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Jim White

Coup de chapeau à ce ménestrel des temps modernes...

Rien ne m'impressionne plus qu'un beau chapeau. Et Jim White a toujours porté de beaux chapeaux, comme ce soir. Une soirée tranquille, à écouter Jim chanter ses belles chansons, de ses trois albums sortis chez Luaka Bop. Son petit dernier, « Drill A Hole In That Substrate? », est d'ailleurs un petit chef-d'?uvre de country décomplexée. Jim est très fort question « storytelling ». D'ailleurs il n'arrêtera pas de raconter ses (més)aventures au pays des mangeurs de bretzels. Aaaaaaah, l'Amérique ! En plus il est entouré de très bons musiciens ; ce qui n'est pas pour nous déplaire. Et puis il a joué « Still Waters », sa chanson la plus difficile, sans doute sa plus belle (issu de « Wrong-Eyed Jesus ! », son premier LP paru en 1997). De son dernier album, Jim aura joué pas moins de sept chansons, dont les excellentes « Static On The Radio », « Bluebird » et l'espiègle « If Jesus Drove A Motor Home ». Jim aime Jésus, mais n'est pas un bigot comme ce pauvre Bush et ses conseillers de la droite ultraconservatrice. Jim est un véritable ménestrel des temps modernes, et sa gouaille n'a d'égal que la beauté molle de son stetson. De « Wrong-Eyed Jesus » il interpréta aussi « Sleepy Town » (en clôture) et « A Perfect Day To Chase Tornados ». De « No Such Place » (2001), « Handcuffed To A Fence In Mississippi » et « The Wound That Never Heals ». Et des inédits : « Brownsville Texas », « Take Me Away » et « Somewhere In This World ». C'est facile d'énumérer le track-listing, quand on l'a piqué au guitariste en fin de concert. Ca donne l'impression au lecteur qu'on connaît le répertoire de Jim sur le bout des doigts. C'est plus ou moins vrai, parce que Jim fait de la sacrée bonne musique, et pourtant n'arrive même pas à remplir la rotonde. C'est injuste ! De toute façon, Jim s'en fout. D'ailleurs avant de partir, il dit qu'il va revenir, après nos applaudissements. Parce qu'il n'est pas du genre à se faire prier, le Jim. Et ces fadaises de rappels à la noix, très peu pour lui. A la fin c'est lui-même qui vend son disque. Mais aussi des chemises canadiennes éparpillées à la va-vite sur la scène, comme aux bourses de vêtements de la Ligue des Familles. Jim est bizarre, mais sa musique est super. Dommage qu'il ne vendait pas son chapeau.

Jim White

Drill A Hole In That Substrate And Tell Me What You See…

Depuis « Wrong-Eyed Jesus » (1999), Jim White trimballe ses démons (la religion, la mort, l’Amérique white trash) à dos de mulet, traversant le désert country tel un Pancho Villa illuminé par la vie et ses petits tracas. Chez lui, raconter des histoires de diable, de paradis et de romances étriquées s’avère une chose tout à fait normale, comme porter un stetson mais critiquer la morale pudibonde des mangeurs de bretzels. Jim White est le ménestrel gonzo de la cause country, le Bukowski de l’americana populaire. Sa musique traduit cet amour pour les mythes salis du Grand Ouest : comme du Canada Dry servi en pleine cambrousse, elle sonne comme de la country US, mais au final ça n’a rien à voir. Qu’une pedal steel se prenne un jour les fils dans le tapis d’un saloon ou qu’une trompette se voit bouchée par un nuage de poussières, Jim continuera toujours à raconter ses histoires de Jésus « conduisant un camping-car » (« If Jesus Drove A Motor Home »). Entouré d’une clique de musiciens balèzes et connus (Joe Henry, Matt Ward, Mary Gauthier, Bill Frisell, Aimee Mann sur le splendide « Static On The Radio »), l’Américain du bayou n’a pas son pareil pour mélanger les genres (country, folk, spoken word, rap/funk couillon à la G Love, soul à la Me’Shell) sans jamais se coincer les doigts dans un seul. De plus en plus raffinées avec le temps, ses mélodies ne cessent d’émouvoir, comme en apesanteur, à des kilomètres du sol argileux de l’Alabama. Un mirage ? Peut-être. Mais il est tenace, et sa vision réconforte, dans un monde où la sincérité n’a plus sa place. Tel le héros du roman de Matheson, Jim White est quasi une légende. Il est unique, et c’est la raison pour laquelle on l’aime.