L’aventure de Metronomy débute à Totnes, dans le Devon, en Angleterre. Enfin celle de Joseph Mount. Son père lui offre un ordinateur. Et le fiston y développe rapidement une expérience en matière d’électronique. A un tel point qu’il commence même à composer de la musique, à l’aide de son PC. Et de devenir, au fil du temps, de plus en plus compétent, dans le domaine. Qu’il met alors au service d’un groupe (NDR : deux autres musiciens sont impliqués chez Metronomy : le drummer Oscar Cash et le bassiste/claviériste Gabriel Stebbing), destiné à concrétiser ses projets. Ses compos arrivent aux oreilles de d’Erol Alkan. Il flashe sur le titre "You could easily have me" et décide Joseph à venir les interpréter en club, flanqué de sa formation… Dans la foulée, le combo publie un single, "Radio Lady" ; un titre imparable qui figure d’ailleurs sur « Nights Out’ », leur premier opus paru en septembre. Les concerts se multiplient. D’abord dans de petites salles, puis de plus grandes. Et pour cause, le public devient de plus en plus conséquent. Pour la seconde fois, le combo se produisait au Botanique. Quelques mois plus tôt, c’était en première partie de Ladytron. Mais ce mardi 17 février, ils occupent la tête d’affiche.
Pourtant, les circonstances ne sont pas favorables pour jouer ce soir. Et pour cause, juste avant le spectacle, des olibrius ont fracassé les vitres de leur minibus. Une situation qui n’est, bien sûr, pas de nature à faire le vide dans sa tête avant de monter sur les planches. Néanmoins, il faut reconnaître que le groupe va nous gratifier d’un set électro pop de bonne facture. De courte durée, mais particulièrement dense. En 80 minutes, la formation va nous dispenser les titres issus de « Nights Out ». De quoi nous permettre d’apprécier la musique de ces Britons.
Trois synthés vintage, des guitares, des basses, un saxophone, une boîte à rythmes et un Mac. C’est l’équipement sur lequel les 3 musiciens au look étudié et aux vocaux éthérés, vont se partager au cours de cette soirée. Dès les premiers accords, on est plongé dans une pop électronique d’une autre époque. Celle des eighties. Très mélodique. Et surtout, britannique, bien sûr. Le groupe manifeste un bel enthousiasme sur les planches et ne se prend pas trop au sérieux ; enfin, en apparence. Car la conception du spectacle est impeccable. D’ailleurs, les versions des compos interprétées différent peu de celles de l’album. Ce qui n’a pas trop l’air de déranger le public. Et à l’applaudimètre, « A thing for me », « My heart rate rapid » ainsi que « Radio Ladio » emporteront la palme. Le trio va nous réserver également une drôle de chorégraphie basée sur des ‘lumières-pendentifs’ qu’ils arborent fièrement. De ce spectacle, on retiendra surtout l’utilisation de véritables instruments, en sus de leur matos électronique. Bref, Metronomy nous a accordé un set réussi et plaisant, à défaut d’être transcendant. Réglé comme du papier à musique aussi. Ce qui n’a pas empêché la majorité des spectateurs présents, de quitter la salle, enchantés par leur prestation…
Organisation Botanique