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Joe Louis Walker

Hellfire

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Joe Louis Walker est l'un des grands noms de la scène contemporaine blues. Il n’est pourtant plus de première jeunesse, puisqu'il affiche déjà 62 ans au compteur. Il est originaire de San Francisco, mais vit aujourd'hui à New York. Dans les années 60, il était l'ami du mythique guitariste blanc, Mike Bloomfield. Il ne fonde son groupe, les Bosstalkers, qu’en 1985 et publie alors de nombreux albums. Cinq d'abord chez Hightone, six ensuite pour Verve/Gitanes. Toute cette discographie lui ouvre grandes les portes de l'Europe où il se produit un peu partout.

Souffrant trop souvent d’une production trop lisse, ses disques manquent cependant de passion. Pourtant en 2003, "Shake your moneymaker : The slide album", paru chez JSP, casse enfin le moule. Joe Louis est bien un grand bluesman, un guitariste extraordinaire! Il se lie alors d'amitié avec le guitariste très respecté, Duke Robillard. Ce dernier produit son premier opus, pour le label canadien Stony Plain, "Witness for the blues", en 2008, puis "Between a rock and the blues" qui est nominé aux Blues Awards. Bruce Iglauer, patron du label blues chicagolais notoire, Alligator, vient donc de signer Joe. Ce dernier avait d’ailleurs collaboré au projet "Tommy Castro presents the Legendary Rhtyhm & Blues Revue – Live!".

Joe Louis est chanteur, guitariste, compositeur et producteur. Pourtant, il a laissé la mise en forme à Tom Hambridge, un personnage qui a notamment bossé pour Buddy Guy, Susan Tedeschi et George Thorogood. Les sessions ont été réalisées au studio Sound Stage de Nashville. D'excellents musiciens ont été recrutés pour y participer, dont Hambridge qui double à la batterie et Reese Wynans, l'ancien claviériste de Stevie Ray Vaughan.

Et si Joe Louis est un bluesman, il a aussi grandi au cœur de la culture rock. Il présente une face agressive indéniable. C’est ce qu’il met en évidence en ouverture. Tout au long d’"Hellfire", sa voix est surpuissante, elle déblaie tout sur son passage. Son ampli est poussé dans le rouge. Furieuse, la gratte avance par dérapages savamment contrôlés. Je préfère toutefois le Walker au plus profond de son blues. A l’instar du lent "I won’t do that". Une compo qui libère beaucoup de sensibilité. Et s’il malmène sa six cordes, c’est pour nous réserver une envolée de classe. Un même phénomène qui se produit sur l’autre blues lent, "What’s is worth", mais en plus déjanté voire acide. La voix est vraiment ravagée et en impose sur le blues rocker très stonien "Ride all night". Une plage d’excellente facture caractérisée par la slide bien mise en avant. Il souffle férocement dans son misérable harmonica pour aborder "I’m on to you", une piste imprimée sur un tempo bien enlevé. Joe Louis s’est forgé la voix en chantant le gospel dans les églises. Il nous le rappelle sur "Soldier for Jesus", un morceau pour lequel il est soutenu par les Jordanaires, formation qui accompagnait autrefois Elvis Presley. Et pour que l’analyse soit complète, sachez que l’opus recèle encore le rock’n’roll offensif "Too drunk to drive drunk", l’explosif "Black girls" et le boogie, "Movin’ on". Bref une œuvre de très bonne facture !

 

Joe Louis Walker

New direction

Écrit par
Joe Louis est né en 1949. Le jour de la Noël. A San Francisco, dans une maison où le blues était bien présent. Agé de 14 ans, il jouait déjà de la guitare et ouvrait les concerts d’artistes aussi prestigieux que Muddy Waters, John Lee Hooker ou Lightnin' Hopkins. Fin des années 60, il partage l’appartement de Michael Bloomfield, au sein d’un quartier à la mode de Haight Ashbury. C'est à cette époque qu'il tombe sous le charme de la slide. En 1975, sa foi le pousse à rejoindre un ensemble de gospel : les Spiritual Corinthians. Il y militera une dizaine d'années. Il revient alors au blues en fondant les Bosstalkers. Son premier album, "Cold is the night", remonte à 1986. Dans la foulée, il aligne "The gift" en 88, "Blue soul" en 89 et deux volumes enregistrés en public : "Live at Slim's". En 91 et 92. La machine Walker est alors sur les rails. Reconnu à travers le monde, il ne se repose pas sur ses lauriers et continue à commettre d’excellents elpees : "Blues survivor" en 92, "Blues of the month club" en 95 et "Great guitars" en 97. En 2002, Joe Louis entamait la confection de quatre albums. Quatre opus qu’il allait enregistrer sur une période de treize mois. Un projet qui allait lui permettre de démontrer toutes les facettes de son talent. Que ce soit sous la forme électrique, acoustique ou encore à la slide, il s’en tire toujours avec le même bonheur. On aura ainsi droit successivement à "In the morning" sur Telarc, "Pasa Tiempo" sur Evidence, "Guitar brothers" (NDR : qui bénéficie de la collaboration d’Otis Grand) et "She's my money maker" (NDR : caractérisé par une slide dévastatrice) ; ces deux derniers elpees parus chez JSP.
 
Notre Joe Louis est aujourd’hui embarqué dans la distribution européenne de Provogue Records aux Pays-Bas, écurie reconnue pour ses productions rock/blues particulièrement électriques. Un défi qui n'est pour déplaire à notre artiste, car il n’a guère d’égal dans l’art de torturer ses cordes. Pour la circonstance, il a reçu le concours des musiciens qui l’épaulent habituellement : Robert Watson à la basse, Carl Carter à la batterie et Ellis Blacknell Jr aux claviers. Joe Louis signe ou co-signe toutes les plage. Il assure également la production.
 
Très rock, "Do you love me" évolue dans le créneau habituel de Provogue. Au cours de ce titre d’ouverture, la guitare hurle. Largement amplifiée, elle déborde d’intensité. Joe dispense également des riffs bien calibrés, en rerecording. Très en relief, la voix perce aisément l’écran de son. Les tonalités de la guitare s’équilibrent pour "Custom cars, Gibson guitars". La section rythmique est solide. L'orgue de Blacknell se distingue clairement. Puis la guitare décolle brusquement dans un solo impressionnant. Le chanteur injecte énormément d’âme dans la voix pour interpréter "Messed my mind up", une ballade tranquille, imprimée sur un tempo lent, au cours duquel les parties instrumentales affichent une grande sérénité. "New direction" hausse le rythme tout en maintenant une tonalité soul. Superbe, puissante, la voix rappelle un Otis Redding des meilleurs jours. "You don't love me" évolue dans un registre fort proche du blues. Une ballade mid tempo alimentée par une guitare gouailleuse qui égrène parcimonieusement de petits chapelets de notes lustrées et efficaces. Il libère largement ses cordes tout au long de "Tempting me". Parfaitement ciselés, dispensés à la manière de BB King (surtout) ou d'Albert Collins (parfois), les accords transpercent les mélodies ; sans pour autant perdre l’identité et surtout l’élégance qui caractérise le jeu de Walker. "Soldier for Jesus" embrasse un style gospel. Joe Louis se remémore ici son séjour chez les Spiritual Corinthians. Petite bombe instrumentale, "Mr G's boogie" permet à chaque partenaire de tirer son épingle du jeu. Ellis Blacknell et Joe Louis, plus que les autres. Joe chante divinement "Ain't that cold", un shuffle bien ficelé alimenté, pour la circonstance, par une slide au son particulièrement graisseux. Manifestement, Joe est un des meilleurs joueurs de slide contemporains. Et son précédent elpee, paru chez JSP, en est toujours la plus belle démonstration. D’excellente facture, l’elpee s’achève par "Lena", un instrumental délicieux dont les changements de rythme peuvent nous faire penser tantôt à l'Allman Brothers Band, tantôt à Carlos Santana, tant le niveau est élevé.

Joe Louis Walker

She´s my money maker

Écrit par

Joe Louis Walker est né à San Francisco, le jour de Noël 1949. Etabli aujourd'hui sur la West Coast des Etats-Unis, il est considéré comme un des grands noms du blues contemporain. Mais avant d'obtenir ce statut, il a connu un parcours particulièrement chaotique. Au cours des années 60, il partage un appartement avec Mike Bloomfield dans le quartier branché de Haight - Ashbury. C'est Mike qui met une slide dans les mains de Walker. Quelle heureuse idée a-t-il pu avoir ! Après avoir mené une existence assez perturbée, Joe Louis rejoint un groupe de gospel. Il ne reviendra au blues qu'en 1985, lorsqu'il fonde ses Bosstalkers.

Il commet son premier elpee, "Cold is the night", l'année suivante. Depuis, en alignant régulièrement ses albums, il est devenu une des valeurs sûres du blues. En 92, il signe sur le label major Verve, sur lequel se succèdent "Blues survivor", "Silvertone blues", "Blues of the month club", "Great guitars", "How blue can you get" et "Preacher and the President". Ce dernier en 98. Et puis, il disparaît de la circulation. Jusqu'en 2000, où on ne voit plus que lui. Il enregistre alors "Guitar brothers", en compagnie d'Otis Grand. Paru chez JSP, en mai 2002. JLW embraie ensuite par "Pasa tiempo", un disque sorti en octobre dernier sur Evidence, puis se mue en funky Joe pour "In the morning", édité en juillet 2002 chez Telarc. Il nous revient déjà avec ce nouvel elpee. Mis en boîte à Richmond (Californie) en novembre dernier et autoproduit, cet opus est sous-titré "The Slide guitar album". Le titre de l'album adresse sans aucun doute un clin d'œil à Elmore James, le roi de la slide des 50s qui avait composé "Shake your money maker".

Joe démarre par un "Slow down GTO" qui ne laisse aucune trace de ralentissement, vu l'ardeur au rythme. Encrassée et fort métallique, la slide est bien présente. Elle se met directement à rugir, à hurler. Mais est-ce de plaisir ou de douleur ? Robert Watson à la basse, Willy Jordan aux drums et le bouillant Geno Blacknell Jr aux claviers, complètent le line up. "Poor man blues" est un blues rocker au tempo sage. Joe Louis a calmé sa voix. Geno est passé à l'orgue. Dès que la slide se libère, elle ébauche de petites phrases, bavarde, avant de prendre de l'épaisseur et de l'ampleur. Le bottleneck frétille d'aise. "Borrowed time" est tramé dans le même moule ; mais après moins de 50", la slide ne peut plus se contenir et se met immédiatement en orbite. "Ghetto life" est abordé sur un thème funky ; ce qui n'empêche pas la slide de pétiller. L'homme ne joue certes pas de manière conventionnelle. Il dispense des sons extraterrestres ou reproduit des cris d'animaux qui n'existent pas ici bas. "No easy kind of loving" est un slow blues bien plus proche du Chicago blues. Celui d'Elmore James, en particulier. Mais la slide reste dévorante et bien personnelle. Une nouvelle leçon pour ceux qui voudraient se montrer les meilleurs élèves du style. Nouveau coup d'accélérateur sur "Slide her up and down", une compo dont la démarche et le rythme me rappellent le classique "Shake your moneymaker". Mais le plus étonnant procède de l'aisance avec laquelle Walker libère ses notes. Déconcertant ! Le très connu "Born in Chicago" constitue la seule reprise de l'album. Signée Gravenites, elle rend ici très certainement un hommage à son ami de jeunesse Mike Bloomfield. Un message de classe qu'il transmet à son protecteur de jadis. Dirigé vers le Delta, "My judgement day" est un travail plus roots. Si la slide reste électrique, Joe joue du bottleneck d'une manière plus traditionnelle. Il respecte ainsi le travail des anciens comme Fred McDowell. Il reste plus appliqué et modeste pour rendre un hommage à deux de ses maîtres, John Lee Hooker, mais aussi l'innovateur de son époque, Earl Hooker, tout au long de l'instrumental "Hooker's blues". Une démonstration ! En finale "Eight years of lovin" fait une entorse au programme. Un duo échangé entre le piano boogie de Geno Blacknell et Joe Louis Walker qui a abandonné sa slide au profit d'un harmonica. Il souffle dans les aigus à la manière de Jimmy Reed. Tout au long de cet opus, la voix de Walker est puissante, profonde, chargée d'émotion et de feeling. Excellent!

Joe Louis Walker & Otis Grand

Guitar Brothers

Écrit par

Originaire de San Francisco, Joe Louis Walker est aujourd'hui âgé de 52 ans. Il vient de terminer un contrat de six albums en 7 ans, pour le label Verve. Il connaît Otis Grand depuis belle lurette. Il a d'ailleurs produit personnellement deux de ses albums. Et cette rencontre entre deux merveilleux guitaristes ne peut laisser indifférent.

Dès les premières mesures du slow blues savoureux "Snake Bit", la voix chaude et puissante de Walker envahit l'espace sonore. Sa lap steel Rickenbacker rugit dans des crescendos vivaces, pendant qu'Otis assure le rythme. Les deux musiciens affrontent le R&B West Coast tout au long d'"Imitation ice cream blues" et d'"I'm getting drunk" de Johnny Guitar Watson. Leurs cordes s'y libèrent dans ce style jump. La reprise d'une composition de Danny Kirwan est assez surprenante, mais bien réussie. Elle me rappelle le rock pratiqué par le Fleetwood Mac à la fin des 60s. Les échanges pratiqués alors par Kirwan et Peter Green sont ici partagés entre Joe Louis et Otis. Une adaptation sans étincelle, mais rondement menée. Composé par Otis, "Better off alone" est un merveilleux blues lent. Les deux guitaristes rivalisent d'adresse, mais la dose d'émotion libérée par de tels magiciens des cordes est phénoménale. L'opus épingle trois plages instrumentales, dont un "Friends" signé BB King. Une occasion idéale pour permettre à Joe de faire de la corde raide sur "Bliss street blues". Cette compo imprimée sur un tempo lent et rehaussée par la présence de George Bisharat à l'harmo, met Otis à l'honneur. Presque rock'n'roll, "Rude women" est un blues rythmé, drivé par le piano très boogie de Chris Burns et traversé par le sax de Cash Farrar qui hurle dans le décor. "Regal blues" est délivré dans le plus pur concept de BB King. L'interprétation est très passionnée et fougueuse. Cet album de bonne facture s'achève par le rapide "I'm gonna love you". Une cover de Jimmy Reed caractérisée par l'harmonica qui monte bien dans les aigus, le piano, et bien entendu les deux guitares...