New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Fat White Family

La religion de Fat White Family…

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Les musiciens de Fat White Family ne sont pas croisés les bras au cours de ces quatre dernières années. Depuis la sortie de leur dernier album, "Serfs Up", ils ont assuré la première partie de Liam Gallagher lors de son plus grand concert solo à Knebworth, réalisé et projeté un court-métrage aux accents bergmaniens intitulé ‘Moonbathing in February’ et le frontman Lias Saoudi a écrit un best-seller relatant l'ascension tumultueuse du groupe vers une célébrité moyenne : ‘Fat White Family and the Miracle of Failure’ (Trad : Fat White Family et le Miracle de l'échec).

En attendant la sortie d’un nouvel elpee, prévue pour 2024, la vidéo de "Religion For One", un portrait de l'ambition corrompue, de l'inceste esthétique et de l'histoire de l'expressionnisme abstrait, est disponible

 

 

Fat White Family

Un moment privilégié…

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Originaire de Peckham, en Angleterre, Fat White Family est un peu considéré, tout comme Girl Band, comme un des fondements du renouveau du rock. Pourtant, son parcours plutôt chaotique, entre problèmes d’addiction, tournées promo bancales, différents entre les frères Saoudi ainsi que projets montés en parallèle, a failli lui être fatal. Et finalement, c’est en gravant un troisième elpee, « Serfs up » (voir chronique ici) que le band est parvenu à relancer la machine, avant de partir pour une nouvelle tournée, qui recueille d’unanimes échos favorables dans la presse et auprès du public. Bref, il ne fallait donc pas manquer son concert, prévu à l’Ancienne Belgique, ce lundi 9 décembre 2020.

Shht assure le suporting act, un sextuor issu de Gand considéré au Nord de la Belgique comme absurdiste, surréaliste et novateur. Tous les musicos grimpent sur l’estrade vêtus de salopettes, l’un d’entre eux, torse nu et tablier baissé, se distingue par un bandeau qui lui enserre la bouche. Tout un symbole !

La musique de ce band oscille entre disco, punk, metal, électro et funk ; et particulièrement remuant, le chanteur vient se balader, micro en main, dans une fosse à moitié remplie. Malheureusement, le volume sonore est excessif. Surtout pour une première partie. Et puis la plupart des vocaux sont vocodés. De quoi horripiler votre serviteur. Dommage, car la troupe tente des harmonies vocales atmosphériques, dans l’esprit d’Animal Collective, mais en préférant les filtrer, plutôt que de les conjuguer, elle accentue l’aspect artificiel de sa musique…

Fat White Family débarque sur le podium à 21 heures. Un septuor ! Deux claviéristes, dont un double au saxophone et à la flûte traversière, se plantent aux extrémités du podium ; respectivement Alex White et Nathan Fabian Saoudi. Adam Brennan (Meatraffle, Scud FM) se charge de la basse, Adam J. Hammer et Saul Adamczewski, ce dernier un bonnet enfoncé sur le crâne, se consacrent aux guitares, Lias Kaci Saoudi assure le lead vocal et l’ex-Temples, Samuel Toms, les drums. Transparente, sa grosse caisse contient la réplique d’une tête de porc de couleur rose. Humour ou symbolique ? Et dès le premier morceau, le mid tempo « Auto neutron », Lias, chaussé de lunettes fumées, dont il se débarrassera, à partir du deuxième morceau, se fraie un chemin dans la fosse ; et déjà c’est le tumulte. La bière coule à flots ; mais plutôt sur les vêtements des spectateurs ainsi que sur le parquet, qui devient rapidement collant. Le chanteur va d’ailleurs régulièrement y retourner, obligeant les roadies à le suivre pour tenir le fil du micro. Sa voix est ténébreuse, mais bien timbrée. Très expressif, sauvage et à l’attitude sexuellement rock’n’rollesque, c’est un remarquable showman. Il se contorsionne, pastiche le fascisme, se prosterne, adopte des attitudes à la Iggy Pop (les bras autour de la tête) ou de Liam Gallagher (les mains dans le dos). Et puis quelquefois, tout comme son frère, il lampe une bouteille de vin au goulot. Les guitares sont savoureusement cinglantes. Et tout particulièrement tout au long de « I am Mark E. Smith », hommage rendu à feu le leader de The Fall, dont la formation se considère comme l’héritière naturelle, alors que le saxophone entre dans la danse (NDR : tout au long du concert Alex va jongler entre cet instrument, une flûte traversière, ses claviers et des percus) pour apporter davantage de variation dans l’expression sonore ; que ce soit de la profondeur ou un surplus d’atmosphère. Lias en profite pour jeter son t-shirt dans la foule (NDR : sa ceinture, puis une serviette de bain, vont suivre, un peu plus tard), avant de se lancer dans son premier crowdsurfing, pendant le pulsant « Tinfoil Deathstar », un titre imprimé sur un tempo réminiscent du « What we all want » de Gang of Four, tempo qui va d’ailleurs revenir régulièrement à la surface au cours du show. Ce rythme devient tribal pour le bien post punk « Heaven on earth ». La set list ne censure pas le « Touch the leather », aux lyrics explicitement homoérotiques. Faut dire que la musique baigne au sein d’un climat malsain voire sordide. Lias attribue la paternité de « Hits, hits, hits » à Ike Turner. Claviers rognés aux sonorités Hammond et tonalités de gratte surf alimentent ce morceau au cours duquel Lias frappe sur un gong qui sonne comme une casserole. Il dédie ensuite « Cream the young » au prince Andrew. Les harmonies vocales deviennent incantatoires tout au long de ce titre balisé par une boîte à rythmes. Petit moment d’accalmie ensuite, grâce à deux ballades atmosphériques interprétées quasi en solo par Adam, les autres musiciens apparaissant et disparaissant en catimini suivant le rôle qui leur est alors dévolu. Applaudi, il soulève alors son bonnet pour remercier la foule. Et la suite va repartir en force, grâce à une majorité de compos issues du dernier LP. Mais adaptées au ‘live’, elles se révèlent plus percutantes et prennent une autre dimension ! Paso doble envoûtant, « Bobby’s boyfriend », est parcouru par un bip bip de synthé récurrent. Plus mystérieux, le lancinant « Special ape » est carrément hanté par Swans ; même que la voix devient aussi rauque que celle de Michael Gira. L’intensité monte en crescendo sur le tropical et hymnique « I believe in something better », une chanson que la foule reprend en chœur. Et cette intensité est toujours aussi fiévreuse sur le presque disco « Feet », que chante Lias, d’une voix déclamatoire. Ce dernier repart en crowdsurfing tout en continuant de chanter. C’est la folie dans la fosse. Les gobelets de houblon volent dans tous les sens. De plus en plus enthousiaste, le public chante, danse, frappe dans les mains et est heureux de vivre ce moment privilégié. Avant que « Is it training in my mouth » n’achève ce concert dans une forme d’apocalypse psychédélique. Pas de rappel et pas de « Bomb Disneyland » non plus, comme mentionné dans la set list. Une chose est sûre, le band a donné, ce soir, tout ce qu’il avait dans le ventre. Probablement un des concerts de l’année...

Setlist : Auto Neutron, I Am Mark E. Smith, Tinfoil Deathstar, Fringe Runner, Heaven on Earth, Touch the Leather, Hits Hits Hits, Cream of the Young, Drones, Goodbye Goebbels, When I Leave, Bobby's Boyfriend, Special Ape!, I Believe in Something Better, Feet, Whitest Boy on the Beach, Is It Raining in Your Mouth?, Bomb Disneyland

Voir notre section photos ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

Fat White Family

Serfs up !

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Si « Serfs up » constitue le troisième opus de Fat White Family, on ne peut pas dire que depuis la sortie du deuxième, tout à été rose et violette ! Et pour cause, entre problèmes d’addiction, tournées promo bancales, différents entre les frères Nathan et Lias Saoudi ainsi que projets montés en parallèle (Warmduscher, The Moonlandingz, Insecure Man, Eccentronic Research Council), l’aventure avait largement du plomb dans l’aile. Et puis, miracle, les frangins et Saul Adamczewski se sont rabibochés et se sont mis à bosser sur un nouvel elpee, disque dont les sessions se sont déroulées au sein de leurs propres studios à Champzone. Et le résultat risque fort de brouiller à nouveau les pistes. Les compos sont gorgées d’arrangements luxuriants, qu’ils soient symphoniques ou de chambre (flûtes, violons et/ou cuivres), électro, jazzyfiants, psychédéliques ou exotiques. Et puis il y a ces chœurs, tour à tour grégoriens, célestes, fastueux ou encore réminiscents des Beach Boyes voire du Plastic Ono Band (NDR : pas étonnant quand on sait qu’Adamczewski et Lias Saoudi ont bossé en compagnie de Sean Lennon et Yoko Ono). 

Les dix plages de ce « Serfs up ! » rivalisent d’éclectisme. Depuis le lancinant « Feet », que chante Lias d’une voix de crooner, sur un lit ténébreux de disco teinté de no wave (Tuxedomoon ?) et de western synthétique (Wall of Voodoo ?) au blues « Bobby’s boyfriend », abordé dans l’esprit de Tom Waits, au cours duquel on a l’impression d’entendre Miles Davies souffler dans une vuvuzela, en passant par le vaporeux et aquatique « Vagina dentata » (Connan Mockasin ?), les très engagés « I believe in something better » (NDR : qui s’intéresse à l’histoire du terroriste américain Theodore Kaczynski, surnommé ‘Unabomber’, tout en laissant des sous-entendus relatifs au Brexit) ainsi que « Kim’s sunsets », qui réverbère les paroles du dictateur nord-coréen au sujet de ses missiles, le glam boogie « Tastes good with the money », l’hymnique « Rock fishes » (Mercury Rev ?) et la rumba « When I leave ». Bref, il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs. Et au fil des écoutes, on n’en finit plus de déceler de nouvelles nuances au sein de ce cocktail lugubre mais festif, tourmenté, onctueux mais sauvage et surtout original dans son art à agréger les genres…     

En concert dans le cadre du festival Levitation à Angers ce 20 septembre 2019, le 21 au Transbordeur à Lyon,  le 27 à la Philharmonie de Paris et le lundi 9 décembre à l’Ancienne Belgique de Bruxelles.