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Jason Isbell

Une soirée remplie de petites étoiles

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Jason Isbell pratique, ce qu’on appelle aujourd’hui de l’americana. En fait, il s’agit d’une forme contemporaine de country ou de bluegrass. Celui de cet artiste est particulièrement sudiste ! Ce qui s’explique, quand on sait qu’il est né, il y a 38 ans à Green Hill, dans l’Alabama. Il est venu présenter de larges extraits de son nouvel opus, « The Nashville Sound », qu’il a enregistré en compagnie de son groupe, The 400 Unit. Avant de se lancer sous son propre nom, il a milité, pendant 10 ans, au sein de Drive By Truckers. L’Ancienne Belgique est en configuration Box. Le concert est soldout. Donc, ce soir, il accueille 600 âmes. Dont de nombreux néerlandophones.

Le supporting act est assuré par la très jolie Catherine Tift Merritt. Cette Texane (NDR : elle est née le 8 janvier 1975, à Houston) est venue défendre son dernier et huitième elpee, « Stitch of the World ». Sa chevelure blonde lui tombe sur les épaules et dans le dos. Elle est vêtue d’une longue robe noire et chaussée de bottes brunes à hauts talons. Et se sert de grattes de marque Gibson. Electrique, sèche ou semi-acoustique. Elle est épaulée par son fidèle guitariste, Eric Heywood. S’ouvrant par « Eastern light », le début de set est intimiste et acoustique. La conjugaison des cordes nous entraîne sur les pistes des grandes plaines. Il ne manque plus que le feu de camp. Lumineuse, la voix de Tift me fait penser, tout à tour à Carole King, Emmylou Harris, Lucinda Williams ou Mindy Smith. Des lumières blues, mais tamisées, se focalisent sur les artistes. A partir de « Stray Paper », le concert s’autorise des moments plus électriques, voire même métalliques. Entre les morceaux, Tift se montre très interactive avec le public, en s’exprimant dans un français presque parfait. L’auditoire l’applaudit d’ailleurs très chaleureusement. Tift passe aux ivoires pour le bouleversant « Good Hearted Man », alors qu’Eric se consacre à la double pedal steel. Un instrument auquel il va se focaliser, en fin de parcours, alors que Tift revient à la gratte électrique. Tout au long de ce show, le public est resté très attentif ; à tel point, qu’hormis entre les chansons, on aurait pu entendre une mouche voler…  

Le  line up de The 400 Unit Band réunit un préposé à la slide (NDR : torturées ses interventions sont manifestement hantées par Jimi Hendrix !), un bassiste, coiffé d’un Stetson, un drummer et un multi-instrumentiste (claviers, accordéon diatonique) invité à chanter en duo sur trois morceaux. Pas de trace de l’épouse de l’épouse de Jason, la violoniste. Il a un fabuleux toucher sur ses cordes et vraiment tout appris en écoutant Joe Bonamassa, Steve Vaï et Eric Clapton.

Armé de sa Fender (NDR : au cours du set, il va également se servir d’une Gibson), Jason est chaudement applaudi quand il débarque sur le podium. Bâti comme un footballeur américain, sa stature en impose. Il salue le public, avant que le combo n’attaque « Anxiety ». La musique évoque instantanément ZZ Top. Rocailleuse, la voix véhicule également des accents issus du sud profond… et ne manque ni de charme, ni de tendresse. Mais lorsqu’elle s’envole dans les aigus, elle me fait penser à celle de Steve Winwood. A moins que ce ne soit de Garland Jeffreys voire de James Taylor. Encore que sur le pêchu « Hope the High Road », elle est manifestement comparable à celle de Bonamassa. La setlist n’en oublie pas pour autant, le hit « 24 Frames ». Lorsque Jason évoque longuement son Alabama natal, le batteur s’impatiente. Ce qui amuse l’auditoire. « Elephant » et « Cover Me Up » sont des ballades épurées et poignantes. L’interactivité est même touchante entre Jason et le public. Jason Isbell l’autorise même à prendre des photos en se servant du flash ! Et prend alors différentes poses. Pour la plupart autobiographiques, ses compositions sont tour à tour hantées par des mythes de la musique américaine : Bruce Springsteen, le regretté Tom Petty et bien sûr, son idole, Bob Dylan… C’est le musclé « Never Gonna Change » qui clôt ce set.

Lors du rappel, toute la troupe rend hommage à feu Tom Petty, en adaptant son « American Girl ». Une soirée remplie de petites étoiles… comme celles projetées sur le rideau masquant les gradins de l’AB…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Jason Isbell

The Nashville Sound

Écrit par

Originaire de Green Hill, dans l’Alabama, ce chanteur/compositeur est âgé de 38 ans. Ce fan de Neil Young et Bob Dylan vit cependant à Nashville, depuis 2011. Il a sévi au sein du band américain de roots/rock, Drive By Truckers, de 2001 à 2007, après avoir bossé dans le fameux studio Muscle Shoals. Jason a gravé son 1er elpee solo, "Sirens of the bitch", en 2007. Il décide alors de poursuivre cette aventure en solitaire. Son quatrième opus, "Southeastern", est primé aux Americana Music Awards, dans les catégories album, chanson et artiste. Tout comme l’opus suivant, "Something more than free", paru en 2015. Outre sa carrière individuelle, Jason Isbell enregistre et se produit en compagnie d’un backing group qu’il a baptisé 400 Unit, une formation qui réunit les musiciens de Muscle Shoals, également établis en Alabama. "The Nashville Sound" constitue déjà le 3ème elpee de ce team. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au sein du studio A de RCA, à Nashville, sous la houlette de Dave Cobb.

Ballade country/americana, "Last of my kind" ouvre la plaque. La voix de Jason est superbe. Il chante en s’accompagnant à la sèche, avant que les instrumentistes n’entrent en action, c’est-à-dire Derry deBorja aux claviers, Sadler Vaden à la pedal steel et Amanda Shires, l'épouse d'Isbell, au violon. Nonobstant son refrain contagieux, "Cumberland gap" est une plage plus sauvage et largement amplifiée, entretenue par des cordes relativement déjantées. Soutenu par la voix d’Amanda, Jason chante, d’une voix claire et pure, la tendre ballade "Tupelo", une plage au parfum honky tonk, traversée par une pedal steel aux sonorités chaudes et métalliques. "White man's world" véhicule un message manifestement sociopolitique. Délicat, le tempo est pourtant imprimé par la section rythmique, alors que d’excellents échanges s’opèrent entre la slide d'Isbell et le violon de Miss Shires. Dès l’ouverture d'"Anxiety", la pression se révèle permanente. Une fresque de près de 7' dominée par la voix de Jason, très susceptible de rappeler celle de Neil Young. Les orchestrations sont élégantes, les claviers de deBorja atmosphériques, et au bout de 5’, on assiste à une rupture totale dans le style. Un choix, manifestement à renouveler ! Ballade americana, "Molotov" est enrichi d'arrangements délicats. "Hope the high road" s'ouvre par des riffs rythmiques ‘rollingstoniens’, une plage de roots/rock à la fois mélodique et musclée, mais qui ne manque pas de charme ; et au cours de laquelle la slide et l’orgue sont bien mis en exergue. Excellent ! De bonne facture, cet opus s’achève par une ballade bluegrass entretenue par deux voix, un violon et des cordes acoustiques…