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Joe Ely

Happy Songs From Rattlesnake Gulch (2)

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Vieux briscard de la musique américaine, Joe Ely est en selle depuis 1977. Chanteur, songwriter et guitariste, il marque ses trente années de carrière en sortant ce « Happy Songs… » sur son propre label.

Plus axée sur le songwriting que sur la démonstration technique, sa musique oscille et serpente constamment entre les idiomes fétiches de son Texas natal : très country, un peu blues, un peu folk, un peu tex-mex… Un genre finalement assez convenu et surtout très propre et lisse. Cependant, si l’on est amateur du genre, on aurait tort de bouder son plaisir : Joe Ely a du métier, du talent et sait encore ménager quelques bonnes surprises.

Le très country « Hard Luck Saint » ne laisse ainsi rien présager du très électrique « Miss Bonnie And Mister Clyde ». Entre accordéon et guitare acoustique, « Little Blossom » surprend en prenant tout à coup un rythme plutôt rock & roll. L’ambiance tex-mex de « Up A Tree » bascule sans crier gare dans le reggae tandis que les musiciens semblent s’en donner à cœur joie sur le « Firewater » de Butch Hancock. Et l’amateur de blues ne pourra qu’avoir l’oreille titillée par le feeling pesant de « July Blues », marqué par une rythmique sèche et lourde comme une soif en plein désert.

 

Joe Ely

Happy songs from Rattlesnake gulch

Écrit par

Originaire de Lubbock, Joe Ely est un pur Texan, comme l'étaient Buddy Holly, Roy Orbison et Waylon Jennings. Cet artiste émarge à la roots music, une solution sonore issue de la rencontre entre la country et le rock'n'roll, mais impliquant des caractéristiques folk et blues. Compositeur, mais également poète, Joe parcourt les routes depuis plusieurs décennies. Eponyme, son premier elpee date de 1977. Le notoire "Honky tonk masquerade" lui succède un an plus tard, avant de laisser la porte ouverte à bien d’autres œuvres. Il fonde ensuite les Flatlanders flanqué de ses amis et concitoyens Jimmy Dale Gilmore et Butch Hancock. Puis se décide à créer son propre band, en compagnie du guitariste David Grissom. Ce Joe Ely Band entame son existence par l’enregistrement de "Lord of the highway", en 1987. Paru chez Hightone, il étrenne une aventure parcourue d'une bonne douzaine d’opus. Sans oublier, celle qu’il a menée en parallèle en compagnie de Flatlanders reconstitués. L'album a été concocté à Austin (Joe y est toujours établi), sous la houlette de Little Johnny Fader, qui apporte sporadiquement son concours aux percussions.

Amusant et sémillant, "Baby needs a new pair of shoes" ouvre l’album. Une compo imprimée sur un mode très rock. David Holt se réserve les cordes et le réputé Reese Wynans (un ancien musicien de Stevie Ray Vaughan), siège derrière l'orgue Hammond. "Sue me sue" embraie en maintenant le tempo dynamique, dans un style qui peut rappeler à la fois Creedence Clearwater Revival et le Sir Douglas Quintet du très Texan et regretté Doug Sahm. Mais Joe Ely, c'est avant tout Joe Ely. Et il ne faut pas nécessairement le soumettre aux comparaisons. Son roots rock est aussi personnel que… texan. Et il le démontre tout particulièrement sur  "Hard luck saint". Il y a quelques années, Bruce Springsteen a participé à la confection d’un album de Joe. Et il est vrai que parfois, il existe des similitudes entre les deux artistes. A l’instar de l'excellente ballade, "Jesse Justice". Mais cette constatation est encore plus manifeste tout au long du superbe "Miss Bonnie and Mister Clyde", une chanson ressentie intensément par l'artiste. L’elpee recèle également quelques ballades texanes. Et je pense tout particulièrement à "Little Blossom", une compo dont la coloration tex mex rock est procurée par l'accordéon. "Up a tree" vire au rock. Mais un rock aux intonations latines entretenues par les cuivres et balayé par la guitare de l'invité Mitch Watkins. Dans la plupart de ses œuvres, Joe reprend une composition de son ami Butch Hancock. Et il ne déroge pas à la (bonne) règle, en adaptant "Firewater", une plage R&B rehaussée par la présence de cuivres. "July blues" est un… blues lent que Joe interprète telle une prière. Les lyrics sont chaleureux. Son vieux comparse, David Grissom, se réserve une intervention marquante sur les cordes. Plus rythmé, syncopé, "So you wanna be rich!" campe un autre blues au cours duquel Gjersoe s'emballe et opère sa meilleure sortie de l'album. Cet opus séduisant s’achève par un nouveau rock bien ancré dans le sud texan : "River fever" ; une plage marquée par le retour de Reese Wynans à l'orgue.