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James Solberg

....Real time

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James Solberg est né en 1951. Dans le Wisconsin. Très jeune, il s'exerce sur divers instruments : le banjo, le violon et la guitare. A quinze ans, il part à Chicago. Seul. Il attrape le virus du blues en jouant en accompagnant Eddie Taylor, Jimmy Reed, Big Walter Horton et Johnny Young. Au début des années 70, il émigre à Milwaukee. Il y fonde un groupe avec John Paris, l'harmoniciste de Johnny Winter. C'est à cette époque qu’il fait la connaissance de Luther Allison. En fait, le célèbre bluesman séjournait alors dans cette fameuse ville du Wisconsin pour la pour Tamla Motown. A l’issue de cette rencontre on retrouve James sur la route, dans le backing band de Luther. Une aventure qu’il va partager entre 75 et 79. Il a ainsi participé à la confection de plusieurs albums commis par Luther au cours de cette période, dont "Live in Paris" et "Live at Montreux". Lorsque Allison se fixe en France, il rejoint Short Stuff et son remarquable harmoniciste, Jim Liban. Il décide ensuite de faire un break pour s’adonner à son autre passion : la moto ! (NDR : une Harley Davidson). Lorsqu’il se remet à la musique, c’est pour réunir tous des anciens musiciens du Muddy Waters Band. Au sein du Legendary Blues Band. Il fonde ensuite son James Solberg Band. En 93, Luther Allison revient aux States et bat le rappel de la bande à Solberg. Une époque en or qui s’achèvera à la mort de Luther, en 97. De ce moment privilégié naîtront "Soul fixin' man", "Blue streak", "Reckless" et plus tard "Live in Chicago". Ce qui n’a pas empêché le James Solberg Band de commettre quelques elpees d’excellente facture ; et en particulier "See that my grave is kept clean" en 95 et "One of these days" en 96. En 1998, il grave encore "L.A Blues", en hommage à son ami disparu, puis "The hand you're dealt" en 2000.
 
James est un guitariste qui a de la bouteille. Ses accords à la six cordes sont très affûtés. Faut dire qu’il a beaucoup écouté - et qui lui reprocherait ? - Luther Allison. Il a tout compris de sa manière d’électrifier le son. Un son puissant, volontiers agressif, qu’il propage dès "It's alright". La guitare ne peut être contenue. Elle déborde d’intensité. Criarde, lacérée, impressionnante, elle n’a que faire de la voix nasillarde de son maître pour se manifester. Une entrée en matière fracassante. Les musiciens sont à la hauteur et assurent bien leur rôle. Que ce soit le claviériste Larry Byrne, le drummer Allen Kirk ou le bassiste Scot Sutherland. Très rythmé, "Real time" est un blues plus classique. Très riche, la section rythmique soutient parfaitement Solberg. Ce dernier en profite pour s’autoriser un solo monstrueux, qui s’élève quelque part entre Allison et le pauvre Son Seals (NDR : sur le site web de Solberg figure une photo de Son Seals. Assis, il est accompagné du James Solberg Band au grand complet. Immortalisée au Cafe Boogaloo de Hermosa Beach, à Los Angeles, elle remonte au 9 octobre dernier). La famille Solberg a partagé une maison avec Bob Dylan, lorsque James était encore gamin. Coïncidence, mais son timbre me rappelle souvent celui de Dylan. Et parfois aussi sa musique. Tout au long de "Let the teardrops fall", on croirait entendre le Zim flanqué du Band. Une superbe ballade déchirée par une guitare gémissante et tapissée par l’orgue Hammond B3. Excellent! Très nasillarde, sa voix est à nouveau calquée sur celle du vieux Bob, tout au long de "Secondhand smoke". Pourtant, James peut lui donner une autre dimension et démontrer qu’elle possède un certain registre. Et il le démontre sur le rock'n'roll "Champaign dreams", un fragment dynamisé par un piano et enrichi d’une section de cuivres. Bien amplifié, "Everybody wants to go to heaven" est un slow blues classique de toute bonne facture. Blues rock entraînant et luxuriant, "Fightin' all round the world" est entretenu par une guitare puissante et saturée. Un titre pour la route ! "Rockin' the gradle" est imprimé sur un tempo soutenu, alimenté par une section rythmique pleine de swing et le piano, pendant que la guitare en picking de James se détache de l’ensemble. Solberg est un excellent compositeur. Toutes les plages de « ....Real time » sont issues de sa plume. Un talent qu’il avait mis naguère au service de Luther Allison. Et on s’en rend parfaitement compte à l’écoute du superbe "Ever been a rainbow". Il ne manque finalement plus que la voix rocailleuse de Luther (NDR : qu'on espère entendre à tout moment…) Dans son style, "Real Time " est un album irréprochable. Et je vous le recommande chaudement. Un elpee qui recèle encore le funky "Down, down, down", avant de s’achever par le long slow blues "Gotta play my blues", une finale dispensée par un maître du style…

James Solberg

The hand you´re dealt

Écrit par

James Solberg et son groupe ont servi de solide backing band à Luther Allison durant les dernières années de son existence. Reconnaissant, le JSB avait honoré une dédicace évidente avec leur "L.A Blues" sorti en 1998. Pour ce tout nouvel album, James a conservé un titre inédit rehaussé de la présence de Luther.

L'album démarre par un rocker royal "Build you a castle" qui abat tout sur son passage. Le producteur est le célèbre Jim Gaines de Memphis, et c'est bien dans l'atmosphère de Beale Street que l'on se retrouve pour un sémillant "Buzz me", avec l'orgue d'Ernest Williamson à l'animation. La plage titulaire est une ballade paresseuse, bien attractive dont le climat musical n'est pas sans rappeler le meilleur Dylan, lorsqu'il était accompagné du Band. La voix de Solberg, passablement graveleuse, naturellement forte, se prête superbement à ce type de rythme, alors que sa guitare peut décoller. Chatoyante, colorée, elle dessine des lignes mélodiques que tout guitariste envierait. Des chœurs féminins viennent l'entourer pour "I'm goin' home". Un gospel enivrant où Williamson s'imagine aux grandes orgues de l'église du coin. Cette joie divine se retrouve sur le doux "Members only". James a écrit "When's the last time", sur un rythme bien connu du Chicago blues. On s'imagine, à chaque instant, voir apparaître la silhouette de Luther Allison ; mais il se fait attendre. Toutefois, ce n'est que partie remise, car le blues somptueux "Still called the blues" introduit le célébrissime musicien. Et les bonnes choses ne sont pas terminées. Williamson passe au piano et le groupe de musiciens parfaitement soudé déménage, pour notre plus grand bonheur, lors d'un rock blues triomphant intitulé "You got me knockin".Un excellent album dont la conclusion s'opère dans le blues total, à travers "Perfect strangers".