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Isbells

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Pour celles et ceux qui ne seraient pas encore tombés accidentellement sur le single « As long as it takes » d’Isbells sur nos ondes nationales, une brève présentation de la formation louvaniste s’impose. Aux commandes de ce projet : Gaëtan Vandewoude. A ses côtés : Naïma Joris (backing vocals, percussions, tuba), Bart Borremans (guitare acoustique, ukulélé, basse, bass clarinet) et Gianni Marzo. Il n’en est cependant pas à son premier coup d’essai. C’est effectivement après 15 ans de performances diverses au sein de nombreuses formations du Nord du pays (Soon, Ellroy,...) qu’il décide enfin de prendre le micro et d’enregistrer son premier long playing (« Isbells »).

Au menu : une voix anesthésique et une guitare acoustique dépouillée tissant un univers folk triste cousu d’influences évidentes. Entre Nick Drake, Iron & Wine et Bon Iver, l’auteur-compositeur-interprète flamand ne renie jamais ses muses : ‘Bon Iver m’a beaucoup inspiré. Je suis un peu un bricoleur. Je puise partout et je fabrique...’ Autodidacte et bricolo.

Le bricoleur-artisan souffre cependant –osons l’expression– d’un ‘trop vide’ d’originalité sur scène et nous livre un set exsangue, sillonné d’ondulations imperceptibles et linéaires. Un espace froid et dépouillé, exempt de tout décor, investi sommairement de quatre musiciens en rang d’oignons. Lieu d’où émanent faiblement des comptines rêveuses et lourdement hypnotiques, orchestrées d’arrangements pauvres et d’une voix monocorde, sensiblement verbeuse. Malgré la présence de trois multi-instrumentistes sur les planches, les yeux luttent désespérément contre le sommeil et l’âme s’endolorit de pesanteur sonore. Telle une nef qu’aimante le naufrage, elle prend l’eau de toutes parts et sombre inéluctablement dans la torpeur de l’insipide ou de l’insignifiance. Un elpee introspectif, manifestement écrit et enregistré dans l’étoffe onirique, évanescente, de la nuit ; un moment propice à la conception de mirages, mais qui s’estompent au grand jour et ne signifient plus rien...

Dix morceaux soporifiques, articulés autour d’une chanson phare, « As long as it takes ». Moment unique où le public va exulter… l’espace d’un infime instant. Et Isbells de terminer judicieusement sa setlist par « My Apologies ».

Le quatuor de Louvain jouait à domicile et avait, paresseusement, oublié d’ôter ses charentaises avant d’allumer le feu de bois.   

(Organisation Het Depot)