La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Originaire de San Francisco, Joe Louis Walker est aujourd'hui âgé de 52 ans. Il vient de terminer un contrat de six albums en 7 ans, pour le label Verve. Il connaît Otis Grand depuis belle lurette. Il a d'ailleurs produit personnellement deux de ses albums. Et cette rencontre entre deux merveilleux guitaristes ne peut laisser indifférent.

Dès les premières mesures du slow blues savoureux "Snake Bit", la voix chaude et puissante de Walker envahit l'espace sonore. Sa lap steel Rickenbacker rugit dans des crescendos vivaces, pendant qu'Otis assure le rythme. Les deux musiciens affrontent le R&B West Coast tout au long d'"Imitation ice cream blues" et d'"I'm getting drunk" de Johnny Guitar Watson. Leurs cordes s'y libèrent dans ce style jump. La reprise d'une composition de Danny Kirwan est assez surprenante, mais bien réussie. Elle me rappelle le rock pratiqué par le Fleetwood Mac à la fin des 60s. Les échanges pratiqués alors par Kirwan et Peter Green sont ici partagés entre Joe Louis et Otis. Une adaptation sans étincelle, mais rondement menée. Composé par Otis, "Better off alone" est un merveilleux blues lent. Les deux guitaristes rivalisent d'adresse, mais la dose d'émotion libérée par de tels magiciens des cordes est phénoménale. L'opus épingle trois plages instrumentales, dont un "Friends" signé BB King. Une occasion idéale pour permettre à Joe de faire de la corde raide sur "Bliss street blues". Cette compo imprimée sur un tempo lent et rehaussée par la présence de George Bisharat à l'harmo, met Otis à l'honneur. Presque rock'n'roll, "Rude women" est un blues rythmé, drivé par le piano très boogie de Chris Burns et traversé par le sax de Cash Farrar qui hurle dans le décor. "Regal blues" est délivré dans le plus pur concept de BB King. L'interprétation est très passionnée et fougueuse. Cet album de bonne facture s'achève par le rapide "I'm gonna love you". Une cover de Jimmy Reed caractérisée par l'harmonica qui monte bien dans les aigus, le piano, et bien entendu les deux guitares...

 

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