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Johnny Mastro

Never trust the living

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Johnny Mastrogiovanni est un chanteur/harmoniciste originaire de Long Beach, près de Los Angeles. En 1994, il avait fondé son groupe, The Mama's Boys. A partir de 1996, le combo devient résident au sein d'un des meilleurs clubs de L.A., le Babe's & Ricky's. Depuis, les Boys ont aligné de nombreux albums dont les superbes "Pinch that snake", en 2001, et "Chicken & Waffles", en 2003. Ils tournent sans arrêt et ont déjà accompli une trentaine de périples, à travers l’Europe. Leur musique se distingue par un son primaire, cru, volontairement lourd et dur. Au cours des dernières années, Johnny s'est progressivement entiché de la Nouvelle Orléans. Il vit désormais au sein de cette cité musicale. Ce dernier opus y a été immortalisé ‘live’, au sein du studio Musicshed, lors de l’été 2014. Johnny est soutenu par le guitariste Smokehouse Brown, le bassiste Dean Zucchero et le batteur Rob Lee.

"Snake doctor" ouvre l’opus en force. Un condensé du style musical proposé par les Mama's Boys. La voix de Johnny est à la fois atmosphérique et offensive. Ecrasante, la slide de Smoke reflète une forme de mal-être, alors que la section rythmique imprime un tempo d'acier. Un coup de maître pour ouvrir les hostilités. Ce combat se poursuit tout au long de "Whiskey". Ravagée, la voix plane au-dessus d’un backing group à la fois soudé et déterminé. "Judgement day" est une plage signée par Snooky Pryor, en 1956. Lente, la version s’enfonce profondément dans le psychédélique, un trip alimenté par les cordes au bord du délire, alors que l’harmonica finit par émerger au cœur de cette aventure dantesque. Le quatuor est sur les rails et ne desserre jamais l’étreinte. Mais si le climat est généralement ténébreux, le blues sert de fil rouge. A l’instar de "Monkey man", Walking" et du flemmard "The sad night owl", la cover d’un titre méconnu de Freddie King. "Don't believe" sert d’oasis au beau milieu de cet univers sauvage ; un blues lent qui baigne dans une certaine forme de sérénité et laisse percevoir les qualités ‘roots’ de Mastro sur son instrument de poche ! L’adaptation du traditionnel "The house of the Rising Sun" est également très réussi. Elle ose une brusque accélération, favorise l’envol des solistes, avant d’en revenir au thème familier. Le titre maître est sculpté dans le boogie. Et il est de bonne facture. "Bucksnort Annie" offre une petite tranche de rock'n'roll bien saignante ! Et en finale, "Ingrid Cold" replonge au cœur de ce climat malsain, entretenu par les Mama's Boys.

 

Johnny Mastro

Luke's dream

Écrit par

Les Mama’s Boys sont issus de Long Beach. Il y a déjà une bonne vingtaine d’années qu’ils écument les routes, à travers le monde. Si celles du sud de la Californie du Sud n’ont plus de secret pour eux, ils se sont également déjà produits à 22 reprises, outre-Atlantique. A ses débuts, la formation squattait littéralement un des meilleurs clubs de blues de L.A, le ‘Babe's and Ricky's Inn’, dont la propriétaire n’était autre que la regrettée légende locale, Mama Laura Gross. Depuis leur formation, ils sont drivés par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro. Il est épaulé par son fidèle guitariste, Smokehouse Brown. Le reste du backing group est cependant identique que lors de la confection du dernier opus, "Beautiful chaos", paru en 2011. Et leur musique est demeurée directe, primaire, rugueuse, âpre et puissante.

Surprise, le titre d’ouverture est acoustique. Il s’agit, en outre, du titre maître. Une plage qui rend hommage à un grand bluesman issu de Los Angeles, emporté par une overdose en novembre 2008, Robert Lucas. Il vivait le blues. Il avait le blues. Il chantait d’une voix caverneuse, très expressive. Au cours des dernières années de sa vie, il avait milité chez Canned Heat. Johnny chante superbement ce rêve de Luke. Il est épaulé par Brown à la gratte et le percussionniste local, Max Bangwell. Toujours en ‘unplugged’, le même trio est reconduit pour le percutant "Mr J.J's man", un boogie/country/blues, et l'excellente reprise du "Roller Coaster" de Bo Diddley. Des bruitages accablants forment la trame rythmique de "Thunder roll", une plage qui baigne au sein d’un climat de transe d'où se libèrent la slide largement amplifiée et l'harmonica du leader. Ce dernier poursuit même son chemin sans demander son reste flirtant au besoin avec les notes aiguës. Peter Atanassof a collaboré aux sessions d’enregistrement de ce disque. Il y joue de la guitare et injecte dans l’expression sonore de nombreux bruitages. Pas vraiment notoire, ce musicien avait quand même autrefois transité par le Paul Butterfield Band. "Knee high" est un boogie primaire, dur, tortueux, sans concession, bref à la sauce Mastro. On y remarque la participation du ‘sixcordiste’ déjanté Kirk Fletcher. De quoi nous rappeler que les Boys sont proches du boogie band le plus célèbre au monde, Canned Heat ; et bien sûr du regretté Henry Vestine. "Junker's blues" est une compo issue de la plume du pianiste boxeur new orléanais, Champion Jack Dupree. Ce blues est imprimé sur un mid tempo. La rythmique est lourde. Les douze accords sont plaqués. Les interventions à l’harmo sont claires et concises et s’évadent une nouvelle fois. En perpétuel dérapage contrôlé, la slide de Brown est saturée d'écho! Mastro semble toujours au bord de l'agonie lorsqu'il chante au cœur de rythmes hypnotiques. La douleur semble intense tout au long de "Hurt". Jimmy Goodall cogne durement sur ses peaux à l'arrière, alors que Scott Abayta, le patron de Ripcat, apporte sa collaboration à la guitare. La musique est âpre, mais elle passe bien la rampe. Le message du metal blues tient la distance. Après une intro qui prend sa source dans le Delta, "Tonight we ride" vire au Chicago blues. Une plage de bonne facture accommodée à la sauce des Boys. A la slide, Fletcher pousse le riff familier d'Elmore James, renforçant ainsi l'édifice. "The light" est un blues rock sauvage. Le mélomane est pris à la gorge. L'étau se resserre. D’autant que les terriblement efficaces "Francine" et "My rocket" embraient dans le même style. "Temperature" achève l’elpee. Une longue finale qui synthétise toutes les aptitudes de la bande à Mastro. Cette piste avait également été écrite par Little Walter. Un nouveau traitement lui est réservé. La pression est maximale. Atanasoff parsème la piste de bruitages décapants, nous plongeant au sein d’une transe psychédélique. Impressionnant !

 

Johnny Mastro

Beautiful chaos

Écrit par

Johnny Mastro & Mama's Boys est une formation californienne que j’apprécie tout particulièrement et dont le parcours m’a toujours impressionné. Un groupe dont le succès s’est forgé à force de sueur et en écumant les routes. Johnny Mastroianni en est le chanteur et l’harmoniciste. Le combo se produit régulièrement dans les petits clubs de L.A. ; et en particulier le Babe & Ricky's, celui de Mama Laura Gross, chanteuse disparue en 2009, à l'âge de 89 ans. C'est elle qui leur avait déniché le patronyme de ‘fils à maman’.

La musique des Boys est rude, largement amplifiée, véhiculant le mal vivre des grandes cités américaines. Pour concocter ce dernier opus, sorti en 2010, les musicos s’étaient rendus sans la Motor City de Detroit. Au studio Ghetto Recorders, sous la houlette du producteur Jim Diamond. Mastro est soutenu par le chanteur/guitariste Smokehouse Brown, le drummer Jimmy Goodall et le bassiste Mike Hightower. Un invité notoire : Kirk Fletcher. Il apporte son concours aux 6 cordes.

Il ne faut pas attendre longtemps pour se rendre compte de la puissance de ce nouveau chapitre musical des Boys. Il sera hard, amplifié à l'extrême. Smokehouse aime tourner la molette de son ampli à fond, afin d’ériger un mur sonore. Il ne reste alors plus à Mastro qu'à pousser ses cordes vocales, à la manière d'un Ozzy Osbourne novice. Mais il n'a pas oublié son harmonica, le chef de la meute. Pas étonnant, dès lors que ce "Spider" écrase déjà tout sur son passage. "Wineheaded" élève le tempo. Un rockin' blues très dense, bétonné par la section rythmique. Johnny se révèle très à l’aise au cœur de cette fête tonitruante et il souffle comme un damné dans son instrument pour contrer les percussions diaboliques de Goodall. Lester Butler pourrait sortir de sa tombe s’il entendait les vibrations produites par "Love tain #2". Le train entre en gare. Il souffle quelques instants avant de redémarrer de plus belle. Les changements de rythmes sont ténébreux, presque terrifiants. La pression s’amplifie. A son tour, Smokehouse se prend pour Tommy Iommi afin de ressusciter "Dirge". Issue du premier elpee de Black Sabbath, cette compo était caractérisée par son climat oppressif. Il s'acharne sur ses cordes, les torture, les piétine. Plage instrumentale, "Fresh squeezed coolaid" retrouve son rythme de croisière. Particulièrement offensive, elle est parcourue d’excellentes interventions à l’harmo et de slide bien gouailleuse. Les riffs dispensés tout au long de "Kings and queens" sont royalement découpés au rasoir. Plus lent, "Shades of grey" baigne dans une certaine sérénité. Enfin sérénité relative, car le climat devient carrément tragique ; moment choisi par Kirk Fletcher pour s’autoriser une sortie princière sur des cordes. Relativement déjantés, acides, les accords de guitare prennent alors une forme étrangement psychédélique. Et "Bonedry" en est la plus belle illustration. "Howling" macère dans une atmosphère de transe. L’ensemble des instruments semble exécuter une danse macabre. A cet instant, nous ne sommes plus très loin de l’univers de Howlin' Wolf. Belliqueux, "Kgb boogie" est parcouru de bruitages produits par des armes ; un morceau qui aurait pu figurer au répertoire de Billy Boy Arnold. Mastro reste menaçant pour attaquer la plage finale. Il mène même ses Boys à la baguette tout au long de "Night", une compo écrite par son maître, Lester Butler, et imprimée sur un rythme hypnotique emprunté à Howlin' Wolf. Un album très sombre…

Johnny Mastro

The black album

Écrit par

Considérés comme les dignes successeurs des Red Devils, depuis la disparition de Lester Butler, les Mama's Boys constituent certainement aujourd’hui le blues band le plus percutant de Los Angeles. Le groupe s'est formé en 1993, dans le plus vieux club de blues de L.A : le ‘Babe's & Ricky's Inn’ ; un club dont la propriétaire, ‘Mama’’ Laura Mae Gross, leur a inspiré le patronyme. Les Mama's Boys ont été fondés par le chanteur/harmoniciste Johnny Mastro. Né dans l'état de New York, cet ancien membre du Max Bangwell Band avoue pour influences majeures Hound Dog Taylor, Sonny Boy Williamson, William Clarke et … Lester Butler. Dave Melton est son fidèle guitariste. Ils font d’ailleurs équipe depuis des lustres. Dans le passé, il a enregistré en compagnie de Robert Lucas et Barry Levenson (NDR : ces deux derniers ont participé à la dernière tournée de Canned Heat). Jeff Henry est préposé à la basse. Issu de Fresno, il est proche des artistes du label local Fedora. Jimmy Goodall se réserve la batterie ; et enfin, pour l’enregistrement de cet opus, Denny Freeman assure la guitare rythmique. Le groupe joue dans un style qui emprunte beaucoup au Southside de Chicago ; et en particulier chez Hound Dog Taylor (NDR : of course !), Elmore James, Little Walter et Junior Wells. Cet elpee a été concocté en une seule prise. Pas d’artifices de studio ! Et cela s'entend ! Tous les précédents opus des Boys ont été chroniqués dans nos colonnes. Celui-ci semble avoir été réalisé en 2004.

L'album noir s’ouvre dans la pure tradition des Mama's Boys. Passé l’introduction à l'harmonica de Mastro, les cordes poisseuses de Melton entrent en scène. La voix nasillarde parcourt "Slave" sur un tempo vif. Dispensant de nombreuses notes, la guitare est bien amplifiée, manifestant un côté démonstratif que ne renierait pas Buddy Guy ! Insatiable, Melton marque des points tout au long de "Loverman". Ses interventions nerveuses sont constantes, mais il les met au service de la collectivité. "Cry for me" nous entraîne dans l'univers de Slim Harpo ; mais inoculé par cette dose de férocité et d'audace qui est la marque des Boys. Déchaînées, les cordes hurlent face à la section rythmique. Lancée sur les rails, la machine s’emballe. Le décor sonore s’enflamme. Soutenue par les six cordes de Freeman, l’infatigable rythmique décolle sur le détonant "Middle of the night". C’est le moment choisi par Mastro pour libérer toute une série de phrases inspirées par Sonny Boy Williamson II. Une intervention qui respecte cependant le code de conduite du maître. L'incendie continue à se propager. Le "Think twice before you go" de John Lee Hooker pousse Mastro au délire. A croire qu’il est possédé par son harmo. Nous empruntons la route qui relie Chicago à Los Angeles. Celle choisie, il y a bien longtemps, par le remarquable Georges Smith, lorsqu’il quitta le Muddy Waters Band pour s'installer en Californie. Signé Champion Jack Dupree, "Can't kick the habit" est un blues lent brûlant. Inspiré par Smith (NDR : à l’instar de Rod Piazza et William Clarke!), Mastro est passé à l'instrument chromatique. Melton ne tient toujours pas en place. Buddy Guy lui murmure à l'oreille des phrases écorchées à vif. Ca c'est du blues! Halluciné par sa musique, Mastro se met à souffler dans les aigus. La machine à rythme s’installe. D’une redoutable efficacité, elle ne fait pas dans la dentelle (NDR : Aaaaah ce Jeff "Slick Daddy" Henry et ses quatre cordes). "Sleeping in the ground" (NDR : un classique issu de la plume de Sam Myers) impressionne par sa simplicité. Melton empoigne son bottleneck pour interpréter "Flat down on my back". Une compo torride au cours de laquelle il joue d’une slide bien métallique, au bord de la fusion. Le son est aussi primaire que celui de Hound Dog Taylor ! Le bassiste black pèse de tout son poids. Il appelle à la rescousse Freeman, pour perpétuer l'esprit de Taylor. La slide se met au service du rythme pour lancer Mastro dans un solo délirant. La température augmente encore de quelques degrés afin de mettre le feu au "Chariot". Le tempo ralentit pour "Done something wrong" ; mais toujours amplifiée au maximum de son volume, la slide évolue à la limite de la saturation. Dans un registre proche d'Elmore James, le porteur de cordes se met à chanter ; mais le son est beaucoup plus sale. Regorgeant de compos implacables, cet elpee s’achève par "Billy Boy" (Arnold?), un excellent exercice de style instrumental. Dans leur style, les Mama's Boys sont devenus de véritables leaders. En ‘live’ leur set embrasse un blues vivant et terriblement efficace. Aujourd'hui, ils se produisent régulièrement au Blue Café de Long Beach, à L.A.