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Jeffrey Lewis

Une bonne surprise...

Après de longs et pénibles détours pour trouver la salle, toujours aussi profondément enfouie dans le fin fond du Nord de la France, quelle joie d'apprendre qu'en première partie de Cocorosie et de Devendra Banhart jouait notre vieil ami Jeffrey Lewis ! Pour rappel : l'antifolk, les comics, tout le bazar, en direct de New York, bref un bon petit apéro à cette soirée placée sous le signe du folk hybride et déjanté, tendance Incredible String Band et Linda Perhacs. Il y a du monde au bar, mais Jeffrey et son frère n'en ont cure : ils balancent la sauce et parviennent même à séduire un public pas conquis d'avance (rappel : nous sommes en France – c'est tellement vrai que ça rime, ndr). Grâce à son bagout post-pubère et sa coupe de cheveux complètement ridicule, Jeffrey le bienheureux nous aura rappelé qu'il ne faut ni savoir chanter ni savoir jouer pour donner des concerts (et des bons, en plus). Poète beatnik au verbe acidulé mais drôle (Réf. : Chester Brown, Joe Matt, loosers magnifiques de la BD nord-américaine), Jeffrey Lewis était présent ce soir par surprise, et c'était plutôt une bonne nouvelle.

Mais déjà les sœurs Sourire du revival psyché-folk débarquent avec leurs camions jouets et leur beatbox humaine, un black francophile ayant la triste tendance à parodier MC Solaar, lui-même étant déjà une belle grosse blague (même pas belge, en plus). Mais dès que les sœurs Coco et Rosie (à moins que ce ne soit le contraire ?) commencent à chanter, là c'est le bonheur. Nous sommes dans la Maison de Leur Rêve, à prendre le thé avec une jouvencelle en robe XIXe. Elle nous sourit de sa bouche féline, et entame son chant de sirène : charmés dès les premières roucoulades veloutées qui se glissent en travers de ses lèvres, nous ne pouvons que lui demander encore un peu, euh… oui…, de cet aphrodisiaque sucré. Heureux en amour, malheureux au jeu ? Il en vaut pourtant la chandelle. Et dans cette ambiance on se croirait au grenier, à fricoter sous les bougies, dans le silence interdit d'un rendez-vous coquin. Au début la belle se veut chaste, n'osant murmurer à nos oreilles qu'un souffle léger à faire frémir notre braguette, mais très vite elle se détend, tandis que l'autre, manque d'exploser sous la pression. C'est dans un râle de plaisir que cette histoire aurait dû se conclure. Des gens tapent des mains, à la porte de la Maison : notre union se consume, il est temps de rallumer.

Et d'aller chercher une bière, pour se rafraîchir les idées. Le temps qu'il faut à Coco et Rosie de remballer leur bric-à-brac, pour laisser la place au génie folk de ce siècle nouveau, « the revelation of the year », le gentil gourou du finger picking au poil pachydermique, la réincarnation en éphèbe tatoué de Vashti Bunyan, le plus beau spécimen de 'music freak' en captivité sur cette planète : Devendra Banhart. Fort de deux albums magnifiques sortis en l'espace de six mois (« Rejoicing in the Hands » - album de l'année - et « Nino Rojo »), Devendra Banhart peut se targuer aujourd'hui, chers terriens, d'être l'élu envoyé par le Saint Verbe Acoustique pour nous sauver de la perdition et de la surdité marketée. Ouvrons les yeux, et surtout les oreilles : ce type au look de bédouin white trash shooté à la lavande pourrait bien être notre salut, notre épée de Damoclès face à la médiocrité qui nous assaille tous les jours sur la bande FM. Et comme un beau Jésus, Banhart a invité ses apôtres. Des types aussi barbus que lui (du groupe Vetiver), parce que c'est dans la barbe que crèchent la force et la jeunesse (écouter « This Beard », et pleurer). Sauf que les apôtres parfois se mettent à déconner (rappelez-vous les trois cris du coq – comme chez Coco Rosie d'ailleurs), et c'est Jésus qui trinque. En bref on avait adoré Devendra Banhart en solo ('Mirage au Pukkelpop : des individus en short baggy couverts de boue affirment avoir vu le Christ'), mais entouré d'une bande de saoulards qui auraient bu tout le pinard à la messe, notre sauveur aura bien eu du mal cette fois à prêcher sa bonne parole. Imaginez La Compagnie Créole reprenant Bob Dylan entre deux culs secs au vin rouge (qui a crié 'Judas !' ?) : l'hostie, tout de suite, reste en travers de la gorge. Evidemment, quand en plus c'était - semblait-il - la dernière date de la tournée européenne de Devendra Banhart, on pouvait s'attendre comme de coutume à de longues jams entre musiciens défoncés jusqu'à l'os. A la fin, donc, c'était la fête sur Cène (avec Jeffrey, Coco, Rosie et tout le cirque), mais moins dans la salle : qui aura vraiment tenu jusqu'au bout ? Les derniers seront-ils toujours les premiers ? Qui a lancé la première pierre ? Sans doute que cette soirée restera pour beaucoup un mystère. 

 

Jeffrey Lewis

A Turn in the Dream Songs

Écrit par

Entre ses nombreuses réalisations de ‘Comics’, Jeffrey Lewis, le petit prince de l’anti-folk new-yorkais, a trouvé le temps de concocter un nouvel album, « A Turn in the Dream Songs », 2 ans après nous avoir concédé sa dernière et réjouissante livraison en compagnie de ses Junkyards. Sans son backing-band de circonstance, l’Américain adoucit le ton sur un opus d’apparence bien plus sage et moins potache que les précédents (hormis « Mosquito Rap », un rap rigolo en titre caché…)

Dès le morceau d’ouverture, « To Go and Return », plage au cours de laquelle, Franic Rozycki de Wave Pictures est venu apporter son concours à la mandoline, le ton est donné : l’instrumentation sera plus riche. Si les textes font toujours intelligemment le grand écart entre l’humour et la profondeur (il aborde une série de sujets pas franchement réjouissants tels que la vieillesse, la perte de ses amis, la solitude ou même le suicide, tout en manifestant une bonne humeur surprenante…), l’expression sonore est bien plus soignée que par le passé. Et la participation de guests n’y est certainement pas étrangère, à l’instar de membres de Dr. Dog (« How Can it Be ») ou d’Au Revoir Simone (« Reaching »). Bien sûr, certaines pistes pêchent par facilité, mais la plupart sont vraiment de bonne facture, deux se détachant même du lot : le délicat « I Got Lost » et le plus allègre « Try it Again ».

Maintenant, si vous le préférez dans son ancien registre, caractérisé par son humour féroce de geek cultivé, il faudra probablement attendre la sortie d’un nouvel elpee en compagnie de ses Junkyards…

 

Jeffrey Lewis

Em Are I

Écrit par

Lors des ‘Feeërieën’, organisées l’an dernier par l’AB, au Parc Royal à Bruxelles, j’avais eu l’occasion de découvrir Jeffrey Lewis. Et puis je l’avais revu en première partie d’Adam Green. Aussi, je peux vous assurer que Jeffrey Lewis est un chanteur cool. Comment ne pas l’être, lorsqu’on parvient à transformer un album entier du groupe punk Crass en reprises folk ? 

Pourtant, on ne peut pas dire que sa discographie soit digne de ses prestations live. Une raison pour laquelle j’étais particulièrement inquiet avant de me farcir « Em Are I », sa nouvelle livraison. Son cinquième opus depuis 2000, si on ne tient pas compte de ses collaborations opérées en compagnie de Kimya Dawson. Première constatation, le degré d’humour pratiqué y est moins présent que sur « It's the Ones Who've Cracked That the Light Shines Through », un elpee paru en 2003. Néanmoins, les morceaux sont beaucoup mieux maîtrisés que par le passé.

Si à l’origine, Jeffrey émargeait à la scène antifolk newyorkaise (NDR : un mélange de punk et de folk célébré notamment par The Moldy Peaches, Lach ou encore Ani Di Franco), au fil du temps, il s’en est écarté. A cause du recours à une production de plus en plus soignée et à des arrangements particulièrement léchés. Seuls les lyrics (NDR : souvent complexes et littéraires) et l’esprit bricolo-anarchiste rappellent cette philosophie sonore. Car finalement, Lewis joue du folk, lo-fi peut-être, mais bien du folk. Les mélodies sont toujours aussi directes et fragiles. Herman Düne n’est pas très loin. Adam Green non plus. La conscience politique aiguisée en plus. De la parfaite musique ‘intelligente’ pour geek. Une certaine amplitude dans son inspiration lui permet de varier parfois son style. Et je pense tout particulièrement au morceau quasi psyché intitulé « The Upside-Down Cross ». Et puis aux plus country/rock « Broken Broken Broken Heart » et « Whistle Past The Graveyard » (NDR : les titres que je préfère !) ou encore au bouleversant « Roll Bus Roll », digne des Moldy Peaches.

« Em Are I » est donc découpé en onze plages fort agréables, variées et aux textes profonds. Je regrette d’ailleurs de ne pas être parfait bilingue pour mieux cerner sa prose. Notez que Jeffrey est un artiste complet car il également auteur de comics. Il a décroché un diplôme à l’Université de New-York en littérature. Anecdotique, mais à souligner quand même, la lecture de sa thèse à l’Université de Louvain en 2000, sur le comicbook ‘Watchmen’, récemment adapté au cinéma.

 

Jeffrey Lewis

It´s The One Who´ve Cracked That The Light Shines Through

Au sein de la famille antifolk new-yorkaise, Jeffrey Lewis tient un peu le rôle du petit frère déjanté, les doigts pleins de taches de marqueurs et les cheveux en bataille. Son premier album sorti l'année dernière, " The Last Time I Did Acid I Was Insane And Other Favorites ", méritait déjà son pesant de cacahuètes : en gueulant d'une voix cassée des histoires décalées à la Ghost World sur un fond musical 100% lo-fi, Jeffrey Lewis fut très vite catalogué bête de foire du grand cirque rock'n'roll, voire foireux tout court. Avec ce second album sous le bras, notre troubadour à la masse continue de brosser avec nonchalance de joyeux portraits en total décalage, comme si son crayon de songwriter (et de dessinateur) tremblait ou ne craignait pas les ratures. Il s'agit toujours d'antifolk, bref de textes délirants, tendance " ligne claire ", sur fond d'Amérique " nerd " et " white trash " (" Back When I Was 4 " : du Lewis régressif, de 124 à 4 ans ; " No LSD Tonight " : du Lewis désintox ; " I Saw A Hippie Girl On 8th Avenue " : du Lewis amoureux ; " Dont't Let The Record Label Take You Out To Lunch " : du Lewis pigeon, qui paie l'addition). La nouveauté, c'est cette étincelle punk qui fait varier nos plaisirs, et qui nous rappelle Violent Femmes et The Thermals, en plus squelettique. La guitare, quand elle se fâche (" No LSD Tonight ", " Arrow ", " If You Shoot The Head You Kill The Ghoul ",…), crache ses riffs comme dans un dernier râle. Sans doute que le vrai punk, celui qui fait peur et sait de quoi il parle, se trouve chez ces artistes aux nerfs à vif, seuls avec leur guitare (on n'entend presque rien d'autre) et leur conscience. Mais Jeffrey Lewis aime aussi les ballades douce-amères, l'ampli débranché et la rage consommée (le très beau " Sea Song "). Dans ces moments de piété acoustique, on se félicite d'avoir trouvé en Lewis un nouveau compagnon de jeu, en même temps qu'un confident. C'est drôle, comme on s'attache…