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Five Deez

Slow children playing

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« Slow Children Playing » réunit des travaux opérés entre 1993 et 1998 par le groupe de Cincinnati alors que la majeure partie des musiciens fréquentait encore l’école. Une excellente manière de découvrir la préhistoire de Five Deez, formation dont on se rappelle surtout la très sympathique prestation scénique accordé aux « Nachten », en 2004. Nonobstant leur jeune âge, le boulot exécuté par les gaillards à l’époque était d’un excellent niveau. Ils s’inspirent vraiment beaucoup (trop ?) du collectif Native Tongues : le flow des mc’s renvoie à De La Soul, les boucles jazzy rappellent A Tribe Called Quest. Sauf qu’ici tout est un peu plus brumeux, sombre et intellectuel. A l’instar de « Cerebral Attax », fragment qui ouvre l’elpee. Le hip hop évolue constamment et ce disque en est la plus belle illustration. Réservé aux fans.

Five Deez

Kinkynasti

Derrière Five Deez se cache en fait Fat Jon, qu'on a pu entendre cette année chez Pole et Styrofoam. Preuve que l'homme a du goût, ce qui est presque un luxe dans le monde stéréotypé du rap amerloque. Pour cet album, le deuxième de son groupe, Fat Jon n'a pourtant pas retenu les leçons de ces potes du laptop : ici, on parle toujours de hip hop, et du plus riche. Si " Kinkynasti " n'est pas avare en tubes plaqués or, il lorgne davantage du côté plus abstrait du jazz rap à la Gangstarr. C'est quand les rythmes s'étirent et que les femmes soupirent (" Another Love Affair ", " Tonight ") que Five Deez retient le plus notre attention, même si certains atours plus funky peuvent aussi attiser notre ardeur (" Funky ", comme son nom l'indique). Il arrive également à Five Deez de garder ses mots en bouche et laisser parler la musique : ces instants-là, précieux (" The Ocean ", " The Rain "), nous rappellent alors le meilleur de Cinematic Orchestra, bref le meilleur de l'électro-jazz. De ce disque se dégage une poésie tranquillisante, loin des diktats FM imposés en général par le rap bizness. Du miel pour les oreilles !