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Fletcher

Sexy et juvénile…

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La grande salle de l’Ancienne Belgique est en mode Ballroom, c’est-à-dire que les balcons et les places assises ont été condamnées. Le concert est complet depuis belle lurette. La queue débute à l’entrée de l’AB, s’étend tout le long de la rue des Pierres et atteint l’entrée de ‘Music village’. Jamais vu une telle file d’attente ! La majorité du public est composé de jeunes adolescentes dont la moyenne d’âge ne doit pas dépasser les 17 printemps. Votre serviteur se sent un peu perdu au milieu de ces grandes ados…

Depuis la sortie de « Undrunk », Cari Elise Fletcher (28 ans), aka Fletcher, a le vent en poupe. Ce single remonte à janvier 2019. Depuis, l’artiste a gravé deux Eps et une volée de singles. Elle devrait bientôt publier son premier elpee.

Le supporting act est assuré par Taylor Cameron Upsahl, aka Upsahl. Née le 28 novembre 1998, cette auteure/compositrice/interprète et multi-instrumentiste américaine est issue de Phoenix, dans l’Arizona. A son actif, un album studio, un live, deux Eps et une volée de singles.

Vêtue d’un body et de bas noirs, elle alterne, guitare, basse et ivoires. Elle est soutenue par un sixcordiste et un drummer.  

Puissantes, les interventions d’Upsahl à la guitare évoluent à la limite du métal. Très interactive, elle affiche une présence scénique dynamique qui fascine l’auditoire. Tout au long de « Drugs », « Lunatic » et « Lady Jesus », elle parvient à faire chanter et danser la foule. Faut dire que ses refrains sont accrocheurs. On est sans doute en présence d’une future star. Enfin, c’est un avis qui n’engage que votre serviteur…

Fletcher débarque sur le podium vêtue d’un bermuda et d’une veste à franges aux épaulettes d’officier de l’armée. Elle est soutenue par un drummer et deux guitaristes, dont une de sexe féminin, très complice avec Fletcher.

Agressif, le light show se focalise aussi bien sur les musicos que sur la foule.

Fletcher réinvente « I Kissed A Girl » de Katy Perry, en utilisant quelques paroles de la version originale afin de raconter sa propre histoire lorsqu’elle est passée à l'âge adulte. Les paroles sont significatives de l’esprit de la chanson : ‘J'ai embrassé une fille et je l'ai aimée. Je l'ai sirotée comme une démodée’. La pop star du New Jersey l’interprète sur le refrain du hit décroché par la Californienne, en 2008, au cours duquel elle racontait : ‘J'ai embrassé une fille et elle a aimé ça. C'est mieux que ce que j'imaginais’.

Après ce morceau dansant, elle nous réserve le plus paisible « Forever », un morceau dont les lignes de guitares particulièrement souples canalisent sa voix qui fluctue constamment.

Elle n’oublie pas « Cherry », enregistré en compagnie de l’icône lesbienne Hayley Kiyoko. Et exécute son dernier Ep, « The s(ex) tapes », dans son intégralité. Manifestement, Fletcher est également devenue une sorte de symbole lesbien au sein de la communauté LGBTQ (NDR : dans la salle, il y avait pas mal de couples féminins). Sa version du « Happier Than Ever » de Billie Eilish est particulièrement entraînante.

Le show va traverser quelques moments cocasses ; notamment, lorsque des sous-vêtements féminins atterrissent sur la scène, mais munis de leur étiquette et du prix. Fletcher a de quoi s’habiller pour l’hiver prochain. Et puis, lorsqu’elle a failli perdre son bermuda. Ce qui a déclenché l’hilarité dans la fosse, la forçant à aller se réajuster en coulisses. De retour sur l’estrade, elle entame alors une danse sensuelle avec sa guitariste.

Un peu de funk ou d’électro plus tard, elle n’oublie pas son tube « Undrunck ». Au sein des premiers rangs, les aficionados connaissent les paroles et les reprennent en chœur. Moment choisi par les spectateurs pour allumer leurs smartphones afin de parsemer l’auditoire d’étoiles. Pendant « If I Hated You », Fletcher s’allonge puis lève sensuellement les jambes en chantant « Sex (With My Ex) », une compo au cours de laquelle elle raconte avoir mal vécu une rupture amoureuse difficile. Très interactive, au cours du show, Fletcher prend plusieurs bains de foule, mais près du front de scène. Et le concert de s’achever par le très rock « Bitter », une nouvelle chanson.

Au cours du rappel, elle interprète « For cari », un inédit qu’elle déclare avoir écrit à un moment particulièrement déprimant de sa vie…

Setlist : « Girls Girls Girls », « Forever », « Cherry », « If You're Gonna Lie », « All Love », « Undrunk », « If You're Gonna Lie », « Fuck You for Ruining New York City for Me, Happier Than Ever » (cover Billie Eilish), « Silence », « If I Hated You », « Feel », « Sex (With My Ex) », « The One », « Shh...Don't Say It », « Bitter ».

Rappel : « For Cari », « Healing ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

 

 

Kirk Fletcher

My turn

Écrit par

La carrière de ce jeune guitariste afro-américain est assez extraordinaire ; mais ce parcours, il le doit en bonne partie à Randy Chortkoff. Et pour cause, peu de temps après la mise en route des Mannish Boys, c’est-à-dire en 2005, le boss de Delta Groove a engagé Kirk, au sein de son écurie. Originaire de Californie, Fletcher est âgé de 34 ans. Il y a près de 15 ans, il avait été remarqué par Al Blake du Hollywood Fats Band. Ce dernier lui avait présenté Junior Watson et Kim Wilson. De bonnes rencontres assurément ! Dans un passé plus récent, il a milité au sein du backing group de Charlie Musselwhite, lors des tournées du natif de Kosciusko. Il y est resté 3 ans. Rien que de solides références pour notre gratteur à la peau d'ébène.

Kirk comptait déjà deux albums à son actif. Publié en 1999 et intitulé "I'm here and I'm gone", son premier elpee avait reçu le concours de Jimmy Morello à la mise en forme. Il était paru chez le label anglais JSP. Son deuxième, "Shades of blue", remonte à 2004. Pour concocter ce troisième opus, Kirk n'a pas fait appel à de grosses pointures pour le soutenir. Il a simplement sollicité son ami Michael Landau, pour le coproduire. Le gratteur californien s’est cependant également investi à la six cordes.

Instrumental, "El Medio stomp" ouvre l’elpee. Fletcher embraie ensuite par le "Found love" de Jimmy Reed. Un blues flemmard, qu’il chante d’un timbre monocorde. L’instrumentation est très cool. Les cordes acoustiques (mandoline, banjo) sont distinctes, mais progressivement la guitare lumineuse de l’artiste se détache de l’ensemble. "Natural anthem" est une autre plage instrumentale. Signée Jesse Edwin Davis, elle est imprimée sur un tempo subtilement funky. Une compo trempée dans le roots rock et parcourue par la slide majestueuse de Dave Melton (NDR : ce musicien appartient au cercle d'amis proche de Kirk et de Landau). La voix de Fletcher est plus convaincante sur le "Ain't no way" de Jimmy Johnson, un blues dont le tempo enlevé est renforcé par les cuivres. Le titre maître est encore un instrumental. En fait, il ne sert qu’à étaler toute la dextérité du guitariste qui aborde froidement un mélange de rock et de jazz, en le teintant légèrement de psychédélisme. Une plage coécrite en compagnie de ses partenaires ; soit le bassiste Travis Carlton (le fils de Larry), le claviériste Luke Miller et le saxophoniste Paulie Cerra. La reprise du "Congo square" de Sonny Landreth est sans aucun doute une des meilleures compos de l’opus. Les arrangements sont soignés. Le jeu de cordes est chaleureux et inventif. Constituée de Bobby Tsukamoto et Tom Fillman, la section rythmique exerce un rôle essentiel dans le développement technique. Long instrumental atmosphérique, "Way back home" baigne dans le jazz funk. Les interventions aux cordes sont à la fois intenses et chirurgicales. Un morceau issu de la plume du saxophoniste Wilton Felder, le fondateur des Crusaders. Encore un instrumental : "Blues for Antone". Un blues lent signé par le Texan Clifford Antone, le patron du plus célèbre club de blues d'Austin. Cette version lui rend hommage. Sculpté dans le pur funk, "Let me have it all" est une compo issue du répertoire de Sly Stone. Le cri de Kirk est vigoureux. Il décoche au passage une superbe sortie sur les cordes. Mr Fletcher achève cet elpee par son "Continents end". Ses accords de guitares atmosphériques rappellent inévitablement le mythique Jimi Hendrix, une légende adulée par Kirk.

Un album d’excellente facture ! Et pour que votre info soit complète, sachez que Michael Landau devrait publier sous peu un long playing, chez Tone Center. Le disque s’intitulera "Renegade creation" et a bénéficié de la participation de Robben Ford.

 

Kirk Fletcher

Shades of blue

Écrit par

De couleur noire, ce guitariste milite au sein d'un milieu dont les stars sont toutes blanches : Junior Watson, Kid Ramos, Alex Schultz, Rusty Zinn,… Mais à l'instar de ces dernières, il est un adepte du style jump, cher aux musiciens californiens. Originaire de Lakewood, en Californie, il a été très top imprégné du son des années 50 et 60. Et en particulier par le grand BB King. Il n'a que 27 ans, et a déjà côtoyé des musiciens de blues contemporain aussi notoires qu'Al Blake (NDR : le leader du Hollywood Fats Band), Lynwood Slim et Jr Watson. Il a participé à de nombreuses sessions pour John Stedman, le boss de JSP. Il a d'ailleurs commis son premier elpee chez ce label : "I'm here and I'm gone. En 1999. Il figurait également sur l'excellente collection "Blues across America : the Los Angeles Scene", un disque paru sur le défunt label Cannonball. Tout récemment, il a transité par le backing band de Kim Wilson et des Fabulous Thunderbirds. Aux côtés de Kid Ramos. Quel beau monde! Boss de Crosscut, Detlev Hoegen a eu le nez creux. Les sessions de cet album se sont déroulées aux studios Valley, près de L.A. Les invités sont de grosses pointures et se partagent les vocaux : Kim Wilson, la sulfureuse Janiva Magness et Finis Tasby. Parce que Kirk gratte mais ne chante pas.

Cet elpee s'ouvre par un instrumental : "Blues for Boo Boo. Bien rendu par l'orgue Hammond de Red Young, le climat trempe dans le Memphis R&B. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est le son de la guitare qui occupe le devant de la scène. La section rythmique impose un swing léger. Mais si Kenny Sara exerce son rôle à la batterie, les parties de basse sont produites par les pédales de l'orgue. Bonne entrée en matière ! Red Young est un claviériste texan. De Dallas Fort Worth. Il drive sa propre formation : le Red Hots Trio. Un combo au sein duquel on retrouve Sara aux drums. "Bad boy" est un de mes blues favoris. Une histoire de mauvais garçon composée par le grand Eddie Taylor. Cette version bénéficie ici d'un bonus décisif. Kim Wilson le double au chant et à l'harmonica. Il y a une éternité que Kim l'interprète en compagnie des ses FabTs. Janiva Magness revient chanter une version très personnelle de "Little by little". L'univers sonore est très proche du morceau qui ouvre l'opus. Très Memphis, ce fragment est dominé par l'orgue Hammond. Kim Wilson chante "My home is a prison" de Jay Miller. Sa voix reste distante sur ce blues des swamps louisianais chargé d'émotion. Kirk joue dans un style bien éloigné du jump, libérant une bonne dose d'intensité dramatique. La machine est désormais parfaitement huilée. Kim est toujours au poste pour se lancer dans le "Country girl" de BB King. Un West Coast swing d'excellente facture émaillé d'échanges de grande classe, entre la guitare et l'harmonica. Chanteur noir californien, Finis Tasby interprète "Welfare blues", un blues lent, brûlant, écrit par Jimmy Dawkins. Du Chicago blues ! Red Young est passé au piano. Eli Fletcher se sent comme un poisson dans l'eau pour exécuter ce fragment au style orthodoxe. Signé Willie Dixon, "Don't go no further" est ici rendu de manière très originale. L'atmosphère roots se teinte de jazz. Janiva Magness est au chant. Red au piano. Jeff Turmes à la basse et à la guitare acoustique. Kim repart de plus belle. L'inspiration féconde, il souffle avec puissance sur son instrumental "Club Zanzibar". Quelle pêche ! Faut dire que Kim a ramené une fameuse section rythmique. En l'occurrence Ronnie James Weber (ex-Little Charlie & the Nightcats, Fab Ts) et Richard Innes (ex-Hollywood Fats Band, Fab Ts). Finis Tasby chante encore de sa voix claire et puissante le "Down home woman" de Mark Goldberg (ex Canned Heat) et le classique de Percy Mayfield, "The river's invitation". "That's why I'm cryin" est sans doute le moment le plus intense de l'album. Un blues lent classique, à vous flanquer des frissons partout. Tout au long de cette plage signée Magic Sam, Janiva susurre une dernière fois au sein d'un univers sonore déchiré entre orgue Hammond et guitare…