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GoGo Penguin

Comment rendre le jazz accessible au plus grand nombre…

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Ce samedi 10 mars, l’Ancienne Belgique accueillait l’un des groupes les plus excitants qui sévit depuis quelques mois : GoGo Penguin. Ce n’est pas la première fois que la formation anglaise rallie la capitale européenne. Il y a quelques mois, elle se produisait à Flagey, afin de donner sa propre version de la B.O. du film culte « Koyaanisqatsi », réalisé par Godfrey Reggio. Une belle illustration de son potentiel.

Originaire de Manchester, le trio appartient à cette catégorie d’artistes ou de groupes capables de gommer les frontières entre les genres musicaux. Plus exactement, à l’instar de Kamasi Washington ou de Badbadnotgood, le band tente de rendre le jazz accessible au plus grand nombre. Un jazz qu’il mêle à l’électronique, sans jamais perdre de vue le sens mélodique. Après voir gravé l’excellent « Man Made Object », elpee qui lui avait permis de se forger une certaine notoriété, GoGo Penguin est venu défendre son nouvel opus, le tout aussi épatant « A Humdrum Star ».

Le public, ce soir, est multigénérationnel. Tous les balcons sont accessibles et la salle est aux trois-quarts pleine. Peu de groupes de jazz peuvent se targuer d’attirer un auditoire aussi conséquent.

A 21h les lumières s’éteignent. Chris Illingworth s’installe au piano à droite du podium. Rob Turner, à l’autre extrémité, derrière ses drums, tandis que Nick Blacka, le préposé à la contrebasse, se plante au milieu. Derrière chaque musicien, un pingouin est projeté sur un écran. L’éclairage est sobre et efficace. Pendant une heure et demie, GoGo Penguin va puiser essentiellement son répertoire au sein de son dernier LP. Dès les premières notes, on est impressionné par la précision des trois instrumentistes, reflet de leur formation académique. Tels des équilibristes, ils enchaînent les constructions complexes et empruntent des chemins inattendus pour finalement toujours retomber sur leurs pattes. Sans laisser le moindre temps mort, ils enchaînent tour à tour les prouesses. Mêmes les transitions sont élaborées. Face à tant de technique et de richesse musicale, et afin d’en savourer pleinement la qualité, il faudrait que chaque prestation soit individuelle, plutôt que de se concentrer sur une perception d’ensemble. N’empêche que le mélomane ne peut que sortir comblé, d’une telle prestation. Un concert qui, j’en suis sûr, réconciliera beaucoup de monde avec le monde du jazz.

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)