James Solberg et son groupe ont servi de solide backing band à Luther Allison durant les dernières années de son existence. Reconnaissant, le JSB avait honoré une dédicace évidente avec leur "L.A Blues" sorti en 1998. Pour ce tout nouvel album, James a conservé un titre inédit rehaussé de la présence de Luther.
L'album démarre par un rocker royal "Build you a castle" qui abat tout sur son passage. Le producteur est le célèbre Jim Gaines de Memphis, et c'est bien dans l'atmosphère de Beale Street que l'on se retrouve pour un sémillant "Buzz me", avec l'orgue d'Ernest Williamson à l'animation. La plage titulaire est une ballade paresseuse, bien attractive dont le climat musical n'est pas sans rappeler le meilleur Dylan, lorsqu'il était accompagné du Band. La voix de Solberg, passablement graveleuse, naturellement forte, se prête superbement à ce type de rythme, alors que sa guitare peut décoller. Chatoyante, colorée, elle dessine des lignes mélodiques que tout guitariste envierait. Des chœurs féminins viennent l'entourer pour "I'm goin' home". Un gospel enivrant où Williamson s'imagine aux grandes orgues de l'église du coin. Cette joie divine se retrouve sur le doux "Members only". James a écrit "When's the last time", sur un rythme bien connu du Chicago blues. On s'imagine, à chaque instant, voir apparaître la silhouette de Luther Allison ; mais il se fait attendre. Toutefois, ce n'est que partie remise, car le blues somptueux "Still called the blues" introduit le célébrissime musicien. Et les bonnes choses ne sont pas terminées. Williamson passe au piano et le groupe de musiciens parfaitement soudé déménage, pour notre plus grand bonheur, lors d'un rock blues triomphant intitulé "You got me knockin".Un excellent album dont la conclusion s'opère dans le blues total, à travers "Perfect strangers".

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