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IAMX

L’alchimiste des âmes…

Il est de ces artistes qui sculptent des univers, des refuges où les âmes égarées se retrouvent, frémissantes, pour communier dans une transe collective. Chris Corner, l’âme tourmentée d’IAMX, est de ceux-là. Depuis 2002, cet alchimiste tisse une toile sonore singulière, mêlant dark synthpop, électro hypnotique, darkwave envoûtante, burlesque décadent et indus rageur. Enfant prodige, il n’a que quinze ans lorsqu’il intègre Sneaker Pimps, avant de s’émanciper pour donner naissance à IAMX, son projet solo, son laboratoire d’émotions brutes. En 2006, grâce à « Spit It Out », il déchaîne une ‘IAMX-mania’ qui, on s'en souvient encore, a fait trembler les murs de l’auditoire Paul-Émile Janson, à Bruxelles. Mais Corner n’est pas homme à se reposer sur les lauriers d’un succès facile. Il a choisi l’exil volontaire dans un univers autistique, un refuge d’expérimentations audacieuses où il célèbre sa singularité aux côtés d’une tribu fidèle, disséminée aux quatre coins du globe.

Ce soir, dans l’antre mythique de l’Ancienne Belgique, le prince noir de l’électro-rock opère son retour. Il y a dix ans, votre serviteur a eu l’honneur de fouler cette même scène à l’invitation de l’artiste, un souvenir gravé dans l’éternité. Ce soir, l’AB, en configuration ‘box’, vibre d’une ferveur palpable. Les premiers rangs frémissent, les cris fusent comme des éclairs avant l’orage. La salle, presque comble, retient son souffle.

Le rideau s’ouvre sur « The Ocean », joyau tiré du dernier opus, « Fault Lines² ». La voix éthérée d’Hafdís Huld, la chanteuse islandaise, absente physiquement mais présente grâce à une bande-son, flotte comme un spectre bienveillant, tandis que des images en noir et blanc, d’une beauté austère, dansent sur trois écrans dressés sur l’estrade. La scène s’anime, et Chris Corner surgit, figure chamanique drapée de noir, le visage orné d’un masque surmonté d’une couronne d’épines mystiques, tel un succube post-apocalyptique. À sa gauche, Sarah Pray, dont la voix cristalline et la présence magnétique (connue sous son excellent projet solo Carrellee) captent la lumière. À droite, Janine Gezang, fidèle bassiste et choriste, ancre le son dans une énergie sensuelle. Derrière, Jon Siren, batteur aguerri aux accents heavy metal et indus, martèle le rythme avec une précision féroce, fort de son passé auprès de formations comme FrontLine Assembly ou Psyclon Nine.

À peine le concert s’élance-t-il que l’énergie explose. Sur les planches, c’est une chorégraphie de chaos maîtrisé ; dans la fosse, une marée humaine s’agite, électrisée. Les titres prennent une ampleur nouvelle, transfigurés par une patine électro-indus. Sailor, née en 2004, se mue en un monstre rythmique. Ses pulsations implacables sont accompagnées d’une vidéo aux accents fétichistes délicieusement provocateurs. « Aphrodisiac », réverbérant des échos d’Obsession d’Animotion, révèle la complicité entre Corner et ses deux muses. « After Every Party I Die » embraie, déferlante qui embrase la foule. Corner, possédé, se jette dans un stage diving sauvage, porté par une vague humaine.

L’atmosphère s’apaise un instant, grâce aux mélodies introspectives de « Grass Before The Scythe » et « Break The Chain », mais la machine électro reprend vite ses droits. « I Come With Knives » et « Neurosymphony » électrisent, cette dernière prouvant que les nouvelles compositions d’IAMX passent bien la rampe. Puis arrive l’inévitable « Spit It Out », apogée de la soirée. La foule, emportée par un raz-de-marée électronique, chante à l’unisson : ‘And it breaks my heart…’ Corner, tel un sorcier magnétique, règne sur l’assemblée. Sa présence androgyne, son chant d’une précision tranchante et son charisme brut captivent. ‘Vous êtes magnifiques ! Et très érotiques !’ lance-t-il, malicieux, avant d’enchaîner par « The Great Shipwreck of Life ». La salle se transforme en un dancefloor tribal, où les stroboscopes tailladent l’obscurité, plongeant le public dans une transe collective.

Le rappel, hélas, prive les fidèles de « Kiss + Swallow », mais « The Alternative » et le burlesque « Bernadette » font monter la fièvre d’un cran. « Mercy » conclut la cérémonie, comme un ‘merci’ murmuré par une foule reconnaissante.

Une fois encore, IAMX a conjugué virtuosité musicale, performance scénique et intensité émotionnelle. Si Chris Corner ne soulève plus les foules avec la même frénésie qu’il y a dix ans, il demeure un alchimiste des âmes, capable de tisser une communion presque mystique avec son public. Ce soir, il a prouvé qu’il reste, indéniablement, IAMX-traordinaire.

Setlist :

The Ocean

Disciple

The X ID

Sailor

Aphrodisiac

After Every Party I Die

Grass Before the Scythe

Break the Chain

I Come With Knives

Neurosymphony

Exit

Spit It Out

The Great Shipwreck of Life

Rappel :

The Alternative

No Maker Made Me

Bernadette

Mercy

En première partie, le duo Ductape, originaire de Turquie, a enchanté le public grâce à une darkwave évoquant Siouxsie, Lene Lovitch et Sisters of Mercy. La chanteuse, Çağla Güleray, possède une voix grave et envoûtante, tandis que son acolyte, Furkan, tisse de belles arabesques mélodiques à la guitare électrique. Un projet prometteur, qui sera de retour à Bruxelles le 12 juin prochain (infos ici et page ‘Artistes’ )

(Organisation : FKP Scorpio)

Photo : Thomas Jansson (Instagram)

IAMX

La résurrection du petit prince de l’électro/rock...

Chris Corner, alias IAMX, a failli mourir. A cause d’une grave dépression, dont il a souffert il y a un an et demi et qui aurait pu l’emporter. Le musicien anglais, surtout connu du grand public pour son hit ‘Spit It Out’, a subi le contrecoup de longues années de tournée et d'un style de vie très ‘rock'n roll’. Heureusement, après une thérapie et un suivi médical, il est parvenu à remonter la pente, s'est installé à Los Angeles et s'est remis à composer. Aujourd'hui, il est de retour à l'AB de Bruxelles pour présenter son (excellent) nouvel album, ‘Metanoia’. Votre serviteur le suit à la trace depuis ses débuts, il y a dix ans ; aussi il n’a pas hésité de répondre par l’affirmative, quand on lui a demandé d’interviewer le petit prince de l'électro-rock.

Le premier sujet de l'entretien concerne bien entendu son nouvel opus. Chris nous confie qu'il s'agit sans doute de sa production la plus honnête, la plus spontanée. « J'ai voulu parler de la période difficile que j'ai traversée et des expériences vécues. Ce qui explique pourquoi ‘Metanoia’ est très intime, très proche de ce que je suis au fond de moi. Dans la production également, j'ai recherché l'authenticité, la simplicité. C'est juste un homme avec un ordinateur, dans une pièce. »

Manifestement, il a voulu retourner aux sources de son art, aux racines de son inspiration. Ce qui n’a pas été apparemment facile. Au point qu'il a même envisagé d'arrêter sa carrière. « Durant la période la plus difficile, je vivais comme un reclus. Je ne voyais même plus mes amis. J'avais cessé de créer parce que je croyais que mon art était devenu mon ennemi et qu'il me détruisait aussi bien psychologiquement qu’émotionnellement. C'était une charge trop lourde à porter. Je me suis posé la question de savoir si je voulais continuer à faire de la musique. Il a fallu un certain temps pour retrouver le goût, et pour réaliser qu’elle ne me faisait pas souffrir ; mais au contraire, me nourrissait. »

Dans ce processus de revalidation, le support des aficionados a joué un rôle prépondérant. « En effet ! J'ai commencé à parler de mon évolution sur un blog et je me suis rendu compte de leur support inconditionnel. C'est ce qui m'a rendu confiance pour revenir. » Le passage à vide lui a également permis de se replonger dans les disques qu'il écoutait lorsqu’il était jeune. Et l'artiste qu'il désigne comme son ‘idole’ et sa source d'inspiration majeure, c'est David Sylvian, le leader de feu le mythique Japan, dont l’aventure en solo est aussi discrète qu'attachante. « C'est mon oncle qui m’a fait découvrir Sylvian », poursuit Corner. « Il m'endoctrinait véritablement, dans le bon sens du terme. Il écoutait aussi beaucoup de musique minimaliste, comme Philip Glass et Steve Reich. Je l’avais négligée depuis longtemps, parce que j'étais concentré sur mes productions ; et, d'une certaine manière, celle des autres me faisait peur, sans savoir pourquoi. L'an dernier, j'ai senti le besoin de me replonger dans celle de ma jeunesse. »

L’elpee le plus notoire de David Sylvian est incontestablement ‘Brilliant Trees’ ; mais c'est surtout ‘Secrets of the Beehive’ qui a séduit Corner. Etonnant, mais il aimait également Frankie Goes To Hollywood. Ainsi, sa sœur lui avait offert le simple ‘Relax’, dans les années 80. Il ne peut s'empêcher de s'esclaffer en évoquant ce souvenir. Je lui confie comprendre cette influence, surtout à la lumière de certaines chansons très ‘hot’, qu'il composera plus tard, pour IAMX. 

Mais c'est bien entendu David Sylvian qui a déclenché en lui le souhait de devenir musicien professionnel. « Il m’a aussi incité à ne pas me laisser entraîner au sein du créneau commercial. Il m'a insufflé énormément de confiance pour rester en dehors de la pop. Voir quelqu'un comme lui construire une carrière en se limitant à la musique très alternative, a été un stimulant. Flood est également quelqu’un qui m’a marqué. Regarder sa manière de travailler a eu une grande influence sur ma création et mon développement dans la production. Il a mis en forme de nombreux chefs-d'oeuvre. On a eu l’occasion très tôt de bosser ensemble, sur le premier album Sneaker Pimps. Il était capable de réaliser des tas de choses différentes. Ce qui m'a incité à devenir un producteur et un artiste solo, en essayant d'acquérir toutes les compétences nécessaires pour concevoir un disque. » 

Picasso a dit : ‘Les artistes médiocres copient, mais les vrais artistes volent’. Cette phrase, à laquelle je recours régulièrement pour faire réagir les artistes, trouve un écho positif auprès de Corner. « Voler, nous le faisons tous. En musique, surtout dans le genre que je pratique, tout a déjà été fait. Mais une bonne musique, c'est toujours un reflet de l'unicité de l'individu. Si vous pouvez emprunter quelque chose qui existe et parvenir à le faire sonner comme vous le souhaitez, alors le résultat sera toujours unique. La seule chose unique dont nous disposons, c'est l'individu et sa singularité. Donc, c'est explorer l'individu qui est intéressant. Si vous n'avez rien à dire, on le ressentira dans votre création. Par contre, si vous avez cette personnalité unique, vous pourrez créer le rock'n’roll le plus simple possible, il sonnera bien et aura une âme. »

En effet, quand on écoute IAMX, on identifie de nombreuses références : d’un point de vue musical, Depeche Mode, Placebo, Ladytron, Interpol, Radiohead en sont certainement des majeures ; et en ‘live’ Prince, Bowie, T.-Rex, mais également bien d'autres sont très susceptibles de vous traverser l’esprit ; cependant, toutes ces influences sont transcendées par la personnalité unique du musicien, rendant le tout foncièrement original. 

Pour réaliser ‘Metanoia’, Chris Corner a eu recours au financement participatif, via pledgemusic.com. Depuis le début de sa carrière, il est parvenu à développer un lien particulier, très émotionnel, avec ses fans. Grâce à l'appel aux fonds, ces derniers ont la possibilité de précommander ses œuvres sous différents formats : du simple compact disc au package complet incluant CD et LP signé, mention sur la pochette, meet-and-greet en compagnie de l'artiste. On peut même lui proposer de produire un de ses propres morceaux ou de tourner un clip vidéo. Une approche novatrice mais indispensable si on veut survivre aujourd'hui. « Quand on a la chance d'avoir une longue relation et un grand soutien de ses fans, la transparence est toujours la meilleure approche. Il faut avouer qu’on ne pourrait pas enregistrer un album si on n’était pas financé. Il est devenu impossible de faire de la musique sans soutien. C'est la vérité. Et ils savent qu'on ne le fait pas pour le fric. On n'est pas des accros à la notoriété. On n’est pas intéressé de devenir riche et célèbre ! En plus, la relation avec eux est tellement gratifiante ; c'est une communication très pure et très profonde. Il est difficile de connaître ce type de relations dans la vie normale. Donc, je suis très privilégié de bénéficier d’une telle situation. Maintenant, il faut garder une certaine distance : je ne peux quand même pas inviter tout le monde pour une orgie ! » (rires)

De retour en Belgique, Chris Corner confirme entretenir une relation particulière avec notre pays. C'est un des premiers où IAMX a rencontré un certain succès à ses débuts. « Oui, je vous dois beaucoup, les gars ! Et c'est tellement agréable de revenir. Je suis assis ici, je regarde la bouteille de vin et je pense à tous ces visages que je vais voir ce soir. Au final, cette pause dans ma carrière a été très bénéfique. Je me sens comme ressuscité. Elle m'a permis de voir ce qui est important pour moi et faire de la musique, c'est ma passion. La Belgique m'a beaucoup aidé dans ma carrière : je vous suis reconnaissant pour ce soutien. »

Mais pourquoi ne convie-t-il plus les fans à monter sur le podium en fin de spectacle, comme lors de ses débuts ? S’il lançait à nouveau cette invitation à ses fans ce soir, à l'AB, sûr qu’ils seraient heureux de faire la fête avec lui sur la scène. « Chiche ! », me répond-t-il. Quelques heures plus tard, à l'issue d'un concert mémorable (voir compte-rendu ici), votre serviteur sera invité à grimper sur l’estrade pendant « Your Joy Is My Low », en compagnie d’une vingtaine d'autres admirateurs... Un souvenir inoubliable !

Pour commander « Metanoia », c’est encore ici

 

 

 

 

IAMX

Un come-back triomphal...

Victime d’une grave dépression, dont il a souffert il y a un an et demi et qui aurait pu l’emporter, Chris Corner, alias IAMX, est de retour. Musicien et producteur anglais, il a débuté sa carrière en gravant trois opus au sein de Sneaker Pimps ; et, ensuite, en a publié six pour son projet solo, IAMX. Le grand public le connaît surtout grâce au hit « Spit It Out ». Aujourd'hui, Chris Corner vient présenter son (excellent) nouvel LP : « Metanoia ». La soirée commence très bien, car le petit prince de l'électro-rock a accordé une interview à Musiczine (lire ici ). Les échos recueillis sur Internet et dans la presse pour sa tournée en cours sont très favorables ; ce qui laisse augurer un concert mémorable...

L'Ancienne Belgique est quasi-remplie quand la formation monte sur les planches. La ferveur des inconditionnel(le)s de Corner est déjà bien palpable ; car de nombreux cris de joie retentissent parmi les premiers rangs. Lors du premier titre, « I Come With Knives », on reconnaît les différents protagonistes : Chris Corner se plante au centre, en prince noir, caché dans un sweat à capuche. A droite, s’est installée l'inséparable Janine Gezang, la claviériste, bassiste et choriste allemande qui le suit déjà depuis plusieurs années. A gauche, l'Américaine Sammi Doll (NDR : elle avait accompagné le combo lors du périple d’IAMX, en 2013). Elle se consacre aux claviers et backing vocals (NDR : cette jolie brunette milite également chez Bullet Height et Losers). Enfin, à la batterie, siège un autre ressortissant de L.A., Jon Siren (NDR : jouissant d’un background heavy metal / industrial, il drive Mankind Is Obsolete et a joué pour une pléiade de formations : Information Society, Early Man, Psyclon Nine, Dismantled, God Module, ...)

Le concert vient à peine de commencer et c'est déjà la folie dans l'AB. Ca bouge énormément sur scène et dans le public. Les compositions prennent en ‘live’ une dimension très électro, et même carrément 'club remix'. Ici, on a ajouté une introduction semi-acoustique, là, adopté des progressions empruntées aux musiques 'dance'. Le résultat est irrésistible et on se rend compte de l'incroyable aptitude dont dispose Chris Corner pour signer des titres que l'on peut chanter à tue-tête, sans que ce ne soit de la pop mainstream.

La setlist est facile à suivre vu qu'IAMX joue la même depuis le début de sa tournée. « Metanoia » en constitue tout naturellement la composante principale et on est très heureux de constater que « Happiness », « No Maker Made Me » et « Surrender » passent très bien la rampe.

Mais c'est bien sûr « Spit It Out » qui constitue le premier point culminant de la prestation. L'introduction, exécutée quasi a capella, est un teaser parfait avant le déferlement des synthés et des drums. Emporté par une vague électronique, la foule chante à l'unisson le refrain : ‘And it breaks my heart...’ Chris Corner excelle également dans l'art de la performance. Il tient littéralement le public dans sa main. Sa prestance naturelle, subtilement androgyne, focalise tous les regards. Le front bordé de paillettes et le visage maquillé de blanc, il ressemble à un Bowie glamoureusement fantomatique. Le chant est précis, juste et puissant ; et une relation de profonde connivence s’établit entre les spectateurs et l’artiste.  ‘Thank, you ! It's good to be back’, confie-t-il, avant de murmurer ‘Let's get dirty !’.

Pendant « Volatile Times », il commence à taper sur les fûts en compagnie de Janine. Soudain, il soulève le t-shirt de son acolyte, révélant une poitrine cachée par de l'adhésif noir : ‘dirty’, en effet ! Après le superbe « Bernadette », IAMX se lance dans ce qui constituera le climax du concert : « After Every Party I Die » et « Aphrodisiac ». La salle est transformée en énorme dance-floor et on entre comme dans une transe tribale, éblouis par les stroboscopes.

Au cours de l'interview réalisée avant le concert, votre serviteur avait demandé à Chris Corner pourquoi il n’invitait plus les fans à monter sur le podium, comme à ses débuts. Me prenant au mot, il avait promis de s'exécuter et de renouer avec cette tradition le soir même, à l'AB. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, en plein milieu du dernier titre, « Your Joy Is My Low », il s'avance au bord de l’estrade et me pointe du doigt en disant : ‘Come on the stage, let's dance !’ Pas question de se faire prier pour se retrouver en compagnie d’une dizaine d’aficionados, afin de danser. Un moment inoubliable, immortalisé dans cette vidéo (voir

Au cours du premier rappel, l'ambiance monte encore d'un cran grâce à un autre hit d'IAMX : « Kiss + Swallow ». A nouveau, la composition est magnifiée par son adaptation 'live' et les fans reprennent tous en choeur : ‘Echo echo, I know it's a sin to kiss and swallow’. IAMX accordera enfin un second rappel, sous la forme du très émouvant « I Am Terrified ».

Bref, on a assisté à ce qui peut être considéré comme un des concerts de l'année, si pas ‘le’ concert de l'année. On a rarement vu une association aussi réussie entre qualité musicale, performance scénique, et surtout, une telle intensité émotionnelle ; un peu comme une communion orgasmique entre les artistes et le public. Le petit prince de l'électro-rock est de retour et c'est un retour... triomphal.

Pour la section photos, c’est ici 

Pour lire l'interview de Chris Corner, réalisée avant le concert, c’est là 

Pour commander « Metanoia », c’est encore ici 

 

 

 

 

IAMX

Le petit Prince est de retour...

IAMX, le projet de Chris Corner (ex-Sneaker Pimps), inaugurait sa tournée ‘Animal Impulses’ à l'Ancienne Belgique, le 28 mars dernier. C'est la 4ème fois en 4 ans que la formation réserve cette salle mythique bruxelloise au cours du mois de mars : une belle régularité! Cette tournée sert à promouvoir le cinquième opus du groupe, "The Unified Field", sorti le 15 mars.

Mais c'est d'abord Moto Boy qui ouvre les hostilités. Oskar Humlebo est un bellâtre suédois un peu efféminé qui chante des mélodies douces d'une voix touchante et quasi-religieuse, proche de Jeff Buckley... Que ce soit soutenu par une bande-son ou seul à la guitare, il parvient à attirer l'attention du public, surtout au moment où, délaissant son micro, il vient se planter au devant de l’estrade pour chanter sans amplification. Une découverte intéressante.

Pour son nouveau spectacle, IAMX a disposé, sur le podium, trois écrans vidéo. Un à chaque extrémité et le troisième derrière devant une grande toile qui sert également aux projections. On remarque également la présence d’un fût de bière au milieu du jeu de quilles. Serait-ce un clin d'œil adressé à une des spécialités de notre beau pays ? La clameur du public devient insistante et derrière la scène, on aperçoit l'ombre de Chris Corner qui se sert un verre de vin. Jolie entrée en matière! La formation monte sur les planches pour entamer "Animal Impulses". Un choix étonnant, car la chanson n'est pas vraiment un hit. Egalement tiré du dernier opus, "Sorrow" permet à l'ambiance de monter d'un cran, surtout au moment du superbe refrain. En plus de Janine Gezang, la fidèle complice, aux claviers et au chant, Corner est accompagné de Richard Ankers à la batterie, Alberto Alvarez à la guitare et d'une très jolie blonde aux claviers : Sammi Doll. Le son est excellent et la voix de Corner, forte et cristalline. Par contre, le groupe nous a malheureusement choisi un light-show très minimaliste. Ainsi, la plupart du temps, le spectacle est plongé dans l'obscurité.

Soudain retentit le riff de basse synthé de "Kiss + Swallow" et toute la salle s'embrase. Ce hit imparable date de 2006 et n'a pas pris une seule ride. Chacun se surprend à chanter à tue-tête ‘Echo, Echo, I know it's a sin to Kiss and Swallow’. L'intensité se prolonge sur "Kingdom of Welcome Addiction" et "Tear Garden", au cours duquel Corner se déchaîne aux percussions. Après le très beau "My Secret Friend" et le plus terne "Trials", c'est un nouveau moment phare du concert : "The Unified Field", probablement le titre le plus efficace du nouvel album éponyme. Un beat électro irrésistible, un riff de synthés et des mélodies accrocheuses. Tout y est! La réaction du public est enthousiaste (NDR : voir ici)

Ensuite, le groupe aligne une succession ininterrompue de hits, jusqu'au dernier morceau du set : "The Alternative". Mais IAMX revient bien vite pour trois titres supplémentaires: "I Come With Knives" (NDR : à regarder ), une chanson forte et hypnotique incluant un poème en allemand chanté par Janine Gezang et Sammi Doll, suivi de l'incroyable et très burlesque "President", avant de finir par un "Nightlife" (NDR : à découvrir encore ici) très bien enlevé, qui se termine a capella, à l'unisson avec le public.

Dans la setlist, on remarque l'absence de certains titres phares comme "Spit It Out" ou "After Every Party I Die" mais dans l'ensemble, c'est une bonne combinaison de nouveautés et de 'classiques'. Le groupe est en pleine forme et semble même avoir reçu une nouvelle impulsion grâce au nouvel opus. Evidemment, on regrette la folie qui animait les premiers concerts de Corner en 2006-2007, mais le musicien a mûri et reste quoi qu'il en soit un des meilleurs singers/songwriters des 10 dernières années. Multi-instrumentiste, chanteur, compositeur et producteur, il a réussi à développer un univers musical étonnant, qui combine avec bonheur des éléments new-wave, funk, dance et indie-pop, soulignant le tout de paroles intelligentes et extrêmement sexy. Le petit Prince est de retour et il assure grave!

Setlist:

Animal Impulses
Sorrow
Kiss + Swallow
Kingdom
Of Welcome Addiction
Tear
Garden
My Secret Friend
Trials
The Unified Field
Cold Red Light
Walk With The Noise
Music People
The Alternative

Rappel :

I Come With Knives
President
Nightlife

(Organisation : Nada Booking & AB)

 

IAMX

The Unified Field

Il existe des groupes ou des artistes pour lesquels il est toujours difficile d’être objectif. IAMX appartient à cette catégorie. J'ai toujours été un grand fan d'IAMX, et plus précisément depuis le jour où j’ai assisté à leur set, à Dour, en 2006. Je m’étais déplacé pour applaudir Archive, mais IAMX m'a tout simplement explosé la tête. Chris Corner (ex-Sneaker Pimps), le fondateur et leader de cette formation, est extrêmement talentueux. Multi-instrumentiste, chanteur, compositeur et producteur, il a réussi à développer un cross-over musical étonnant, qui combine avec bonheur des éléments new-wave, funk, dance et indie-pop, soulignant le tout de paroles intelligentes et sexy. Au final, ce sont des chansons d'une beauté incroyable. Et leurs concerts sont tout simplement dingues.

Intéressant : pour produire ce 5ème opus, Corner a lancé une campagne de 'crowdfunding' via pledgemusic.com, afin de lever des fonds. La réaction des fans a été hallucinante : une heure plus tard, le groupe avait déjà atteint 100% du montant escompté. Le jour de la sortie du long playing, les promesses d'achat culminaient à 800%! Un signe du lien incroyablement fort qui lie cette formation à ses fans.

Jusqu'à présent, Corner avait produit ses albums lui-même, mais cette fois, il a fait équipe avec Jim Abbiss, un Britannique qui a mis en forme le "Becoming X" des Sneaker Pimps ; mais il est surtout connu pour son travail opéré chez Arcade Fire, Adele et Ladytron. Cet elpee, enregistré à Berlin, dans le propre studio ('Turmwerke') de Corner, offre donc un éventail beaucoup plus large d'arrangements que les productions précédentes. ‘Jim a contribué à libérer ma créativité’, a déclaré Corner. C'est pourquoi vous retrouvez ici des instrumentations plus diversifiées, dont le dulcimer, le violon, la flûte, le vibraphone ou le glockenspiel.

Les thèmes des paroles, par contre, n'ont pas changé. Le sexe, la mort, l'amour, l'ivresse narcotique, la décadence, la religion, la politique, l'aliénation et la société moderne sont toujours au cœur des lyrics. Corner avait déjà publié trois vidéos avant la sortie du disque : "The Unified Field", un hit électro très accrocheur, "I Come With Knives", une chanson forte et hypnotique incluant un poème en allemand chanté par Janine Gezang, et "Quiet The Mind", une très jolie berceuse.

Sur l’album, on trouve d'autres plages puissantes et rythmées comme par exemple, "Sorrow", une ode magnifique à la mélancolie et "Walk With The Noise", dominé par un superbe riff de piano ; mais l'ambiance générale est plutôt dans les tempos mi-lents, voire lents. "The Adrenalin Room" propose une atmosphère trip-hop, 'ambient', et identifie beaucoup d'effets sur les voix, tandis que "Screams" se distingue par des sons mystérieux au dulcimer et un refrain aux vocaux très aigus. Une guitare acoustique berce une magnifique ballade intitulée "Under Atomic Skies". Quant à "Come Home", il est très susceptible de vous flanquer des frissons partout. Enfin, "Land Of Broken Promises" évoque une valse aux accents burlesques, qui virevolte au son de percussions folkloriques et de violons manouches.

Pas de doute: ce nouvel opus d'IAMX est à nouveau un chef-d'œuvre. Je vous avais prévenus: je ne suis pas objectif. La seule chose qui manque, c'est un hit comme "Spit It Out", publié en 2007 ; mais vu le soutien de ses nombreux fans dispersés partout dans le monde et le genre de vie qu'il mène à Berlin, je ne pense pas que Chris Corner ait vraiment besoin de retrouver ce succès 'mainstream' éphémère et tellement factice. Achetez ce disque: c'est un ‘must’!

 

IAMX

Comme un diesel…

Écrit par

La route qui nous mène à la toute nouvelle salle montoise de l’On-air studio ce samedi est parsemée d’embûches. Outre les travaux entrepris à la rue de Nimy (celle qui aurait dû nous mener à destination), nous sommes retardés par un accident de la circulation, croisé sur notre itinéraire. Arrivé enfin dans la cité du Doudou, nous parquons notre véhicule avant d’en sortir pour emprunter des  trottoirs qui n’en sont plus vraiment. On entend des cris barbares qui résonnent depuis l’autre côté de la ville ; c’est que l’Albert joue au foot à domicile ce samedi.

Mais au bout de ce chemin de croix, la récompense est là. Tout d’abord celle de redécouvrir un lieu de sortie montois, l’Alhambra, rafraîchi et débarrassé de sa réputation d’endroit louche. Malgré le sold-out, la salle surplombée de deux balcons (et un bar à l’étage) n’est pas bondée, mais s’avère particulièrement conviviale…  

Répondant au patronyme de Noblesse (NDR : oblige !), le supporting act bénéficie d’un accueil chaleureux. La formation revisite les 80’s en se servant de sonorités électro basiques et ‘vintage’. Quoique secouant sa dark-wave de percussions africaines, le résultat n’est guère percutant. Le duo me fait même parfois penser à Neon Judgement (NDR : des vieux de la vieille !) Sauf que la chanteuse, Valérie Renay, est également une actrice. Une situation démontrée par son jeu de scène et ses nombreux changements de fringues, aussi excentriques les unes que les autres.

Et bien que le matériel d’IAMX soit déjà prêt en arrière-plan du podium, le groupe attend 22 heures avant de faire son apparition, de manière faire monter l’ambiance d’un cran. Chris Corner et sa bande débarquent sur une déferlante de beats. La troupe multiplie ses efforts pour chauffer le public ; mais les titres du dernier album (« Volatile times ») sont tellement plats, que ma réaction première est plutôt glaciale. Le son est approximatif. Le jeu de lumières assez sombre. Marie devra d’ailleurs trimer pour immortaliser quelques clichés. Il faut attendre des titres plus excitants comme « Nightlife » ou « Kiss of swallow » (NDR : et un retour sur le premier album) pour que le set reprenne du poil de la bête. Notamment lors des excellents arrangements réservés sur « My secret friend ». Ou quand trois des quatre musiciens décident de s’acharner sur des percus en tout genre. Après une bonne heure de concert, la température est quand même montée de plusieurs crans.

Avant le rappel, on s’éclipse pour se rafraîchir au bar. Juste le temps de redescendre pour assister à un final époustouflant. Quatre titres dont le dantesque « Spit it out » qui met le feu à la foule. L’atmosphère est alors à son paroxysme. Bref, tout le monde attend un second rappel. De longues minutes d’attente laissent espérer un nouvel encore. Mais le groupe ne reviendra plus. Les lumières se rallument. Qu’importe, les spectateurs affichent des mines réjouies. Il faut dire qu’en dépensant 20€, dans une salle aussi intimiste, pour un set d’1h30, les spectateurs n’ont pas été lésés.  

Mons n’a pas encore été désignée capitale culturelle européenne pour 2015. Mais une telle soirée qui se prolonge encore dans les bars rock’n’roll des environs, nous permettent d’imaginer que sa candidature est en bonne voie.

Setlist :
 

1.         Into Asylum 
2.         Music People 
3.         Nightlife 
4.         Ghosts of Utopia 
5.         My Secret Friend 
6.         Fire & Whispers 
7.         Tear Garden 
8.         Oh, Beautiful Town 
9.         Volatile Times 
10.       Think of England 
11.       Nature of Inviting 
12.       Cold Red Light 
13.       Kiss & Swallow  

-           Rappel –

14.       Bernadette 
15.       The Alternative 
16.       Bring Me Back a Dog 

17.       Spit It Out 

(Voir aussi notre section photos)

IAMX

Volatile times

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Retour de Chris Corner dont le projet IAMX n'a plus rien d'anonyme. Puisque le temps des Sneaker Pimps est à présent révolu et qu'au travers de deux albums son leader s'est fondu dans un rôle d'acteur majeur de la scène electro, goûtons donc à ce nouveau fruit défendu aux sombres atours.

Premier constat, à l'écoute de « Volatile times », le temps n'a guère d'impact sur la qualité de production musicale de notre esthète marginal. Si l'univers tout aussi torturé que tortueux de l'Anglais évolue aujourd’hui en terrain connu, la plus grande vigilance reste quand même de mise. Car sous le vernis apparent, grouille en effet une vermine contagieuse.

Le mélange de genres est toujours d'actualité, mais l'évidence d'hier semble à présent céder à une audace que peu d'artistes osent se permettre une fois un certain degré de popularité acquis.

Ainsi, passé l'introduction « I Salute you Christopher » qui se décline en apesanteur au son de la voix de Mr Corner, le titre « Music People », vindicte au succès de masse, se termine dans un complexe imbroglio de bruits digitalement triturés.

Pourtant, comme en témoigne « Volatile times » ou « Into Asylum », IAMX n'a rien perdu de sa capacité incendiaire. Nid de hits en puissance exponentielle, dont l'impact génère instantanément des hordes de fourmis dans la tête, l'album propose matière à lecture et relecture. De ces morceaux à la fausse simplicité se détache en filigrane une complexité qui n'altère en rien le contenu. L'étrange est bien sûr toujours de mise (à mi-parcours, « Bernadette » et son orgue de barbarie que l'on croirait extrait de ‘la monstrueuse parade’ de Tod Browning) et les ambiances troublantes matinées d'une pop aigre-douce suggèrent toujours la part de laideur qui se cache derrière le masque de la beauté, mais aussi l’inverse.

D'accord, l'aspect rococo de la production léchée peut irriter et la présence du second degré se trouve parfois ensevelie sous ce stuc trop apparent. Mais qu'on ne s'y méprenne, l'homme et l'artiste sont deux entités bien différentes et le jeu de scène déployé ici n'est que mise en abîme de sa vision de notre univers.

Sous son aspect irrévérencieux et vaguement provocateur, le projet déploie ses ailes de corbeau et comme l'illustre la pochette, nulle entrave ne peut le retenir.

IAMX

Digne d’IAMX !

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Enfin ! Il est enfin arrivé ! IAMX est venu nous en mettre plein la vue et les oreilles, dans une AB sold out depuis déjà quelques semaines, lors d’une présentation de leur très attendu 3ème album, « Kingdom of Welcome Addiction »

Mais est-il encore nécessaire de vous faire les présentations ? Pour celles et ceux qui s’en souviennent, le charismatique Chris Corner était le leader du groupe Sneaker Pimps. Mais en parallèle, il a fondé IAMX, un projet musical électro aux influences eighties, responsable à ce jour de deux albums : « Kiss+Swallow » en 2004 et « The Alternative » en 2006.

C’est donc, très enthousiastes que les fans ont accueilli le show de Chris Corner et de ses acolytes ; c’est-à-dire Dean Rosenzweig à la guitare, Tom Marsh à la batterie ainsi que Janine Gezang au claviers/synthés/basse. Car ce n’est pas à un simple concert auquel nous avons eu le droit d’assister, mais bien à un grand ‘spectacle’ ! A chaque passage du groupe, que ce soit en salle ou en festival, une véritable explosion d’applaudissements accompagne les premières notes de leur set ! Chaque personnage donne tant d’énergie qu’il est impossible de rester stoïque face à leur show ! De véritables piles électriques !

« Bring Me Back A Dog » ouvre les hostilités. Le groupe branche immédiatement les électrodes aux oreilles d’un public qui se presse instantanément vers les profondeurs de leur son électro et dansant. Entre regard vénitien et costume moderno-classico-glam, IAMX, nous précipite au sein d’un théâtre d’ambiance qu’il est le seul capable de nous faire partager. Les premiers accords de « Kingdom Of Welcome Addiction » (NDR : un extrait du dernier elpee) sont dignes d’un DJ set. La suite est impeccable. L’atmosphère cependant plus minimaliste. Les tonalités plus rock voire plus lourdes. Mais toujours, on retrouve cette touche personnelle, dont le groupe a fait sa signature musicale. D’un répertoire riche en mouvements musicaux différents, Chris nous lâche « The Alternative », suivi de « Sailor » et « An I For an I » pour mettre le feu aux poudres. Enflammé et frénétique, le public suit le mouvement. Faut dire que les fans, pour la plupart féminines, étaient relativement remontés ce soir… Certain(e)s avaient même attendu une bonne partie de la journée, devant l’entrée de l’AB, pour se réserver les meilleurs places, face au podium.

Mais la pression s’adoucit sous une ambiance d’ombres chinoise où Chris Corner, derrière un voile, nous communique sa chaleur émotionnelle à travers l’éthéré « I Am Terrified » (du nouvel album) et le magnifique « This Will Make You Love Again ». Cependant, le calme ne règnera guère très longtemps. Le show reprend subtilement pour nous emmener au cœur des festivités du monde de la nuit, comme si nous étions plongés dans une une discothèque. « Spit It Out », « Night Life » ainsi que « Kiss+Swallow », entrecoupés par quelques compos du nouvel opus, font trembler, comme on aime tant, la salle de l’AB ! La foule en redemande. Conquise par cette énergie captivante, elle refuse que cette soirée prenne fin. Certains fans se lancent dans un crowdsurfing. Les bras et les têtes remuent au rythme de la batterie. Au sein de cet univers particulier, les sens se lâchent, laissent parler les corps. Chris communique avec son public, le remercie chaleureusement, arpente toute la largeur de la scène. Janine, Dean et Tom ne sont pas en reste. Ils aiment le ‘live’ et ça se voit ! D’ailleurs, on ne se lasse pas de les suivre ; et même en festival, les gens qui découvrent le groupe sont généralement conquis.

Un rappel sous un tonnerre d’applaudissements nous catapulte sur l’excellent nouveau single « Think Of England », enchaîné à « Negative Sex » et au fabuleux « President ». La foule danse et en redemande encore. La troupe achève cependant son spectacle par « Your Joy Is My Low » et « After Every Party I Die ». Moment choisi par Dean pour ponctuer sa ‘course’ d’un saut mémorable au milieu des fans ! Bref, fougue et originalité ont émaillé ce concert… digne d’IAMX !

Malgré les acclamations de la foule, les lumières se rallument pendant que les haut-parleurs diffusent « La vie en rose » d’Edith Piaf. Que le public, heureux d’avoir passé une superbe soirée, reprend en chœur. Cerise sur le gâteau, Tom et Dean se mêlent aux spectateurs pour partager quelques séances photos.

Le troisième opus d’IAMX, « Kingdom Of Welcome Addiction », paraîtra dans le courant du mois d’avril. Il est déjà disponible sur leur site web : http://www.iamx.eu. Et pour ceux qui n’ont pas eu la chance de participer à cette fête, ce samedi, ils pourront toujours aller les applaudir ce 27 mars, à Herve, dans le cadre du Belzik Festival.

Organisation AB.

 

IAMX

The Alternative

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En 2004, Chris Corner décidait d’abandonner l’épave Sneaker Pimps pour se consacrer à ses rêves de grandeur. Toujours obnubilé par une noirceur électronique, froide et artificielle, Corner se peinturlure le faciès pour une deuxième sortie discographique : « The Alternative ». Tout comme chez son prédécesseur, « Kiss + Swallow », les éclats ne sont pas à chercher dans l’habillage sonore. Chez IAMX, la seule saveur est textuelle. Les paroles de Chris Corner touchent, une fois encore, à ses hantises érotiques et ses frasques imaginaires. D’un point de vue musical, IAMX obtempère pour une caricature de son premier album. L’électro côtoie donc le glam pour une virée discographique identique. Les amateurs de « Kiss + Swalow » baiseront à nouveau les pieds de Chris Corner et avaleront à nouveau les petites exubérances de Chris Corner. Les autres vont commencer à devenir allergique à la peinture recouvrant ces albums redondants. IAMX pousse le maniérisme à bout et ce, malgré quelques tubes irréfutables (« President », « Spit It Out »). Parfois, mieux vaut donc rester dans le droit chemin. Les alternatives peuvent en effet cacher de bien mauvaises surprises.

IAMX

Psychanalyse d un projet solo...

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Au début des années 90, Londres enfantait les Sneaker Pimps, trio de trip-hop pénétrant, attendant sagement une reconnaissance manifeste d'un public encore épars. Trois albums plus tard, Chris Corner, le leader du groupe, décide de marquer une pause, de s'échapper du collectif sous le couvert d'IAMX. Le projet solo de Corner s'inscrit dans cette mouvance electro-pop qu'il affectionne tant. Une musique traversée d'ambiances et de tempos inhalés au plus profond des années 80. Et lorsque Mr Corner accepte de se livrer au jeu de l'interview, la psychanalyse n'est jamais loin. Histoires de refoulements et de défoulements garantis!

Pourquoi as-tu choisi de te lancer dans un projet solo? Est-ce le reflet d'un ras-le-bol de ta vie au sein des Sneaker Pimps?

Pas un ras-le-bol! Je ne cois pas que ce soit le terme approprié. Je pense qu'à un certain moment, j'ai eu envie de faire des choses plus personnelles, ancrées en moi. J'avais beaucoup de choses à dévoiler à propos de l'amour, de la mort ou du sexe. Le genre de choses que je ne pouvais exprimer librement au sein des Sneaker Pimps. J'ai donc décidé de faire un break, de m'échapper le temps d'un projet solo afin de mieux me comprendre.

Pour toi, quelle est la plus grande différence entre la vie en groupe et ton aventure sous le nom d'IAMX ?

Je pense que le projet solo te permet d'explorer profondément des facettes de ta personnalité. Chose que tu peux plus difficilement accomplir au sein d'un groupe. De plus, pour y vivre, tu dois consentir un nombre ahurissant de compromis. Certes, c'est une bonne chose dans la mesure où tu collabores avec d'autres personnes et tu peux facilement te confier, car ce sont tes amis. Mais une chose est certaine: tu ne peux pas exprimer ce que tu ressens au plus profond de toi-même.

Mais est-ce que les Sneaker Pimps existent encore?

Oui, bien sûr! Quand je me suis lancé dans IAMX, j'avais déjà écrit de nouvelles chansons pour le groupe. Mais elles ne correspondaient pas tout à fait à son univers. Nous voulions changer d'orientation. En même temps, nous ne savions pas réellement dans quelle voie nous diriger. Nous avons donc choisi de faire le point, de réfléchir à ce nouvel album des Sneaker Pimps. Je pense que d'ici Noël, nous l'aurons d'ailleurs achevé.

Ton projet solo s'intitule IAMX. Pourquoi ne pas avoir simplement repris ton nom ou quelque chose comme "Chris Corner solo Project?"

Parce que Chris Corner, ce serait chiant! Je pense que IAMX reste une chose beaucoup plus amusante pour moi. C'est un peu comme mon alter ego. C'est une part de moi que je ne peux pas vraiment exprimer dans ma vie quotidienne. Donc, ce n'est pas vraiment Chris Corner. C'est le diable qui se cache au fond de moi!

Que signifie IAMX?

Ce n'est pas vraiment un nom. Il s'agit d'une sorte de symbole qui reste ouvert à l'interprétation… Pour moi, je sais ce qu'il représente, mais pour les autres personnes, c'est variable… Les gens peuvent vraiment en penser ce qu'ils veulent.

Ton album s'intitule "Kiss and Swallow" (soit "embrasse et avale"). C'est aussi le nom du premier single issu de ton disque. Quelle est la signification de ce titre?

(rires!) Il n'y a pas vraiment de signification là derrière! C'est un titre qui donne bien, quelque chose de viscéral et un peu provocateur, je pense. Mais ce n'est certainement pas quelque chose d'évident!

Ressens-tu le besoin d'être provocant?

Je n'ai pas besoin de l'être. Mais peut-être le suis-je ! (rires). Peut-être est-ce une part de ma nature cachée.

Penses-tu être capable d'apaiser cette personnalité?

Peut-être dès le prochain album. En fait, la question est un peu particulière ; car à la maison, je suis quelqu'un de très posé, de très calme. Par contre sur scène, je suis très différent.

Quand on écoute tes chansons, il convient de reconnaître que tes paroles ne respirent pas l'optimisme. C'est même assez glauque. Quel sentiment souhaites-tu faire passer à travers ta musique?

Je pense que le mot glauque n'est pas adapté! Je n'essaie pas d'être glauque ou déprimant. Au contraire, j'essaie d'évoquer les meilleurs aspects de l'amour et du sexe. Je pense que le sentiment général qui peut se dégager de ma musique reste avant tout une impression de confusion. Ce n'est pas supposé être une musique dépressive! Il n'y a aucune intention de ma part de prendre une semblable direction.

Dans la vie, tu n'es donc pas quelqu'un de pessimiste?

(petite réflexion…) Parfois ! Mais ça dépend. Disons que je suis… comment dire? Disons lunatique! (rires)

Certaines de tes chansons abordent des histoires sadomasochistes. Es-tu attiré par ces pratiques sexuelles?

(rires) Pourquoi pas? Je n'ai jamais pratiqué. D'un point de vue psychologique, il s'agit d'un sujet très intéressant à aborder. Très large et finalement très peu exploité. Quelque chose de très puissant qui se produit entre deux personnes. Cependant, je ne suis pas quelqu'un de violent ou attiré par les chaînes! Comme je le disais, je n'ai jamais pratiqué…

Certain?

Absolument certain !

D'une manière générale, tes chansons parlent d'amour, de sexe, de mort et de souffrance. Considères-tu que ces thèmes entretiennent une quelconque relation entre eux?

Que ces thèmes puissent être liés entre eux? Toutes ces matières entretiennent nécessairement des relations étroites entre elles. Je pense que le cerveau humain emprunte des voies très étranges. Mais au final, toutes les idées qui s'y retrouvent sont connectées entre elles. Pour moi toutes ces choses sont inextricablement liées. Est-ce un hasard si on alimente des rêves érotiques lorsqu'on rencontre une jolie fille? Le rêve continue et puis brusquement, il s'arrête. Il ne reste que la mort! C'est l'histoire de la vie. Pas seulement la mienne mais celle de tout un chacun!

Tes performances scéniques sont de plus en plus réputées, de plus en plus folles. Qu'est-ce que les gens peuvent s'attendre à découvrir en venant te voir sur scène?

Par rapport à la scène, IAMX est très différent des Sneaker Pimps. Il n'y a pas de batteur, pas de groupe à proprement parler. Pour moi, c'est davantage une performance du cœur. J'exploite tous les personnages qui se trouvent enfouis au plus profond de moi-même! Je transporte des amis, d'autres artistes, des comédiens, des personnes étranges. ("C'est toi qui es le plus étrange" lui crie alors sa mystérieuse accompagnatrice).

Pas étrange alors ?

Etrange n'est pas le bon mot. Je pense qu'il est beaucoup plus intéressant pour le public de visualiser différents personnages plutôt que de voir des gens qui jouent vraiment bien !

Tes concerts correspondent-ils davantage à une forme d'événements artistiques?

Exactement! C'est vraiment ce que j'essaie de créer ! Mais les concerts sont différents d'un soir à l'autre. Tout dépend de ce qui se passe pendant la soirée. De ce point de vue, les choses restent totalement imprévisibles!

Mais le fait de se produire en solo, de ne pas dépendre des Sneaker Pimps te permet sans doute de pousser le spectacle plus loin, d'être plus excentrique, non?

C'est vrai que je peux en rajouter sans que le reste du groupe ne commence à me critiquer. Il est déjà arrivé qu'on vienne me trouver à la fin d'un concert des Sneaker Pimps pour me dire que ma performance ne collait pas à notre musique. Chez IAMX, tout vient de moi. Dès lors, il est bien plus facile d'exprimer les émotions qui se cachent derrière les paroles de mes chansons. Je me sens complètement libre, réellement expressif et honnête. C'est mon expérience…

IAMX

Kiss + Swallow

Écrit par
Echappé de Sneaker Pimps, Chris Corner, chanteur et compositeur au sein de son groupe, se lance corps et âme dans IAMX, son projet solo. Le temps d’un album, le garçon fausse compagnie à ses copains et s’oriente davantage vers une électro-pop estampillée 80’s, étrangement remise au goût du jour en ce début de millénaire. En ouverture, l’irréprochable single "Kiss And Swallow" préfigure un tout grand disque. Pourtant, sur la longueur, force est de constater que celui-ci ne reproduit guère l’engouement suscité par l’entrée en matière. Sous son pseudo IAMX, Chris Corner se contente d’exposer ses hantises sexuelles et ses inavouables fantasmes sadomasochistes. Cependant, à l’image du titre "You Stick It In Me" (littéralement "Tu l’enfonces en moi"), il reste capable de composer d’excellents morceaux, taillés sur mesure pour les dancefloors.