Greg Koch a reçu sa première guitare à l’âge de 12 ans. A cette époque il n’a d’oreilles que pour son idole : Jimi Hendrix. Il passe ensuite quatre ans à l’Université du Wisconsin. Il y étudie et y apprend toutes les techniques de la guitare jazz. Il forme alors son groupe dans sa bonne ville de Milwaukee : GK and the Tone Controls. Cette formation décrochera cinq fois le Wisconsin Music Award dans la catégorie "Artiste Blues de l’année" et Greg sept fois l’Award du "guitariste de l’année". A cette époque il commettra cinq albums indépendants. En 2001, il signe chez Favored Nations, le label du guitariste Steve Vai. Il leur concède deux albums : "The grip" et "Radio Free gristle".
Ce nouvel opus, double de surcroît, réunit l’essentiel de ses précédentes productions. Découpé en treize plages, le premier disque implique le chant. N’en recelant que douze, le second est exclusivement instrumental. Ce qui explique le titre "13 x 12"! Très grand spécialiste des guitares Fender, il est l’auteur de quelques bouquins et est le responsable de plusieurs DVDs consacrés aux techniques de cet instrument.
L'album s'ouvre par "Beg, borrow and steal", une plage blues bien rythmée. Greg est doué d’une bonne voix. La technique de l’ensemble est de très bon niveau. T Lavitz (NDR : pour votre information sachez que T Lavitz relève de la formation jazz-rock, The Dixie Dregs) se met en évidence aux claviers, pendant que la six cordes s'articule sur des thèmes jazzyfiants. Plus rock'n'roll, "Dr Jekyll" est imprimé sur un tempo très rapide. T Lavitz est passé au piano. Constituée de Kevin Mushel à la basse et de Gary Koehler aux drums, la section rythmique ronronne. L’ensemble s’aventure au cœur de structures assez complexes. A l’instar d’"Ain't got problems", qui évolue sur une trame plus funky ; mais la richesse musicale est en permanence au service de l'ensemble. Greg aime jouer en picking. Il reconnaît volontiers Albert Lee, comme une de ses influences. Et son interprétation de "Smack dab" en est la plus belle démonstration. Tout est parfaitement en place. Mais personnellement, je regrette que le son soit si propre, presque clinique. La voix de Koch colle très bien à "Too broke", un blues assez lent pour lequel Sam Steffke (NDR : un jazzman de Boston) se réserve l'orgue. Toujours dans le domaine du blues lent, il reprend avec bonheur le classique de son idole Hendrix, "Red house". Il s'y sent comme un poisson dans l'eau. L'attaque d’"All the same" est opérée comme les bons shuffles texans. Dans un style qu’immortalisait avec autorité, Stevie Ray Vaughan. "Rain, sleet or snow" épouse une ligne mélodique fort proche de l’Allman Brothers Band fréquenté par Dicky Betts. L'album recèle quelques particularités. "Heed the need" tout d’abord. Une ballade aux accents légèrement hard rock qui s'éloigne franchement du blues. Je préfère nettement le rock'n'roll pop de "Flyover country" ou de "Fall from Grace".
Sculpté dans un excellent jazz rock, le second opus est donc uniquement instrumental. Et dans cet univers sonore, j’épinglerai "Nash Vegas", un exercice de style empreint de virtuosité, qui met en exergue l'excellent harmoniciste de Milwaukee, Steve Cohen.