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Grizzly Adams

Hombre Grande

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Si vous appréciez Nick Cave, Stuart A. Stapes et Kurt Wagner, Grizzly Adams devrait peut-être vous botter. Ce n’est pourtant ni une formation australienne, britannique ou américaine, mais batave, issue d’Utrecht très exactement, au sein duquel milite un chanteur dont la voix est aussi sombre que celle de ces illustres références. Le groupe a choisi un titre en espagnol pour baptiser son elpee « Hombre Grande ». Il se traduit par ‘grand homme’. Serait-ce la figure iconique de ces chanteurs aux voix profondes ? C’est en tout cas une hypothèse plausible, tant leur album s’érige en une sorte de ‘Best Of Deep Voice’.

Serions-nous en présence d’un pur exercice de style ou d’une caricature ? Peut-être ; mais un destin international semble, en tout cas, ouvrir les bras aux Grizzly Adams, car « Hombre Grande » devrait plaire aux nombreux fans de Lambchop (« Invitation »), des Tindersticks (« Waiting For »), de The National (« Don’t Come ») voire de Nick Cave (« Hello Dan »). Et si le baryton de Daniel Papen n’est pas toujours aussi maîtrisé que celui de ses maîtres, les ambiances, souvent mélancoliques, tissées soigneusement par le groupe, rappellent bien souvent les meilleurs moments de ces artistes notoires. « The Mothers » et « Invitation » constituent certainement les deux meilleures compos de l’opus. Empreintes de mélancolie, les mélodies assument parfaitement leur profil dramatique. Le titre maître et « Desire By Blue River » sont également de toute bonne facture. De petites touches électro judicieuses colorent une expression sonore dominée par les guitares, mais également parcourues d’accords de piano et d’envolées de cordes. Notons également la très belle reprise –crépusculaire– du « Signed DC » de Love, formation californienne mythique.

« Hombre Grande » n’est pas une œuvre qui brille par son originalité, mais elle est parfaitement exécutée et profondément habitée… Et à ce titre, elle mérite qu’on y prête une oreille attentive.