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Ian Hunter

Man overboard

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1969. Alors que la sphère rock est en pleine ébullition, le guitariste Mick Ralphs recrute le chanteur Ian Hunter pour former Mott The Hoople (NDR : patronyme tiré d'un livre de Willard Manus). La formation enregistre son premier elpee, éponyme, sous la houlette du producteur Guy Stevens. Sur le label Island. On ressent manifestement l'influence de Bob Dylan dans l'écriture et le chant de Hunter. Pas encore le succès escompté ; quoique le disque deviendra culte, bien plus tard. En 1972, David Bowie leur propose de mettre en boîte sa composition "All the young dudes". Qui devient un tube universel ! A partir de cet instant, le combo est intégré au mouvement glam rock. Atteint d’une dépression nerveuse, Hunter quitte le navire en 1974. Remis de son affection, il décide d’entamer une carrière solo. Il reçoit alors la collaboration de Mick Ronson, le gratteur des Spiders of Mars (NDR : c’est alors le groupe de Bowie) pour concocter "Ian Hunter" en 75, puis "All american alien boy" l'année suivante. Depuis, il a aligné une quinzaine d'elpees, dont "Shrunken heads" en 2007 et "Man overboard", cette année.

Ian accuse aujourd’hui 70 berges. Et pourtant, il affiche toujours le même look : de belles boucles blondes et ses éternelles lunettes noires (NDR : un peu à la Polnareff). Pour ce "Man overboard", Hunter signe onze nouvelles compositions, proposées sous la forme de court-métrages, mises en forme par Andy York, le guitariste de John Mellencamp.

Ian ouvre l’opus par "The great escape", une roots rock song conduite par sa voix facilement reconnaissable. Toujours aussi nasillarde et relativement éraillée, elle semble fatiguée par le long parcours de sa carrière, et évoque le Dylan d'autrefois. Une entrée en matière qui ne maque pas de charme. A cause de la présence de cordes acoustiques (NDR : mandoline, guitare et banjo) et même des interventions discrètes, à l’accordéon. Dès l’intro d’"Arms and legs", le doute n'est pas permis, Ian replonge dans l'univers de Mott the Hoople. Une solide compo enrichie par les sonorités de l'orgue Hammond et hantée par une six cordes bien présente. Il reprend une bonne dose de Mott the Hoople juice pour attaquer "Up and running", sur un tempo rock'n'roll, devant une armée de cordes édifiées par trois guitaristes. Et Mr Hunter a toujours la pêche ! Ian adopte son attitude dylanesque pour interpréter le titre maître. Tel le protest singer, il s’accompagne à la sèche et à l’harmonica. "Babylon blues" concède manifestement des accents blues. Si Ian jouissait du même timbre que Robert Plant, sa musique prendrait un envol semblable à celui d’un certain dirigeable… Fort jolie ballade, "Flowers" me rappelle curieusement un hit de Tom Petty et ses Heartbreakers. "These feelings" et "Win it all" sont des chansons d'amour. Indolentes, intenses, elles épousent une forme souvent privilégiée par l’artiste. L’elpee s’achève par une dernière ballade dylanesque, sorte de BD musicale sans suite…

Pour votre info, sachez que le Mott The Hoople originel a décidé de se reformer. Quarante ans plus tard ! Le temps de cinq concerts. Accordés en octobre 2009. Et un triple cd, a été immortalisé à l'Hammersmith Odeon de Londres, ce 1er octobre. A suivre donc…

 

Ian Hunter

Rant

Écrit par

Le pedigree de Ian Hunter est impressionnant. Ex-figure de proue de Mott The Hoople, guitariste des New Yarbirds, admiré par David Bowie à l'époque glorieuse de « Ziggy Stardust », il s'est consacré au cours des années 70 et 80 à la production ; emmenant sur la voie du succès des artistes tels que Billy Idol (Generation X), Michael Monroe (Hanoi Rocks) et Ellen Folley (Urgent). Citée comme source d'influence par des artistes aussi divers que Kiss, REM, Blur ou Motley Crue, la rock star, toujours permanentée et affublée de ses célèbres lunettes noires, est aussi l'auteur de quelques standards, curieusement popularisés (ou remis au goût du jour) par Great White, Blue Oyster Cult et Pointer Sisters (!?). " Rant " constitue sa dernière livraison solo. Mais cette tentative de retour semble vouée à l'échec, tant l'inspiration fait défaut tout au long des douze titres, plus ou moins rock n' roll, qui composent ce disque. C'est mou, ennuyeux et dénué de tout intérêt!