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Kasabian

Thank you for the show, Mr. Pizzorno !

Ce soir, au Cirque Royal, place à la britpop, même si le supporting act, DMA’S, vient du pays des kangourous. Parce que la tête d’affiche, Kasabian (NDLR : Tiens saviez-vous que son nom a été emprunté à Linda Kasabian, une hippie qui avait été choisie par Charles Manson pour assister et témoigner des meurtres qu'il allait perpétrer dans la villa de Sharon Tate), est un des derniers fleurons de cette britpop. Son dernier elpee, « The Alchemist’s euphoria », est paru en août dernier. Si la formation de Leicester a connu quelques changements de line up depuis sa naissance, en 1997, le plus notoire a été enregistré en 2020, lorsque Tom Meghan, le chanteur et membre fondateur, a été poussé vers la porte de sortie ; Sergio Pizzorno, le guitariste, se réservant, dorénavant et également le lead vocal.

La première partie est donc assurée par DMA’s, un trio australien (Sydney), fondé en 2012. Il réunit Tommy O'Dell au chant ainsi que Matt Mason et Johnny Took aux sixcordes. Le premier à l’électrique, le second à la semi-acoustique. Mais en tournée, le band peut compter sur Joel Flyger à la gratte rythmique, Jonathan Skourletos à la basse et Liam Hoskins aux drums. DMA’s est le résultat de la concentration de son premier patronyme, The Dirty MA's. A son actif, quatre elpees, dont trois en studio avant un Ep publié en 2021, « I Love You Unconditionally, Sure Am Going To Miss You ».

Le sextuor grimpe sur le podium. Le drummer se plante au milieu sur une petite estrade. Mais le chanteur et le préposé à la gratte semi-acoustique se distinguent de l’ensemble. Le premier, casquette noire vissée sur le crâne, possède une voix qui ressemble terriblement à celle de Yungblud, aka Dominic Harrison. Le second, Johnny Cook, le blondinet, ne tient pas place. Il déambule de long en large sur les planches, tout en triturant voire en martyrisant ses cordes. Par intermittence, Joel Flyger, se charge des claviers. Le combo est manifestement en pleine forme.

Le set s’ouvre par « The glow », un morceau balisé par la gratte semi-acoustique, dont les sonorités sont particulièrement limpides. Les chœurs sont riches. Si les influences oscillent de Bruce Springsteen à Bob Dylan, en passant par Sonic Youth, New Order, The Music et Dinosaur Jr, l’ambiance et les orchestrations rappellent surtout les Irlandais de The Academic mais qui auraient hérité du charisme d’Imagine Dragons. Le combo n’en oublie pas son dernier single en date, « I Don't Need To Hide », un titre qui fait manifestement craquer le public féminin.

Alors que « Play It Out » s’enfonce dans un psychédélisme réminiscent du Floyd, les stroboscopes aveuglent l’auditoire, accentuant cette impression de voyage à l’acide. Le puissant « Lay Down » achève une prestation de toute bonne facture. Un supporting act idéal pour le show de Kasabian qui va suivre…

Setlist : « The Glow », « Feels Like 37 », « Life Is A Game Of Changing », « Silver », « Hello Girlfriend », « I Don't Need To Hide », « Delete », « Play It Out », « Lay Down ».

Pendant l’interruption nécessitée par le changement de matos, un petit groupe de Britanniques complètement torchés sème la zizanie et crée une certaine tension au sein de la fosse. Le service d’ordre va rapidement les en éjecter.

En arrière-plan, se dresse le visuel du dernier opus de Kasabian, « The Alchemist's Euphoria », soit des hiéroglyphes égyptiens à faire pâlir Champollion devant la Pierre de Rosette.

La salle est plongée dans le noir. Pendant 5 bonnes minutes, les haut-parleurs crachent le puissant instrumental « Rocket Fuel ». A la fin de l’intro, on entend des cris fuser des premiers rangs dont les spectateurs commencent déjà à jumper.

Dès que les musicos sont en place, Sergio Pizzorno, en tenue kaki et vert fluo, débarque comme une star (de foot ?) sous les applaudissements. Le set s’ouvre fatalement par « Club Foot ». Le morceau est à peine commencé que le premier moshpit éclate.

Devenu frontman, Pizzorno peut se libérer davantage de sa gratte. Il déborde d’énergie. Plutôt taquin, il provoque l’auditoire pour l’émoustiller, tout au long des trois premières compos. Et ça marche ! Si Sergio n’a pas la tessiture vocale de Meghan, il a suffisamment de charisme pour porter le groupe qui entre parfaitement en symbiose avec la foule. Et puis, aux six cordes, qu’elle soit semi-acoustique ou électrique, il rappelle qu’il est particulièrement habile.

Tout le monde est debout tout au long du show, même dans les gradins. Aucun répit ! Les spectateurs applaudissent à tout rompre, se prennent au jeu du frontman et lui soufflent 95% des paroles des refrains.

De larges extraits du dernier long playing sont interprétés ; mais ce qui fait le fonds de commerce du combo, ce sont quand même les hits aux refrains entêtants. Outre « Club Foot », « Ill Ray (The King) », « Underdog », « Eez-Eh », « You're In Love With A Psycho », « Empire », « L.S.F. (Lost Souls Forever) » et « Fire » figurent donc dans la setlist.

Très électrique (NDR : techniquement, les trois gratteurs sont irréprochables et lorsqu’ils conjuguent leurs instruments, l’intensité est à son paroxysme), l’atmosphère rappelle les concerts de White Lies voire de Foals, accordés dans cette même salle ou d’un Liam Gallagher à Forest National. « Scriptvre » concède des accents hip hop dont Pizzorno est friand. Jolie ballade, « The Wall » permet à tout le monde de souffler. A la demande de Sergio, les iPhones s’allument et transforment le Cirque Royal en firmament étoilé. « Eez-Eh » se limite à un seul refrain. Pendant « You're In Love With A Psycho », une rave se déclenche, un titre qui va se terminer par une version infernale du « One More Time » de Daft Punk. Pizzorno en profite pour traverser la fosse et les gradins afin d’aller saluer ses fans mais aussi pour inciter la foule à danser. C’est alors la folie, pour ne pas dire l’hystérie dans l’hémicycle. Au beau milieu de « Treat » on entend quelques expérimentations électro. Amusé, Pizzorno tente de reproduire ces sonorités à l’aide de maracas.

Inévitable, le rappel va proposer deux titres emblématiques, « L.S.F. (Lost Souls Forever) » et « Fire ».

Une belle soirée dans le rythme, pleine d’énergie et empreinte de bonne humeur. Thank you for the show, Mr. Pizzorno !

Setlist : « Club Foot », « Ill Ray (The King) », « Underdog », « Chemicals », « Eez-Eh », « You're In Love With A Psycho », « SCRIPTVRE », « Stevie », « The Wall », « Pinch Roller », « Treat », « Empire », « Bless This Acid House », « Vlad The Impaler »

Rappel : « L.S.F. (Lost Souls Forever) », « Fire ».

(Organisation : Live Nation)

Kasabian

Kasabian pas vraiment au zénith…

Écrit par

Initialement prévu à l’Aéronef de Lille, le concert a été déplacé dans une salle plus (trop) grande vu la demande exhaustive de tickets. Bien mal leur en a pris car le Zénith est loin de valoir l’Aéronef, tant au point de vue acoustique qu’au niveau de l’ambiance. Lorsque la petite salle surplombant le centre commercial d’Euralille est bondée, une chaleur et une communion se dégagent de cet espace où par ailleurs, le son est quasi toujours d’excellente qualité. Ce qui a loin d’avoir été le cas hier soir.

La grosse ‘industrie’ qu’est le Zénith accueillait bien un petit 3000 fans, soit une augmentation de 50 % par rapport à ce qui est possible de l’autre côté ; mais dans cet immense hall à peine à moitié plein et résonnant comme un fût vide, Kasabian avait la lourde tâche de se succéder à lui-même pour tenter, une nouvelle fois, de mettre le feu dans la métropole nordiste.

Contrairement donc aux deux sets précédents, la foule ne se presse pas en rangs compacts pour avoir la chance d’être au plus près des musicos. De toute façon, ici, un espace de près d’un mètre est réservé aux photographes, et aucun contact ‘tactile’ ne paraît autorisé !

Les gradins sont réservés aux VIP (?) et PMR (personnes à mobilité réduite), une cinquantaine de sièges tout au plus sont occupés, ce qui fait un peu ‘assistance à la messe le dimanche matin’… Le reste de la foule doit donc se contenter de la fosse afin sans doute de donner l’illusion au band de se produire devant une salle comble.

Dans ces conditions, j’ai déjà un petit goût amer en bouche, surtout après avoir vécu les deux concerts précédents où la bande à Tom Meighan avait littéralement tout balayé sur son passage !

En lever de rideau, l’occasion est donnée à Belakiss de se forger un nom de ce côté-ci de la Manche. Si ce quatuor ne se débrouille pas trop mal dans son style électro/pop/grunge, sa notoriété procède surtout de la présence de Miss ‘Tatia Starkey’, petite-fille de Ringo, batteur d’un des quatre Liverpuldiens les plus célèbres au monde. La fille… du fils… de l’ex-Beatle impose une présence, non pas par son jeu de basse (inaudible) mais par une plastique plutôt avantageuse, dont elle tire un tel avantage. D’ailleurs, on ne voit quasi qu’elle sur scène. Poupée (gonflée ?) dans un pantalon latex noir, poitrine aguicheuse, une épaule discrètement tatouée (on le remarque même du fond de la salle), elle ne laisse pas indifférente… Pourtant, les 5 ou 6 compos enchaînées par ses amis musiciens laissent deviner un potentiel intéressant. Petit bémol, je ne vois pas bien l’utilité de répéter à l’envi ‘Fuck’ ou un de ses dérivés tous les 15 mots…

Vite fait, bien fait, cette petite mise en bouche a pour effet d’ouvrir l’appétit des milliers d’aficionados venus (beaucoup) de Belgique, (nettement moins) de France, mais également d’Angleterre. Il n’est en effet pas rare que les 6 de Leicester emmènent une ‘cargaison’ de fans dans leurs valises…

Il est 21:03 lorsque résonnent les premières notes d’une courte intro (plus électro que ça, tu meurs) et que les rampes de spots déchirent les ténèbres. Sergio Pizzorno, seconde voix et seconde âme du groupe accompagne son comparse sur le titre inaugural « Days are forgotten », repris en force par la salle. S’il faut constater l’excellence de la prestation d’ensemble, on regrettera quelque peu la ‘retenue’ de Tom qui s’était fait remonter les bretelles, il y a deux ans, par un service d’ordre bien vite débordé et courroucé par l’attitude légèrement provocante du chanteur mué en meneur d’une bande d’excités de la pire espèce...

Aujourd’hui, de temps à autre et parcimonieusement, notre homme encourage bien les premiers rangs à danser, taper dans les mains ou pogoter. Mais il n’esquisse qu’un léger sourire lors de très rares ‘crowdsurfings’ et c’est tout pour cette fois. Bien trop souvent caché derrière ses lunettes de soleil, Tom se contente, non sans talent, d’interpréter la petite vingtaine de titres (j’en ai compté 17) issus des quatre albums publiés depuis la naissance de la formation.

Si quelques morceaux ‘déchirent’, on constate surtout que Kasabian est devenu au fil du temps et vu le nouveau line-up (Christopher Karloff a quitté le combo en 2006) une formation plus pop/rock que rock électro hip-hop. Des titres tels que « Lost Souls Forever », « Cutt Off », « Empire » ou « Club Foot » rappellent la grande époque alors que depuis trois ans et la sortie de « West Ryder Pauper Lunatic Asylum », les garçons sont devenus plus ‘calmes’, plus ‘raisonnables’. Dispensant une musique de haute qualité, à géométrie variable, le band s’est fait de nouveaux amis, sans aucun doute, mais a peut-être également perdu quelque peu son identité…

Nonobstant ce constat, force est de constater que Kasabian reste une fabuleuse machine de concerts qui multiplie les hits (« Velociraptor », « Re-wired », « Goodbye Kiss », « Fire », …) et joue remarquablement le jeu de l’alternance entre les plages représentant les différentes époques musicales.

Un décor austère mais un jeu de lumière époustouflant, six pylônes comportant chacun au minimum 6 phares de couleurs différentes et des rampes derrière le décor ou suspendues au-dessus de la scène donnent une impression de feu d’artifice qui correspond bien à l’ambiance voulue.

Une fois de plus, Kasabian démontre qu’il est devenu incontournable dans le paysage pop/rock/électro de la scène british, prenant même la tête du peloton au sein duquel militent les Arctic Monkeys, Franz Ferdinand et consorts.

Reste quand-même un (gros) regret… Je suis quasi certain que si les dispositions prises dès le départ, à savoir 2000 places dans l’Aéronef (NDR : et tant pis pour les autres), avaient été respectées, on se serait à nouveau tous retrouvés cul par-dessus tête. Et c’est bien la raison pour laquelle j’avais à nouveau fait le déplacement hier soir. Faudrait peut-être faire (re)lire aux organisateurs la fable de Lafontaine ‘La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf!’

Une petite déception pour un fan qui en attendait un peu (!) plus…

 

Kasabian

Velociraptor

Écrit par

Après voir publié un premier album éponyme de feu en 2004, qui recelait deux véritables bombes, « Cutt Off » et surtout « Club Foot », le quintet enchaîne les concerts et se forge rapidement un nom au sein du paysage de la britpop. Faut dire qu’à cette époque, on perd un peu de vue des bands comme Blur ou Primal Scream. Et c’est assez rapidement à Kasabian que revient le lourd héritage d’enfiler le costume de leader de la vague british.

Leur second essai, « Empire », reste un peu en-dedans, même s’il révèle quelques bons moments. Ce qui n’empêchera pas leur ascension. Mais c’est grâce à « West Ryder Pauper Lunatic Asylum », que le combo de Leicester va réellement cartonner. Et en 2010, les NME Awards vont lui décerner le prix suprême du meilleur album de 2010. Rien à dire, l’oscar du meilleur elpee et le titre de meilleure formation pop/rock sont largement mérités.

Dur dur donc de faire mieux ou tout au moins aussi bien lorsque la barre est placée si haut !

Mais depuis que Sergio Pizzorno est aux commandes de l’appareil, après le départ de Christopher Karloff en 2006, l’autre copilote du groupe, y’a qu’à demander ! Car deux ans plus tard, « Velociraptor » est le digne héritier du précédent opus. Kasabian a légèrement changé de cap depuis cette séparation. Tout laissait croire que le band filait droit vers les sommets ‘electro, hip-hop’ ou même’ house’, le binôme à sa tête. La modification du line up a également changé la donne quant à l’orientation musicale du combo.

Finies les plages lancinantes, obsédantes et complètement ‘allumées’. Place depuis trois ans à un rock indé beaucoup plus ‘propre’, plus accessible aux médias ‘tout public’. Kasabian ne renie pas pour autant son passé et de temps à autre transparaissent encore quelques traces de hip hop ou house. A l’inverse de leurs deux premières publications, « West Ryder Pauper Lunatic Asylum » et le derrnier « Velociraptor » se rapprochent plus de Pulp ou d’Oasis. En termes mélodiques, bien sûr.

« Let's Roll Just Like We Used To », « Days Are Forgotten » et « Goodbye Kiss » ouvrent le disque. Trois directs au foie qui vous mettent déjà KO. Mais il faut se relever et écouter les huit autres plages de ce quatrième opus. Rien à jeter, tout y est excellent, de la première à la dernière note. De la ballade aux relents arabisants d’« Acid Turkish Bath (Shelter From The Storm) », jusqu’aux rythmes endiablés électro de « Velociraptor ».

« Re-wired », successeur tout désigné de « Fire » mettra assurément le public en transe lors de la tournée qui, heureusement, passera à nos portes. A voir donc absolument le 23 février au Cirque Royal de Bruxelles ou le 28 du même mois au Zénith de Lille.

Pour les avoir vus en concert, il y a deux ans, je peux vous assurer que l’on ne sort pas indemne, après une prestation de la bande à Pizzorno, au sein de laquelle Tom Meighan, figure centrale, est capable de jouer autant avec son micro que son public.

En tout état de cause, « Velociraptor » tentera de rafler un second prix d’affilée et celui-ci ne ferait assurément pas tache aux côtés du premier trophée conquis en 2010. Et qui pourrait l’en empêcher ?

 

Kasabian

Fire !!!! Kasabian is back !!!

Écrit par

Deux ans et demi après avoir ‘renversé’ l’Aéronef, le quatuor de Leicester était de retour. Au même endroit. Afin d’y dispenser son britrock mélodique, contaminé par les rythmiques hip-hop et le drum 'n' bass.

Cette salle lilloise, la formation insulaire l’affectionne tout particulièrement. Et y entraîne ses plus fervents disciples. Pas pour rien que deux cars entiers de compatriotes avaient décidé de venir les supporter. D’ailleurs, au cours de la matinée de ce samedi, ces fans ce (com)pressaient déjà face aux grilles de l’entrée, afin de pouvoir, dès l’ouverture, se coller contre le podium. Ou si vous préférez, s’installer le plus près possible de leurs idoles. Le reste de l’audience est partagée entre aficionados belges (NDR : surtout néerlandophones) et régionaux. Et tout ce beau monde, à l’instar de pauvres sardines entassées dans leur boîte, attendent impatiemment l’entrée en scène du band.

Bizarre, pas de première partie ! Miles Kanes assure pourtant le supporting act un peu partout... sauf à Lille. Difficile dans ces conditions de faire patienter le public. Un public qui devra cependant attendre plus d’une heure avant que le combo n’entame les hostilités. En se demandant pourquoi les roadies montent sur les planches au gré de leur fantaisie. Tantôt pour accorder une guitare, voire une basse, alors que l’audience, déjà chauffée à blanc s’impatiente. Et manifeste ce sentiment en s’égosillant. Le début du set est prévu pour 20h30. Il ne s’ouvrira que vers 21h15. Mais en saluant son public dans la langue de Voltaire, dès son entrée en scène, le groupe déclenche l’hystérie la plus totale.

Première surprise, mais elle est de taille : le nouveau look du chanteur/leader Tom Meighan. Les cheveux coupés à la brosse, un blouson de cuir sur les épaules, une grosse paire de lunettes de soleil lui cache les yeux. Ce qui change radicalement son image de jeune rocker branché et lui confère un style plus ‘agressif’, plus provocateur. Deuxième surprise, le line up ne se limite plus à quatre musiciens, mais a été étendu à un septuor. A la formule rituelle du combo (Tom au chant, Sergio Pizzorno à la guitare, au chant et aux chœurs, Christopher Edwards à la basse et Ian Matthews aux drums), sont venus se greffer un guitariste soliste, un claviériste et un trompettiste. Des musiciens qui les accompagnent, bien évidemment, pour les besoins de la tournée.

Dès l’entame du premier titre, la foule ne tient plus en place, saute, se déplace par vagues (parfois dangereuses) et reprend ensuite en chœur les refrains de « Mothman », « Underdog » ou encore « Swafirga ». Le ton est donné. Le service d’ordre ne sait déjà plus où donner de la tête, évacuant même déjà quelques spectatrices collées aux grilles, étouffées par la pression et incapables de se libérer de leur posture inconfortable ; une situation qui va perdurer tout au long des nonante minutes (seulement) de ce fabuleux concert. Tous les ingrédients pour une excellente prestation sont présents : son parfait même si on aurait pu (dû) mieux entendre Tom, lumières efficaces, jeu de scène excitant, participation (c’est peu dire) des 2 000 fans complètement dingues. Bref, une bonne recette pour une bonne soirée !

Durant une heure et demie, Kasabian va nous dispenser l’intégralité ou presque de son dernier opus, « West Ryder Pauper Lunatic Asylum » ainsi que les meilleures compos déjà ‘cultes’ des deux albums précédents : « Lost Souls Forever », « Cutt Off », « Empire », « Shoot The Runner », etc. Non content d’interpréter tous ces ‘tubes’, Tom communique avec son public, l’invitant à frapper des mains, à chanter à sa place, et même excite quelque peu le service d’ordre très (trop) sévère, voire brutal. Rien pourtant de bien répréhensible, dans le comportement des fans. Bien sûr, ils multiplient les vagues, pogos et autres ‘crowdsurfings’ ; mais apparemment, ces manifestations d’enthousiasme avaient le don de faire sortir de leurs gonds les molosses de service. Et leurs interventions ‘musclées’ me paraissaient quelque peu  déplacées.

Hormis ces quelques remarques, rien que du bonheur. Et pour bois de rallonge, trois titres en rappel dont le hit actuel « Fire », afin de clôturer une soirée super festive où rock, danse, hip hop et house ont fait bon ménage pour la plus grande joie des quelques 2 000 spectateurs déchaînés.

Il est à peine 23 heures et la soirée se termine déjà. On a pourtant envie de danser encore et encore… toute la nuit… On en redemande !

(Organisation A Gauche de La Lune)

(Voir aussi notre section photos)

 

Kasabian

West Ryder Pauper Lunatic Asylum

Écrit par

Si le duo aux rayures blanches n’avait pas marqué les esprits d’une empreinte indélébile en publiant son tube surexploité deux ans auparavant, nul doute que « Club Foot », publié en 2005, aurait allongé la liste des morceaux qui échappent à leurs géniteurs. Un mal pour un bien. A défaut d’animer les stades et les kermesses, Kasabian est resté maître de ses compositions et a donc fait un bout de chemin sans emmerder son monde. Après un premier opus éponyme regorgeant d’hymnes imparables (« Processed Beats », « Club Foot », « L.S.F. »…), le quatuor s’est légèrement planté à l’épreuve du second ouvrage. « Empire » recelait tout simplement bien trop d’effets pour un résultat plutôt moyen. Trois ans plus tard, les Mancuniens se ressaisissent et s’offrent les services, aux manettes, de Dan The Automator.

Porté par le remuant single « Vlad The Impaler », « West Ryder Pauper Lunatic Asylum » surpasse les attentes et dévoile un Kasabian repensé avec justesse et habileté. La formation fait table rase du passé et mise sur la sobriété. Finis les tubes taillés pour les stades. « West Ryder Pauper Lunatic Asylum » tape presque systématiquement dans le mille, qu’il s’agisse de capsules pop (« Where Did All The Love Go ? », « Fire »), psyché (« Swarfiga », « Secret Alphabets ») ou rock façon seventies (« West Ryder Silver Bullets », « Ladies and Gentlemen, Roll The Dice », l’énôôôôôrme « Fast Fuse »). Chaînon maquant entre Primal Scream et The Stones Roses, Kasabian reprend tranquillement sa place parmi les formations britanniques incontournables.