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Julien Lourau

Fire & Forget

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C'est à l'âge de 11 ans que Julien Lourau a opté pour le saxophone. Bien du temps s'est écoulé depuis et l'artiste a trimballé son instrument de style en style avec boulimie. « Fire & Forget » est donc un instantané des multiples influences qu'il intègre maintenant dans sa propre musique. A partir d'un jazz résolument moderne, et même s'il évoque parfois Soft Machine (deuxième période), il explore de nombreux territoires de musiques actuelles: fusion, free jazz, funk, jazz-rock, expérimental, … Le brassage des idées évite pourtant l'écueil des albums trop éclatés. Les titres cohabitent sans heurts malgré leurs différences tribales. La plage titulaire campe une ambiance oppressive. La seconde chante son jazz déviant sur rythme impair. « Don't save me », est chantée à la manière d'un Arno agonisant sur boucles lugubres. « Sometimes » libère ensuite son jazz/funk tranquille sur fond de riffs de saxo (un peu de Dibango) et monte en puissance avant de s'éloigner. « I'd rather not » est plus hypnotique et invite un saxo en volutes, parfois parfumées d'Orient et une guitare tourmentée. « La boucle » étale sa langueur et « Lisa et Flavio » sa nostalgie, alors que piano électrique et saxo dialoguent sereinement sur le groove tranquille de « Relaxin ». « Guantanamo » nous emmène brièvement en Amérique Centrale, avant que la dernière plage restaure un classicisme très vite torpillé et referme portes et fenêtres pour nous laisser dans le noir. Un album original et varié, à défaut d'être totalement passionnant. Il atteste de l'ouverture d'esprit de son géniteur, lequel a quelques idées espiègles sous le bras.