La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Jeweler

Tiny Circles

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Premier album pour Jeweler, un sextuor basé à Minneapolis. Quelque part entre shoegaze, post punk et noise, dream ou brit pop, sa musique se distingue par son parfait équilibre entre chaque instrument, voix et/ou harmonies vocales. Superbes, elles sont souvent atmosphériques, quelquefois éthérées, rappelant même celles cultivées chez Tears For Fears sur « Lion tamer » et « A spoonful of poison », une entrée en matière allègre caractérisée par des cordes de guitare délicates, chatoyantes et une ligne de basse carrément cold. Et ces cordes ondoient tout au long de cet opus, comme une rivière sonore rafraîchissante. Construite sur un refrain accrocheur, « Don’t cry for me » navigue aux confins des univers fréquentés à une certaine époque par Travis et Gene. Certaines plages nous réservent des envolées bien électriques, mais subtiles, élégantes et pétillantes, elles n’affrontent jamais le mélomane de plein fouet, jouant plutôt sur les variations d’intensité.

Le ton peut cependant se révéler plus menaçant ; à l’instar de « Savior complex », une piste enténébrée par la ligne de basse post punk. Un climat dark qu’on retrouve sur l’excellent « Old souls », un morceau dont les envolées lyriques sont domptées par des arrangements champêtres (des flûtes ?). Et dans le même esprit, d’abord contemplatif, « End of days » libère de douces rafales que le chant égrise.

Côté lyrics, les compos traitent des situations récurrentes de l’existence, de ses épreuves et des craintes qu’elles engendrent…

Nite Jewel

One Second Of Love

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Nite Jewel est né à l’initiative de Ramona Gonzalez, résidente permanente de Los Angeles, et dont l’aventure démarre en 2009, lorsque le label Italians Do It Better, maison hébergeant les hautement recommandables Chromatics et Glass Candy, jette son dévolu sur le travail de la brunette. C’est ensuite auprès de Secretly Canadian que celle-ci déploie ses ailes, en publiant d’abord « Good Evening », également en 2009, puis le petit dernier, « One Second Of Love », son second LP. Un disque bien à l’heure, puisqu’en étalant ses connaissances Pop par-dessus ses influences R’n’B, la demoiselle s’intercale sans difficulté entre des Jessie Ware, Solange et autres AlunaGeorge. 

Tandis que les uns font le buzz, Nite Jewel reste à la traîne. Et Gonzalez ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Les 10 morceaux de ce « One Second Of Love » se suivent et se ressemblent comme des militants anti-mariages pour tous. Et, comme ces derniers, la Californienne n’a pas peur de passer pour une casse-couilles. A titre d’exemple, cet « Unearthly Delights » totalement insipide et « Autograph », influencé par le R’n’B des nineties, et pas le meilleur… Seul répit de cette galette sans saveur, le morceau « Memory, Man », qui épargne à nos pitites oreilles l’abus de reverb’ de la demoiselle.

 

Jewel

The Essential Live Songbook (Dvd)

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A vouloir être généreux, on en fait peut-être parfois trop. C’est en tout cas ce que l’on peut reprocher à Jewel. Afin de célébrer la grande tournée promotionnelle qui a suivi la sortie de son cinquième ouvrage, « Goodbye Alice In Wonderland » (2006), la chanteuse publie un Dvd live bien fourni. Même trop bien fourni. Destiné essentiellement à ses fans hardcore, « The Essential Live Songbook », retrace sa carrière en deux Dvd pour une durée totale de plus ou moins 4 heures !

Le premier disque est consacré à un concert enregistré en compagnie de son groupe à Dallas et dont la majorité des extraits sont tirés de « Goodbye Alice In Wonderland ». Vêtue d’une charmante petite robe bleue, la blonde interagit souvent avec son public mais apparaît bien trop statique pendant son show pour susciter l’envie de s’envoyer l’entièreté du Dvd. On saluera cependant son interprétation de « Intuition », single très moyen extrait de « 0304 », son plus mauvais ouvrage, mais que les arrangements ‘live’ sauvent de l’oubli.

La seconde partie est constituée d’un best of acoustique, enregistré au Rialto Theater. Accompagnée en partie par un orchestre de chambre, Jewel y apparaît à la fois simple, fragile et délicate ; les qualités même qui ont fait de « Pieces Of You », son premier et meilleur recueil, une œuvre inoubliable. Un concert beaucoup plus intéressant et captivant que celui reproduit sur la première plaque, bien que la dernière partie composée de reprises soit tout à fait dispensable.

Un beau cadeau pour les fans, mais pour les vrais fans uniquement.

Indian Jewelry

We Are The Wild Beast

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« We Are The Wild Beast » c’est comme une blessure. Il y a d’abord le cri, représenté ici par la danse lancinante du saxophone. Aux confins de la douleur s’échappent des appels gutturaux, émaillés de chocs froids et tranchants. Vient ensuite le calme tout relatif, secrété par des beats calculés et répétitifs. S’approche alors, la révolte, l’orgueil de s’être bêtement blessé, traduit par des cordes grinçantes et hypnotiques. Indian Jewelry est une métaphore à lui tout seul. Il dispense son univers à grande brassée, se moquant bien des blessés collatéraux qui en seront affectés. Poussant au plus saturé ses effets, il découpe au scalpel nos peaux tendues et sensibles. Proposant une electro/pop expérimentale, il en devient aérien et menaçant, tout en déversant son acide sur la tête des curieux, le nez pointé vers le ciel. Pas moins de 32 musiciens ou collaborateurs participent au projet. Ils se définissent comme une troupe armée, une légion déterminée à encercler les ennemis potentiels. Force est de constater qu’ils parviennent à nous émouvoir ; si pas par la douceur, du moins par une sensation effroyable, telle une chute terrible sur le sol froid d’une arrière cour sordide. Après la douleur, pointe le réconfort. Le besoin d’être soigné se fait violence et se bat avec le mal qui tente de prendre possession de tout notre corps. Indian Jewerly est là aussi pour soigner, et nous coucher afin de reprendre des forces. Par le biais de mélodie enveloppantes et imaginaires parsemées ça et là sur l’album, il nous offre un répit, mais jusqu’à la prochaine attaque seulement.

Indian Jewelry

Free Gold!

Écrit par

Indian Jewerly est une formation issue de Houston dont la musique puise à la fois dans la noisy, le psychédélisme, la drone, le space rock, l’expérimental, le shoegazing, le post rock et l’ambient. Et la liste est loin d’être exhaustive. Instrumentation conventionnelle et technologie moderne font ici bon ménage au sein d’un univers sonore hanté par les spectres de Coil, Amp, Flying Saucer Attack, les Warlocks, Suicide, My Bloody Valentine, Velvet Underground, Jesus & Mary Chain, Can et les ‘Frippertronics’ de… Robert Fripp. Il doit y en avoir d’autres, mais je vous laisse le soin de les découvrir. « We are free ! » constitue leur second opus. Tout au long des quatorze fragments aventureux et visionnaires de cet elpee, Indian Jewelry crée son propre langage sonique, surréaliste, capricieux, excentrique, viscéral et ma foi particulièrement ample. Des compos comme « Walking on the water » et « Nonetheless » évoquent ainsi un Joy Division bruitiste alors que la mélodie sinusoïdale d’« Everyday » aurait pu naître d’une jam session acoustique entre les Mamas & Papas et Syd Barrett. Dans un autre registre, « Hello Africa » nous replonge dans l’univers tribal, hypnotique, funèbre et à la limite du vaudou de David Byrne ; même si les boîtes à rythmes ainsi que l’électronique jouent un rôle majeur tout au long de cette plage. Plus pop, « Pompeii » est tramé dans les cordes de guitare chatoyantes, réminiscentes de Galaxie 500, alors qu’imprimé sur un tempo technologiquement viscéral, « Too much honkytonking » palpite comme à la plus belle époque de Public Image Limited. Probablement le meilleur titre de l’elpee. Qu’il partage avec l’hypnotique, obsessionnel, « Bird is broke (won’t sing), plus krautrock que nature. Une œuvre riche, expérimentale, difficile à assimiler, mais terriblement créative.

 

Jewel

Goodbye Alice in Wonderland

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Oh Jewel, Oh ma belle, que ce nom te sied à merveille. A chacun de tes retours mon petit cœur bat comme celui d’un écolier face à sa jolie maîtresse. Je dois l’avouer, tu es mon péché mignon. Il m’arrive cependant d’être déçu par certains de tes délires minaudiers ou carrément pédants. Mais oui, souviens-toi de l’horrible « Spirit » de 1998. Pire encore « 0304 » (2003), cette atrocité que je n’arriverais jamais à saisir. Heureusement, pour mon plus grand bonheur, ton naturel revient toujours au galop. « Goodbye Alice In Wonderland » nous emmène à nouveau dans ton univers naturel, là où le soleil semble briller éternellement. Ce même univers que tu avais grossièrement laissé en plan après « This Way » (2001). Tel un roman autobiographique, chaque morceau nous dévoile un chapitre de ton intimité. Tu es capable à la fois de nous fasciner (« Long Slow Slide »), de nous toucher (« 1000 Miles Away ») ou, pour la bonne mesure, de nous emmerder de temps en temps (« Drive To You »). La femme parfaite, en gros. Toutefois, si je n’avais qu’un seul conseil à te donner, Jewel, je te proposerais de retourner t’enfermer dans ta cabane du fin fond de l’Alaska et de n’en ressortir que lorsque tu auras retrouvé toute l’essence de ton inspiration et l’authenticité émotionnelle qui avaient fait de « Pieces Of You » (1995) un véritable chef-d’œuvre. Tu es sur la bonne route, certes, mais tu as encore bien du chemin à faire, foi d’amoureux transi.