois à faire fondre les cœurs, à l’aide de ses compositions bouleversantes et introspectives, dans la plus pure tradition ‘dylanienne’, à l’instar de « Beginners » ou « Singers ». Au lieu de retourner sa maison de fond en comble, Kristian Matsson a plus sagement décidé de la rafraîchir… et c’est dans doute bien mieux ainsi !

 

Earth

Primitive & Deadly

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Earth compte déjà plus d’un quart de siècle d’existence. Et peu de formations métalliques peuvent se targuer d’être parvenues à traverser les décennies, sans jamais tomber dans la caricature. En outre, ce combo de post-métal ou de post-rock (selon) est certainement une des principales influences chez Isis ou encore Caspian. « Primitive & Deadly » constitue leur 8ème opus.

Suivant leur habitude, Dylan Carlson (guitare), Adrienne Davies (drums) et Bill Herzog (basse) nous proposent une musique puissante et indolente. Une expression sonore qui baigne au sein d’un climat ténébreux. Les morceaux s’étalent tous au-delà des 8’. Tant les solo de gratte que les riffs sont écrasants. Et « Even hell has its heroes » en est certainement la plus belle illustration. Pas de changement radical sur cet opus sauf, et cette situation mérite qu’on la souligne, un recours aux vocaux sur plusieurs titres. Le trio américain ne s’y était plus prêté depuis le début des 90’s, lorsque feu Kurt Cobain était venu poser sa voix. Pour la circonstance, c’est Mark Lanegan (NDR : il est rompu aux collaborations du style) qui se réserve le micro sur « There is a serpent coming » et le plus lumineux « Rooks accross the gate ». Et dans un registre plus lyrique, la chanteuse de Rose Windows, Rabia Shabeen Qazi, pour « From the Zodiacal Light ».

Malgré ses 25 ans d’existence, Earth demeure un des fers de lance du post-metal. En outre, les interventions des vocalistes apportent ici, manifestement, un plus à leur musique…

Earth, Wind & Fire

Now, Then & Forever

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Malgré ses 42 années d’existence et huit années d’absence, Earth, Wind & Fire n’a pas perdu le moindre iota de ses ondes funky ! Le titre de leur 21e LP studio (!), « Now, Then & Forever », résume à merveille la carrière de la formation à géométrie variable. Le disque, premier vrai succès commercial aux States depuis leur « Powerlight » de 1983, fait la part belle aux atmosphères lascives et parvient, surtout, à s’inscrire dans l’air du temps. Et ce, sans renier les éléments qui ont forgé le succès de la formation. Comme sur ces « My Promise » et « Night Of My Life » irrésistiblement disco et le funky « Dance Floor », projetant instantanément l’auditeur aux heures de gloire d’Earth, Wind & Fire. Il s’agit du premier opus enregistré sans la participation de l’une des deux figures de proue des Earth Wind & Fire, Maurice White, empêché par sa maladie de Parkinson, mais dont la patte reste définitivement ancrée dans le travail de ses collaborateurs.

Un peu plus faiblard en matière de ballades, EWF aurait certainement gagné à recourir aux talents de prod’ d’un gars comme Pharrell Williams qui serait, sans le moindre doute, parvenu à magnifier des morceaux comme « Love Is The Law », « Guiding Lights » ou encore « Got To Be Love ». « Now, Then & Forever » est un bel ouvrage, susceptible de ravir les amateurs de la fusion Funk, Soul et Disco de la troupe. L’objet s’accompagne en édition collector d’un second disque recelant 7 classiques de la bande, choisi par un panel d’artistes trié sur le volet (entre autres Pharrell Williams –tiens donc…–, Lenny Kravitz, André 3000 et The Roots).

 

Slow Earth

Latitude and 023

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« Latitude and 023 » n’est pas un mauvais disque. Et encore moins un bon.

Il a le malheur de se poster dans ce no man’s land où végètent tant de groupes, et ses coordonnées géographiques incomplètes ne nous permettent pas de le retrouver.

Cyniquement, on pourrait relever que sur le premier titre (« Identify »), le chanteur déclare ‘don’t waste your time’, ce qui pourrait passer pour une subtile mise en garde.

Pour le reste, Slow Earth fait aussi bien / mal (biffez la mention inutile) que pléthore de groupes actuels.

Soit une résurgence nineties un brin catchy, un brin maniérée, surproduite et au final assez plate.

Mention spéciale à la très vilaine pochette qui illustre pourtant admirablement l’avenir de ce groupe. 

 

Walk Off The Earth

R.E.V.O.

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Walk Off The What ?? En réceptionnant le premier LP de Walk Off The Earth, je n’ai pu m’empêcher de lever un sourcil. D’autant plus que le CD affiche fièrement un sticker annonçant que « R.E.V.O. » contient le ‘Worldwide hit cover’ du « Somebody That I Used To Know » de Gotye. Worldwide Hit… Ok… Loupé, le coche.

Une petite recherche sur le net m’apprend que la formation, de confession canadienne, s’est fait connaître du public en publiant sur la toile des clips videos ‘fait maison’ de reprises. C’est donc en visionnant un extrait de la vidéo du tube de l’Australo-belge, réinterprété à dix mains sur une seule guitare acoustique par les cinq gaillards, que le franc est tombé. Non, je n’étais pas passé à côté de ce pseudo-phénomène. Une énième sensation youtubesque... Et à l’écoute de « R.E.V.O. » (initiales de ‘Realize Every Victory Outright’), le verdict se confirme.

Instantané, anecdotique, le troisième –oui, troisième– LP de Walk Off The Earth surfe sur une vague en pleine réfraction. Le quintet ne propose rien d’autre qu’un pop-rock suranné ou copié/collé (« Shake » qui sonne comme du Avril Lavigne, « Summer Vibe » et son air volé à Jason Mraz, « Speeches » largement inspiré par Mumford & Sons, …) Sans compter un chant plutôt approximatif (le massacre du hit de Gotye).

Les Canadiens de Walk Off The Earth ont forgé leur réputation sur de l’imitation et ne semblent guère pouvoir (ou vouloir) s’en détacher. Un défaut propre à la génération Youtube et au mimétisme perpétuel que le réseau social engendre. Next !

 

The Tallest Man On Earth

There's no leaving now

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Deux années après la sortie de « The Wild Hunt », Kristian Matsson, alias The Tallest Man on Earth, est de retour. Superbe, son premier elpee, lui avait permis de se forger une place aux côtés de la crème des compositeurs folk contemporains. Sa voix nasillarde et son style minimaliste lui ont même valu d’être comparé à Bob Dylan.  

Pour enregistrer « There’s no leaving now », Mattson a utilisé la même formule. Il y joue de la guitare sèche en fingerpicking. Sa dextérité y est impressionnante. Son efficacité imparable. Et même si certains morceaux sont enrichis par la lapsteel (« 1904 ») ou le piano (« There’s No Leaving Now »), cet elpee creuse un peu plus en profondeur pour atteindre les racines du folk. Ce qui explique sans doute pourquoi, l’opus nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Alors, et alors seulement, des titres comme « Criminals » ou encore « Wind and Walls » prennent toute leur dimension et se révèlent même totalement bouleversants.

The Tallest Man on Earth s’impose de plus en plus comme une référence en matière de néo folk. Son aura grandit encore, sans qu’on s’en aperçoive. Il n’a peut-être pas envie de rejoindre le sommet de la notoriété trop rapidement. Il prend son temps. Et qu’importe si son parcours vous semble long, le plus important c’est qu’il continue à être touché par la grâce…

 

Tv Earth

Since We are on this Earth (Ep)

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Tv Earth est un quatuor français actif depuis 2010. Peu connu sur la toile comme sur la scène rock hexagonale, il n’est pas encore prêt à franchir le pas de la notoriété. Et ce premier Ep en est d’ailleurs une belle démonstration.

Pourtant, « Since We are on this Earth », le titre qui ouvre la plaque, tient la route. Un morceau planant parfaitement exécuté au cours duquel la voix entre peu à peu entre les mailles des arpèges. « Peace », la plage suivante, est balisée par une basse caoutchouteuse. Caractérisée par une mélodie qui rappelle Bloc Party, la fougue en moins, elle passe encore la rampe. Jusqu’alors, Tv Earth ne s’en était pas trop mal sorti. Malheureusement, la suite fait plutôt pâle figure. Faut dire que la production n’est pas d’une grande limpidité. Ce qui rend parfois l’écoute pénible. A l’instar du titre maître. Un rock, ma foi, fort classique, mais dont les parties vocales manquent singulièrement de naturel. Et le reste souffre des mêmes carences.

Pas grand-chose à retenir de cet Ep. M’enfin, Tv Earth a quand même le mérite d’avoir essayé…

 

Hooray for Earth

True Loves

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Quoique nouveaux sur l’avant-scène indie US, les membres d’Hooray For Earth ne sont pas des débutants ! Fondé à Boston en 2005 et émigré à New-York deux ans plus tard, ce groupe est en effet responsable de deux premiers Eps sortis en 2008 (« Cellphone ») et 2009 (« Momo »). En outre, la bande à Noël Heroux s’est distinguée par une collaboration remarquée auprès de Twin Shadow. C’était en 2010. Les deux combos étasuniens partagent d’ailleurs un même goût pour les compos éthérées, mélodiques et fortement teintées de musique électronique.

« True Loves » constitue le premier LP d’Hooray for Earth et –c’est peu de dire– le résultat est impressionnant. On y retrouve notamment l’aspect dansant et tribal de Yeasayer (« Black Trees ») ainsi que les mélodies imparables de MGMT (le single « Sails ») ! Pas moins. Leur synth-pop psychédélique possède en effet ce côté évident mais recherché qui permettra à l’album de ne pas être trop rapidement périssable. Des rythmiques originales (comme sur le légèrement reggae « True Loves ») et des chœurs euphorisants soutiennent remarquablement le falsetto aérien d’Heroux, au sein d’une solution sonore qui baigne constamment dans les claviers. Les Américains parviennent à remettre au goût du jour la musique des années 80 (« No Love » ou « Bring Us Closer Together »). Et ils réalisent cet exercice de style, à la perfection.

Hooray pour nos oreilles!

 

The Tallest Man On Earth

Sometimes the Blues is just a Passing Bird (Ep)

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Quelques mois à peine après avoir publié « The Wild Hunt », le barde suédois nous propose un nouvel Ep parfaitement complémentaire à son second opus. Découpé en 5 plages, « Sometimes the Blues is Just a Passing Bird » devrait ravir les nombreux fans du ‘Plus Grand Homme au Monde’. De sa voix nasillarde, il interprète en effet des ballades bouleversantes et d’une grande simplicité, dans son style ‘dyalnesque », si caractéristique. J’accorderai néanmoins une mention spéciale au légèrement électrifié « The Dreamer » et à « Little River ». Sculptée dans de magnifiques arpèges, cette compo va droit au cœur. Elle s’inscrit même parfaitement dans l’esprit de l’elpee paru l’an dernier.

Probablement écrit sur la route, cet Ep narre de modestes histoires toutes cabossées. Et si l’emballage est classique, les mélodies sont finement ciselées et saturées d’émotion. Jean Kristian Mattson devrait faire des ravages lors de son passage aux Nuits du Botanique, le 20 mai prochain. Un grand songwriter est définitivement né !

The Tallest Man On Earth

Grand par la taille et grand par le talent…

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Le Botanique a le vent en poupe. Et pour cause, la plupart de ses spectacles affichent, pour l’instant, salle comble. Et c’est à nouveau le cas ce samedi 20 novembre, pour le concert de The Tallest Man On Earth à l’Orangerie tout comme celui de Ratatat dans la Rotonde. Faut dire que Jens Kristian Mattson défraie la chronique, depuis déjà quelque temps, bénéficiant –il faut le souligner– du soutien non négligeable du site américain Pitchforkmedia. Responsable de trois Eps et de deux elpees à ce jour, dont l’excellent « Wild Hunt », paru en avril dernier, le Suédois, exilé aujourd’hui aux States, se devait donc de confirmer sur les planches.

Se produisant sous le patronyme d’Idiot Wind, Amanda Bergman assure le supporting act. Elle est également née en Suède. Elle est seule sur les planches, joue du piano et chante, d’un timbre d’une douceur angélique. Souvent comparée à Cat Power, la demoiselle peine toutefois à insuffler une certaine ‘puissance’ à ses compositions. Seuls quelques morceaux parviennent à décoller du tracklisting. Mais en général, son set est mou et manque de relief. Vers 20h30, elle quitte l’estrade pour laisser sa place à son compatriote.

Vers 21h, Kristian Mattson débarque en solitaire sur le podium et empoigne sa guitare. Il est vêtu d’un jeans et d’une chemise à carreaux. Son allure me fait penser à Dylan voire à Johnny Cash, mais sa voix lorgne manifestement vers celle du Zim. Il joue tour à tour de la gratte sèche ou électrique. Et enchaîne les compos de ses différents albums. Le public s’amuse et connaît les paroles. Il en est conscient et en tire parti pour chauffer la salle. A l’issue de chaque morceau, dont il a présenté préalablement le message, il nous gratifie d’un ‘Thank you, so much’. Il évoque également son dernier show accordé à Bruxelles. Une parfaite communication qui ravit manifestement l’audience.

Après 1h de récital, il quitte la scène pour y revenir 2 minutes plus tard. Il interprète un avant-dernier morceau sur lequel Amanda Bergman (Idiot Wind) vient le rejoindre. La conjugaison des deux voix est magnifique, même si elle n’est qu’éphémère. Une chanson plus tard, Kristian, vide définitivement les lieux sous les applaudissements d’un public comblé.

The Tallest Man On Earth est parvenu à faire vibrer la Rotonde. Rien qu’à l’aide de sa voix et de sa guitare. Pour les déçus qui n’ont pu assister à ce spectacle, sachez qu’il reviendra l’année prochaine, au Cirque Royal, dans le cadre des Nuits du Botanique…

Organisation Botanique

The Tallest Man On Earth

The Wild Hunt

Écrit par

The Tallest Man On Earth ? Sous un tel patronyme, Jens Kristian Mattson était au moins assuré d’attirer l’attention des lecteurs du Guinness Book plutôt que celle des mélomanes. Et pourtant, non, il ne s’agit pas du plus grand homme sur terre, mais d’un songwriter suédois particulièrement doué. « The Wild Hunt constitue son 3ème album. Il fait suite à un elpee éponyme publié en 2007 et « Shallow Grave », en 2008 ; deux disques qui lui ont permis de tourner en compagnie de Bon Iver.

La musique folk du géant scandinave pourrait être taxée de revivaliste, tant elle est sous haute influence dylanesque. D’abord à cause du timbre nasillard de Jens. Et puis de son expression sonore essentiellement acoustique. Impossible d’ailleurs de ne pas penser au grand Zim, à l’écoute de « The Wild Hunt » ou encore Thousand Ways ».

Alors, The Greatest Bob Dylan Vocal Sosie ?

Manifestement la référence a de quoi plomber le débat. Et pourtant, le Scandinave parvient à tirer son épingle du jeu. L’émotion est palpable tout au long des 10 titres de « The Wild Hunt ». Elle est même très présente sur « Trouble Will Be Gone », caractérisé par ses arpèges cristallins, sur le très ambitieux « King of Spain » ainsi que le bouleversant « Love Is All ». Un morceau urgent et beau à pleurer à la fois. Bref si cet artiste n’apporte rien de bien neuf, il faut reconnaître qu’il possède un réel talent pour tisser des comptines folk. Qui lorgnent même parfois vers l’univers d’un Devandra Banhart, à ses débuts. L’elpee s’achève par « Kids On The Run », une ballade parcourue de superbes accords de piano. Digne du Boss!

Finalement, The Most Gifted Songwriter in Sweden…

The Red Earth Collective

Red Earth Dub

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Rastaquouères : à l’abordage ! La troupe du Red Earth Collective s’est associée, le temps d’un album, aux musicos de Soothsayers Horns pour concocter ce « Red Earth Dub ». Au menu : des sonorités dub (sans blague), des petites guitares catchy et une cargaison de cuivres bourrée de clichés reggae! Evidemment quand une formation choisit un patronyme comme Soothsayers Horns, faut pas s’attendre à ce qu’elle joue de la flûte de pan ! Cependant, même si cette solution sonore aussi caoutchouteuse que narcotique n’est guère excitante, il faut reconnaître que les musicos sont d’excellents instrumentistes. Et ne se contentent pas de pratiquer un reggae dit ‘classique’, véhiculant circonstanciellement des accès de jazz lorsqu’ils ne puisent pas leurs racines dans l’afrobeat (NDR : et pas seulement dans la Marie-Jeanne). Maintenant, il faut vraiment être un spécialiste du style pour déceler les variations de rythmes, de percus et de mélodies. Les capacités d’impro sont claires. Mais pas suffisamment explorées. A conseiller aux inconditionnels du genre. Perso, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé ! Chacun ses goûts…

Earthbend

Harmonia

Écrit par

Produit par Kurt Ebelhäuser de Blackmail, "Harmonia" constitue le second opus de la formation allemande Earthbend. Un trio dont la démarche est fort comparable à celle de Motorpsycho. Ce qui peut se comprendre, quand on sait que les deux combos puisent essentiellement leurs influences dans les sixties et les seventies. Nuance, chez Earthbend, on a parfois l’impression de se farcir un Thin Lizzy qui se serait mis à la prog. André Kunze (guitare, chant), Tilo Hustan (drums, piano) et Christian Heinrich (basse, orgue) ne sont pas des manchots. Et leurs compétences instrumentales sont au-dessus de tout soupçon. Maintenant, il faut reconnaitre que leur musique est un peu datée…

Earth

The Bees Made Honey In The Lion’s Skull

Écrit par

Rarement un groupe aura aussi bien porté son nom: Earth, c’est la terre dans sa matérialité la plus boueuse, la plus lourde. Depuis sa formation, opérée au début des années nonante, le groupe ne cesse de réaliser de longs travelings au ras du sol : la gravité érigée en expérience musicale, esthétique. Une expérience lente et suffocante, parfois éprouvante, représentative de ce sous-genre du metal, le Drone, dont Earth est un des plus importants représentants aux côtés des terrifiants Sunn O))).

A l’écoute de ce nouvel opus, il apparaît cependant que la référence au métal n’est plus si évidente. Earth a en effet eu la bonne idée de varier son propos, en conviant notamment le légendaire guitariste de jazz, Bill Frisell. Celui- ci apporte une touche de légèreté en contrepoint aux arpèges apocalyptiques de Dylan Carson et à la rythmique imperturbable d’Adrienne Davies. Instrumentale, toujours hypnotique et extrêmement lancinante, la musique de Earth prend ainsi, sur certaines plages, une tournure jazzy bienvenue, renforcée par le jeu d’orgue subtil de Steve Moore.

Le groupe a le mérite de fouler des contrées inexplorées, quelque part entre post- rock, heavy metal (voir la pochette, kitsch à souhait) et jazz rock progressif des années septante.

Si l’expérience s’avère étourdissante pour qui prendra la peine de s’y abandonner, il sera toujours difficile au néophyte de pénétrer l’univers souvent glauque, voire malsain, de Earth. Et pour que votre info soit complète, on vous rappelle que la formation se produira au festival de Dour ce 20 juillet.

 

Flat Earth Society

Psychoscout

Écrit par

Emmené par Peter Vermeersch, ce big band jazz convie l’auditeur à une plongée dans les tréfonds de l’âme humaine, mais surtout son côté sombre. L’ami Peter possède un solide c.v. : il a produit dEUS, travaillé en compagnie de Fred Frith et dirigé plusieurs formations responsables d’un style oscillant entre jazz et rock ‘zappaesque’, dont X-Legged Sally. Pas étonnant que Mike Patton ait compilé les premiers efforts de la formation sur son label Ipecac car ces gens ont en commun un goût certain pour les compositions à tiroirs où une multitude de styles musicaux se télescopent à grande vitesse. Le jazz swing croise le fer avec le free, la musique de cirque, le blues, le rock et des éléments empruntés aux musiques du monde entier. On pense aux sonorités chaudes et hantées de Mingus, au jazz abstrait du Herbie Hancock des débuts ; mais aussi à Captain Beefheart et à la musique délirante des dessins animés de la Warner (Coyote, Bugs Bunny et les autres), le tout joué par une brochette d’excellents musiciens. Certainement pas toujours facile à écouter, ce disque tutoie la folie et contient quelques grands moments comme “Hilton’s Heaven”, pièce composée en hommage au rocker batave Herman Brood (NDR : il décida de quitter la terre en se jetant du haut d’un hôtel Hilton). Dommage que la Paris du même nom n’ait pas inclus ce titre sur son album solo… Les amateurs de jazz timbré ont trouvé leur plaque pour bien (?) commencer l’année.

 

 

 

 



Earthlings ?

Human beans

Redoutable et angoissante, la musique d'Earthlings nous replonge près de vingt ans en arrière. La discographie de Bauhaus, Christian Death, Suicide, Cramps, Swans, mais également " Ziggy Stardust " de Bowie et " Movement " de New Order doivent certainement occuper une place de choix dans la collection de ce trio constitué de Pete Stahl (ex Scream, Wool), Fred Drake (ex Shy Party) et de Dave Catching (ex Tex & The Horseheads). Mais pas seulement. La formation prenant un malin plaisir à saupoudrer son expression sonore de bruitages expérimentaux, un peu à la manière d'Ash Ra Temple ou de Can ; et que la presse spécialisée s'est déjà empressée de qualifier de sci fi kraut rock. Pourquoi pas ? L'album recèle, en outre, une version iconoclaste de Johnny B. Goode, qui fera dresser les cheveux à plus d'un bluesman. Mais les deux fragments les plus intéressants sont, à notre avis, " Moons over milleniums ", chanson folk punk minimaliste, enrichie d'un violon paradoxalement allègre, et puis surtout " From beyond space valley ", qui célèbre une hypothétique rencontre entre Chrome et Porno for Pyros...

 

Mother Earth

The People Tree

Dédié à la mémoire de feu Steve Marriott, célèbre guitariste qui avait fréquenté successivement les Small Faces puis Humble Pie, "The People Tree" constitue le deuxième opus de ce quartet insulaire. Bien que relevant du label ‘Acid Jazz’, écurie responsable du virus ‘in crowd’ qui contamine les pistes de danse depuis le début des nineties, Mother Earth se distingue de ses condisciples par un goût très prononcé pour le rhythm’n’blues des seventies. Celui de Sly & The Family Stone, Brian Auger et du Steve Miller Band en particulier. Malheureusement, malgré le talent incontestable des différents instrumentistes, et la bénédiction de Paul Weller (qui participe aux backing vocaux pour un titre), ce mélange souffre d'anachronisme aigu…

 

The Earthmen

The fall and rise of my favourite sixties girl (Ep)

Quintet australien, The Earthmen semble surtout avoir été marqué par la musique britannique. C'est en tous cas l'impression que nous donne ce mini CD constitué de cinq titres. Un disque qui affiche une richesse mélodique tout à fait étonnante. Tramée basiquement sur l'électricité crépitante, écorchée, geignarde des cordes de guitares, secouée par des accès de basse sourds, ondoyants, éclaboussée tantôt de claviers fluides, traversée tantôt d'un violon ou d'un violoncelle déchirant ou romantique, voire de bandes passées à l'envers, elle embrasse à la fois la fraîcheur d'un Teenage FanClub, le délire menaçant ou le classicisme éthéré de King Crimson ainsi que l'audace de Boo Radleys. Superbe!