L’amour éternel de Lex Walton

Fraîchement signé chez Sub Pop, Lex Walton, artiste multidisciplinaire basée à New York, vient de graver son premier album sous ce label. Intitulé « Ultimate Love Forever », cet opus de sept titres se révèle à la fois inébranlable et iconoclaste. Toutes les…

logo_musiczine

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (3 Items)

Hollywood Blue Flames

Road to Rio

Écrit par

Delta Groove est un label californien. Il est sans aucun doute un des plus actifs et dynamiques dans l’univers du blues, aujourd’hui. Croisons donc les doigts afin qu’il poursuive cette route le plus longtemps possible et que son boss, Randy Chortkoff, puisse continuer sa mission au service du blues. Et il est fier de ses choix, l'ami Randy! Et en particulier celui d’avoir signé les Hollywood Blue Flames. Qui viennent de commettre un nouvel opus ou plus exactement un double album. C'est-à-dire "Road to Rio" accompagné d’un 2ème elpee. Baptisé "Larger than life", ce dernier réunit des enregistrements ‘live’ inédits issus de leur première incarnation sous le patronyme de Hollywood Fats Band. Cette œuvre est également un pari, car ces musiciens militent également hors du cadre des H.B.F. et ne peuvent raisonnablement reproduire cette expérience sur les planches. Mais, l'important, c'est le blues, c'est le feeling, c'est le plaisir d'entendre ces musiciens qui véhiculent leur flamme musicale. Vous avez tout à fait raison, Mr Chortkoff! Qui sont donc les Blue Flames actuels? Les anciens, le chanteur harmoniciste Al Blake, le pianiste Fred Kaplan, le bassiste Larry Taylor et le batteur Richard Innes ainsi que le jeune guitariste noir, Kirk "Eli" Fletcher. En 2005, "Soul sanctuary" était déjà paru chez Delta Groove. Ce nouvel opus, "Road to Cairo", est le fruit de plusieurs séances d'enregistrements opérées entre 1996 et février 2006.

Le titre maître ouvre la plaque. Fred Kaplan se réserve l'orgue Hammond. La guitare de Fletcher est bien amplifiée. Al Blake chante cette plage nerveuse, très contemporaine. Kirk ne tient guère en place et ne peut attendre bien longtemps avant d'éclater dans un solo détonant. "Everyboy's blues" baigne au sein d’un blues de bonne facture. Faut dire qu’il est interprété par des serviteurs qui ont tellement d’années d’expérience. Al Blake assure les vocaux. Le tempo imprimé par Innes prend une coloration très John Lee Hooker ; une tonalité renforcée par le travail rythmique de Fletcher et le piano de Kaplan. "Coffee grindin' man" macère dans le Chicago Blues. Celui de la grande époque des 50s : très Southside. Le piano est passé à l'avant-plan. Al se met à souffler comme Sonny Boy II. Que du bonheur! Et on retrouve cette même ambiance tout au long de "Long black Cadillac". De nouveau plus contemporain, "Steady rollin' est hydraté par l’orgue. Les cordes sont généreuses. S’appuyant sur une rythmique chère à Billy Boy Arnold, la sensibilité de l'harmonica est, pour la circonstance, bien plus proche de Little Walter. Instrumental, "Gumbo grinder" date de plus de 10 ans. Interprété sous la forme d’un trio, il implique Fred, Richard et Larry ; un vrai gumbo louisianais qui sonne très New Orleans et flirte avec le boogie woogie. Al Blake chante "Gona away" en s’accompagnant à la guitare acoustique ; un blues envoûtant au cours duquel, son célèbre ami, Kim Wilson, souffle passionnément dans son harmonica. Autre instrumental, "3rd degree burn" met en exergue toute la verve et l'inventivité du guitariste Eli Fletcher, véritablement impressionnant dans son style. Al Blake s’inspire manifestement de Howlin’ Wolf pour attaquer "Let's rock a while". La rythmique est efficace. Al double la guitare et l'harmo. Tout le talent de Blake à l’harmonica éclate sur " Dr Black's boogie", un troisième instrumental brillant, puissant, au cours duquel on ne peut s’empêcher de penser à Little Walter, Junior Wells ou encore James Cotton. Chatoyant, le "Sharpest man in town" de LC McKinley implique Tom Fabre au sax ténor. Cet elpee bénéficie encore de trois bonus tracks rehaussés par la présence de Junior Watson. Ce génie des cordes a souvent été à leurs côtés. Il était probablement le seul à pouvoir rivaliser avec Hollywood Fats. Son talent, sa technique, sa puissance et sa présence. Sa collaboration est prodigieuse tout au long de "Junior's boogie rocket". Et on le retrouve, bien sûr, lors de l’adaptation du "Let me love you" de Willie Dixon et le "Honeydripper" de Roosevelt Dykes.

Le deuxième cd s’ouvre par "Fats fries one". Le changement n'est pas radical mais le son est différent. Un démarrage extraordinaire ! Hollywood Fats est au sommet de son art. Sa technique et sa vitesse d'exécution sont absolument déroutantes. Mais cette plage est un véritable mystère : pas de date ni de lieu d’enregistrement. Pas de renseignements relatifs aux musiciens en présence. Une chose est sûre : c'est bien ce diable de Fats qui est aux cordes! "Nasty boogie woogie" est une bien curieuse plage. Fred Kaplan tire son épingle du jeu au piano. Il est soutenu par Larry Taylor à la basse et John Boudreaux aux drums ; mais c'est Hollywood Fats qui chante ou plutôt présente et shoute d'une voix bien chaude. La reprise du célèbre "Sidetracked" de Freddie King a été enregistrée sur une cassette portable au Belly Up Tavern. En 1980. Le son est loin d’être hi fi ; mais les instrumentistes affichent ici une classe incomparable. Deux plages ont été immortalisées lors de l’édition 1979 du Monterey Jazz Festival. En backing band du shouter saxophoniste, Eddie ‘Cleanhead’ Vinson : "Kidney stew blues" et "Cleanhead blues". Deux superbes fragments au cours desquels les parties de saxophone et de guitare valent le détour. Toutes les dernières plages ont été immortalisées au White House de Laguna Beach. En 1980. Un concert exceptionnel qu’il aurait fallu ne manquer sous aucun prétexte. Le niveau musical flotte au-dessus de la norme. La version de "Shake rattle and roll" est de la pure dynamite. L’explosivité du guitariste fait des ravages. Fred Kaplan se déchaîne sur son vieux piano. Une plage qui vaut à elle seule l'achat de ce double album! Et je le répète une nouvelle fois, si le son n'est pas parfait, la prestation des musiciens nous entraîne dans un autre univers. Al Blake se réserve l'harmo pour exécuter le "This little voice" de AC Reed. Un autre shouter fait son entrée sur scène : Roy Brown. Il chante "Love for sale", un slow blues fiévreux et participatif, ainsi que le jump blues "Boogie woogie blues", caractérisé par la présence d’une guitare qui refuse de rendre l'âme. Ce superbe recueil s’achève par "Motel time". Fats se consacre, pour la dernière fois, aux vocaux. Un album absolument indispensable. Mais également un hommage vibrant à Michael Mann, alias Hollywood Fats, qui nous a quittés, victime d'une crise cardiaque, il y a tout juste vingt ans…

Hollywood Blue Flames

Soul sanctuary

Écrit par
Jadis célèbre sous le patronyme Hollywood Fats Band, les Hollywood Blue Flames perpétuent la flamme du west coast jump blues. Il y aura bientôt vingt ans que Michael ‘Hollywood Fats’ Mann nous a quittés. Les quatre autres musiciens (Al Blake au chant, à l’harmonica et à la guitare, Richard Innes au drums, Fred Kaplan au piano et Larry Taylor à la basse) n'étaient pas des manchots. Ils ont donc décidé de poursuivre l’aventure sous la bannière des Flames, embauchant au passage le jeune prodige noir californien Kirk Fletcher, pour succéder dignement à Fats. A ce jour, ils ont commis trois elpees : tout d’abord "Doctor Blake's Pop-X Magic Soul Elixir" (NDR : Il vous sera présenté prochainement, puisqu’il a été réédité en 2004). Ensuite "Est A long time ago", paru en 2003. Les deux opus chez Soul Sanctuary. Et enfin, avec la complicité de la très dynamique équipe de Delta Groove, le judicieusement baptisé "Soul sanctuary". Très sollicité, Kirk Fletcher semble avoir le don d'ubiquité. Car les Hollywood Blue Flames se produisent souvent en compagnie du guitariste Nathan James. Au cours des 90’s, Big Al Blake avait fondé son label Blue Collar. Une écurie responsable de la sortie de quelques plaques impliquant les anciens du Fats Band : Jr Watson et Kid Ramos se partageaient les guitares sur "Mr Blakes blues", Fred Kaplan avait concocté "Signifyin" et Kim Wilson, "My blues".
 
L'album s’ouvre par "Flambed", un instrumental qui ne manque pas de panache. Kirk Fletcher est immédiatement placé sous les feux de la rampe. Son west coast jump est tellement coloré qu'il nous fait immédiatement penser à Hollywood Fats. Le tempo monte encore d'un ton pour le "Nit wit" de LC McKinley. Un cuivre tapisse le décor sonore. Rien ne semble pouvoir arrêter les cordes de Fletcher. Elles baignent dans une ivresse que partage les ivoires de Fred Kaplan. Le rythme se fait bien paresseux lorsque Al Blake se met à chanter le blues lent très dépouillé "The land of Calieo". Signé St Louis Jimmy Oden, "Soon forgotten" se maintient au cœur de ce climat relaxant. De son timbre légèrement fausset, Al Blake chante distinctement. L'instrumentation légère ne laisse filtrer que les notes qui s’échappent des ivoires de Kaplan, avant que Kirk ne parachève le travail par un solo tout en retenue. "He's a bluesman" est à peine plus rythmé. Plus proche de la Nouvelle Orléans sans doute, grâce au jeu de percussions de Innes et du piano syncopé de Fred, Blake s’y réserve un subtil solo d'harmonica. Une plage qui se poursuit par un échange funky entre les percussions et le piano devenu jazzyfiant. Tramé par le piano que double l'orgue Hammond, "Jo Angelyn" est un merveilleux instrumental. Un mambo au cours duquel Fletcher dispense un solo très inspiré et délicatement construit. A cet instant il est très proche d'un Otis Rush des grands jours du Chicago Westside. Le traitement réservé à "I'm a lucky lucky man" est remarquable. Tout au long de ce Chicago shuffle, Kirk se montre aussi brillant que le Jimmy Rogers contemporain, tandis que Fred tapote son piano comme Otis Spann. Autre blues rythmé, "Black cat bone" permet à tous les acteurs de se présenter sous leur meilleur jour. Un fragment toujours très Chicago au cours duquel Blake souffle comme Sonny Boy2. Pour le titre maître, H.B.F. a choisi un instrumental gracile. Jazz blues bien swinguant, "My national inquerer baby" met en exergue le saxophone et bien sûr la basse acoustique de Larry Taylor. Blues lent très fin de soirée, "Coco puffin" exhale des relents de tabac. Al Blake souffle avec délectation et chante correctement ce type de répertoire. Fred est à l'orgue Hammond. Kirk opère un solo personnel, explosif même ; sans doute le meilleur de l'album. L’opus nous réserve deux bonus tracks. Tout d’abord l’instrumental "Big foot's boogie", un boogie woogie taillé sur mesure pour Fred Kaplan, maître dans le style. Ensuite le "You're sweet" de Jimmy Rogers. Interprété tout en feeling par le duo Al Blake/Kim Wilson. Le premier à la guitare acoustique et au chant. Le second à l'harmonica. Un régal! Pas étonnant que cet opus soit d’excellente facture, quand on assiste à une réunion d’autant de musiciens talentueux…

Hollywood Blue Flames

Est. A long time ago…

Écrit par
Répondant autrefois au patronyme de Hollywood Fats Band, les Hollywood Blues Flames roulent leur bosse depuis trois décades, et pratiquent aujourd’hui ce qu’on appelle du post modern blues. Alias Hollywood Fats, le charismatique et regretté guitariste Michael Mann, nous a quittés voici plus de 17 ans, à l’issue d’un concert accordé au Music Machine de Los Angeles. Aussi, décemment, les musiciens ne pouvaient pus revendiquer le nom du défunt leader. Marqué par leur album légendaire paru en 1979, sur PBR, le West Coast Jump blues si populaire de nos jours, était déjà leur apanage à l'époque. La formation d'alors avait eu le bonheur d'accompagner des artistes tant revendiqués au cours de ces dernières années : George"Harmonica" Smith, Percy Mayfield, Big Joe Turner, Lowell Fulsom. Ils assurèrent même le backing groupe de Johnny Shines et Lightnin' Hopkins. Hollywood Fats possédait un talent immense. Il n'avait que 32 ans lors de sa disparition. Son HF Band post mortem avait sorti, l'année dernière, l’elpee "Dr Blake's Magic soul élixir", sur le label Soul Sanctuary. Puis ce disque sous la nouvelle dénomination.
 
Qui sont les musiciens? Leader, Al Blake se réserve le chant, l’harmonica et épisodiquement la guitare, Fred Kaplan, les claviers, Richard Innes, la batterie (NDR : à la fin des 60s, il sévissait chez Bacon Fat en compagnie de Rod Piazza et Georges Smith), et Larry Taylor (membre fondateur de Canned Heat), la basse. Enfin, le poste de guitariste a été confié à Eli Kirk Fletcher. Influencé par Junior Watson et…Hollywood Fats, ce jeune noir de 28 ans est une des valeurs montantes.
 
L'album s’ouvre par "Flambe'd", dans un style jump pur et dur, imprimé par Kirk Fletcher. Magnifié discrètement par la basse acoustique de Larry Taylor, "Black cat bone" conserve ce rythme cher à la West Coast. Faut dire qu’en bénéficiant d’une telle section rythmique, il est devenu tellement aisé de swinguer. Fletcher respire la forme. Il s'éclate sur le rythme enlevé de "Nit wit", une composition de L.C McKInley. Le jeu est vif et clair, communiquant un côté boogie à l’ensemble, que Kaplan ajuste à son compte de son piano aux accords sautillants. "Bunk's blues" est un blues lent, langoureux, très fin de soirée, pas éloigné d'un Charles Brown. Fred disserte avec beaucoup d'âme. Kirk se mue en T-Bone pour cette plage manifestement trop courte. Basse, drums et guitare rythmique impriment un funk sobre et léger à l’adaptation du "He's a bluesman" de Juke Boy Bonner. Le piano prend des accents jazzy. L'harmonica est autoritaire. "Long black cadillac" est un Chicago blues classique, nonchalant, assez feutré. Al chante paresseusement. Kaplan assure bien son rôle et c'est l'harmonica de Blake qui prend son billet de sortie. Fred passe à l'orgue Hammond pour attaquer "Takin' care of business". Une formule qui apporte du sang neuf à l’ensemble, même si le climat lorgne de toute évidence vers Chicago. Tout en finesse, délicatesse et concision, le jeu de Kirk Fletcher fait merveille sur "Soon forgotten". Il n’y a rien de trop ni de trop peu. Big Al Blake tire son épingle du jeu à l’harmonica sur "Coco puffin". Un superbe blues lent, basique, dépouillé, nappé d’orgue Hammond, éclaboussé de petits flots de notes déterminées par la guitare, dont le solo est vraiment à la hauteur. Dans un style inspiré au départ par BB King et Mike Bloomfield, il y insuffle toute sa personnalité. Impressionnant ! Chicago shuffle bien entraînant, "I'm a lucky, lucky man" se signale de nouveau par la parfaite mise en place des différents acteurs. Un parfum d’exotisme, mais aussi du Westiside de Chicago embaume "Jo Angelyn. L'album s’achève par deux apparitions en solitaire d’Al Blake. Il chante et joue de la guitare acoustique sur "You don't know my mind" et "Miss Nitroglycerite". Deux fragments absolument roots qui baignent dans les eaux du Delta! Ce très bon album de blues n’a été, paraît-il, tiré qu’en nombre tr ès limité. Il est vrai que je n'ai jamais eu le loisir d’entendre un seul morceau de "Dr Blake's Magic soul elixir", le précédent opus, pourtant paru sur le même label.