La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Goldfrapp

Retour vers le futur

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Saviez-vous qu’Alison Goldfrapp avait vécu en Belgique ? A la sortie de son adolescence. Avant de devenir ‘backing vocalist’ chez Tricky et Orbital. Elle a même participé à l’enregistrement de quelques uns de leurs disques. Ce n’est qu’en 1999, que Will Gregory et Alison fondent le duo Goldfrapp. Responsable de 5 albums à ce jour, dont le dernier, « Head first », fait un peu pâle figure au sein de leur discographie, Goldfrapp se produisait donc à l’Aéronef de Lille, ce mardi 28 septembre. On se demandait donc si la formation était capable de donner une autre dimension à des titres pas vraiment folichons…

En arrivant dans la salle, un chansonnier interprète son répertoire dans la langue de Molière. Ce genre de spectacle serait tout à fait indiqué pour animer les fêtes de famille ou un piano bar. Anecdotique. Embraie un certain Wagner. Non, non, par Richard, il est mort en 1883. Mais Yan. Un franco-américain qui chante dans celle de Goethe en s’aidant de machines. Tout un programme ! Mais au bout du compte, pas vraiment de quoi s’enflammer.

Il est déjà 9h30 lorsque le large rideau tendu tout au long de la scène tombe. On aperçoit un énorme cylindre au fond du podium, duquel s’échappe un brouillard de fumée. Un décor qui me fait penser à la célèbre série B de science-fiction, programmée à la TV, au cours des seventies, ‘A cœur du temps’. Pour les plus jeunes, ils penseront sans doute davantage à ‘Blade Runner’, voire à ‘La guerre des étoiles’, mais les comparaisons me semblent moins judicieuses. A cause de l’esprit ‘vintage’ que semble véhiculer le groupe. Bref, on est en plein univers intergalactique. Mais d’une autre époque. « Voicething », le dernier morceau du dernier album de Goldfrapp, « Head first », est diffusé en fond sonore. Puis les musiciens entrent par ce tunnel. Outre Alison, ils sont six. Une drummeuse, qui s’installe, au fond de la scène, à droite. Un bassiste, planté du même côté, mais plus en avant. Côté gauche, une claviériste et Will Gregory, plus centré, mais en retrait, tous deux à l’AX-Synth, lorsque la première ne se réserve pas les synthés et le second le violon ou circonstanciellement la guitare. Ces deux derniers sont vêtus d’une combinaison zébrée, couleur noir et blanc, mais en oblique. Alison s’approche du bord de l’estrade. Elle a revêtu une sorte de poncho fabriqué à l’aide de bandes de cassettes. Et face au ventilateur, placé au sol, l’effet est assez saisissant. Les bandelettes s’agitent dans tous les sens et scintillent à la lumière des spots. Il souffle en même temps les boucles dorées de ses cheveux. Collants noirs, yeux hyper-maquillés, son look colle parfaitement à la mise en scène particulièrement kitsch, glamoureuse, si vous préférez. Elle possède un charisme fou. C’est une star et elle le sait. Enfin, elle jouit d’un timbre de voix assez exceptionnel. Tour à tour opératique, cristallin, éthéré, sensuel ou puissant. Le set s’ouvre par « Cristalline Green » (NDR : ben tiens !) et embraie par « Supernature », avant de concentrer l’essentiel de son répertoire sur le nouvel opus, « Head first », dont les inévitables singles « Rocket » et « Alive », en n’oubliant pas d’y inclure un de leurs plus anciens tubes, « Number 1 ». La prestation est énergique, passionnée, flamboyante, mais un peu trop linéaire à mon goût. Et puis ces références pompées chez ABBA ou dans le disco ne me bottent pas vraiment. Il faut attendre la seconde moitié de set, pour enfin vibrer. Tout d’abord lors d’un des derniers morceaux de « Head first », soit le ‘robotique’ « Shining and warm » (NDR : oui, c’est une plage du dernier opus, mais une des meilleures). Puis « Train » (NDR : il figure sur Black Cherry), dont la version proposée ici est absolument époustouflante, digne du « I feel love » de Donna Summer (NDR : oui, je sais c’est du disco, mais quand c’est bon, il faut le reconnaître). La voix d’Alison atteignant alors vraiment le sommet de son art. Et enfin, lors de la finale, l’inévitable « Ooh la la », dont le tempo imprimé sur un boogie, réminiscent du « On the road again » de Canned Heat, met littéralement le feu à la salle.

Rappel inévitable. Alison a changé de look. Elle a enfilé une parure scintillante, couleur chrome et noir. Le combo se lance dans « Little bird » (NDR : extrait de « Seventh Tree »), une compo atmosphérique, construite en crescendo, à la croisée des chemins de Spiritualized et de Cocteau Twins. Epatant ! Et de terminer par « Lovely head », morceau ‘enniomorriconesque’, sifflements samplés à l’appui. Acclamations soutenues.

Et le public en veut encore. Ce soir Goldfrapp est généreux. Alison a encore changé de look. Elle porte une autre parure en longs poils colorés d’orange, de rose et de jaune. Le show s’achève par un titre plus rock. D’ailleurs, Will a alors repris sa guitare. Chouette concert qui contraste avec leur dernier album, « Head first ». Ce sont d’ailleurs les plus anciennes compos qui ont fait la différence, même si le public lambda a sans doute aimé se trémousser, sur les titres les plus contagieux et à caractère disco. Fallait s’en douter.

(Organisation A Gauche de La Lune)

Goldfrapp

Head first

Écrit par

Il aurait été intéressant que le duo insulaire Goldfrapp s’explique sur son plongeon opéré dans les eighties. Davantage disco que new wave, d’ailleurs. Après avoir commis quatre albums plus ou moins expérimentaux, drôle d’idée, en effet, de chercher à concurrencer Madonna et surtout Lady Gaga. Paraît que c’est la musique des d’jeuns. Mais faudrait alors que ces mêmes d’jeuns s’intéressent à ce qui a été pondu, il y a trente ans. Malheureusement, le couple n’accorde pas d’interviews, en tournée. Histoire, peut-être d’éluder les entretiens, un peu trop embarrassants… Bref, revenons à nos moutons, et fonçons tête première (NDR : oui, je sais la formule est facile !), au sein de cet elpee.

Neuf titres en une trentaine de minutes. L’opus s’ouvre par le single « Rocket ». Passe encore pour les riffs de synthés pompés sur le « Jump » de Van Halen, mais lorsqu’ils collent à la ligne vocale du refrain, ça me fout les boules. Tout comme sur « I wanna life ». Ringard ! Le disco, votre serviteur n’a jamais trop aimé. Moroder, pas vraiment ma tasse de thé. Même lorsque Debbie Harry y a goûté. Et l’electro-pop « Believer » s’inscrit parfaitement dans ce contexte. Tout comme le kitsch « Alive ». Un peu come lors d’une rencontre entre ABBA et Kylie Minogue, sur fond de bande sonore ‘Flashdance’. Le quatuor suédois invite même Eurythmics sur le titre maître. Enfin, en extrapolant. Et le duo insulaire, à son tour, convie Human League, voire Depeche Mode, sur le sombre « Dreaming ». Là on approche davantage de l’electro/new wave. Comme sur le très atmosphérique « Hunt », hanté par OMD, au cours duquel la performance vocale d’Allison est remarquable, surtout dans le registre falsetto. C’est vrai qu’Allison possède une très belle voix. Sensuelle, éthérée, angélique ; bref, envoûtante. A contrario, le robotique et enlevé, quoique toujours aussi glamoureux, et nonobstant sa rythmique funky, « Shiny and warm », évoque plutôt D.A.F. Manifestement, c’est lorsque Goldfrapp tâte de l’électro/new wave qu’il se révèle le plus performant. Et on en a encore une nouvelle démonstration, en finale, lors de « Voicething », un titre ambient, au cours duquel le chant a cédé le relais aux murmures, onomatopées et soupirs ; un peu dans l’esprit de Laurie Anderson époque « O superman », même si les nappes de claviers lorgnent plutôt vers Vangelis circa « Blade Runner »…

Pas vraiment le meilleur album de Goldfrapp, c’est une certitude. Will Gregory (NDR : c’est le compositeur !), l’autre moitié du tandem, semble s’être contenté du minimum syndical. Il nous doit une revanche… En concert ce mardi 28 Septembre à l’Aéronef de Lille, le lundi 22 novembre 2010 au Trianon de Paris et le lendemain à l’AB de Bruxelles. Mais, il paraît qu’en live, le nouveau spectacle nous en met plein la vue. On vous racontera…

Goldfrapp

Seventh tree

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Alléluia. La quiétude est de retour. Par cette atmosphère douce et éthérée, Alison Goldfrapp et Will Gregory retournent vers les débuts glorieux de « Felt Mountain ». Leur  nouvel album signe une tendance au folk envoûtant et psychédélique, à des années lumière des formes électroclash glamour de « Black Cherry » et des beats dancefloor de « Supernature ». Ces deux albums qui avaient laissé perplexes et séparé définitivement les amateurs de Goldfrapp entre un avant et un après irréductibles, sont ici balayés d’une voix adoucie et d’une instrumentation épurée. La gravité de Cat Power sans la dramatisation, l’harmonie des vocalises de Meg Baird sans la lente récurrence. Frissonnant et intense, parfois hanté, « Seventh tree » se peuple d’envolées cinématiques d’inspiration Ennio Morricone (« Clowns »), d’apogées trip-hop puisée dans les meilleurs moments de Massive Attack (« Little Bird »), voire de pop souriante presque candide (« Happiness » et « Caravan girl »). Un joli assemblage de perles aux humeurs dégradées, successivement éclaircies puis assombries. « Eat yourself », onirique et apaisé, fait tomber toutes les résistances. Non, la créativité de Goldfrapp ne naît pas seulement d’une émotion torturée ou d’un beat radiophonique irrésistible. « Seventh tree » fait la part belle à la simplicité de vocalises doucereuses couchées sur un lit mélodique haut perché, sans perdre le glamour peut-être désormais l’unique invariant de la discographie de Goldfrapp.

Goldfrapp

Supernature

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Goldfrapp, c’est le blanc et le noir. C’est l’homme et la femme. C’est l’aventure électro alternative proposée par Will Gregory et Alison Goldfrapp. En 2000, le tableau était le suivant. Le duo éclatait aux oreilles du grand public par l’entremise de « Felt Mountain », album osé, exploration électronique, contorsion pop dandinée de folk. C’était le grand cabaret Goldfrapp. Trois ans plus tard, la paire revient, décidée à secouer davantage le dance-floor. Alison n’est déjà plus la sage étudiante en art de l’Université de Middlesex qu’elle était. Lorsque paraît « Black Cherry », leur deuxième album, quelque chose a changé. Le son déjà. Davantage centrée sur les machines et la grosse artillerie électronique, la musique de Goldfrapp abandonne ses expériences sonores et s’adonne à des joies propres aux excentricités du clubbing. Le corps d’Alison se met alors en avant. Elle devient l’égérie Goldfrapp, intouchable pin-up et nouveau mythe sexuel d’une génération qui se découvre. « Supernature » s’inscrit ainsi dans la continuité de « Black Cherry ». Toujours plus dénudée, Alison tourne, un peu plus encore, sa voix vers les ondes radiophoniques. C’est terminé. Goldfrapp n’est plus le rêve confidentiel d’une poignée d’observateurs attentifs. Désormais, le duo est branché sur la mainstream. Est-ce moins bien pour autant ? En vérité, les hits de Goldfrapp ont conservé tout leur charme, un assortiment futuriste de romantisme et de gloire. « Ooh La La », le premier single, dévale sur les pistes de danses comme un sunlight braqué sur le succès. « Love 2 C U » se démarque également d’entrée de jeu. La réussite ne peut échapper à Goldfrapp. Mais l’œil du cyclone Alison ne se limite pas à une déferlante de beats incongrus et violents. La belle se permet de jolies et douces échappées comme sur « Let It Take You » ou « Time Out From The World ». Le timbre d’Alison a trouvé une voie (voix) toute tracée entre celle de Kylie Minogue et de Deborah Harry. Une super nature donc.

Goldfrapp

Felt Mountain

Écrit par

Autant l'annoncer de suite, Goldfrapp est au cinéma ce que Björk est aux dessins animés. D'un côté, une certaine amertume, une désillusion, un réalisme sur le monde des adultes s'installe; de l'autre, une voix naïve, candide continue à espérer dans la bonté de l'être humain. Au petit matin, Björk vous donne envie de chanter dans la rue; la chanteuse de Goldfrapp de rester chez vous. L'une fréquente les vertes prairies chères à Laura Ingals ; l'autre les bars enfumés où l'alcool et une certaine forme de mélancolie alimentent les conversations. Musicalement, nos deux amies utilisent plus ou moins les mêmes recettes, nées du mariage entre électronique classicisme, avec une prédilection pour les voix cristallines et hautes perchées. Par contre, les ambiances différent du tout au tout. Comme quoi les intentions peuvent amener des résultats fort dissemblables… Il existe un aspect déglingué unique dans la musique de Goldfrapp, un peu comme si Tom Waits jammait avec Beth Gibbons de Portishead, en regardant en boucle l'Etrange de Noël de Monsieur Jack et l'intégrale de James Bond. L'histoire n'a pas encore dit s'ils eurent beaucoup d'enfants….