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L’heure personnelle de Lucie Valentine

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Wild Fox

Wanker’s Juice (Ep)

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Wild Fox est une formation angevine qui réunit de jeunes musiciens ayant fourbi leurs armes auprès de groupes tels que MNNQNS, The Soft Moon ou Lysistrata. Des piges emmagasinées comme des munitions destinées à « Wanker’s Juice », un second Ep chargé de rock garage d’un calibre proche de Mountain Bike (« Chester »).

En 13 minutes, Wild Fox balance 5 projectiles dont la fougue juvénile sent la poudre du rock’n’roll (« African Running ») …

A suivre définitivement !


 

Foxygen

Seeing Other People

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A côté de sa belle et récente carrière de producteur (Weyes Blood, Whitney, Father John Misty), Jonathan Rado continue sa belle aventure au sein de Foxygen en compagnie de son comparse Sam France. Embrassant une belle amplitude de styles depuis leur coup de poing mélodique et psyché asséné par « We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic » (NDR : leur second elpee), les deux jeunes Américains ne se refusent rien…. Après avoir publié un double album conceptuel (le très inégal « …and Star Power ») et un LP à la théâtralité assumée (le très beau « Hang »), le tandem nous propose « Seeing Other People », une collection de morceaux boostés aux sonorités 70’s. Plutôt pop, il recèle des titres glam fluides à souhait (« Work », « News »), un brin jazzy (« Face the Facts »), des ballades soft-rock (« Livin’ A Lie »), un petit brûlot springsteenien (« The Thing Is ») et une version hi-fi d’Ariel Pink (« Mona »). Toujours à la limite du pastiche, Foxygen s’en sort toujours haut la main grâce à d’étonnantes capacités mélodiques et ce brin de folie qui fait tout son charme…

Foxygen

Hang

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On avait rarement vu pareil sabordage que celui de Foxygen à la sortie de son second opus. Après le succès de « We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace & Magic », parfaitement produit par Richard Swift, le jeune duo avait décidé de publier un double concept album. Baptisé « … And Star Power », il était tellement brouillon qu’il était parvenu à faire fuir de nombreux aficionados du groupe. En concoctant son troisième essai, « Hang », la formation en est revenue à de plus ‘raisonnables’ ambitions, se limitant à une formule davantage succincte, soit 8 morceaux en à peine 32 minutes. Moins accessibles que sur sa première œuvre, mais structurés et mélodiques que son ingérable suite, les plages de Foxygen sont toujours marquées par le rock des 60’s et 70’s (Beach Boys et Kinks en tête) et évoluent parfois à la limite du pastiche. Jonathan Rado et Sam France possèdent pourtant ce talent susceptible de construire de petites cathédrales psyché/pop au parfum rétro ; et le premier single, « Follow the Leader », en est certainement la plus belle illustration. Ce qui n’empêche pas le combo de lorgner vers le music-hall (« Avalon ») ou de replonger dans l’univers de Bowie circa 80’s (« Mrs. Adams »). Favorablement. Ce duo est en perpétuelle recherche de liberté. On n’est donc pas bout de nos surprises…

 

Betty Fox

Slow burn

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Betty Fox est née à Tampa en Floride. Dès son plus jeune âge, elle chante le gospel, comme sa famille. Elle se passionne cependant pour le blues et la soul. Quand elle fonde son band, c’est pour se produire essentiellement dans sa région, la Sun Coast floridienne, côté Golfe du Mexique. Avant de graver "Slow burn", elle avait publié un premier opus, "Too far gone". Compositrice, Betty se réserve bien sûr les vocaux. Pour enregistrer son second LP, elle a reçu le concours de nouveaux musiciens. En l’occurrence le guitariste Kid Royal, le bassiste Barry Williams, le batteur Sam Farmer et le claviériste Shawn Brown.

"Think about it" ouvre le bal. Le rythme est clairement funk. Soul, la voix de Betty dispose d’énormes réserves de puissance. Elle force cependant un chouia. Elle chante la ballade soul "Sweet memories", tout en retenue, mais avec passion. Son timbre est cependant quelque peu éraillé, manifestement forgé dans le chant gospel. Kid Royal en profite pour opérer une sortie sur ses cordes. Des cordes bien harmonieuses et chargées de feeling. Fragiles, elles introduisent "Slow burn", un blues lent tapissé par l’orgue. Kid s’autorise un excellent envol. Dispensé parcimonieusement, il évoque même Ronnie Earl… La voix de Betty monte dans les octaves à la manière de Janis Joplin, sans pourtant devenir perçante. Indolent, "Solid ground" est discrètement sculpté dans le funk. "Please come home" et "Who's holdin" émargent au jazz. Presque manouche, la première piste est particulièrement allègre. Kid Royal prend son pied à la sèche. Puis, "Who's holdin". L’économie de notes et la créativité guident à nouveau la gratte tout au long de "Our love" et "Take a walk with me". La reprise du "Remember me" de feu Otis Redding rend un bel hommage à ce chanteur mythique de l'écurie Stax. Le chant est parfait, expressif, profond et sensible. Et Kid Royal s’y autorise une sortie étincelante. Quoique nerveux et dansant, "Let the light shine" est un autre morceau qui émarge encore au gospel. Elle chante "Baby please", une autre ballade r&b. Le ton est flemmard. Son interprétation reflète son vécu. Un autre sommet de l'opus ponctué par une nouvelle sortie de Kid qui nous régale une fois de plus… Bien balisé par la section rythmique, "Goodbye" baigne dans une atmosphère latino. Et le long playing de s’achever par une dernière ballade empreinte d’une extrême douceur, en l’occurrence le "Angel flyin' too close to the ground" de Willie Nelson. Miss Fox s’y accompagne à la guitare acoustique…

 

Foxhound

In Primavera

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A l’instar de jeunes chiens fous, les membres du quatuor italien Foxhound (lignée canine so british) visent à la fois nos jambes et nos têtes tout au long de leur second album intitulé « In Primavera ». Ces musicos d’à peine 21 ans nous y proposent un condensé de post-pop efficace et ultra aguicheur. Une musique sautillante (« All Alone on my Own ») et inventive doublée de mélodies funky évidentes (« Erase Me »). Caractérisée par cette basse au groove disco, ses claviers dansants et ses guitares légères, elle baigne dans une solution sonore née d’un croisement hypothétique entre Vampire Weekend, Foals et surtout Two Door Cinema Club. Et même lorsque le tempo ralentit, les Péninsulaires parviennent à conserver le cap, tout en évitant de tomber dans la guimauve. Les chœurs post punk nonchalants (« Fitness ») et les rythmes dub abordés subrepticement dans l’esprit des Clash (« I Don’t Want to Run Today », « I Just Don’t Mind ») y sont sans doute pour quelque chose. Epinglons quand même la participation de Davide Rossi aux sessions d’enregistrement, violoniste qui a également collaboré à la confection des long playings de Coldplay, The Verve et Alicia Keys. « In Primavera » n’est peut-être qu’un disque autoproduit ; mais ce band italien pourrait bien contaminer tout le Vieux Continent, tant sa pop est bien ficelée et terriblement accrocheuse. Qu’on se le dise !

 

Foxygen

We Are the 21st Century Ambassadors of Peace and Magic

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Alors qu’il transcendait le folk céleste de Damien Jurado en lui offrant une trilogie inoubliable, le producteur Richard Swift a prouvé parallèlement, il y a quelques mois, que cette soudaine alchimie n’était pas un pur hasard mais qu’elle était susceptible d’être appliquée à d’autres ! Le 3ème album de Foxygen constitue un parfait nouvel exemple du savoir-faire de ce nouveau gourou de la production pop-folk actuelle. Difficile de faire plus délicieusement jouissif que cet imparable « We Are the 21st Century Ambassadors of Peace and Magic », une oeuvre truffée de tubes branleurs baignant dans une bienheureuse atmosphère psyché-pop ! Emmené par Jonathan Rado (et sa voix à la Dylan) et Sam France, la jeune formation étasunienne nous y réserve d’irrésistibles plages oscillant entre sonorités 60’s et contemporaines, à l’instar de l’inusable « San Francisco », du très cool « No Destruction », caractérisé par ses claviers vintage, du plus MGMT « Oh Yeah » ou du déjà classique « Shuggie ».

Foxygen a concocté un des plus beaux albums de l’année 2013 et il était temps d’y revenir car il n’est vraiment pas trop tard pour se plonger dans ses dédales tant il appartient pleinement au XXIème siècle comme le scande son titre. Quoique, tout autant au siècle dernier… et puis maintenant, à l’histoire de la musique…

 

Fox

Blasting Zone Ahead

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Les musiciens qui composent ce trio de jazz rock belge sont tous talentueux. En l’occurrence, le guitariste François Delporte (NDR : il a 40 balais !), le bassiste Olivier Stalon et le batteur Xavier Rogé. Leur musique est très structurée et laisse tout l'espace nécessaire pour permettre à chaque musico de développer ses idées et d’étaler ses capacités instrumentales.

Leur musique est cependant franchement contaminée par le rock. Et dès le premier titre, "Fraxavol 15µg", on en a la parfaite démonstration. "Rapture of the deep" s’oriente davantage dans la fusion. Sans la moindre précipitation, le discours des cordes est excellent, avant qu’il ne cède le relais à Olivier qui se révèle un excellent bassiste. Dans le même style, "Time warp" est la plus longue plage. Elle s’étire très lentement. Le travail de Xavier sur les percussions est particulièrement bien mis en exergue. Agé de 33 ans, ce jeune Tournaisien a fréquenté le Conservatoire local, en compagnie de son concitoyen Laurent Mercier, avant de rejoindre celui de Bruxelles avec Bruno Castelluci. La rencontre des trois musiciens sur ce passionnant "Time warp" est très réussie. La basse crée le riff. Elle est soutenue par les percus vivaces de Xavier. François développe un jeu captivant, plein de subtils artifices. Très créatif, il me rappelle à bien des égards Frank Zappa en personne. "Julie in the sky with diamonds" est une récréation passionnante autour de la célèbre composition des Beatles. Elle allie beauté, passion et douceur en conjuguant les trois talents. Xavier Rogé déborde de créativité. "Tethys" trempe dans un jazz rock délicat, mais plutôt classique. Lorsque le tempo ralentit, un très intéressant dialogue s’établit entre les trois amis ; ce qui incite François à s’arracher sur sa gratte avant de finalement adopter un phrasé audacieux et franchement métal sur la fin, conclu par un ‘ta gueule!’ qui a pour effet de passer de la première à la seconde partie de cette plage. Judicieusement intitulé "Blasting Zone ahead" (Zone d'explosion en avant), cet excellent long playing s’achève par "Gulliver", une finale bien explosive au cours de laquelle, tous les instruments s’emballent…

 

Foxygen

Un bon bol de Foxygen…

Écrit par

Foxygen est devenu une des révélations de ce début d’année, en deux temps trois mouvements. Ou plus exactement après avoir publié son premier opus, intitulé «  We Are the 21st Century Ambassadors of Peace & Magic ». Originaire de Los Angeles, ce duo fait un tabac dans la presse outre-Atlantique, et le buzz vient d’atteindre le Vieux Continent. C’est une bonne habitude, le Botanique avait devancé cette vague en programmant la formation, ce 5 février, au sous-sol.

Le Witloof bar est plein à craquer. Manifestement la côte de popularité de Foxygen continue de grimper en flèche. Je l’ai souvent répété, cette salle ne manque pas de charme, mais elle n’est pas adaptée à un auditoire trop important. A cause des effluves et de la chaleur ambiante, d’abord. A la limite, on peut les supporter. Mais ces deux colonnes plantées au milieu de l’espace et ce bas plafond réduisent fortement le champ de vision des spectateurs. De quoi taper sur les nerfs de ce qui ne voient pratiquement rien du spectacle. Serait peut-être alors judicieux, lorsque le public est conséquent, de transférer le concert dans une autre salle…

Sam France (chant, guitare) et Jonathan Rado (clavier, guitare) montent sur les planches vers 20h15. Ils sont accompagnés d’un batteur, d’un bassiste ainsi que d’une choriste qui passera quelquefois derrière le clavier. France semble en forme. Il a un look hippie. Notamment à cause de sa chemise et de son collier. Serait pas étonnant qu’il soit allé fouiner dans la garde-robe de ses parents. Son acolyte semble relativement plus calme. L’intro donne le ton à ce set, ma foi, plutôt insolite. Puis Foxygen attaque son single « Shuggie ». Si sur disque le produit fini est bien lisse, en ‘live’,  le son se révèle bien plus garage. Le concert baigne d’ailleurs au sein d’une ambiance punk juvénile. Le chanteur affiche un maniérisme et un sens théâtral, qui me fait penser à… Mick Jagger. Il constitue aussi la principale attraction de la soirée. Le Californien se roule par terre, monte sur les amplis, etc., … Il communique beaucoup avec le public, entrant même dans de longues divagations : il nous promet une soirée de folie, nous confesse ses problèmes vocaux dû à sa tabagie… Le groupe enchaîne les morceaux. Des compos qui passent allègrement du psychédélisme au punk, en transitant par le revivalisme pop ou rock. Les spectres des Kinks et des Stones sont bien présents. Le public semble conquis. Du moins les personnes aux premiers rangs. Les autres ont décroché depuis longtemps. Il est un peu plus de 21heures lorsque le band annonce qu’il va nous réserver sa dernière chanson. Mais il ne parvient pas à entamer le morceau. Sam France plaque tout et vide les lieux, très énervé, mais sous les rires du public. Les autres finissent par suivre son chemin…

Finalement on a eu droit à une prestation aussi sympathique qu’énergique. Et de qualité, ce qui ne gâche rien. Un groupe en pleine ascension, à suivre de très près…

(Organisation Botanique)

 

John Foxx

21th Century... Foxx

De son véritable nom Dennis Leigh, John Foxx était le chanteur original d’Ultravox avant qu’il ne soit remplacé par Midge Ure, quand il s’est décidé d’entamer une carrière solo. C’était en 1979. Ce soir John Foxx et son groupe accorderont un concert à Aarschot. Et je suis très heureux de pouvoir rencontrer un des mes héros juste avant ce set. En dépit de son statut d'artiste légendaire, il est très modeste, voire même timide, un vrai gentleman à l'anglaise. Ecoutez ici l'interview complète réalisée avant le concert (audio). Ou lisez ci-dessous un résumé des idées maîtresses.

"La nostalgie, ça ne m'intéresse pas". La voix de John Foxx est profonde et douce. De nostalgie, il n'est en effet pas question. S'il a repris, il y a trois ans, le chemin des studios et de la synth-pop, après une longue période d'introspection, c'est pour prendre une nouvelle direction, donner une dimension moderne à la musique qu'il avait imaginé à la fin des années '70. Cette décision, il l'a prise après avoir rencontré Ben ‘Benge’ Edwards, un magicien des claviers, qui a rassemblé dans son studio à Londres une collection inouïe de synthés vintage analogiques. Dans cette caverne d'Ali Baba, on trouve les dinosaures électroniques grands comme des armoires utilisés à l'époque par Tangerine Dream, mais également les premiers Moog Modular, des ARP 2600, Yamaha C360 et autre Korg Trident.

"Travailler en compagnie de Ben est génial car il m'a permis de retrouver le plaisir de se servir de synthétiseurs analogiques. En fait, ils n'ont jamais été pleinement exploités depuis leur création il y a 30, 40 voire 50 ans. Pourquoi? Simplement parce qu'ils ont été très rapidement remplacés par les instruments numériques. Donc, dans le studio, nous les amplifions et les enregistrons à l’aide de technologies modernes et nous découvrons des sons qui n'avaient jamais été révélés auparavant."

Rien d'étonnant donc à ce que ce studio soit devenu le point de ralliement de toute une nouvelle génération de DJs, compositeurs et autres claviéristes, pressés d'explorer cette nouvelle ‘forêt amazonienne’. On pense bien sûr à Ladytron et plus particulièrement à Mira Arroyo, la seconde chanteuse et claviériste du groupe, qui s’illustre sur un des morceaux de John Foxx & The Maths. Ont également participé aux sessions, le duo new-yorkais Xeno & Oaklander, Gazelle Twin, et le DJ français Jean-Gabriel. Mais surtout deux jeunes chanteuses/compositrices/multi-instrumentistes qui militent maintenant au sein du groupe : Hannah Peel et Serafina Steer. "Ce sont deux excellentes musiciennes, chacune avec un univers et une personnalité propres. Serafina, par exemple, est la seule personne que je connaisse qui soit capable de jouer une mélodie complexe au synthé et une ligne de basse en même temps ; le tout en assurant les 'backing vocals'. Elle enregistre actuellement en compagnie de Jarvis Cocker (Pulp). Quant à Hannah, elle a notamment fait appel une chorale de 36 personnes, pour participer à la confection d’un album. Elle écrit aussi des musiques de film et de pièces de théâtre." Notons au passage que cette dernière sera à l'affiche des Nuits Botaniques en première partie de Lisa Germano.

A ce moment de l'interview, une question me brûle les lèvres. J'ai toujours voulu prouver le caractère véritablement ‘pionnier’ de la musique de John Foxx. Et les indices que j'ai relevés me sont confirmés par l'intéressé: dans l'histoire du rock, le tout premier morceau de new-wave synthétique (synth-pop), un style qui sera popularisé plus tard grâce à Gary Numan, Depeche Mode, Human League et autres Simple Minds, est bel et bien ‘Hiroshima Mon Amour’, qui figure sur ‘Ha! Ha! Ha!’, l'album d'Utravox! datant de 1977. Mais par qui John a-t-il lui même été influencé? On a souvent cité Roxy Music, David Bowie et bien sûr Kraftwerk mais il existe d'autres influences bien plus notables. "Je pense surtout à Neu! et à la scène électronique allemande des années septante. Il y avait aussi The Velvet Underground, et tout le mouvement qui gravitait autour d'Andy Warhol. Sans oublier les Beatles. Leur producteur, George Martin, est un génie. Il est le premier à avoir utilisé le studio comme un instrument à part entière. Il expérimentait à l’aide de loops, de samples et de bandes passées à l'envers. Cet esprit a ensuite débarqué en Allemagne et a été repris par Tangerine Dream, Kraftwerk, Can, Neu! et toute cette génération rassemblée autour de Conny Plank, le George Martin de Düsseldorf."

John est largement en faveur de ces échanges d'influences. Il n'est nullement amer de voir que des tas d’autre artistes ont largement puisé dans ses créations, récoltant même davantage de succès. "Et s'ils gagnent de l’argent grâce à ça, tant mieux, de toute façon l'argent n'est qu'un produit secondaire. Vous savez, c'est Picasso qui disait: 'Un artiste moyen reprend, par contre un véritable artiste vole!' Aujourd'hui, des gens comme SKRIILEX ou encore Justice coupent en morceaux toute l'histoire de la musique et les réassemblent à leur manière. C’est très intéressant! En outre, les Etats-Unis viennent de découvrir la musique électronique –mieux vaut tard que jamais– ouvrant d’énormes perspectives à la nôtre." 

A propos de futur: quels sont les projets de John Foxx And The Maths? "Un nouvel opus sort le 19 mars prochain : ‘The Shape Of Things' ; et, ensuite, un Ep début juin, sur lequel figurera des remixes et diverses collaborations. Ensuite, nous travaillerons sur de nouveaux morceaux. Nous ne savons pas encore très bien quelle direction nous allons prendre, car nous procédons de façon très instinctive. En fait, ce sont les machines qui nous dirigent. Quand vous captez un ‘arpeggio’ sur un Moog, par exemple, c'est tellement rythmique et structuré harmoniquement qu’immédiatement une chanson est suggérée ; et donc je me mets à chanter spontanément. C'est tellement irrésistible qu'il serait pervers de résister à une telle tentation! Une chose est sûre, nous sommes maintenant dans la période 'post-digitale' et la musique analogique a encore de beaux jours devant elle!"

Pas de doute, ce John Foxx-là est tout sauf nostalgique: il est bien de ce siècle : le 21th Century Foxx...

Lisez ici la chronique du concert de John Foxx And The Maths à Aarschot.

 

John Foxx

Les ‘metamathiques’ sonores de John Foxx

John Foxx, pionnier de la musique électronique (synth-pop/new-wave), d'abord au sein de son groupe Ultravox (1977-79) et ensuite en solo, avait dû annuler sa prestation au festival Sinner's Day, prévue à Hasselt, en octobre dernier. A toute chose malheur est bon: il est donc venu à Aarschot pour un concert unique, un concert gratuit pour celles et ceux qui s’étaient déplacés au Sinner's Day: une bonne initiative! Il y a donc largement plus d’un millier de personnes, signe du puissant revival new-wave qui fleurit, depuis quelque temps, au Nord du pays.

Tout au long de ce concert, on sera bercé par une musique chaude, analogique, façonnée par des instruments ‘vintage’ ARP, Korg ou Moog. John est accompagné de son nouveau comparse, Ben ‘Benge’ Edwards, le ‘magicien des synthés’, mais aussi de deux jeunes chanteuses multi-instrumentistes et artistes à part entière: Serafina Steer et Hannah Peel. Cette dernière figure d'ailleurs à l'affiche des Nuits Botaniques en mai prochain, où elle se produira en première partie de Lisa Germano. Coiffée de longs cheveux auburn, Hannah se charge du violon. Un violon aux accords lancinants. Et sur les planches, elle impressionne.  

Debout derrière le clavier qui lui permet de contrôler son vocodeur polyphonique, John Foxx est concentré et dégage une forte énergie. Sa voix est claire et puissante et il n'éprouve aucune difficulté à reproduire même les notes les plus élevées. Derrière lui, ‘Benge’ Edwards joue très peu de synthé ; ce qui est un peu dommage, mais frappe avec conviction sur un drum-kit Simmons des années '80. Derrière lui, les vidéos des chansons sont projetées sur un écran.

La setlist fait la part belle à "Metamatic", le chef-d’œuvre enregistré par John en 1980, mais aussi à "Systems Of Romance", le 3ème album d'Ultravox, qui contient le premier morceau synth-pop/new-wave de l'histoire du rock: "Hiroshima Mon Amour". L'interprétation de ce morceau en live est parfaite et touchante. Mais quand le groupe joue les plages d'"Interplay", sorti l'an dernier, on mesure à quel point la musique de John est moderne et ancrée dans notre époque. "Shatterproof" concède des accents EBM, voire techno et "Catwalk" est dansant à souhait.

John Foxx clôture son set par le très romantique "Just A Moment", un morceau auquel le célèbre "Vienna" d'Ultravox de Midge Ure doit beaucoup. Un bel euphémisme ! Le groupe se retire et revient pour "The Good Shadow", une ballade issue du dernier cd ; et, enfin, pour la compo que la plupart des spectateurs attendaient: le sublime "Underpass" (à voir ici en vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=Rimb6fZgZr0). Toute la puissance du célèbre riff de synthé résonne dans la salle ; et le public, conquis, est aux anges. Un point d'orgue idéal pour un concert qui a tenu toutes ses promesses...

Setlist: 1 - Shatterproof; 2 - He's A Liquid; 3 - No One Driving; 4 - Running Man; 5 - The Shadow Of My Former Self; 6 - Hiroshima Mon Amour; 7 - A New Kind Of Man; 8 - Dislocation; 9 - Interplay; 10 - Catwalk; 11 - Summerland; 12 - Just A Moment; Encore: 13 - The Good Shadow; 14 - Underpass.

Pour être complet, précisons que la première partie a été assurée par De Brassers, un groupe de post-punk limbourgeois qui avait récolté un succès local au début des années '80, en dispensant une musique très inspirée par Joy Division.

(Organisation: Sinner's Day)

John Foxx

Interplay

Écrit par

John Foxx est un des fondateurs d'Ultravox. Au sein ce groupe mythique, il a été pionnier dans le mélange des genres glam, punk, art-rock, qui a donné naissance plus tard à la new-wave. John Foxx a quitté le groupe en 79 pour poursuivre une carrière solo ; ce qui lui a permis de développer un son minimal electro unique et d'obtenir un succès d'estime important en publiant le hit "Underpass" et l'album "Metamatic". A noter que le récent remix d’"Underpass" opéré par Marc Reeder est un dance-floor killer qui a sa place dans toute bonne DJ playlist.

En 2011, après une série de projets plus ou moins réussis dans les styles ‘ambiant’, John Foxx est revenu à ses premières amours, s'est associé à Ben ‘Benge’ Edwards, un collectionneur-‘bidouilleur’ de vieux synthés vintage et a sorti sous le patronyme de John Foxx And The Maths un album intitulé "Interplay". Un opus qui recèle un doux parfum de nostalgie ‘années 80’ tout en demeurant parfaitement ancré dans notre époque.

 On y retrouve toutes les qualités qui ont fait de John Foxx un créateur hors pair : des lignes de synthés Moog froides et lancinantes, des beats de Roland 808 minimaux à souhait et un chant à la fois glacial et chaleureux, drapé dans une espèce de douceur mélancolique.

L’elpee s’ouvre par "Shatterproof", dans une ambiance moite et claustrophobe. La voix est retravaillée et le beat, quasi EBM, évoque autant D.A.F. que Front 242. Une entrée en matière qui donne envie d'aller plus loin! « Catwalk » est le hit de l'album : minimal, jouissif, très dansant et d'un accès aisé. On embraie par "Evergreen", une douce sucrerie electro tandis que sur "Watching A Building On Fire", John partage un duo avec Mira Aroyo, la deuxième chanteuse de Ladytron.

"Interplay" est un magnifique morceau, qui débute par le bruissement de la pluie et au cours duquel la basse est littéralement gigantesque. Ensuite entre la voix de John : calme, haut-perchée, dessinant des mélodies aériennes me rappelant le "Tidal Wave" de « Metamatic ». Superbe !

"Summerland", morceau au refrain lumineux, incite au voyage et "Running Man" combine justement rythmique soutenue industrielle et arabesques synthétiques : un second hit potentiel! Après le reposant et voluptueux "Falling Star", Foxx clôture son elpee par le quasi cyber-gothique "Destination" puis "The Good Shadow", une plage marquée par les séquences vintage 'Kraftwerkiennes' de Benge et le chant envoûtant de Foxx.

En un mot: cet album est une vraie réussite, combinant parfaitement la nostalgie, un modernisme intelligent et une démarche artistique profondément honnête.

On se réjouit d'avance de pouvoir découvrir ce disque en live, car John Foxx se produira en concert, à Aarschot le, 25 février, flanqué de Benge, Hannah Peel (claviers, violon) et Serfafina Steer (claviers, basse). De plus, le 19 mars, paraîtra un double Cd de de John ; il sera plus ‘expérimental’ et s’intitulera "The Shape Of Things".

 

The Fox Heads

We Want to be Numb

Écrit par

Les fans des Beasties Boys sont invités à écouter impérativement « We Want to be Numb », le premier album de The Fox Heads, un duo qui mélange brillamment le hip-hop old school et l’esprit indie. Un ‘hip-pop’ franco-canadien bicéphale composé du MC Ira Lee –déjà entendu aux côtés de Rubin Steiner sur l’immense et rigolo « Gay & Proud »– et du producteur tourangeau Funken.

Bénéficiant du concours remarqué d’artistes ou de groupes comme Boogers, Pneu ou Mesparrow (NDR : l’inénarrable « Tits » rappelle les œuvres honteuses mais jouissives de Bloodhound Gang), The Fox Heads explore l’électro-pop (« We Want to be Numb »), le rock  (« Best Day » et « Single Friends », deux compos qui s’inscrivent manifestement  dans la lignée du Français Boogers) et la pop (« Google It »). Ce single ainsi que « Happy Father’s Day », une plage magnifiée par le flow très cool d’Ira Lee, sont drôles et truffés de traits d’esprit. Et difficile de résister à l’humour pétillant qui en émane.

Sculpté dans un hip-hop hybride et positif, « We Want to be Numb » est un véritable concentré de bonne humeur !

 

Fleet Foxes

Helplessness Blues

Écrit par

Le nouvel album de Fleet Foxes est arrivé. Intitulé « Helplessness Blues » et réunissant douze titres, ce second opus du groupe de Seattle est… d’un ennui mortel ! Rien (non rien, de rien) tout au long des douze morceaux ne vient éveiller la moindre passion, la moindre sensation. Au bout de trois ou quatre écoutes, on finit bien par éprouver un léger picotement dans la zone du cerveau qui abrite le plaisir, provoqué par l’introduction de « The Plains/Bitter Dancer ». Mais c’est vraiment faute de mieux. La voix de Robin Pecknold devient, au bout d’un certain moment, quelque peu énervante. Mais les chansons de cet album sont un anesthésiant d’émotions tellement puissant que même cet énervement n’est que furtif.

Cependant, j’ai tout de même gardé en réserve une bonne note : le morceau musical « The Cascades ». Il n’a réellement aucun trait commun aux onze autres pistes. Il est simple, il est beau, il provoque cette jouissance tant recherchée à l’écoute de ces innombrables artistes. Et le chanteur se tait. C’est peut-être aussi l’explication de ce ‘mieux’. Mais loin de moi l’idée de le porter au statut d’incontournable ou d’inimitable. Finalement, dans « Helplessness Blues », même le bon est marqué par l’insuffisance.

 

Yel Fox

QCCP

Écrit par

Interaction créative, voire récréative entre Yel Fox et divers artistes invités à tour de rôle sur chaque morceau et venus d'horizons divers, cet album découvre un univers intime, assez éloigné des dix années vécues au sein du punk hardcore par l'artiste au sein de Gravity Slaves.

Bien que l'esprit ne soit pas totalement annihilé, en témoignent les titres « Farewell list » ou « A signal », l'urgence du moment fait à présent place à une sorte de réflexion approfondie pas toujours de bon ton.

Projet prétendant offrir de multiples facettes (graphiques notamment), Yel Fox développe ici un rock certes habité mais décliné à des sauces différentes, qui, force est de le constater, ne parvient pas toujours à faire prendre la mayonnaise.

Parfois irritant (l'insupportable « Tao Sao »), parfois intéressant dans son traitement (« Love me Over » avec Laudanum), cet album s’avère, en général, relativement anecdotique. Ou quand le folk devient monotone et ennuyeux...

 

John Foxx

The quiet man

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Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas John Foxx, un petit historique s’impose. De son véritable nom Dennis Leigh, John Foxx a accompli des études artistiques au Royal College of Art de Londres. Il a fondé Ultravox en 1973. Il en était le leader. Et a enregistré trois albums, en compagnie de ce groupe. Les plus expérimentaux. Et aussi les plus intéressants. De cette période, des groupes ou artistes comme Gary Numan, OMD et Human League, reconnaissent une influence majeure. En 1979, Ultravox embrasse un profil plus commercial (NDR : souvenez vous de l’album « Vienna », publié en 1980). John n’est déjà plus au sein du line up. Il refuse toute compromission et embrasse une carrière solo. Dont les débuts seront très fructueux. Et notamment lors de la sortie de ses deux premiers elpees, « Metamatic » et « The garden ». Même s’il prend une pause musicale entre 85 et 92, Foxx continue de graver des disques. Dont presque plus personne ne parle. Trop avant-gardistes. Et puis, il a dépassé le stade du concept musical, pour l’intégrer dans différentes formes d’art. La littérature, le cinéma, la photographie et la poésie, tout particulièrement. Il bosse aussi en compagnie de Robin Guthrie (Cocteau Twins), Harold Budd et Steve Jansen (Japan), mais également et surtout, depuis 1995, Louis Gordon.

« The Quiet man » est un opus de ‘Spoken word’. John Foxx s’y accompagne au piano et y ajoute des éléments electro. Mais « The Quiet man », c’est d’abord Foxx. Puis des acteurs qui l’ont remplacé. Depuis 30 ans. Dans un costume gris. Le même. Conjugué au passé et au présent. Dans les rues de Londres. Un concept artistique qui a fait l’objet d’un bouquin, et constitue également un spectacle présenté en ‘live’, à l’appui de clips vidéo. L’objectif est clairement de relier le temporel et l’intemporel. Bonjour la prise de tête ! Ne m’en demandez pas plus, j’ai essayé de décortiquer des articles consacrés au sujet, et même des interviews accordés par le natif de Lancashire, mais honnêtement, ils sont tellement alambiqués, que je n’ai pas compris grand-chose.

Foxes In Boxes

Better Beheaded (Ep)

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Foxes in Boxes est une formation belge signée chez Honest House, une structure liégeoise indépendante fondée en 2005. Cette écurie héberge d’autres groupes ou artistes de la même nationalité, talentueux, et évoluant dans un univers franchement avant-gardiste. A l’instar de Frank Shinobi ou Casse-Brique. Surprise, la dernière signature du label milite au sein d’un univers sonore bien moins expérimental.

« Better Beheaded » constitue leur premier Ep. Quatre titres qui lorgnent vers une forme d’indie rock pratiqué au cours des 90’s, popularisé par Karate, Reiziger, Fugazi ou Seam. Principalement instrumentale, la musique se soucie rarement du sens mélodique. Les guitares sont acérées et tranchantes. Bien mise en avant, la basse claque. Les vocaux sont hantés ou murmurés. « Better Beheaded » souffle néanmoins le chaud et le froid. Et « Arshavin » en est certainement la plus belle illustration. Timbre trempé dans le métal et dissonances irritantes contrastent avec un changement de break judicieux, opéré en fin de parcours. Mieux balancé, « Domingo Blues » ne manque pourtant pas d’allure, mais dans l’ensemble, on reste quand même sur sa faim. Et puis, cette musique, quoiqu’énergique, me semble un peu datée. De quoi peut-être séduire les trentenaires qui apprécient ce style plus vraiment dans l’air du temps. Paraît quand même que sur les planches, Foxes In Boxes se révèle beaucoup plus convaincant…

 

Peter Fox

Stadtaffe

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Mieux connu comme chanteur (NDR : ils sont trois !) chez Seeed, Peter Fox –alias Enuff, alias Pierre Baigorry– s’est réservé une petite escapade en solitaire. Un exercice de style qu’il ne souhaite pas reproduire. Et pourtant, pour un coup d’essai, son premier album solo est un véritable coup de maître. Le disque de ce Berlinois est sorti l’an dernier, dans son pays natal. Le plus curieux, c’est qu’hormis quelques spécialistes, personne n’en avait parlé, hors de l’Allemagne. Il s’intitule « Stadtaffe » et est chanté dans la langue de Goethe. Mais le plus impressionnant procède du morceau qui ouvre l’opus : « Alles Neu ». Je vous invite d’ailleurs à aller voir son clip sur Youtube http://www.youtube.com/watch?v=qdtLCfEcPL4, vous risquez de tomber sur le cul ! Le soutien d’un orchestre symphonique (NDR : le Babelsberger) et du Cold Steam Drumline, un quatuor de percussionnistes, y est pour quelque chose. Et pas seulement parce qu’ils sont tous déguisés comme les chimpanzés échappés de la planète des singes. Ce morceau libère un groove phénoménal, en mêlant notamment du Wagner, des rythmes afro-tribaux, du hip hop et du r&b.

Bref, revenons à cet album pour lequel Peter a reçu la collaboration d’une pléiade d’invités. Et tout d’abord Vanessa Mason, qui vient poser sa voix satinée sur « Zucker ». Et puis les rappeurs K.I.Z. aka Kanibalen In Zivil sur « Fieber », un morceau hip hop enrichi d’arrangements symphoniques arabisants mais dont le refrain rétro lorgne vers le music-hall. Sans oublier ses complices DJ Illvibe et Monk. La plupart des membres du team de Seeed sont d’ailleurs impliqués sur cet opus. Hip hop, orchestrations symphoniques et langage métaphorique dominent cet opus. Avec des nuances, bien sûr. A l’instar de « Haus Am See », fruit d’un mélange improbable entre cha-cha-cha, musique de chambre et chœurs gospel, le tout boosté par une sensibilité mélodique digne d’Eels, l’électro-hip hop-sympho « Kopf Verloren », caractérisé par son refrain pop/soul, le superbe « Das Zweite Gesicht », aussi orchestral que « Alles Neu », mais plus angoissant, l’étrangement festif mais très percussif « Der Letzte tag », la valse lente « Ich Steine, Du Steine », une chanson mélodramatique qu’un crooner soul de la trempe de Billy Paul aurait pu interpréter (NDR : les orchestrations sont somptueuses, mais Peter a tout sauf la voix d’un crooner…), le titre maître dont le style hip hop est traité à la manière d’un Beck et enfin l’envoûtant « Schüttel Deinen Speck » (NDR : on est toujours dans le hip hop), au cours duquel Fox emprunte des samples à Screamin Jay Hopkins. Peter Fox a déjà décroché trois ‘Echo’ en Allemagne pour cet elpee (NDR : l’équivalent d’un Grammy américain), reçu trois disques d’or et un de platine ; et à mon humble avis, il devrait également cartonner dans le reste de l’Europe. D’ailleurs pour que quelqu’un d’aussi peu sensible au hip hop que votre serviteur soit tombé sous le charme, c’est que le jeu en vaut la chandelle…

 

Fleet Foxes

Fleet Foxes

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Il y a quelques mois, Fleet Foxes nous émerveillait de leur splendide EP « Sun Giant ». Aujourd’hui, le quartet, devenu quintet depuis l’intégration (temporaire?) de J. Tillman en son sein, débarque une fois pour toutes, un premier essai long durée dans les bras. Et, pour la seconde fois, la formation époustoufle les aficionados de l’indie et du folk rock. Annoncé par le single « White Winter Hymnal » et son fantastique vidéoclip, « Fleet Foxes » est assurément la petite merveille incontournable de l’année. Les cinq gaillards au look de bûcherons usent d’une palette d’émotions tellement variées que l’on ne sait pas où donner la tête. « Quiet Houses », « Ragged Wood » et « White Winter Hymnal » inspirent de joyeux frétillements tandis que les déchirants « Heard Them Stirring », « Blue Ridge Mountains » et « Oliver James » vous arrachent d’incontrôlables larmes sans révérence. N’évoquons même pas les frissons inévitables qu’une telle beauté suscite.

Les onze morceaux de la plaque sont d’une virtuosité éblouissante et dégagent une atmosphère à faire rager toutes ces formations folk qui se creusent la cervelle des années durant, pour obtenir au final un résultat plus qu’insatisfaisant. « Fleet Foxes » pose d’ailleurs la barre à des hauteurs quasi-inaccessibles pour ces derniers. Le quintet impose le respect et vient de s’offrir une belle double page dans les annales du genre, aux côtés de Crosby, Stills & Nash et autres Beach Boys. Ingénieux, intemporel et, surtout, indispensable.

Fleet Foxes

Sun Giant (EP)

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Petit aperçu de ce que les Fleet Foxes nous réservent dans leur premier opus éponyme à paraître incessamment sous peu en Europe, « Sun Giant » constitue une œuvre introductive des plus enthousiasmantes. En cinq titres et moins de vingt minutes, le quintet fait flancher nos cœurs en s’adressant sans détour à nos âmes. Pour y parvenir, la formation originaire de Seattle introduit de manière inattendue des éléments gospel et Motown au sein de leurs compositions, réinventant habilement le mélange des genres. Elle distille ainsi un folk peu conventionnel, constituant ainsi une série d’hymnes spirituels transgressant les limites inavouées de ce genre musical. Sans concession, les Fleet Foxes font la nique à leurs contemporains, Grizzly Bear et My Morning Jacket en tête, en prenant une longueur d’avance sur eux grâce aux irrésistibles et limpides mélodies des « English House » et autres « Drops In the River ». En attendant la sortie européenne de l’œuvre éponyme, prévue pour la fin du mois d’août, vous pouvez d’ores et déjà réserver une place privilégiée pour ce « Sun Giant EP » dans vos I-Pods et autres accompagnateurs auditifs.

 

Jamie Foxx

Unpredictable

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D’abord, il faut le voir pour le croire. Le poster offert à l’achat du nouvel album de Jamie Foxx présente le torse nu d’un acteur-chanteur gonflé à bloc. Les petits dej’ à la créatine ont donc du bon… Passé ce détail corporel, Jamie Foxx fixe les bases d’un blockbuster discographique, véritable machine à vendre. Enregistré dans le studio de Timbaland sur le tournage de « Miami Vice », son prochain film (un remake de la série « 2 flics à Miami »), « Unpredictable » est autant l’album de Foxx que celui de ses potes. Ce disque est, en effet, celui de toutes les collaborations. Le single éponyme (« Unpredictable ») voit Foxx s’épauler de Ludacris. Twista vient ensuite paraphraser l’acteur américain sur « DJ Play A Love Song », une chanson à coincer entre les répertoires de R. Kelly et… Boyz II Men. Fidèle à son intitulé, cet album est imprévisible. Pour preuve, l’apport de Snoop Dogg et The Game sur « With You ». Il vient détourner « Unpredictable » de ses reposantes poses R’n’B. Mary J. Blige se fend aussi d’une participation (« Love Changes »). A l’écoute, on ne peut s’empêcher de penser que Mariah Carey aurait également fait l’affaire… Après quelques notes de piano, Kanye West double les vocalises de son copain sur « Extravaganza », un des meilleurs morceaux d’un disque trop parfait et poli pour redorer le blason du R’n’B. Mais l’essentiel n’est certainement pas là…