La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Grave Babies

Holographic violence

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Près de deux ans après la sortie son dernier opus, Grave Babies nous propose son troisième essai. Issu de Seattle, le quatuor implique le drummer du défunt Blood Brothers. Méconnu sur le Vieux Continent, Grave Babies mérite pourtant une attention toute particulière.

La voix du chanteur est sombre et caverneuse ; et elle plane sur le titre maître qui ouvre l’elpee, une compo particulièrement morbide. Faut dire que les thèmes développés par Danny Wahlfeldt (nihilisme, humiliations humaines, ...) ne sont pas spécialement joyeux. Après avoir émargé au garage, le groupe a décidé de chercher ses influences au cœur des eighties, en adoptant un style qu’on pourrait qualifier de post-punk-indus gothique (tout un programme !) The Cure, Nine Inch Nails ou encore Sisters of Mercy figurent certainement parmi leurs nouvelles influences. Et après avoir écouté cet LP, on comprend mieux pourquoi Viet Cong a choisi Grave Babies comme supporting act. Tout comme chez le band canadien, la ligne de basse est lourde mais primordiale alors que la voix en reverb’ (souvent même overdubbée) et la guitare communiquent davantage un sentiment de profondeur. Quant à la batterie électronique, elle semble émaner d’une autre époque… Malgré son apparente pesanteur et indolence, la musique de Grave Babies est paradoxalement plutôt mélodique.

Une mutation réussie pour cette formation yankee dont le style demeure cependant toujours aussi ténébreux…

 

Grave Babies

Crusher

Écrit par

Danny Wahlfieldt, le leader, compositeur et producteur des Grave Babies décrit sa musique comme ‘le son d'horribles choses enveloppé dans de l'espérance’. En choisissant un tel patronyme et en avançant de tels propos, il n’est donc guère étonnant que ce groupe issu de Seattle fasse partie du raz-de-marée gothique qui a déferlé sur les Etats-Unis, au cours de ces dernières années. On n'avait peut-être pas mesuré l'énorme impact de la musique dark européenne des eighties sur la jeunesse d'outre-Atlantique. Car si la presse locale en avait fait à leur début, et à leur grand dam d'ailleurs, une sorte de mix entre Nirvana et Nine Inch Nails, c'est plutôt du côté de la cold-wave, du post-punk industriel des débuts et du death-rock qu'il faut chercher les principales influences. On imagine la chambre de l'ado Walhfieldt tapissée de posters de Bauhaus, Jesus & Mary Chain, Sisters Of Mercy ou Christian Death.

« Crusher », deuxième album de Grave Babies, après un essai confidentiel mais prometteur sur le label danois Skrot Up, pourrait donc plaire à ceux qui trouvent DIIV sympa mais un peu trop propret et manquant d'aspérité, par sa production délibérément lo-fi et ses sonorités grinçantes. Mais si le son est souvent bruitiste (« Skull », « Pain Cycle »), il existe pourtant une vraie dimension pop sur certains morceaux (« Over and Under Ground », « No Fear ») qui laisse à penser que le petit Danny écoutait aussi Echo & The Bunnymen et New Order entre deux films d'horreur. En écoutant ses chansons très courtes, enchaînées sans temps mort, on pourrait presque imaginer que le disque a été enregistré en concert dans une salle miteuse à l'acoustique douteuse. C'est sans doute ce qui fait le charme de « Crusher » qui sonne au final comme une tentative de fusion entre la goth music et les productions lo-fi du revival garage/rock psychédélique de San Francisco (j'avoue emprunter cette pertinente idée à un chroniqueur américain). Mais c'est aussi ce qui rebutera plus d'un mélomane...