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Eric Steckel

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Eric Steckel est un musicien surdoué. Très jeune. Plus jeune encore que les Jony Lang, Mike Welsh et autre Joe Bonamassa. Et pour cause, il vient de fêter ses quatorze ans. Un musicien qui aime se frotter au blues. Il n'en avait pas encore douze, lorsqu’il commettait son premier elpee, "A few degrees warmer". En 2002. Originaire d'Allentown, en Pennsylvanie, il s’est fixé aujourd'hui à Jacksonville, en Floride. Eric est parvenu à taper dans l’oreille du bon vieux John Mayall. Ce vétéran doit certainement se rappeler les bonnes années soixante, lorsqu’il incarnait une véritable institution pour les jeunes bluesmen anglais. Steckel a donc pu rejoindre John sur les planches, lors de plusieurs concerts.
 
Cet opus était paru chez ESB, l’an dernier. Munich Records le distribue aujourd’hui chez nous. Adepte des ‘Fender Stratocaster’, Eric est ici épaulé par Nick Franklik à la basse et Wayne Smith aux drums. Ce dernier double aussi à l'orgue Hammond. L'album réunit répertoire personnel et reprises de classiques notoires.
 
En ouverture, "Funky C funky Do" nous signifie qu’Eric a beaucoup écouté le regretté Stevie Ray Vaughan. Le gamin est déjà à l’attaque sur cet instrumental très électrique et donne l’impression de vouloir épater la galerie. Avec un talent indéniable, il faut le reconnaître ! "Slow train" repose sur un riff classique, appuyé. La légèreté n’est pas au rendez-vous. Comme au bon vieux temps du british blues célébré au cours des sixties. Mais lorsqu’il essaie de poser sa voix, on se rend bien compte qu’il s’agit d'un enfant. Et dans l’univers du blues, ce type de timbre soulève d’inévitables réserves… Néanmoins, il y met un aplomb certain, forçant au passage ses cordes vocales. Son solo est bien en place. Manifestement, il est parvenu à assimiler la patte de ses maîtres. Il me semble davantage dans son élément, lorsqu’il aborde les instrumentaux. A l’instar d’"Esperita" doté d’évidentes saveurs latines. Il est même ici proche de Carlos Santana, mais sans pour autant en pomper le style. La guitare est parfaitement maîtrisée pendant que l'orgue Hammond donne une coloration chaleureuse à l’ensemble. Eric a beau se démener et connaître son répertoire, il me fait sourire lorsqu’il se met à chanter. Mais il vit sa musique, le diable ! Que ce soit à travers le funky "Blues is a feelin" ou son autobiographique "Some people tell me", mélodiquement proche du "Thrill is gone" de BB King . Les instrumentaux se taillent quand même la part du lion. A l’instar de "Oh yeah!", du très SRV "Char broiled" ou encore de "Born under a bad sign" qui ne fait pas dans la dentelle. En fin de parcours, les reprises se bousculent d'ailleurs ; et notamment un "Further on up the road" caractérisé par une sortie des cordes de toute bonne facture ou encore "Lucille". Munich a même ajouté deux bonus tracks. Deux extraits du premier album issus du répertoire de Freddie King : "Hideaway" et "The sad nite owl". Je rappelle qu’à l’époque, il n’avait alors que 12 ans. Une chose est sûre, Eric Steckel est un excellent guitariste. Il possède la technique, affiche de la maîtrise et manifeste beaucoup de feeling. Avec le temps, il deviendra sans doute moins démonstratif. Mais peut-on lui en vouloir? Personnellement, je répondrai par la négative. ! Suffit de réécoutez donc son impressionnant solo accordé lors de son "Never run from the rain" pour en être convaincu…