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The Kentucky Headhunters

Meet me in Bluesland

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The Kentucky Headhunters est un très ancien groupe. A l'origine, il pratiquait du country rock, voire du southern rock. Et répondait au patronyme d’Itchy Brother, impliquant les frères Richard et Fred Young, le premier préposé à la guitare rythmique et au chant, le second aux drums. Le combo est alors complété par le gratteur Greg Martin et le bassiste Anthony Kenney. En 1986, les frangins Phelps incorporent la formation. Ricky Lee au vocaux ainsi qu’à l’harmo et Doug à la basse. Ce dernier pour remplacer Kenney. Ils y resteront jusque 1992. Mais fait marquant, c’est lors de leur arrivée que le band change de nom et opte pour celui de Kentucky Headhunters. Il y aura encore d’autres modifications de line up au cours de leur aventure. Ainis, Doug Phelps est revenu en 1996, mais pour se consacrer à la rythmique et au chant.

Malgré sa carrière particulièrement longue, le groupe n’affiche pas de discographie abondante. Une dizaine d’albums studio en tout. Le dernier, "Dixie Lullabies", remonte déjà à 2011.

Johnny Johnson était déjà une légende de son vivant. Le magazine ‘Rolling Stone’ le qualifiait de ‘Greatest sideman in rock'n'roll’, pour son rôle de pianiste derrière Chuck Berry. Né en 1924, il fonde son groupe à St Louis, dans le Missouri, dès 1952. Et recrute l'année suivante, un jeune chanteur, guitariste et compositeur répondant au nom de Chuck Berry. Le début d'une grande aventure ! Le 25 janvier 2003, Johnson accompagne les Rolling Stones, sur scène, à Houston, au Texas. Le lendemain, il s'envole pour le Kentucky où il est attendu par ses amis du Kentucky Headhunters. Il avait déjà apporté sa collaboration en 1993, lors de la confection de l’elpee "That'll rock". Durant trois jours, ils s'enferment dans un studio et enregistrent de nombreux titres. Malheureusement, le légendaire pianiste décède en 2005 et le fruit de ces sessions reste dans les cartons. Et c’est Alligator, le célèbre label chicagoan de blues, qui exhume ces bandes et décide de les envoyer au mixing. Nous sommes alors en 2015. En résulte ce superbe opus intitulé "Meet me in Bluesland".

Traditionnelles, les onze plages de cette œuvre baignent au sein d’un climat propice au blues et au rock'n'roll. C'est-à-dire réminiscent de Jimmy Johnson et Chuck Berry. Dont une cover du "Little Queenie" de ce dernier. Les vocaux sont partagés entre Richard Young et Doug Phelps.

Le long playing s’ouvre en force par "Stumblin". Le tempo évoque les Stones. Les grattes évoluent toutes en rythme, alors que très caractéristiques, les ivoires de Mr Johnson balisent l’ensemble. Bien rythmé, d’une grande pureté, "Walking the Wolf" s’inspire de Howlin' Wolf et d’Elmore James. Johnny est insatiable au piano et Greg Martin se réserve la slide. "Little Queenie" rend hommage au vétéran du rock'n'roll, Chuck Berry. Jimmy interprète d’une voix grave et profonde, un autre blues limpide, "She's got to have it". "Party in Heaven" est un rock'n'roll aux accents country. Richard chante passionnément le blues lent "Meet me in  Bluesland". "King Rooster" libère un fameux shuffle! Indolent, "Shufflin' back to Memphis" campe un excellent Memphis blues. Une seule plage instrumentale, "Fast train". Bien imprégnée par l'esprit de Chuck Berry, elle met en exergue l’immense talent de Jimmy Johnson. Dominé par la slide et les ivoires, "Superman blues" est un dernier blues qui clôt l’LP. Une des meilleures plaques blues de l'année!   

Hunters & Collectors

Demon Flower

Au début des eighties, cet ensemble australien nous avait livré deux elpees absolument remarquables, deux œuvres sculptées dans le funk blanc épileptique, cuivré et torturé. Le groupe va alors curieusement rencontrer les pires difficultés pour bénéficier d'une distribution décente. Et c'est au moment où le spectre de la séparation s'est manifesté que le groupe a décroché un contrat chez Atlantic. Mais pour n'accoucher que d'un album aussi insipide qu'inutile. En changeant à nouveau de label, le groupe kangourou vient surtout de changer de fusil d'épaule. "Demon Flower" devrait en tous cas réhabiliter le groupe dans le cœur de ses admirateurs. Il renoue enfin avec ses structures riches, déconcertantes, envoûtantes; ses climats étranges, inquiétants, rencontrés sur "H &C" et "The Human's Curse". Mais en plus, il parvient à jeter des ponts entre le garage (Neil Young), le métal (Hendrix) et même le jazz. Une excellente surprise !